Leïla HOUARI, Ni langue ni pays, L’Harmattan, 2018, 174 p., 17,50 €, ISBN : 978–2‑343–14190‑9
Nous l’avions découverte, voici sept ans, dans Les rives identitaires, un « récit nomade » frémissant d’espoir et de rébellion, de joie de vivre et de détresse.
Née à Casablanca en 1958, belge d’adoption et de cœur (sa famille s’établissait à Bruxelles dès 1965), Leïla Houari, qui avait publié auparavant un roman, des nouvelles, des poèmes, une pièce de théâtre, proposait ensuite Cuisine intérieur (2014), un livre débordant de saveurs et de fantaisie, mais qui faisait la part de la mélancolie, dans le sillage de Jean-Claude Pirotte, cité en exergue : « Je ne suis ni d’ici ni d’ailleurs et sans cesse chassé de moi-même ». Continuer la lecture
On le scande depuis plusieurs décennies : « La maternité doit être un choix libre et réfléchi. » Certes, mais avoir le choix, décider de devenir mère, se penser mère, entre immanence et liberté morale, nager dans les courants des « avoir un enfant, c’est formidable ! », du sacro-saint mythe de la bonne mère et des « cela va de soi » prétendument maternels ; choisir de donner la vie, se transformer en une jeune accouchée et sombrer, être engloutie… Un fait qui touche à l’indicible, une parole qui semble inaudible que le deuxième roman d’Élise Bussière libère.
Le précédent roman d’Ariane Le Fort datait de 2013, et la
Première Audrey du livre de Pascale Toussaint, Audrey H.: la narratrice, bibliothécaire, spécialiste des biographies de femmes (George Sand, Colette…), aimée de Jean, son compagnon attentif, tendre et malicieux.
Il y a vingt-cinq ans, en 1992, paraissait Hygiène de l’assassin, premier roman d’Amélie Nothomb et acte inaugural d’une œuvre ample et singulière. Aujourd’hui, la romancière célèbre ses cinq lustres de création littéraire – et autant d’années passées chez le même éditeur, Albin Michel – avec un vingt-sixième roman 

Lucy a neuf ans et aujourd’hui est le jour où sa maman l’a oubliée. Ce matin, maman était en retard, comme tous les jours. Puis la voiture a refusé de démarrer. Mauvais début de journée pour maman. Des tracas, alors qu’elle en a déjà plein le dos de ce foutu boulot et de ce foutu appartement. Mauvais début de journée pour l’inspecteur aussi, lui qui comme tous les jours a tenté de parler à son père sans y parvenir. Et puis vient le soir et maman n’est pas là. A‑t-elle oublié son téléphone ? Aura-t-elle dû faire des heures supplémentaires ? Où peut-elle donc bien être ? Lucy a l’impression de se fondre dans sa chaise. C’est que la garderie doit fermer et monsieur le surveillant commence à s’impatienter : il voulait aller faire les courses, acheter du poulet rôti, des haricots et de la purée, bref, préparer un bon petit repas à ses enfants… Tant pis, pour une fois ce sera des pizzas ! Mais l’heure tourne et la maman de Lucy n’arrive toujours pas. Ne serait-ce pas le moment d’appeler l’inspecteur ?
A propos de son dernier recueil publié aux Editions La Lettre volée Pourquoi je ne suis pas devenu poète, le poète namurois Hubert Antoine nous donnait à entendre qu’il délaisserait pour un temps la poésie pour le roman. C’est maintenant chose faite. Et voici donc ce qu’il est convenu d’appeler le premier roman d’un poète, gageure s’il en est, sous la forme du journal intime de Melitza dont on sait d’emblée qu’elle mourra…
Les vacances en famille ! Le plus souvent, c’est un bonheur partagé. Un moment unique que l’on se dépêche de vivre intensément. Une douce mélodie de souvenirs — de baignades, de cerises bien rouges et de fous rires — qui resteront gravés à tout jamais. Mais les vacances en famille peuvent également être synonymes d’ennui et d’obligations éprouvantes. Qui n’a pas reproché à cette sœur d’être trop maniaque ? À ce beau-frère d’être flegmatique ? Ou à cette mère d’être intrusive ?
Construit au départ de chroniques, voici un roman inspiré de l’expérience de l’auteur qui est maman d’une petite fille diagnostiquée polyhandicapée. Concrètement, son enfant cumule des déficiences mentales, physiques et comportementales qui entravent sérieusement son autonomie, son développement et sa vie relationnelle. La narratrice ne baisse pas pour autant les bras dans son rôle de mère et elle fait la sourde oreille aux diseurs de mauvaise aventure, bravant les plus sombres prédictions et se battant pour l’acquisition de chaque bribe de progrès. 

