Marie-Thérèse BODART, Le monde éclatera demain, Samsa, Coll. « Théâtre », 2023, 96 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87593–452‑9
L’actualité éditoriale et littéraire de ce printemps fait bien les choses : la pièce de théâtre de Marie-Thérèse Bodart Le monde éclatera demain vient d’être éditée chez Samsa et un ouvrage constitué de plusieurs contributions littéraires et critiques à propos de la tribu Bodart-Richter a paru en ce début juin aux éditions des Archives et Musée de la littérature dans la collection « Archives du futur », sous-titré Entre écologie et poésie.
Quel ADN littéraire et poétique contribuait à ce que cette tribu soit si active tant dans la littérature que dans la matière des questions d’éthique ? Marie-Thérèse Bodart (1909–1981) était romancière, dramaturge, et critique. Elle a été l’épouse du poète Roger Bodart, mère de l’écrivaine Anne Richter et grand-mère de l’autrice Florence Richter. Que de liens, de complicité, d’héritages de talent et d’ouverture dans cette planète Bodart-Richter ! Continuer la lecture







Dans son avant-propos, Joël Goffin décape les poncifs véhiculés par l’histoire de la littérature qui a enfermé l’œuvre de Georges Rodenbach dans l’image d’un écrivain mélancolique, hanté par la splendeur passée de la ville de Bruges. À côté de l’auteur de
Anne Richter a quinze ans lorsqu’elle rédige les dix-sept contes rassemblés dans le recueil, La fourmi a fait le coup, réédité aujourd’hui par Samsa.
Toute main qui frôle un piano, toute main qui écrit est veinée de bruissements, d’énigmes séculaires, de pulsations de nuit, de créatures insolites, de forêts de sensations. Seules les mains de Véronique Bergen pouvaient écrire un essai aussi merveilleux à propos de la pianiste Martha Argerich. Après la biographie d’Olivier Bellamy, Martha Argerich. L’art des passages est le premier essai consacré à la musicienne. N’étant pourtant pas musicologue, comme l’écrivaine le signale humblement elle-même au début de l’essai, Véronique Bergen approche l’univers de la pianiste d’une manière qui nous fait en douter. À la lecture de cet opus, l’on se risque même à avancer que les mains de l’écrivaine sont aussi familières du piano que du stylo…
Aidé par Florence Richter et François Ost, Christian Lutz réédite en deux épais volumes une part notable des écrits de Roger Bodart, écrivain, journaliste, personnage-clé de notre milieu littéraire (1910–1973). Curieusement intitulé Origines, le premier rassemble les neuf livres de poèmes publiés entre 1930 et 1968, à quoi s’ajoutent deux recueils posthumes et des extraits de presse. Se trouve ainsi mis en lumière, avec ses faiblesses et ses réussites, ses constantes et ses innovations, le parcours du poète en quarante-trois ans d’écriture.
Mettre en lumière les rapports qui se sont tissés entre James Ensor (1860–1949) et Bruxelles, alors qu’on ancre volontiers le peintre à Ostende, c’est le propos du livre de Vincent Delannoy James Ensor à Bruxelles.
« Il m’arrive de croire que tout a été mis en péril du jour où l’on coupa les grands beaux arbres qui formaient une promenade devant la villa de mon enfance. »
L’entrée en matière du livre est confortable. Fluide et classique. Le narrateur, qui est l’auteur du livre – et appelons-le Maxime pour nous faciliter la vie même s’il ne se nomme jamais –, descend vers Marseille en TGV. Sa destination ? Lyon, où un congrès de psychanalystes attend sa compagne Ida. Leur voisine de wagon feuillette de vieux Paris-Match, et voilà que s’affiche soudain une photo d’un homme intimement lié à la vie de Maxime. Petit échange entre les passagers. Ce Christian Didier, un camarade d’enfance, a eu son heure de gloire en 1993, lorsqu’il a abattu René Bousquet, le tristement célèbre patron de la police pétainiste sous l’Occupation. 