Archives par étiquette : Tétras Lyre

Le livret des insomnies

Thibaut CREPPE, La ville endormie, Tétras Lyre, 2019, 57 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–46‑5

Thibaut Creppe n’est pas un incon­nu au sein du petit monde de la lit­téra­ture belge. Né en 1990, l’auteur, alors étu­di­ant à l’ULG, crée, début des années 2010, un col­lec­tif, « Chro­ma­tique », avec cinq autres étu­di­ants tous férus de poésie. Résul­tat d’un pre­mier recueil pub­lié en com­mun : le prix Georges Lock­em décerné en 2013 par l’Académie Royale de langues et lit­téra­ture française de Bel­gique ! Soutenu  par une maque­tte élé­gante qui épouse par­faite­ment les thèmes abor­dés, La ville endormie est un recueil-patch­work, un livret d’insomnies où la mélan­col­ie alterne avec des moments de révolte et de rage. Enfouie sous l’abat-jour qui reste allumé tard, la ville s’expose et se réveille au con­tact des reflets dans la nuit. Con­tin­uer la lec­ture

La danse mène le monde ou une autre histoire de la Genèse

Un coup de cœur du Car­net

Antoine et Lau­rent DEMOULIN, Homo Saltans, Tétras Lyre, 2019, 24 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930685–38‑0

La danse mène le monde, une danse folle, insou­ciante, entêtée, une danse de vic­toire et de jouis­sance. Les hommes sont les écraseurs métronomiques du sol et c’est ain­si qu’ils ont imposé leur loi au monde. Tel est le principe de la Genèse selon Antoine et Lau­rent Demoulin.

Les let­tres sur la cou­ver­ture du livre sont trans­for­mées en totems où se mêlent le buste de Nefer­ti­ti, des stat­ues de déess­es de l’Afrique à l’Asie, des lam­pes, des tur­bines – idol­es mod­ernes. Le tout forme un H et un S au long duquel, petites sil­hou­ettes noires, les hommes mon­tent, obstinés. HS – Homo saltans –, ces let­tres éri­gent le saut en principe vital­iste qui guide l’évolution des sociétés humaines. Elles lais­sent peut-être enten­dre le terme de cette gigue fréné­tique – HS, Hors ser­vice. Con­tin­uer la lec­ture

Du jardin en fleurs au pays d’absence

Carme­lo VIRONE, Danser dessous, Tétras Lyre, 2018, 58 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–35‑9

Sous le titre inat­ten­du Danser dessous, Carme­lo Virone égrène au fil de ses sen­ti­ments, ses humeurs, ses sou­venirs, des poèmes aux couleurs changeantes.

Ici, l’aveu d’un pro­fond désar­roi en appelle aux dis­parus : « morts que j’ai tant aimés / morts don­nez-moi la main / car me voici per­du / au milieu de mon âge ».

Là, un sur­vol souri­ant se teinte d’ironie : « J’ai tra­vail­lé pour la cul­ture / l’avenir de la lit­téra­ture / j’ai mérité ma con­fi­ture / et le pain blanc pour l’étaler / mais je préfère le pain gris ». Con­tin­uer la lec­ture

Puis la nuit tombe

Philippe MATHY et André RUELLE, Bat­te­ments cré­pus­cu­laires, Tétras Lyre, coll. « Accordéon », 2019, 10 €, ISBN : 978–2‑930685–40‑3

L’aube à peine effacée
vite passée comme l’enfance

Le temps de goûter
aux par­fums des jours
blancheur de l’aubépine

Ce sont tant de haies
dressées comme des murs
dans le labyrinthe de vivre

et déjà
le cré­pus­cule s’avance
 

Si la vie « linéaire » est faite de l’alternance du jour et de la nuit, c’est une autre tem­po­ral­ité que révèle le recueil Bat­te­ments cré­pus­cu­laires de Philippe Mathy et André Ruelle. Le livre donne en effet à éprou­ver une dimen­sion tem­porelle con­fi­nant au cycle car­diaque de la sys­tole et de la dias­tole, comme en accordéon – à l’image du nom de la col­lec­tion des édi­tions Tétras Lyre (qui a récem­ment fêté ses trente ans) dans laque­lle s’inscrit ce livre. Cette tem­po­ral­ité est celle des « lézards / [qui] sem­blent voy­ager / au hasard », fis­sur­ant la trame des jours qui sont et seront vécus, tein­tés de « temps de pluie » et de moments de « défail­lances », mais qui per­me­t­tent aux rêves et aux pro­jets d’éclore. Con­tin­uer la lec­ture

Le papillon et l’ogre

Corinne HOEX (texte), Marie BORALEVI (dessins), Et surtout j’étais blonde, Tétras Lyre, 2019, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930685–39‑7

Dans le recueil poé­tique superbe­ment illus­tré par Marie Borale­vi, Corinne Hoex cisèle en des textes aus­si per­cu­tants que con­cis un univers trou­ble grav­i­tant autour de l’enfance, de la con­di­tion fémi­nine. Sous la forme de comptines acérées, elle nous plonge dans la loi de la pré­da­tion mas­cu­line, dans le bal­let de la blondeur enfan­tine et de son saccage. Les exer­gues d’Annie Ernaux et de Car­o­line Lamarche don­nent le ton de cette éducation/déséducation sen­ti­men­tale que l’auteure de Ma robe n’est pas frois­sée, Le grand menu, Le ravisse­ment des femmes déplie en six scan­sions allant de l’état de grâce à la mise à mort de la nymphette. L’échiquier de la séduc­tion fémi­nine et de la destruc­tion ne ménage aucune issue : tou­jours déjà écrite, l’histoire dis­tille son chemin de croix, ses bagatelles pour un mas­sacre. Avec une économie d’écriture qui libère les feux de la cru­auté, Corinne Hoex taille le réc­it d’une immo­la­tion. Blondeur et beauté ont pour des­tin de se voir jetées en pâture à l’appétit des mâles. La loli­ta de Nabokov croise l’ogre de la Petite Poucette. La petite pis­seuse ver­sion Gains­bourg doit être rossée, brisée sur l’autel du Père. Con­tin­uer la lec­ture

Trente ans et cent cinquante-cinq livres

Un coup de cœur du Carnet

Tétras Lyre 1988–2018. L’an­tholo­gie, textes rassem­blés et édités par Pri­maëlle Verte­noeil, Tétras Lyre, 2018, 176 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930685–37‑3

Les édi­tions Tétras Lyre pren­nent nais­sance en sep­tem­bre 1988 dans une mai­son de la rue Pier­reuse à Liège, sous l’im­pul­sion de Marc Imberechts. Né à Gem­bloux, ce poète de quar­ante-six ans a beau­coup déam­bulé en Afrique, en France, en Écosse, puis a vécu de petits boulots avant de décrocher un diplôme d’in­sti­tu­teur et d’être engagé dans une école pour enfants en dif­fi­culté – tout en s’ini­tiant à l’im­primerie… Ain­si va-t-il éditer arti­sanale­ment des recueils d’A. Wéry, de M. Biefnot, et pub­li­er en 1980 son pre­mier livre per­son­nel : D’un hiv­er L’autre. C’est René Lei­va Jimenez, exilé chilien devenu un ami, qui lui sug­gère de créer à Liège une petite struc­ture d’édi­tion. Bien­tôt, une équipe de sept ou huit per­son­nes est con­sti­tuée. Elle veut met­tre en évi­dence – édi­tion bilingue, beau papi­er, typogra­phie soignée, gravures orig­i­nales – des poètes venus aus­si bien d’Amérique latine, de Bel­gique ou du Maghreb, et com­mence avec des textes de Véra Fey­der, Arturo Perez, William Cliff. On l’au­ra com­pris, la sélec­tion est exigeante, tant pour les textes que pour les illus­tra­tions ; sont priv­ilégiées l’o­rig­i­nal­ité et la moder­nité, mais sans vers­er dans l’ab­scons ou le dés­in­car­né. Trois nou­velles col­lec­tions font leur appari­tion en 1990, tan­dis que l’équipe ini­tiale se réduit au trio for­mé par M. Imberechts, Guy-Hen­ri Dacos et Jean-Marc Simar. Les paru­tions se suc­cè­dent au rythme vari­able de deux à dix titres par an : G. Hons, L. Noullez, É. Brog­ni­et, F. Pes­soa, A. Schmitz, F. Arra­bal, Ph. Mathy, Ph. Leuckx, J. Izoard, M. Seuphor, W. Lam­ber­sy et bien d’autres. Con­tin­uer la lec­ture

Carte postale et plan comptable

Célestin de MEEÛS, Écart-type, Tetras Lyre, 2018, 69 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–36‑6

de meeus ecart typeLors de son pas­sage au Théâtre Nation­al Wal­lonie-Brux­elles en décem­bre dernier, le philosophe Alain Badiou racon­tait que la poésie com­mence là où la langue mater­nelle ter­mine. Il y aurait une lisière où elle n’est plus un usage — quo­ti­di­en, famil­ial, pro­fes­sion­nel –, mais une friche pour l’usager. Celui-ci décou­vre alors un domaine intérieur impérieux et infi­ni. Le locu­teur devient poète lorsqu’il se trans­forme en explo­rateur puis lex­i­cul­teur. La langue n’est plus pour lui le véhicule du sens, mais supérieure­ment l’expression des sens. Le goût de la chose, l’odeur de l’encre, le son du clavier ou du sty­lo sur le touch­er du papi­er s’allient de visu, au tra­vers de l’alphabet, pour extraire ce qui n’appartient qu’à cha­cun : son âme, où

l’on oublie
que les villes peu à peu
amnésiques nous éli­ment.

Con­tin­uer la lec­ture

Où chaque poème est un fleuve qui charrie

Serge DELAIVE, Lat­i­tudes de la dérive, Tétras Lyre, 2018, 122 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–33‑5

delaive latitudes de la derive.gifGénérale­ment, c’est austère un recueil de poèmes. Du moins, est-ce ce que beau­coup de lecteurs et lec­tri­ces, beau­coup de « dévoreurs de livres » pensent. À tort ou à rai­son ? On ne tranchera pas ici. Mais il arrive que des recueils pro­posent, par la bande, tout dis­crète­ment, un petit jeu à leurs lecteurs. Ain­si en va-t-il de Lat­i­tudes de la dérive. A pri­ori, rien de « jou­ette » dans ces poèmes répar­tis en qua­tre saisons, cou­vrant, à la manière d’un jour­nal intimiste, une année de la vie de Serge Delaive. On y suit, de poème en poème, les dérives men­tales de Serge Delaive aux qua­tre coins de la planète, du vil­lage d’en­fance à Tallin en pas­sant par la Grèce, Rot­ter­dam, l’autre côté de l’océan, la Suède, etc. Serge Delaive y croque, comme il sait si bien faire, les êtres et les choses qui l’en­tourent. Rend compte, à sa manière, des lieux où, grand voyageur, il pose son sac. Laisse son esprit libre­ment vagabon­der, associ­er, enchaîn­er une idée, une image, et puis l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

« Pourquoi / s’abonner / au monde ? »

Un coup de cœur du Carnet

Alex­is ALVAREZ, Une année sans lumière, Tétras Lyre, 2017, 96 p., 15 €

alvarez_une annee sans lumiereLa poésie con­tem­po­raine (soit celle qui est signée par des vivants) est dev­enue un objet encom­brant au XXIe siè­cle. Per­son­ne ne la lit, a for­tiori per­son­ne ne l’achète, et elle ne pul­lule encore, invis­i­ble­ment, que parce que cer­tains édi­teurs qui se lan­cent dans ce créneau prof­i­tent de naïfs prêts à se faire pub­li­er à compte d’auteur, pour au final n’être ni dif­fusés ni pro­mo­tion­nés. Bien sûr, il y a l’oralité, cir­cu­lant dans les cabarets lit­téraires ou les soirées de lec­ture entre coter­ies d’initiés ; mais aujourd’hui, en librairie, où se cueil­lent Les Fleurs du mal, où se gausse-t-on des Amours jaunes, et où La nuit remue-t-elle ? Con­tin­uer la lec­ture

Fragments d’autobiographie

Marc IMBERECHTS, À tout va, Tétras Lyre, 2017,  n.p., 16€, ISBN : 9782930685304

imberechtsFon­da­teur en 1988 des édi­tions Tétras Lyre, l’artisan-poète Marc Imberechts con­tin­ue, dans ce nou­veau recueil, sa lente plongée dans l’intimité d’un par­cours riche en expéri­ences et qui cou­vre ici les années 1953 à 1970. Entamée en 2013 avec Un car­ré d’argile et d’eau, cette chronique auto­bi­ographique se pour­suit en trois cent cinquante-qua­tre frag­ments qui s’enchaînent, alter­nant évo­ca­tions famil­iales, expéri­ences per­son­nelles et événe­ments his­toriques qui ont mar­qué ses années d’adolescence. Autant dire d’emblée que ces éclats de prose enchantent ! Comme des bulles qui éclat­eraient à la sur­face de l’eau, ces bribes émer­gent de la mémoire pour for­mer une sorte de jour­nal-gigogne. Du rêve d’apprendre le vio­lon aux sou­venirs des repas en famille ou des cor­rec­tions infligées par le père en pas­sant par les éblouisse­ments des pre­mières lec­tures, Marc Imberechts réus­sit le pari d’une mise à nu sobre et lucide de cette péri­ode de la vie où l’on apprend plus à l’école buis­son­nière que dans les manuels sco­laires. Con­tin­uer la lec­ture

Subtropicale poésie

Rose-Marie FRANÇOIS, Isabelle  VAESSEN (ill.), Une Afrique en frag­ments 1946–2016, Tétras Lyre, 2017, 74 p., 16€, ISBN :  978–2‑930685–28‑1

J’entame ici la tra­ver­sée : des sou­venirs
vers un avenir de calme et de lib­erté

francoisGer­man­iste de for­ma­tion, tra­duc­trice entre autres du let­ton, pas­sion­née par les langues endogènes, en par­ti­c­uli­er le picard, Rose-Marie François pour­suit une œuvre poé­tique qui se den­si­fie au fil des recueils traduits eux-mêmes en plusieurs langues. Depuis Course lente avant l’aurore pub­lié en 2015 aux édi­tions Mael­ström, l’auteur puise dans ses voy­ages pour embar­quer le lecteur vers des con­trées per­son­nelles à la fois lin­guis­tiques et géo­graphiques. C’est ici, dans ce dernier opus, l’Afrique sub­sa­hari­enne que chante la poétesse. Une mosaïque de sou­venirs africains glanés pen­dant un demi-siè­cle de ren­con­tres et de com­pagnon­nage sur le con­ti­nent. Sep­tante-qua­tre sizains ciselés qui réson­nent du Togo au Séné­gal et où l’auteur se promène en quête peut-être d’une autre peau.


Con­tin­uer la lec­ture

Ronde de nuit en hôpital psychiatrique

Vin­cent THOLOMÉ et Xavier DUBOIS, KAAPSHLJMURSLIS, Tétras Lyre, 2016, 56 p. + CD, 14 €   ISBN: 978–2‑930685–26‑7

tholome-tetras-lyreJe ne sais pas s’il est encore néces­saire de présen­ter Vin­cent Tholomé. Mais dans le doute, et parce que c’est chou­ette, le doute, on rap­pellera ici que le poète est aus­si per­formeur, qu’il est l’auteur d’une quin­zaine de livres et qu’Espace Nord vient d’ailleurs de pub­li­er deux de ses textes, Kirkjubae­jark­laus­tur suivi de The John Cage Expe­ri­ences, ce qui veut dire quelque chose, d’autant plus, pour­rait-on se dire, quand Jan Baetens en signe la post­face — mais là on peut se deman­der s’il ne con­viendrait pas égale­ment de présen­ter Jan Baetens, ce dont je ne suis pas cer­taine non plus, et on lais­sera plan­er le doute, après avoir levé un petit voile. (Par plaisir). Con­tin­uer la lec­ture

François Jacqmin au seuil de sa vérité

François JACQMIN, Manuel des ago­nisants, post­face de Gérald Pur­nelle, Tétras Lyre, 120 p. 14 €   ISBN : 978–2‑930685–25‑0

jacqmin-manuel-des-agonisants« Une fig­ure nette et déser­tique du temps », l’expression, signée Gérald Pur­nelle, pour­rait car­ac­téris­er tout l’œuvre poé­tique élaboré par le Lié­geois François Jacqmin depuis l’émergence de sa parole  jusqu’à son ultime souf­fle.

Com­mencer, pour évo­quer un recueil poé­tique, en par­lant de son post­faci­er appa­raî­tra sans doute comme une hérésie ; c’est qu’à lire les pages essen­tielles que Pur­nelle con­sacre au Manuel des ago­nisants, l’on a tôt fait de s’apercevoir quelle sym­biose règne entre l’épure des derniers textes aux­quels tra­vail­lait Jacqmin avant de nous être ravi et le regard qu’y pose son exégète. Pur­nelle ne se con­tente pas d’analyser, soit de dis­sé­quer froide­ment une dépouille ver­bale ; con­juguant la maes­tria du philo­logue avec la finesse du glos­sa­teur, il en rassem­ble les mem­bres épars, les rac­com­mode, leur réin­jecte du sens et leur réin­suf­fle vie à titre posthume. Con­tin­uer la lec­ture

Propos divers sur les usages, les amours et le temps qui passe

Un coup de coeur du Carnet

Karel LOGIST, La Tra­ver­sée des habi­tudes, Tétras Lyre, 2016

logistIl y a des livres qui ont cette curieuse pro­priété : on les lit d’une traite, on les referme, et, on ne sait pas trop pourquoi, on se sent tout guilleret. On sif­floterait même toute la journée un air de Brit Pop en faisant la queue à la poste ou au super­marché. Oui. Mal­gré le temps maus­sade et les nou­velles franche­ment pas joyeuses que déverse la radio. La Tra­ver­sée des habi­tudes, dernier recueil en date de Karel Logist, pour­rait fort bien, pour cer­tains et cer­taines, être un ouvrage de cette trempe. Con­tin­uer la lec­ture

Le degré zéro du Liégeois

Lau­rent DEMOULIN et Jean-Marie KLINKENBERG, Petites mytholo­gies lié­geois­es, Tétras Lyre, coll. « Hors chant », 2016

demoulinDans son intro­duc­tion aux petites mytholo­gies lié­geois­es, Jan Baetens souligne que « faire et défaire les mythes » est la mar­que de fab­rique du Lié­geois. Les auteurs de cet ouvrage, Lau­rent Demoulin et Jean-Marie Klinken­berg, sont indé­ni­able­ment de mar­que lié­geoise. Dans cet abécé­daire à l’ordre alphabé­tique cham­boulé, dans ce bes­ti­aire n’abordant pas que la thé­ma­tique ani­mal­ière, ils décrivent avec poésie, bon­homie, soci­olo­gie, sémi­olo­gie (on ne se refait pas), sub­jec­tiv­ité et bien­veil­lance divers aspects qui font et défont Liège. Son fleuve, ses inon­da­tions, ses bus, sa gare, son C.H.U., sa foire d’octobre… Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on croise des femmes, des matelots, des ciels gris et des mers houleuses

Thomas VANDORMAEL, La Vigie, Tétras-Lyre, 2016, 60 p., 14 €

vandormael la vigieThomas Van­dor­mael est un nou­veau venu. La Vigie est son pre­mier recueil. J’imag­ine pour­tant que Thomas a une cer­taine bouteille : par­ler de la mer, des femmes qui restent à terre, des hommes qui nav­iguent, de l’ap­préhen­sion de ne pas les voir revenir, de la crainte d’y rester, non, on ne choisit pas ces pistes-là par hasard. Il faut déjà être bien poreux, bien per­méable, s’être lais­sé tra­vers­er par bon nom­bre d’his­toires, lues ou enten­dues, d’é­mo­tions ou de sen­sa­tions, réelles ou imag­inées, pour se lancer dans pareille aven­ture. Con­tin­uer la lec­ture