Archives par étiquette : Impressions nouvelles

Genèse et devenirs d’un super-héros

Un coup de cœur du Car­net

Char­line LAMBERT, Doc­teur Strange. Les mains et l’esprit, Impres­sions nou­velles, coll. « La Fab­rique des héros », 2023, 128 p., 13 €, ISBN : 978–2‑39070–048‑7

lambert docteur strange les mains et l'espritAvant d’être inter­pré­ta­tion, embardées her­méneu­tiques, la lec­ture est affaire de per­cep­tion, d’attention à des plis con­ceptuels, nar­rat­ifs, diégé­tiques. C’est sous l’angle des mod­i­fi­ca­tions des niveaux de per­cep­tion que subis­sent le Doc­teur Strange et ses lecteurs/spectateurs que la poétesse, essay­iste et chroniqueuse Char­line Lam­bert inter­roge le super-héros des Mar­vel Comics, créé par Stan Lee et Steve Ditko, appa­rais­sant pour la pre­mière fois en 1963. Atten­tif aux points de bas­cule, aux inflex­ions de la tra­jec­toire du « plus grand neu­rochirurgien du monde », à l’accident de voiture qui occa­sion­nera la perte de ses mains en or, Doc­teur Strange. Les mains et l’esprit retrace la genèse et les devenirs d’un homme arro­gant, auréolé d’un ego sur­di­men­sion­né. A la faveur de la blessure, une série de méta­mor­phoses l’entraîne dans une ini­ti­a­tion, dans l’épreuve d’une con­ver­sion qui l’amène à se dépren­dre des grilles de la pen­sée occi­den­tale et à s’ouvrir aux sagess­es de l’Orient. Con­tin­uer la lec­ture →

Hyperl∞plume

Luc DELLISSE, Le monde vis­i­ble. Les aven­tures du réel, Impres­sions nou­velles, 2023, 254 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39070–020‑3

dellisse Le monde invisibleLuc Del­lisse s’est fait den­tel­li­er. Ses dernières pub­li­ca­tions sont toutes des textes courts, des nap­per­ons de let­tres tis­sées avec soin. Sa plume au fuse­au et au cro­chet, est maniée avec une déli­catesse sur laque­lle repose chaque phrase comme un soyeux coussin. Pour­tant, il est un écrivain non de l’alcôve mais de ter­rain. Le matéri­au de son tis­su est de l’herbe foulée au corps, les traits d’une pluie fine dont il fait les nuages, un ray­on de soleil errant amusé­ment sur sa paume de voyageur, une brume légère quoique tan­gi­ble mod­e­lant un fil­igrane dont il fait sa griffe d’auteur.

Ces choix arbi­traires ont une logique : il s’agit de faire tout de suite quelque chose d’inutile, d’agréable et d’urgent et d’éprouver la minceur de la fron­tière entre imag­in­er et pass­er à l’acte. Con­tin­uer la lec­ture →

Icare et encore

Guy GOFFETTE, L’oiseau de craie, choix anthologique et post­face Rossano Rosi, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2023, 291 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–573‑5

et cha­cun se tourne comme une fleur
avide vers la
flache de ciel chu
sur l’asphalte, ô vieux miroir de ben­zine

Guy Goffette L'oiseau de craieGuy Gof­fette, aujourd’hui et pour tou­jours, fait son entrée dans la pres­tigieuse col­lec­tion Espace Nord. Il se voit offrir l’une des antholo­gies du cat­a­logue, que l’on serait ten­té d’appeler trop rares, car cul­ti­vant depuis quelques années la fâcheuse habi­tude d’être très réussies. De Poésie/Gallimard à Espace Nord, la poésie au for­mat de poche con­sacre désor­mais tout à fait, en France et en Bel­gique, la dual­ité du Gau­mais de Paris et du Parisien de Gaume. Un Guy Gof­fette que l’on sait attaché à ce petit grand écart ; ter­ri­to­ri­al­ité du Nord par ailleurs partagée, prob­a­ble­ment de bonne grâce, avec les admirés Rimbe et Ver­laine. Con­tin­uer la lec­ture →

Creuser la peau du poème

Un coup de cœur du Car­net

Char­line LAMBERT, Sous dial­y­ses précédé de Chan­vre et lierre, post­face Véronique Bergen, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 200 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–581‑0

lambert sous dialyses precede de chanvre et lierreSous une cou­ver­ture flam­boy­ante qui tient tant de la soupe pri­mor­diale que de la super­no­va, Espace Nord réédite les deux pre­miers recueils de la poétesse Char­line Lam­bert. Sous dial­y­ses et Chan­vre et lierre, tous deux parus en 2016 (l’un aux édi­tions L’Âge d’homme, l’autre au Tail­lis Pré), se font écho dans cette belle édi­tion assor­tie d’une post­face vir­tu­ose signée Véronique Bergen.

Un désir grouille, venu de plus loin encore que l’œsophage, un désir plus rond que l’ombilic, plus brûlant que l’urètre. Un désir sonore en canal, qui élar­git les digues des artères et érode l’épiderme. Devien­dra un chant plus tard, s’il n’est pas du chan­vre.

Entr­er en poésie comme Char­line Lam­bert, avec elle, c’est gliss­er dans une eau claire : le liq­uide ourle la peau comme les mots, détache net­te­ment des con­tours qui, à l’air libre, sem­blaient flous et s’affirment alors avec inten­sité, déter­mi­na­tion, pour se couler dans un monde auquel ils ont tou­jours appartenu. Entr­er en poésie comme on comble un vide avec un plein – le plein des mon­des pal­pi­tants qui four­mil­lent sous les vertèbres. Con­tin­uer la lec­ture →

« Voir l’insecte au visage »

Mau­rice MAETERLINCK, La vie des four­mis / La vie des ter­mites, Post­face de Mathilde Régent, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 390 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–566‑7

maeterlinck la vie des termites la vie des fourmisDans la vaste pro­duc­tion de Mau­rice Maeter­linck, les essais con­sacrés aux insectes soci­aux occu­pent une place à part. Cette trilo­gie se trou­ve dis­ten­due, par sa chronolo­gie d’abord, mais aus­si par sa tonal­ité. Elle s’ouvre en 1901 avec La vie des abeilles, qui jouira d’un immense suc­cès. Paul Gor­ceix jugeait que cet ouvrage pose « le prob­lème de la Weltan­schau­ung de Maeter­linck et, au-delà, celui de sa per­son­nal­ité ». Que révèle en effet cette atten­tion par­ti­c­ulière à des col­lec­tiv­ités invis­i­bles, vivant en sys­tème clos dans le com­plexe réseau alvéo­laire ou souter­rain qu’elles ont dess­iné, se repro­duisant et s’organisant selon des mod­èles immuables depuis des mil­lé­naires sans doute, mais qui échap­pent encore par­tielle­ment à notre com­préhen­sion ? Cet intérêt crois­sant pour les ruch­es, les ter­mi­tières et les four­mil­ières serait-il l’indice d’une fas­ci­na­tion mal­saine envers les régimes autori­taires ? Car si l’on trans­pose leur fonc­tion­nement aux col­lec­tiv­ités humaines, le pire régime des castes appa­raît d’une bien­veil­lance extrême… Con­tin­uer la lec­ture →

Migrations intérieures

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Le cer­cle des oise­leurs, Impres­sions nou­velles, 2022, 304 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39070–010‑4

emmanuel le cercle des oiseleursUn titre énig­ma­tique, assor­ti d’une cou­ver­ture attrayante : il ne nous en faut par­fois pas davan­tage pour pren­dre en mains un roman et le feuil­leter, mus par l’envie d’en savoir plus. La patience est cepen­dant ici de mise, comme elle s’impose au per­son­nage prin­ci­pal dont nous emboitons le pas. Léo Vogels (!) est employé dans une société dont l’activité, aux con­tours incer­tains, repose sur des procé­dures strictes et néces­site des réu­nions régulières où il est bon de parse­mer régulière­ment les pro­pos que l’on tient de ter­mes emprun­tés au mar­ket­ing mod­erne. Dans cet univers où les rap­ports de force tout à la fois bru­taux et feu­trés régis­sent les rela­tions, Léo évolue sur la pointe des pieds, avec le prin­ci­pal souci de rédi­ger le procès-ver­bal de la réu­nion à laque­lle il assiste. Il vient de fêter le départ à la retraite de son col­lègue Char­lie Mutzinger dont le bureau était proche du sien. Cet homme, avec lequel il con­ver­sait d’ordinaire, est resté un mys­tère pour lui. Con­tin­uer la lec­ture →

Parce que c’était lui, parce que c’était là

Frédéric SAENEN, L’enfance unique, Post­face de Lau­rence Boudart, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 200 p., 9 €, ISBN : 9782875685728

saenen l'enfance uniqueÀ se laiss­er guider par les pre­miers mots de l’avertissement de l’auteur, la ques­tion prin­ci­pale porterait sur la manière « de traiter les mots et expres­sions en langue wal­lonne présents dans ce texte ». 

À se laiss­er guider par les pre­miers mots du roman, la ques­tion prin­ci­pale, out­re « la Langue pre­mière » serait « l’enfance ».  Les deux vont l’amble, livrant le réc­it intime d’une enfance baignée dans le wal­lon de l’Origine, la Langue pre­mière pra­tiquée par Grand-Popa, pour­tant un Fla­mand du Lim­bourg, et Mamy, même si elle « se plaît à rap­pel­er ses orig­ines français­es ». Con­tin­uer la lec­ture →

Sur le pont des simulacres

Paul WILLEMS, La ville à voile / La vita breve, Post­face Car­o­line De Mul­der, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 280 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–571‑1

willems la ville a voile« Le théâtre est le con­ser­va­toire de la langue », écrivait Antoine Vitez et, en ce qui con­cerne la langue de Paul Willems, on pour­rait, sans hésiter, évo­quer les grands fonds, les abysses qui font échos aux affron­te­ments, aux trou­bles et aux vio­lences de la sur­face.

Cette langue est inouïe et il faut prêter l’oreille pour être sûr que c’est bien de cela, de ce drame tra­gi-comique qui est notre matière,  qu’il s’agit car, chez Paul Willems, « la vie est un songe » (Pedro Calderon de la Bar­ca) tra­ver­sé des vio­lences de la résur­gence des sou­venirs et des sur­sauts de vérité. Con­tin­uer la lec­ture →

Notre sorcière bien-aimée

Tan­guy HABRAND, Hermione Granger. Lec­trice de Har­ry Pot­ter, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2022, 144 p., 13 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 9782390700005

habrand hermione grangerPour le douz­ième opus de la col­lec­tion « La fab­rique des héros » qu’il a cofondée en 2019 et qu’il codirige depuis lors, c’est Tan­guy Habrand qui s’est prêté à l’exercice d’interroger les imag­i­naires partagés autour d’une fig­ure de la cul­ture pop­u­laire. Celle sur laque­lle il a jeté son dévolu réjouira tous les afi­ciona­dos de la saga pot­te­ri­enne : Hermione Granger, « seul per­son­nage féminin à avoir été réelle­ment investi, de manière pos­i­tive, par J.K. Rowl­ing » ; d’ailleurs, « il s’en est fal­lu de peu pour qu’elle ne vole la vedette à Har­ry ». Quant à son angle d’attaque, la lec­ture, il se révèle haute­ment stim­u­lant et se ram­i­fie en con­sid­éra­tions sur l’activité en elle-même, mais égale­ment la légitim­ité de l’écrit, le statut de l’objet-livre, le rap­port au savoir, l’univers de la presse, l’éducation aux médias, etc. Et quel biais des plus per­ti­nents vu que « à l’école de Poud­lard, tout com­mence et tout finit par un livre. Livres de savoir ou de diver­tisse­ment, livres pre­scrits ou inter­dits, livres com­pagnons ou dan­gereux » ! Con­tin­uer la lec­ture →

Dans l’intervalle de l’être et du monde

Un coup de cœur du Car­net

Suzanne LILAR, Une enfance gan­toise, post­face de Clé­ment Dessy, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 240 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–565‑0

lilar une enfance gantoise okIls sont nom­breux les livres sur l’enfance, les réc­its qui retour­nent en ces temps fon­da­teurs, for­ma­teurs de notre vie future. Il en est qui ne sont que nos­tal­gie ou défouloir revan­chard, d’autres qui tran­scen­dent les anec­dotes et analy­sent la famille, le milieu, le com­ment on devient ce que l’on est.  Une enfance gan­toise de Suzanne Lilar (1901–1992) appar­tient à cette dernière caté­gorie. Comme l’écrivait Jean­nine Paque dans un arti­cle de la revue Textyles : « Il s’agit de don­ner une assise plus large au présent, de chercher la source et la rai­son de ce que l’on est, de légitimer une ori­en­ta­tion exis­ten­tielle. » Con­tin­uer la lec­ture →

Proust mis à nu par ses illustrateurs, même

Jan BAETENS, Illus­tr­er Proust. His­toire d’un défi, Impres­sions nou­velles, 2022, 240 p., 24 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874499777

baetens illustrer proust histoire d'un défiEn cette année 2022 qui célèbre le cen­te­naire de la mort de Mar­cel Proust, Jan Baetens rend un hom­mage de biais à l’auteur d’À la recherche du temps per­du, en inter­ro­geant cet inter­dit implicite qui veut qu’« [o]n n’illustre pas Proust ». L’abondance des illus­tra­tions qui for­ment le cor­pus d’étude du livre de Jan Baetens sem­ble con­tredire la cen­sure tacite mais force est de recon­naître, avec l’auteur d’Illus­tr­er Proust, qu’il deve­nait urgent de se con­fron­ter à l’His­toire d’un défi, ain­si que le pré­cise le sous-titre de l’ouvrage. Con­tin­uer la lec­ture →

Casterman en héritage

Flo­ri­an MOINE, Cast­er­man, de Tintin à Tar­di. 1919–1999, Pré­face de Pas­cal Ory, Impres­sions nou­velles, 2022, 420 p., 29, 50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874499913

moine casterman de tintin a tardiSe trou­ve-t-il un.e Belge fran­coph­o­ne né.e durant les Trente Glo­rieuses que n’aient pas pro­fondé­ment marqué.e les pub­li­ca­tions Cast­er­man ? Pour ma part, venu au monde in extrem­is l’année du pre­mier choc pétroli­er et de la guerre du Kip­pour, je ne manque jamais de fris­son­ner en feuil­letant les qua­tre albums mythiques de la série « La bonne nou­velle » signés Pil­amm, qui furent offerts à ma mère à l’occasion de sa grande com­mu­nion (en 1960). Han­tées de phar­isiens aux chairs bouffies et de com­plo­teurs olivâtres, de mer­can­tis à l’œil torve et de lépreux émaciés, ces brochures avaient pour voca­tion de délivr­er par l’image le mes­sage des Évangiles aux enfants de la société déchris­tian­isée. J’ignore si, dès le plus jeune âge, cette lec­ture m’a édi­fié ou au con­traire m’a rodé au mor­bide (la tête du Bap­tiste dans le plateau d’argent, un must en la matière) ; elle a fait de moi un mem­bre à part entière de la généra­tion Cast­er­man. Con­tin­uer la lec­ture →

Enfin de ses nouvelles…

Émile VERHAEREN, Con­tes de minu­it et autres nou­velles, étab­lisse­ment de texte et post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 180 p., 9 €, ISBN : 9782875685681

verhaeren contes de minuit et autres nouvellesÉmile Ver­haeren est depuis longtemps recon­nu comme un des som­mets de la poésie belge de langue française. Il faut se rep­longer dans ses Villes ten­tac­u­laires pour retrou­ver quelque har­monie au tumulte de nos errances urbaines ; il faut réé­couter ses rythmes, palper ses images : Ver­haeren n’est pas un clas­sique de manuel, il par­le à notre époque.

Et voilà que le mon­stre sacré parvient à dérouter le lecteur, plus d’un siè­cle après sa mort. On le con­nais­sait poète, on savait ce que la postérité et la bonne intel­li­gence de cer­tains pein­tres, dont Ensor, devaient à sa plume. Quelques-uns par­mi nous avaient enten­du par­ler de son théâtre, sans l’avoir vu joué. Mais peu nom­breux de nos con­tem­po­rains avaient lu ses nou­velles. Cette élite regroupait les éru­dits, les pas­sion­nés, les spé­cial­istes. Comp­tons dans le nom­bre Christophe Meurée, qui a mis toute sa sci­ence et son bon goût dans l’établissement des textes et dans la post­face de l’anthologie qui nous occupe ici. Con­tin­uer la lec­ture →

Dans la voie du féminisme

Marie-Louise HAUMONT, Le tra­jet, Post­face de Daniel Laroche, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 398 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–569‑8

haumont le trajetIni­tiale­ment paru en 1976 aux édi­tions Gal­li­mard, le roman Le tra­jet de Marie-Louise Hau­mont (récom­pen­sé alors par le prix Fem­i­na) est aujourd’hui réédité dans la col­lec­tion Espace Nord et assor­ti d’une post­face de Daniel Laroche. Née en 1919 et décédée en 2012, Marie-Louise Hau­mont, écrivaine belge, reste encore peu con­nue dans nos con­trées, en rai­son sans doute, comme l’explique le post­faci­er, de la pro­duc­tion lit­téraire « peu var­iée et quan­ti­ta­tive­ment mod­este » de celle-ci.

Je vivais dans l’avenir comme les vieil­lards vivent dans le passé, mais le passé ne laisse aucune place à l’inconnu tan­dis que moi j’étais sans cesse à la croisée des chemins, m’engageant dans l’un, puis dans l’autre, essayant, brouil­lon­nant, effaçant pour trou­ver mieux […]. J’étais, au pro­pre, maîtresse de mon sort et gou­ver­nante du des­tin de tous les per­son­nages qui partageaient mon exis­tence sec­ondaire.  Con­tin­uer la lec­ture →

Responsable ou coupable?

Charles BERTIN, Jour­nal d’un crime, post­face de Lau­rence Pieropan, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 238 p., 8,50 €, ISBN : 9782875685629

bertin journal d'un crime« Quand le tim­bre de la porte d’entrée reten­tit ce matin à sept heures, je sus qu’Elio était mort ». C’est la pre­mière phrase du pre­mier roman de Charles Bertin. Lors de sa pub­li­ca­tion en 1962, l’écrivain a déjà pro­duit une œuvre impor­tante et recon­nue depuis ses pre­miers poèmes, remar­qués par Mar­cel Thiry, en 1939, avant de bifur­quer vers la lit­téra­ture dra­ma­tique avec son Don Juan pub­lié en 1946 et couron­né par le prix tri­en­nal de Lit­téra­ture dra­ma­tique en 1948. 

Ain­si donc, Elio est mort.  Qui est Elio ? Qui est le nar­ra­teur ?  Que s’est-il passé entre eux? Con­tin­uer la lec­ture →

Quête et équations

Élisa BRUNE et Edgar GUNZIG, Rela­tions d’incertitude, Pré­face de Yaël Nazé, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 500 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–559‑9

brune gunzig relations d'incertitude« Il n’est sans doute plus per­mis de croire qu’un jour nous parvien­drons à tir­er entière­ment la nature au clair, tant elle sem­ble com­porter de niveaux enchevêtrés, mais le nom­bre de phénomènes expliqués s’accroît con­tin­uelle­ment, et j’aime fix­er mon regard sur ce cap­i­tal. »

Tout part d’un ébran­le­ment sen­si­ble : Hélène Anci­aux, une jeune jour­nal­iste sci­en­tifique, pousse la porte d’un amphi, attirée par le titre d’une con­férence don­née par le pro­fesseur Edgard G. Char­mée, par l’épaisseur poé­tique des mots de l’intitulé de ladite con­férence comme par l’orateur, physi­cien de son état, la jeune jour­nal­iste se lance dans le pro­jet d’en rédi­ger un arti­cle. Hélène et Edgard se ren­con­trent très rapi­de­ment, mus par le même désir de ren­dre acces­si­bles les décou­vertes des physi­ciens. Le pre­mier ren­dez-vous est fixé au 11 sep­tem­bre 2001. Con­tin­uer la lec­ture →