Un coup de coeur du Carnet
Clara MAGNANI, Joie, Sabine Wespieser, 2017, 175 p., 17 €/ePub : 11.99 € ISBN : 978–2‑84805–214‑4
« Toutes nos histoires se valent, parce qu’il n’y en a jamais qu’une seule. Celle du temps qui fiche le camp », peut-on lire en dernière page de Joie, le premier roman de Clara Magnani. Et si l’écriture n’était pas autre chose qu’un moyen de fixer ce temps, en particulier quand il s’agit de se souvenir d’une passion, d’une belle et grande histoire d’amour, comme celle décrite ici.
Le roman tient en trois volets. Celui d’Elvira qui, à la mort brutale et inattendue de son père de 70 ans, découvre dans ses affaires un manuscrit où il évoque l’amour intense qu’il éprouve pour une Belge : Clara… Magnani, grande critique belge de cinéma (excusez du peu !) qu’il a rencontrée à l’occasion d’une interview. Elvira décide de prendre contact avec Clara, la fille avec l’amante. Continuer la lecture
Aujourd’hui : plusieurs personnes sont entendues par la police suite à une sombre histoire de viol dans le métro au cours duquel personne n’est intervenu. Tous essaient de se justifier comme ils peuvent, mais la culpabilité les ronge.
En 1995, Rose Campion, enfant solaire de six ans, voit ses repères se fracturer d’un seul coup : ses parents, Gabrielle et Charles – rentiers et lui timoré, elle éteinte, finalement très peu connus de leurs voisins – se sont évaporés sans crier gare. Confiée à un orphelinat, la petite fille refuse de se croire abandonnée et tente de surmonter la tragédie grâce à la vivacité de Lucie et à la confiance en la vie de son grand frère Oscar, meneur inné de leur bande de « survivants ». À l’école, c’est le tendre Henri qui la protège et la console avant qu’elle soit mutée dans un établissement plus proche de son lieu de vie. Ernest Jaco, inspecteur proche de la retraite, s’émeut lui aussi du sort de la gamine et met tout en œuvre pour comprendre le mystère de cette disparition. Pourquoi le couple a‑t-il revendu plusieurs propriétés quelques mois avant le drame et versé le montant obtenu à une association brésilienne?
Jacques, jeune chercheur en climatologie bruxellois, débarque à Tokyo, une ville qui lui évoque « une cité obscure de Schuiten et Peeters qui engloutit ceux qui osent s’y aventurer ». Ses seuls repères sont les convinis, petites échoppes de quartier où il se sustente en bière et repas bon marché. Déboussolé par les conventions sociales – ses collègues japonais semblent tous régis par une hiérarchie immuable – et confronté aux subtilités d’une langue qu’il ne maîtrise que partiellement, il est tenu par le professeur Nishimura de trouver rapidement un sujet de thèse.
Hayley, une jeune femme d’une vingtaine d’années, a récemment rompu avec Félix, pas parce qu’ils ne s’aimaient plus, mais parce que « [l]eur amour était trop grand pour eux ». Enivrés par la fusion du premier amour, les tourtereaux se sont heurtés à la complexité d’une relation de couple. En manque d’outils pour mieux vivre leur idylle, ils ont décidé de se séparer et de « recommencer à s’aimer » quand ils seront plus mûrs.
En cette rentrée littéraire automnale où les publications affluent, le livre de Jean-Marc Ceci tombe comme une double surprise. Surprise inhérente à tout premier roman : personne (à part peut-être ses proches) n’attend l’auteur d’une première œuvre. Mais surprise, surtout, de découvrir ce Monsieur Origami par lequel Ceci entre en littérature – et à l’enseigne des éditions Gallimard, qui plus est.
Si la vie s’apparente à un jeu, nous ne savons pas à quelle catégorie elle appartient : jeu de hasard ou jeu de rôles ? Avançons-nous dans la vie selon nos propres décisions, guidés par le hasard, tels des pions qui se déplacent sur un jeu au rythme des dés lancés ? Ou sommes-nous simplement les acteurs d’un récit écrit d’avance?
Lorsque Madeleine, surnommée Mad, obtient ce qu’elle a toujours voulu, à savoir vendre une cinquantaine de ses toiles lors d’un vernissage, elle suffoque et décide de sortir de cette galerie de paysages gris. Une décision s’impose à elle : prendre un nouveau départ à 53 ans. Sans plus attendre, elle rompt avec son agent et achète une maison à la campagne.
La jeune dessinatrice Sacha Orff a choisi d’intituler son premier livre La nuit réclame une issue. Un titre entre ombre et lumière. Entre attente et promesse.
Sophie a une bien morne existence. Elle qui rêve de devenir hôtesse de l’air échoue aux examens. Elle n’a pas d’autre ambition, aucun amoureux ni aucun ami. Tout semble vouer à l’échec. Pendant un instant, elle pense qu’un petit boulot à l’aéroport pourra la consoler. Mais rien n’y fait, le vague à l’âme est à sa porte. Ses défaites, ses désillusions, la solitude et un mal-être profond la font descendre au fond du gouffre. Elle ne veut plus remonter et s’enferme chez elle. Le noir et le vide l’entourent. Par peur de sauter définitivement dans cet abîme, elle décide de consulter un psy, Arnold Lebowski, qui lui conseille de réapprendre à socialiser et de commencer cet apprentissage en prenant un animal de compagnie.
L’actualité littéraire fatigue. Biopics pseudo-sulfureux, autofictions écrites avec les pieds, tyrannie du « sujet ». Heureusement, il reste des écrivains qui se fichent de la mode, et qui nous offrent des bijoux. « Prétendons qu’il y a un chemin pour traverser le miroir et passer dans la maison de l’au-delà ».
Le propos ne manque pas d’intérêt a priori : un thriller historico-religieux nous plongeant aux origines du christianisme, relatant les conflits de pouvoir entre empereurs romains, mêlant ces questions à notre monde contemporain jusque dans ses dimensions terroristes, interrogeant les notions de temps ou de Dieu, de hasard et de sens à donner à nos vies.
L’histoire nous emmène dans les terres vastes et arides de l’Andalousie pour nous annoncer le grave accident de voiture d’un couple très connu : Jose et Amaranta Ribera. Jose est le toréro le plus célèbre de sa génération et nous apprenons rapidement son décès lors de l’accident. Quant à Amaranta Ribera, son épouse, elle est dans le coma.
Avez-vous déjà senti, respiré la force et la douceur d’un arbre que vous étreigniez, avec la certitude d’être à votre juste place dans le monde ?
« — Vu vos antécédents dans l’armée belge et votre ancien mandat dans la police militaire, j’ai pensé à vous […] » (p. 10–11). Le Consul honoraire de Belgique désigne l’adjudant Robert Peltzer comme observateur de l’enquête sur la mort de Lucie Rego – membre, comme Peltzer, du Programme international pour le Déminage – dont le corps sans vie vient d’être retrouvé au Cambodge, au pied de la falaise surplombant le temple de Preah Vihear, à la frontière thaïlandaise. Un regrettable accident ? Rien n’est mois sûr : la victime connaissait ces rochers comme sa poche…
