Archives par étiquette : Samsa

Des mots aux actes, une révolution rouge qui en appelle à Rimbaud

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Ulrike Mein­hof. His­toire, tabou et révo­lu­tion, Sam­sa, 2020, 340 p., 24 €, ISBN : 9782875932723

Tan­dis qu’on y adhère tout de suite il est dif­fi­cile de qual­i­fi­er dans sa total­ité le remar­quable dernier livre paru de Véronique Bergen. Elle l’appelle « réc­it » : Ulrike Mein­hof. His­toire, tabou et révo­lu­tion. Ce texte mul­ti­ple est foi­son­nant. Riche, doc­u­men­té puisqu’il est his­torique dans son principe. Suprême­ment intéres­sant, il est aus­si poé­tique, même dans ses moments inter­pel­lants, voire trag­iques. Tou­jours l’action est présente, vio­lente par­fois, mais elle ne cesse pas de boule­vers­er. Con­tin­uer la lec­ture →

La révolution a ses raisons que la raison ne connait pas

Fab­rice GARDIN, Le droit à l’oubli, Sam­sa, 2020, 42 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87593–280‑8

gardin le droit a l oubli« J’ai hérité d’une som­bre forêt, mais je vais aujourd’hui dans une autre forêt toute baignée de lumière. » Ces mots de Tomas Tranströmer qui ouvrent le réc­it sont très éclairants sur les sen­ti­ments qui ani­ment Andréa, la pro­tag­o­niste de la pièce. Cette anci­enne ter­ror­iste racon­te à une jour­nal­iste de son âge, Dominique, ses actes passés. Elle assume totale­ment ses anciens choix, même s’ils étaient dépourvus de toute réflex­ion cri­tique. Le plus dur à présent est de ne plus avoir de nom ni de passé hon­or­able. Main­tenant qu’elle a purgé sa peine – dix-sept ans de prison –, elle souhaite tourn­er la page, con­tin­uer sa vie et avoir le droit à l’oubli. Con­tin­uer la lec­ture →

Les Hussards noirs (jaunes, rouges) du Royaume

Désiré-Joseph d’ORBAIX, Le don du Maître, Pré­face de Renaud Denu­it, Sam­sa, 2019, 222 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87593–264‑8

S’il y a en France une tra­di­tion lit­téraire pour évo­quer les « Hus­sards noirs » – expres­sion forgée par Charles Péguy dans L’argent et dans son reten­tis­sant pam­phlet De Jean Coste –, on en retrou­ve égale­ment une dans les let­tres belges, même si l’approche des insti­tu­teurs y est a pri­ori moins polémique et poli­tique. Pen­sons par exem­ple à l’étonnant Crânes ton­dus (1930) de Con­stant Bur­ni­aux, galerie de can­cres, de naïfs, de mali­cieux, de rêveurs du dernier rang, cro­qués par le regard à la fois nar­quois et bien­veil­lant d’un nar­ra­teur qui n’est autre que leur Maître. Con­tin­uer la lec­ture →

Bruxelles au 19e vue par les écrivains

Joseph VAN WASSENHOVE, Brux­elles. La ville vue par des écrivains du XIXe siè­cle, Sam­sa, 312 p., 30 €, ISBN : 978–2‑87593–084‑2

Repris sous une forme mod­i­fiée par Julien Gracq dans l’incipit de La forme d’une ville, le vers de Baude­laire tiré du poème Le cygne —  « la forme d’une ville / Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mor­tel » — com­pose la basse con­tin­ue de l’essai de Joseph Van Wassen­hove. Par quel prisme appréhen­der Brux­elles au 19e siè­cle, sachant qu’elle a subi, au nom du pro­grès et de la moder­nité, des mod­i­fi­ca­tions archi­tec­turales, urban­is­tiques sou­vent désas­treuses, sinon par celui de la lit­téra­ture ? Dans Brux­elles. La ville vue par des écrivains du XIXe siè­cle, l’auteur se livre à une enquête archéologique qui prend la forme d’une prom­e­nade lit­téraire. Con­tin­uer la lec­ture →

Sur les traces de Bruegel à Bruxelles

Vin­cent DELANNOY, Bruegel à Brux­elles, Sam­sa, 2019, 126 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87593–244‑0

À l’occasion du 450ème anniver­saire de la mort de Pierre Bruegel l’Ancien, décédé à Brux­elles en sep­tem­bre 1569, Vin­cent Delan­noy retrace l’effervescence créa­trice des années brux­el­lois­es. La quar­an­taine de tableaux, la soix­an­taine de dessins, les gravures lais­sées par le fon­da­teur d’une dynas­tie de créa­teurs ayant fait l’objet d’une tour de Babel d’exégèses, l’auteur se con­cen­tre sur la péri­ode 1563–1568 durant laque­lle, vivant rue Haute à Brux­elles, Bruegel l’Ancien crée la majorité de ses chefs d’œuvre. De la vie du pein­tre, très peu de choses sont attestées. En l’absence d’écrits, de let­tres, la vision du monde pro­fessée par Bruegel, son rap­port à la foi, au pou­voir ne peu­vent être inférés que de ses œuvres. Vin­cent Delan­noy inter­roge les éventuelles influ­ences de la ville sur ses pein­tures, les sin­gu­lar­ités de sa pro­duc­tion artis­tique lors des années fécon­des. Si la péri­ode anver­soise cor­re­spond à un Bruegel dessi­na­teur mar­qué par l’influence de Jérôme Bosch (univers fan­tas­tique, créa­tures dia­boliques, sens du grotesque et de la satire…), à Brux­elles, sans aban­don­ner le dessin, Bruegel se con­sacr­era essen­tielle­ment à la pein­ture.


Lire aus­si : un extrait de Bruegel à Brux­elles


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Un regard neuf dans le miroir au hibou

Jean-Marie KLINKENBERG (dir.), Relire La légende d’Ulenspiegel, Textyles n° 54, Sam­sa, 2019, 15 €

Durant toute l’année 2017, le sesqui­cen­te­naire de La Légende d’Ulenspiegel fut salué par bon nom­bre de pub­li­ca­tions d’importance, au pre­mier rang desquelles l’édition défini­tive du texte, établie par le spé­cial­iste incon­testé de la ques­tion, Jean-Marie Klinken­berg. Aujourd’hui, le même dirige le dossier de la cinquante-qua­trième livrai­son de la revue Textyles, qui nous invite à relire l’œuvre matricielle de De Coster. L’Académicien (adjec­tivé « bel­gique ») y signe une étude exhaus­tive sur le tra­vail philologique con­sid­érable qu’exige ce livre hors-norme, qui est « tout sauf un énon­cé con­sen­suel ». Qua­tre autres con­tri­bu­tions sub­stantielles précè­dent celle de Klinken­berg, et cha­cune pro­pose un regard neuf sur des aspects aus­si var­iés que les adap­ta­tions, la langue, la récep­tion, enfin la dimen­sion com­par­a­tive.


Lire aus­si : De Coster, entre le rire et le cri (C.I. 198)


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Matriochka de Philippe Remy-Wilkin

Philippe REMY-WILKIN, Matri­ochka, Sam­sa, 2019, 60 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87593–209‑9

Philippe Remy-Wilkin orne la sig­na­ture de ses cour­riels et les notices bib­li­ographiques le con­cer­nant de la men­tion « auteur lit­téraire » qu’il sem­ble affec­tion­ner. Sans doute cette for­mu­la­tion embrasse-t-elle davan­tage la diver­sité édi­to­ri­ale des écrits de celui qui est à la fois essay­iste, cri­tique lit­téraire, nou­vel­liste et romanci­er. Philo­logue de for­ma­tion, Philippe Remy-Wilkin est pas­sion­né d’Histoire et nous a don­né déjà une remar­quable étude con­sacrée à Christophe Colomb, Christophe Colomb, Le décou­vreur et la décou­verte : mythes et réal­ités. On lit aus­si régulière­ment ses chroniques sur Karoo et Le Car­net et les Instants, de façon épisodique ses nou­velles dans la revue Mar­ginales, et ses pris­es de posi­tion sur les réseaux soci­aux.

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« Naissance, croissance, maturité, disparition »

Camille LEMONNIER, La fin des bour­geois, édi­tion et pré­face de Frédéric Sae­nen, Sam­sa, 2018, 340 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87593–201‑3

En 1910, Ste­fan Zweig écrivait sur lui : « C’est encore un héros que ce fier et noble car­ac­tère. Sol­dat du pre­mier au dernier jour, il a lut­té sans trêve […] pour la grandeur de la Bel­gique ; il a écrit livre sur livre, créé, tra­vail­lé, jeté des appels, ren­ver­sé des bar­rières, il n’a point con­nu le repos jusqu’à ce que Paris et l’Europe n’attachent plus au qual­i­fi­catif “belge” la sig­ni­fi­ca­tion dédaigneuse de “provin­cial”. » Celui si bien loué, c’est le Maréchal des let­tres , le Macaque flam­boy­ant , le Dic­tio­n­naire en rut, le Zola belge. Der­rière ces éti­quettes plus ou moins dis­cuta­bles s’impose une fig­ure incon­tourn­able dans le paysage de la lit­téra­ture fran­coph­o­ne, et pour­tant injuste­ment frap­pée par la mécon­nais­sance à l’heure actuelle : Camille Lemon­nier.

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Robert Goffin, écrivain sous roche

Robert GOFFIN, Le roman des anguilles, pré­face d’Arnaud de la Croix, Sam­sa / ARLLFB, 2018, 160 p., 18 €, ISBN :  978–2‑87593–151‑1

Robert Goffin, Le roman des anguillesS’il est une per­son­nal­ité attachante dont il s’agit de redé­cou­vrir sans tarder l’œuvre poly­mor­phe, c’est bien celle de Robert Gof­fin (1898–1984).

Les rares à con­naître son nom citeront sans hésiter ses nom­breuses con­tri­bu­tions à la décou­verte du jazz. Ain­si l’un de ses tout pre­miers recueils de poésie, en 1922, s’intitulera Jazz-band et lui vau­dra l’honneur d’être pré­facé par Jules Romains. Mais il a égale­ment rehaussé l’historiographie de ce courant musi­cal avec Aux fron­tières du jazz (présen­té par Mac-Orlan cette fois), son incon­tourn­able His­toire du jazz, parue ini­tiale­ment à Mon­tréal en 1946 et enrichie deux ans plus tard pour s’étendre du Con­go au Bebop, un essai plus recher­ché encore sur La Nou­velle-Orléans ou une mono­gra­phie sur Louis Arm­strong parue chez Seghers en 1947… Con­tin­uer la lec­ture →

Marcel Lecomte : l’envergure du spectre

Mar­cel Lecomte, entre présence et absence, dossier dirigé par Paul ARON et Philippe DEWOLF, Textyles n° 52, Sam­sa, 2018, 184 p., 15 € / PDF : gra­tu­it, ISBN : 978–2‑87593–155‑9

aron_textylesPar­mi la con­stel­la­tion sur­réal­iste, Mar­cel Lecomte (1900–1966) serait à ranger du côté des nébuleuses, tant son œuvre, son apport et sa per­son­nal­ité demeurent mécon­nus. En atten­dant que paraisse la biogra­phie annon­cée que lui a con­sacrée Philippe Dewolf, la cinquante-deux­ième livrai­son de la revue Textyles vient combler quelques vides, avec un ensem­ble de con­tri­bu­tions aus­si éclec­tiques que sub­stantielles. Con­tin­uer la lec­ture →

Humaniser l’animal pour réhumaniser l’homme ?

Tous Din­go ? Une poli­tique de l’animal nat­u­ral­iste, Neuf études réu­nies et présen­tées par Paul ARON et Clara SADOUN-ÉDOUARD, Édi­tions Sam­sa / CIEL – ULB – ULg / Société Octave Mir­beau, 2018, 160 p., 19 €, ISBN :  978–2‑87593–179‑5

aron sadoun edouard tous dingoDepuis le milieu des années 1990, l’antispécisme s’est imposé comme un courant de pen­sée impor­tant en Occi­dent. Cette vision du monde con­siste à refuser l’idée qu’une soi-dis­ant « espèce humaine » puisse se revendi­quer dif­férente, notam­ment sur le plan moral, d’une soi-dis­ant « espèce ani­male », et se pré­ten­dre supérieure au point de s’arroger le droit d’exploiter la sec­onde. Les anti­spé­cistes assim­i­lent l’humain à un « ani­mal comme les autres », rejet­tent la dis­tinc­tion nature-cul­ture, et se con­for­ment à un mode de vie en adéqua­tion avec leur éthique – dont l’indice le plus évi­dent est l’adoption d’un strict régime végane – par respect envers ces frères inférieurs, util­isés comme matéri­au d’expérimentation en lab­o­ra­toire, indû­ment instru­men­tal­isés au gré de nos humeurs, vic­times enfin d’un mas­sacre organ­isé à dimen­sion indus­trielle avant con­di­tion­nement et con­som­ma­tion. Con­tin­uer la lec­ture →

L’œuvre-séisme de Jacques Crickillon par Éric Brogniet

Éric BROGNIET, Jacques Crickil­lon, la lit­téra­ture en instance d’oubli suivi de La poésie est une guerre indi­enne par Jacques Crickil­lon, Sam­sa, 2017, 160 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87593–153‑5

brogniet jacques crickillon la littérature en instance d oubli.jpgIl fal­lait un poète pour ren­con­tr­er l’œuvre de Jacques Crickil­lon, pour don­ner lieu à une danse de planètes mue par la ques­tion du geste poé­tique.   Après la très belle étude de Christophe Van Rossom, Éric Brog­ni­et livre en poète une tra­ver­sée des créa­tions de l’Apache Crickil­lon, des cycles d’écriture qui, de La Défendue à L’Indien de la Gare du Nord, de Colonie de la mémoire à Ténébrées, du Tueur bir­man à Sphère, À Kénalon I et II, por­tent le verbe au bord du gouf­fre, sur les cimes de la séces­sion, loin des bonnes mœurs lit­téraires. Tail­lés dans le vif-argent d’une langue réin­ven­tant ses pou­voirs comme ses impuis­sances, la poésie, les nou­velles, les romans de Crickil­lon se tien­nent sur la corde du funam­bule qui vit la parole comme une expéri­ence de la dépos­ses­sion, comme une ini­ti­a­tion à la dif­frac­tion du moi et à la con­trée du vide. Con­tin­uer la lec­ture →

La ténébreuse énigme de la chambre close

Philippe REMY-WILKIN, Lumière dans les ténèbres, Sam­sa, 2017, 320 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87593–125‑2

remy wilquin lumiere dans les tenebresLumière dans les ténèbres de Philippe Remy-Wilkin est un roman atyp­ique, qui mélange les gen­res du polar, du roman psy­chologique, fan­tas­tique et his­torique, voire de mœurs, pour offrir un réc­it hale­tant, labyrinthique, aux intrigues nom­breuses avec, comme décor, le Brux­elles de la fin du XIXe siè­cle. Con­tin­uer la lec­ture →

D’une Audrey à l’autre

Pas­cale TOUSSAINT, Audrey H., Sam­sa, 2017, 144 p., 14 €, ISBN : 2875931415

toussaint audrey h.jpgPre­mière Audrey du livre de Pas­cale Tou­s­saint, Audrey H.: la nar­ra­trice, bib­lio­thé­caire, spé­cial­iste des biogra­phies de femmes (George Sand, Colette…), aimée de Jean, son com­pagnon atten­tif, ten­dre et mali­cieux.

Un car­ac­tère net, franc, par­fois tran­chant, sans com­plai­sances (« Aujourd’hui, j’ai cinquante ans. Et je fais mon âge »), volon­tiers caus­tique (« Aujourd’hui encore, les femmes “méri­tantes” m’horripilent »). Dou­blé d’une nature inquiète, doutant d’elle-même, guet­tant anx­ieuse­ment son image dans les miroirs, se liant dif­fi­cile­ment (pas d’amies vraies dans son paysage), que sa pudeur retient au creux de silences dont elle garde quelque­fois des regrets cuisants : Con­tin­uer la lec­ture →

La femme sans ombre

Clau­dine TONDREAU, L’Adorante, Sam­sa, 2017, 137 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87593–080‑4

tondreau.jpgAprès deux pre­miers romans, Pas­palum et L’œil du croc­o­dile, pub­liés aux édi­tions Le Cri, dirigée à l’époque par Chris­t­ian Lutz, Clau­dine Ton­dreau a suivi son édi­teur lorsqu’il a mis sur pied la mai­son Sam­sa, où elle pub­lie son dernier réc­it, L’Adorante.

Trois romans avec des femmes au cœur de la nar­ra­tion. Mais si les deux pre­miers avaient beau­coup d’accointances avec l’Afrique, Afrique réelle ou Afrique fan­tas­mée, L’Adorante se cen­tre sur la rela­tion d’amitié pro­fonde qui se noue entre deux fonc­tion­naires des Insti­tu­tions européennes. Ces deux femmes sont col­lègues et parta­gent le même bureau. La nar­ra­trice, une Belge, se situe à un tour­nant de sa vie et est fascinée par Hilde­garde, une Alle­mande atteinte d’une mal­adie rare qui influe sur son com­porte­ment : elle souf­fre de la peau et doit se pro­téger de la lumière. Pour Hilde­garde, « il n’y a plus de bon­té solaire ». Tout en décrivant les rites de la vie admin­is­tra­tive et la vie sans courbes de la fonc­tion­naire alle­mande, Clau­dine Ton­dreau approche de près la psy­cholo­gie de ses deux per­son­nages, dont l’une fascine l’autre par son étrangéité. Étrangéité qui sem­ble bien être une mar­que de fab­rique de la roman­cière belge d’origine mon­toise qui aime flirter avec le réal­isme mag­ique à la belge dans son écri­t­ure. Con­tin­uer la lec­ture →

J’ai envie d’être plus vivant que n’importe qui et qu’on me foute la paix comme au dernier des morts

Un coup de cœur du Carnet

Jean MUNO, Rip­ple-Marks, Sam­sa, 2017, 206 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87593–075‑0

muno ripple marks.pngS’il y a bien un événe­ment dont on peut se réjouir en cette année lit­téraire, c’est la réédi­tion de Rip­ple-marks de Jean Muno. Bien sûr, c’est à l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, en col­lab­o­ra­tion avec les édi­tions Sam­sa, que l’on doit cette remise au jour – puisque Jean Muno, aka Robert Bur­ni­aux, fut, en son temps, académi­cien (mais sinon, il était aus­si prof et, surtout, écrivain). La pre­mière édi­tion de Rip­ple-Marks datant de 1976, chez Jacques Antoine, et la deux­ième parue dix ans plus tard à L’Âge d’Homme, on avait tout le loisir de pass­er à côté, ce qui est une véri­ta­ble erreur, un absolu ratage, une affreuse mal­done dont nous voilà aujourd’hui épargné.e.s, et heureux-ses de l’être. Rip­ple-marks est un livre culte. Con­tin­uer la lec­ture →