Un coup de cœur du Carnet
Fanny RUWET, Bien sûr que les poissons ont froid, Iconoclaste, 2023, 266 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑37880–347‑6
Été 2021, Allie, 27 ans, vient de rompre avec son compagnon et d’emménager seule pour la première fois de sa vie. Pas franchement débordée de travail, ni de motivation pour celui-ci, et quelque peu désœuvrée, elle se lance dans un défi à la recherche de ses émotions intenses d’adolescente : retrouver son premier amour. Si tant est qu’on puisse appeler « premier amour » une relation à distance avec quelqu’un qu’on n’a jamais rencontré… Avec l’aide de son fidèle ami Maxime, elle se met à la recherche de Nour, ce garçon au prénom épicène avec qui elle conversait longuement sur MSN. Au départ des quelques indices que recèle la mémoire de ses 15 ans, elle passe internet au peigne fin, échafaude des théories plus ou moins réalistes et avance de question en question. Continuer la lecture









La mère toujours à nous faire croire que notre famille est le meilleur endroit du monde. Ne pas sortir seule dans le village, ne pas parler aux étrangers, ne pas aller dans le fenil, car un ballot pourrait nous écraser, surtout ne pas passer derrière la Schubert, car elle tape du sabot, faire attention aux trains, car l’un peut en cacher un autre, choisir ses fréquentations, car il y en a de mauvaises, ne pas embrasser les garçons le premier soir, car l’appétit des hommes est grand… une description de l’extérieur en un univers monstrueux. Des trucs qui déforgent le caractère. 
Dans Légère, son premier roman, Marie Claes nous emmène dans la commune de Blevin, lieu apparemment imaginaire et localisé en Belgique, où elle tisse les entrelacements d’une crise familiale, de sa naissance à sa résolution.
La rentrée littéraire de septembre 2021 contenait son lot de surprises, parmi lesquelles le premier roman d’Aurélie Giustizia. Un livre garanti par son éditeur « zéro retour, zéro stock, zéro pilon, zéro indisponibilité » grâce au choix de l’impression à la demande. Une faible empreinte carbone, pour un texte qui ne manque pourtant ni de noirceur ni de flamme.
Francesco Pittau se révèle écrivain aussi prolifique qu’homme discret. Parcourez la Toile, et vous constaterez que peu d’informations personnelles sont capturées dans ses fils. Bien entendu, vous trouverez l’essentiel – ses livres, ses albums, ses recueils – ; par contre, à peine quelques renseignements biographiques : une naissance en Sardaigne dans le milieu des années 1950, des études de Beaux-Arts à Mons, une collaboration intime avec Bernadette Gervais, un lieu de résidence dans la région bruxelloise. Cela pourrait être amplement suffisant… s’il n’y avait cette curiosité titillée lorsque l’on se plonge dans Longtemps et des poussières, roman qui semble posséder un ancrage autobiographique. Peut-être parce que le protagoniste est d’origine italienne (ce serait trop facile), que la narration se déroule dans une cité ouvrière à forte immigration du Sud (toujours peu concluant), que l’âge du héros correspondrait à celui de l’auteur à la même époque (oui, mais encore ?). Peut-être parce qu’il y a tellement d’humanité dans cette évocation de l’enfance que l’on se prend à croire qu’elle est tirée du matériau du vécu, du ressenti, du pulsatile. Mais l’on se fourvoie probablement ; et qu’importe au fond ?
Sally est une jeune fille de 15 ans qui vit à Bruxelles. N’ayant jamais connu son père, elle n’a pas la vie simple avec sa mère dépressive et alcoolique, qui a l’insulte et les coups faciles dans ses moments de détresse. Sally est bien seule dans son quotidien, mais elle a l’intelligence d’être ouverte aux rencontres qui vont lui servir de refuge. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de deux autres solitudes : Eva, une voisine d’une septantaine d’années, et William, un étudiant exilé de son Cameroun natal. Avec ses deux nouveaux amis, elle peut avoir quelques conversations à propos de leur passion commune pour les livres.