Archives de catégorie : Espace Nord

Le double jeu de l’écriture

Ari­ane LE FORT, Beau-fils, post­face de Michel Zumkir, Les Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017 (rééd.), 167 p., 8,50 €, ISBN : 9782875681478

le fort.jpgPrimé plusieurs fois en 2003, par le Rossel notam­ment, Beau-fils d’Ariane Le Fort mérite on ne peut mieux une réédi­tion en Espace Nord, cette fois accom­pa­g­née d’une post­face de Michel Zumkir. On est certes déjà tombé sous le charme des fic­tions de l’auteure sans qu’il soit néces­saire de se référ­er à un guide. Elle a cette habi­tude rare, somme toute, de livr­er des his­toires sim­ples à démêler, voire à dévor­er telles quelles. Mais elle les assor­tit tou­jours d’une réserve, d’un quant-à-soi qui demande qu’on s’y attarde ou qu’on y revi­enne. D’où l’utilité de com­men­taires comme cette post­face qui va attir­er notre atten­tion et débus­quer l’arrière-fable d’une appar­ente sim­plic­ité. S’y révèle le dou­ble jeu de l’écriture de Beau-Fils, ce roman qui se lit sans résis­tance, avec plaisir et qui tient le lecteur dans un cer­tain sus­pense qu’il ne dis­sipera pas. Il ne se ter­mine pas à vrai dire si ce n’est sur un doute majeur, une inter­ro­ga­tion, sorte d’adresse à un témoin imper­son­nel : Con­tin­uer la lec­ture

Le policier et ses fantômes

Luc DELLISSE, Le polici­er fan­tôme, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 388 p., 11 €, ISBN : 978–2‑87568–139‑3

dellisseLes années 80 ont vu la (re)découverte de la lit­téra­ture belge. Cela s’est mar­qué par la pub­li­ca­tion de dif­férentes études sur des aspects moins con­nus et peu val­orisés de nos Let­tres. En témoigne Le polici­er fan­tôme paru en 1984. Aujourd’hui Espace Nord en pro­pose une réédi­tion revue et aug­men­tée. Con­tin­uer la lec­ture

Une affaire de femmes

Un coup de cœur du Carnet

Nicole MALINCONI, Hôpi­tal silence suivi de L’attente, post­face de Jean-Marie Klinken­berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 224 p., 9 €, ISBN : 9782875681485

malinconiNicole Mal­in­coni n’avait pas envis­agé d’écrire un jour. Mais lorsque l’écriture s’est imposée à elle, à l’âge de trente-huit ans, plus jamais il n’a pu en être autrement. Et dans un geste admirable, pro­gram­ma­tique, que l’on pour­rait dire défini­tif s’il n’était inau­gur­al, dans Hôpi­tal silence, elle a déposé sa poé­tique à venir. Elle a com­mencé à l’écrire quand elle a per­du son emploi, le tra­vail le plus impor­tant de sa vie jusqu’alors, le poste d’assistante sociale qu’elle occu­pait, depuis 1979, à la Mater­nité provin­ciale de Namur, au ser­vice du doc­teur Peers, un médecin human­iste tout entier dévoué à la cause des femmes. Con­tin­uer la lec­ture

Neel Doff, « cette créature enfantine »

Un coup de coeur du Carnet

Neel DOFF, Jours de famine et de détresse, post­face d’Élisabeth Cas­ta­dot, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 210 p., 8.50 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 9782875681416

doffOn doit à Charles Péguy d’avoir été par­mi les pre­miers à opér­er un dis­tin­guo entre la pau­vreté et la mis­ère. Il expli­quait ain­si dans L’Argent que si la pre­mière a tout d’un pur­ga­toire qui peut, mal­gré sa dureté, s’avérer tran­si­toire, la sec­onde s’apparente à un enfer au seuil duquel est com­mandé l’abandon de toute espérance de la part de ceux qu’elle frappe, ronge, avilit, tue. Les Jours de famine et de détresse dont Neel Doff égrè­nent le douloureux chapelet témoignent pleine­ment de cette expéri­ence extrême, dans des pages dont le vérisme n’a rien à envi­er à d’autres clas­siques européens de l’écriture du dénue­ment, tel La Faim du Norvégien Knut Ham­sun. Con­tin­uer la lec­ture

Un moment mémorable et une carrière

Corinne HOEX, Le Grand Menu, Post­face de Nathalie Gillain, Les Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 155p., 8,5 €, ISBN : 9782875681461

hoex grand menuExcel­lente ini­tia­tive, cette réédi­tion en Espace Nord du pre­mier roman de Corinne Hoex, Le Grand Menu, paru en 2001 aux Edi­tions de l’Olivier ! Il en émerge avec une grande fraîcheur, tout auréolé pour­tant des suc­cès qui ont suivi, tant dans le champ romanesque que dans la poésie ou la dérive his­torique. J’avais beau­coup aimé déjà à l’époque, cette suite inat­ten­due d’épisodes coupés dans le vif d’un présent con­tinu. La qua­trième de cou­ver­ture sup­po­sait alors « une tragédie muette », men­tion assor­tie d’un point d’interrogation, il est vrai. Rien n’est plus retenu que cette série d’évocations d’un monde clos sur une enfant et ses adultes de par­ents. Con­tin­uer la lec­ture

Le verbe, l’image et le réel

René MAGRITTE, Les mots et les images, Choix d’écrits et post­face d’Éric Clé­mens, Pré­face de Jacques Lennep, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 267 p., 9 €, ISBN : 9782930646053

On ne s’en sou­vient pas tou­jours : par­al­lèle­ment à sa pro­duc­tion pic­turale, René Magritte a beau­coup écrit. Aux arti­cles, tracts, man­i­festes, apho­rismes, scé­nar­ios et dia­logues, aux let­tres, textes col­lec­tifs, tran­scrip­tions d’in­ter­views et de con­ver­sa­tions s’a­joutent les titres inat­ten­dus qu’il don­nait à ses tableaux pour décourager toute inter­pré­ta­tion lénifi­ante. En 1979, Flam­mar­i­on rassem­ble tous ces doc­u­ments en un épais vol­ume, remar­quable­ment établi et annoté par André Blavier : Écrits com­plets. Quinze ans plus tard, le comité d’E­space Nord demande à Éric Clé­mens d’en réalis­er une antholo­gie assor­tie d’une étude, la pré­face étant con­fiée à Jacques Lennep. Con­fron­té à cette tâche déli­cate, le philosophe s’im­pose plusieurs principes. D’abord, priv­ilégi­er les réflex­ions de Magritte rel­a­tives à la pein­ture ; ensuite, met­tre en évi­dence la diver­sité de ses modes d’in­ter­ven­tion ; enfin, repro­duire inté­grale­ment cha­cun des textes sélec­tion­nés. Par con­tre, il ne jus­ti­fie pas l’or­dre dans lequel il présente ceux-ci, et qui à l’év­i­dence n’est pas l’or­dre chronologique de leur paru­tion ini­tiale…  Il n’empêche, le vol­ume est d’une très haute tenue, et sa réédi­tion aujour­d’hui – qua­si à l’i­den­tique, si l’on excepte la maque­tte – vient combler un manque chez tous ceux qu’in­téressent l’im­agerie magri­ti­enne et la pein­ture du XXe siè­cle en général. Con­tin­uer la lec­ture

Petits et grands dieux

Un coup de coeur du Carnet

San­drine WILLEMS, Les petits dieux, Post­face de Jan Baetens, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 207 p., 8,5 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 978–2‑87568–152‑2

willemsEn 2001 et 2002, San­drine Willems a pub­lié onze romans « minia­tures », sous le titre général de « Les petits dieux ». L’idée, intéres­sante, d’une paru­tion éch­e­lon­née a peut-être nui à la dif­fu­sion et au suc­cès de ces romans, et cela même si les onze titres ont été réu­nis sous cof­fret.  Aujourd’hui, Espace Nord pro­pose la réédi­tion de cinq d’entre eux : Abra­ham et l’agneau ; Car­men et le tau­reau ; Chardin et le lièvre ; La Dame et la licorne ; Tchang et le yéti. Dis­ons-le d’emblée : c’est une des bonnes nou­velles de cette ren­trée d’hiver, tant ces textes séduisants méri­tent d’être à nou­veau mis en évi­dence. Con­tin­uer la lec­ture

Deux vies

Daniel CHARNEUX, Nuage et Eau suivi de Maman Jeanne, post­face de Françoise Chate­lain, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 335 p., 9€

charneuxTout le monde sait, dans les grandes lignes du moins, ce que sont le boud­dhisme et le zen ; ces réal­ités du Lev­ant ont depuis longtemps per­cé la société occi­den­tale. Loin de leur ter­reau ances­tral, elles se voient par­fois envis­agées de façon réduc­trice et for­matée, ou au con­traire, impres­sion­nent, parais­sent réservées à des ini­tiés. Daniel Charneux, dans Nuage et Eau, offre de pénétr­er tout en douceur et en justesse la philoso­phie boud­dhiste. C’est Ryōkan qui sert de guide dans ce voy­age spir­ituel, car c’est son exis­tence qui est égrenée en qua­tre-vingt-un courts frag­ments de vie. Con­tin­uer la lec­ture

Quand le lien à soi est brisé et que la clé est perdue

Un coup de coeur du Carnet

Mali­ka MADI, Les silences de Médéa, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2016, 217 p., 8,50 €, ISBN : 978–2‑87568–142‑3

madi Les silences de MédéaZohra vit à Médéa, un vil­lage pais­i­ble d’Algérie, en har­monie com­plète avec la nature et avec Dieu. Elle partage son temps entre sa pas­sion pour son méti­er d’institutrice, la prière et les tâch­es ménagères dans sa mai­son, où elle habite avec son père et ses trois frères.

L’histoire se déroule dans le con­texte his­torique des années 90 où l’Algérie s’embrase face à la mon­tée en puis­sance de groupes islamistes, mais on pour­rait tout aus­si bien situer le réc­it à l’heure actuelle, telle­ment la sit­u­a­tion est sim­i­laire dans cer­tains pays. Con­tin­uer la lec­ture

« La rêvité, toute la rêvité, rien que la rêvité »

Un coup de coeur du Carnet

Pas­cal DE DUVE, Izo, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 280 p., 9 €   ISBN : 978–287568-133–1

de-duveAh ! Magritte ! Ses ciels bleus ! Ses jock­eys paniqués galopant dans une forêt de quilles ! Ses énig­ma­tiques bon­shommes en cha­peau boule et en long man­teau som­bre ! Que n’a-t-il inspiré de décors de roman ? De per­son­nages-poèmes ? Que n’a-t-on usé et abusé de son nom pour expli­quer en deux coups de cuiller à pot ce que serait, aurait été, notre « bel­gi­tude » ? Con­tin­uer la lec­ture

L’hôtel comme théâtre

Thomas OWEN, Hôtel meublé, post­face de Rossano Rosi, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 238 p., 9 €   ISBN : 9782875681348; Thomas OWEN, La Tru­ie et autres his­toires secrètes, post­face de Patrice Hour­riez, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 208 p., 8,5 €   ISBN : 9782875681355

owen_hotelSoit un lecteur con­nais­sant Thomas Owen, ayant lu ses textes fan­tas­tiques, ayant enten­du par­ler d’Hôtel meublé sans savoir quand et dans quelle mai­son d’édition et col­lec­tion il a été édité. Il en décou­vre la réédi­tion en Espace Nord. Admet­tons qu’il fasse l’économie de la qua­trième de cou­ver­ture. Com­ment réag­it-il à l’évolution de la nar­ra­tion ?  Con­tin­uer la lec­ture

« La cité en tant que le fantôme élargi »

Un coup de coeur du Carnet

Georges RODENBACH, Bruges-la-Morte, Post­face de Chris­t­ian Berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 210 p., 8,5 €/ePub : 5.99 €, ISBN : 9782875681089

rodenbach bruges-la-morteLe 28 juin 1892, Stéphane Mal­lar­mé s’empare de sa plume la plus leste pour cisel­er un com­pli­ment à Georges Roden­bach :

Votre his­toire humaine si savante par instants s’évapore ; et la cité en tant que le fan­tôme élar­gi con­tin­ue, ou reprend con­science aux per­son­nages, cela avec une cer­ti­tude sub­tile qui instau­re un très pur effet.

Si déli­cieuse­ment abscons­es que demeurent ces lignes, l’on y aura sans peine iden­ti­fié les allu­sions à Bruges-la-Morte. C’est que le poète aura su ramass­er les traits les plus sail­lants de cet incon­tourn­able de nos Let­tres : l’évanescence de l’atmosphère qui règne à chaque chapitre, la con­tagieuse spec­tral­ité de son décor médié­val immuable, enfin les réso­nances qu’il ne manque pas d’éveiller dans la sen­si­bil­ité des lecteurs qui le redé­cou­vrent ou, ô extase, de ceux qui l’ouvrent pour la pre­mière fois. Con­tin­uer la lec­ture

Tous candidats

Yun Sun LIMET, Les Can­di­dats, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 8,50 €   ISBN : 9782875681324

limetVoici dans cette ren­trée lit­téraire un pre­mier roman qui fait sur­face pour la troisième fois. Édité en 2004 à La Mar­tinière, puis l’année suiv­ante chez Points en poche et épuisé, prix de la pre­mière œuvre de la Com­mu­nauté française en 2004, Les Can­di­dats est aujourd’hui réédité par Espace Nord — what else. De son autrice, on con­naît aus­si 1993 (éd. La rue de Russie), Joseph (La Dif­férence, final­iste du Rossel en 2012) ou encore Cio­ran et ses con­tem­po­rains (essai qu’elle a codirigé avec Pierre-Emmanuel Dauzat chez Pierre-Guil­laume de Roux). La toute fraîche pub­li­ca­tion dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale offre une occa­sion en or de se rep­longer dans les paysages men­taux, dans les accords désac­cordés — ou les désac­cords accordés, ça marche aus­si — de Yun Sun Limet. Con­tin­uer la lec­ture

Petits arrangements avec la trahison

Armel JOB, Dans la gueule de la bête, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016 (1ère éd. Robert Laf­font, 2014), 336 p., 9€   ISBN : 9782875681317

job-enCes citoyens-là ne sont pas « né[s] à Lei­den­stadt sur les ruines d’un champ de bataille », mais vivent à Liège, sous occu­pa­tion nazie. Lorsqu’il leur sera enjoint, en cette péri­ode trou­ble, d’agir en braves ou en veules, leur hési­ta­tion trac­era sans ménage­ment une fron­tière floue.
Il y a d’abord  sœur Michelle qui, pressée par le clergé, doit accueil­lir dans son pen­sion­nat Han­na / Annette, une fil­lette juive, et qui n’accepte qu’à moitié, avant de se ren­dre compte que cette enfant angélique peut atténuer son creux affec­tif. Il y a ensuite les Desnoy­er – un notaire et son épouse dacty­lo­graphe – qui cachent Fan­nia / Nicole, la mère de la petite : Mon­sieur se décou­vre trou­blé par le charme de la jeune femme, Madame a des accès de rejet avant de se ravis­er et de se ras­sur­er quant à sa char­ité chré­ti­enne. Un des clercs de leur étude, Oscar Lam­beau, ancien sémi­nar­iste à l’homosexualité refoulée, appar­tient égale­ment au réseau catholique de pro­tec­tion des Juifs. Con­tin­uer la lec­ture

Les mots de la tribu tholoméenne

Vin­cent THOLOMÉ, Kirkjubae­jark­laus­tur suivi de The John Cage Expe­ri­ences, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 321 p., 10 €    ISBN : 9782875680792

tholomeEspace Nord réu­nit pour la pre­mière fois deux textes majeurs du poète et per­formeur Vin­cent Tholomé, à savoir Kirkjubae­jark­laus­tur suivi de The John Cage Expe­ri­ences. Ce livre est égale­ment doté d’une post­face indis­pens­able de Jan Baetens, spé­cial­iste de cet auteur et théoricien de la poésie orale actuelle et de ses rap­ports à l’écrit. Au fur et à mesure du réc­it, on décou­vre que les per­son­nages s’appellent tous Sven, Har­ald, ou Tho­ra. Que l’histoire est une suc­ces­sion de mini-réc­its, à la fois loufo­ques et décalés. De sorte qu’il s’agit plus d’une fable mod­erne sous forme de road-trip avec comme cli­max une fin de monde en soi : « Hé. Mais, les Sven. C’est par là. Nos corps. Pas par là. Fait lui. Har­ald. Tête en com­pote. Tan­dis que. Eux. Sven et Sven. Si dis­sol­vent eux dans le brouil­lard. Per­dus déjà. Au-delà de crêtes. Dans le monde blanc par­tant en couille ». Con­tin­uer la lec­ture

Le rayonnement d’un poète, Européen avant la lettre

Cat­a­logue illus­tré de l’exposition Verhaeren.Un poète pour l’Europe, 80 p.
Émile VERHAEREN, Les vil­lages illu­soires, 2016, Espace Nord, 224 p., 9 €
Émile VERHAEREN, Les Vil­lages illu­soiresDor­pen van zins­bedrog, traduit par Ste­faan Van den Bremt, gravures d’Henri Ramah, 2016, Lou­vain, éd. P, 80 p.
Émile Ver­haeren Veer­man, poèmes choi­sis et traduits par Koen Stas­si­jns, 2016, Lan­noo, Tielt, 364 p.

verhaeren europePoète majeur, dra­maturge orig­i­nal, cri­tique d’art intu­itif et péné­trant, Émile Ver­haeren est l’une des grandes fig­ures de notre his­toire, de notre cul­ture. L’une des plus chères, qui a mar­qué notre sen­si­bil­ité de son souf­fle, son lyrisme, sa force, sa fer­veur.

Cha­cun de nous garde en mémoire tels vers, telles pros­es aux accents per­son­nels ; évoque son sou­venir en se prom­enant dans les doux paysages des rives de l’Escaut qu’il a tant chan­tés.

Mais ce qu’on ne soupçonne pas tou­jours, c’est le ray­on­nement de son œuvre et de sa per­son­nal­ité, célèbres dès la fin des années 1890, et avec plus d’éclat encore entre 1900 et 1910, dans l’Europe entière et jusqu’en Russie. Sa foi dans le vieux con­ti­nent, son aspi­ra­tion à une Europe unie, exem­plaire (« L’Europe est une forge où se frappe l’idée »). Con­tin­uer la lec­ture