Archives par étiquette : photographie

René Magritte, la photographie et le cinématographe

Xavier CANONNE, René Magritte, The Reveal­ing Image (L’Image révélée), Ludion, 168 p. illus­trées, 39,90 €, ISBN : 978–94-9181–973‑5

canonne magritte l image reveleeS’il a approché, voire pra­tiqué en ama­teur, pho­togra­phie et ciné­ma – il préférait par­ler de « ciné­matographe » –, ces deux dis­ci­plines n’ont jamais con­sti­tué pour René Magritte une créa­tion intel­lectuelle et artis­tique qui atteindrait la force de frappe de sa pein­ture. En 1960, Luc de Heusch présen­tait un film sur le pein­tre et son œuvre, Magritte ou La Leçon de choses. Au cours d’un entre­tien avec Jacques de Deck­er, qui évoque alors les films de Buñuel et Dali, Magritte lui répond : « Même si je con­nais­sais les rudi­ments de l’art ciné­matographique, je ne pour­rais expli­quer mes idées que par la pein­ture (…) Je ne par­ticipe au ciné­ma qu’en tant que spec­ta­teur. Mes films préférés sont Babette s’en-va-t-en guerre (de Chris­t­ian-Jacque, 1959, NDLR) ou Madame et son auto (de Robert Ver­nay, 1958, NDLR). Je ne sup­porte pas les films qui veu­lent me faire appren­dre quelque chose ou m’exposer une thèse : ce ciné­ma-là m’ennuie »[1]. Con­tin­uer la lec­ture

Une exposition au musée Verhaeren

Les voy­ages d’Émile #3, la nou­velle expo­si­tion du Musée provin­cial Emile Ver­haeren, ouvri­ra ses portes le 1er mars. Elle met à l’hon­neur des pho­togra­phies de Philip Boël.


Lire aus­si : Une haute dis­tinc­tion française pour le musée Ver­haeren (C.I. n° 201)


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Au-delà de l’érotisme

Arnaud DELCORTE, Tjukur­rpa, Pein­tures de Kevens Pre­varis, Éran­this, 2019, 134 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87483–019‑8

“Tjukur­rpa” est un mot de la langue anan­gu, pro­pre à un peu­ple aborigène d’Aus­tralie. Il sig­ni­fie “le temps du rêve”, cette ère mythique totale­ment éthérée qui a précédé la créa­tion de la Terre, mais con­tin­ue de coex­is­ter dis­crète­ment avec le monde tan­gi­ble. Utilis­er comme titre d’un recueil poé­tique ce mot exo­tique – qui revien­dra une seule fois, en fin de vol­ume – n’est pas un geste super­fi­ciel. C’est sug­gér­er d’emblée l’ex­is­tence d’une “qua­trième dimen­sion”, de nature à la fois cos­mogo­nique et spir­ituelle, sans toute­fois que l’au­teur juge néces­saire d’en men­er davan­tage l’ex­plo­ration. Au fil des pages, il accorde en effet une plus grande place aux orig­ines du boud­dhisme, à tra­vers le per­son­nage de Shakya­mu­ni, « fils aîné du soleil et havre de sagesse », égale­ment qual­i­fié de « Tathâ­ga­ta », et auquel suc­cèdera un jour Maitreya ; un autre poème men­tionne l’éru­dit-tra­duc­teur Kumâra­jî­va, patri­arche de l’é­cole des Trois Traités, qui influ­ença forte­ment le boud­dhisme chi­nois… Troisième grande référence spir­ituelle d’Ar­naud Del­corte : l’épopée de Gil­gamesh dans la Mésopotamie antique, où appa­rais­sent son ami Enkidu, Soumouqân, dieu des trou­peaux et des bêtes sauvages, mais aus­si la déesse Arourou, géni­trice de Gil­gamesh. Con­tin­uer la lec­ture

Les soubresauts d’un cœur

Karel LOGIST, Un cœur lent, Tétras Lyre, 2019, 80 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930685–48‑9

Plaisir tou­jours renou­velé de retrou­ver la prose poé­tique de Karel Logist après quelques années d’absence. C’est que l’œil nar­quois du poète n’a pas pris une ride. Un nou­veau recueil donc com­posé d’une soix­an­taine de courts textes comme autant d’instantanés pris sur le vif et qui dis­sèquent avec acuité les cœurs cham­boulés des « aimables soli­tudes » que nous croi­sons en chemin. Nos con­tem­po­rains pris en fla­grant délit de vie par l’objectif aguer­ri du poème polaroïde et que vien­nent illus­tr­er les pho­togra­phies du com­plice de tou­jours, Serge Delaive. Con­tin­uer la lec­ture

De quoi donc sommes-nous faits ?

Béa­trice LIBERT et Lau­rence TOUSSAINT, Un arbre nous habite, Ate­lier du Grand Tétras, 2019, 48 p., 14 €, ISBN : 978–2‑37531–041‑0

Quand le poète évoque la nature, cela donne sou­vent lieu à des images, des saisies de mou­ve­ments, des réc­its, des visions. Mais quand il l’in­voque, le poète en appelle alors à une mémoire plus anci­enne qui tente de renouer avec cet état dont l’homme est aus­si fait, une magie qui, au cours de l’his­toire de la poésie, se nour­rit d’une archaïque fusion jusqu’à la reli­giosité nou­velle des nat­u­ral­istes sur­vival­istes. Con­tin­uer la lec­ture

« Saisir le quotidien dans ce qu’il a de plus simple, de plus évident »

Un coup de cœur du Car­net

Emmanuel RÉGNIEZ, Cédric FRIGGERI, Ordinaire(s), Marges en pages, 2019, 176 p., 35 €, ISBN : 978–2‑9540904–3‑6

Emmanuel Rég­niez tient ses promess­es. À chaque fois que nous refer­mons un de ses livres, nous sommes impa­tients de lire le suiv­ant, et cette impa­tience com­porte sa part d’inquiétude : ne fail­li­ra-t-il pas un jour ? Ne fini­ra-t-il pas par décevoir cette attente ? Eh bien non. Emmanuel Rég­niez tient ses promess­es. Il est entré en lit­téra­ture par la voie de l’exigence, et il ne dévie pas de sa route. Nous venons de ranger Ordinaire(s), son dernier opus, sur les rayons de notre bib­lio­thèque, et nous savons déjà qu’elle risque fort de ne pas en sor­tir indemne. Con­tin­uer la lec­ture

Toute une vie ou presque

Michèle VILET, 80 pages, Pho­togra­phies de Jacques Vilet, Déje­uners sur l’herbe, 2018, 264 p., 20 €, ISBN : 9782930433677

En jan­vi­er 2016, j’ai eu qua­tre-vingts ans. Ce mois-là, j’ai décidé de racon­ter ma vie, année après année. Je l’ai fait mais sans cess­er de me pos­er la ques­tion : pourquoi ? Pour qui ? Nous sommes en décem­bre 2017, mon réc­it est ter­miné.

Ain­si com­mence l’épais vol­ume de Michèle Vilet, qu’elle a inti­t­ulé 80 pages. Elle va donc pass­er en revue les divers­es com­posantes suc­ces­sives de sa vie. Racon­ter, com­menter, cri­ti­quer, louer, regret­ter par­fois, se réjouir presque tou­jours même aux moments un peu plus dif­fi­ciles. C’est l’enthousiasme qui domine, qu’il s’exprime au moment subit et soit tout à fait con­tem­po­rain des faits ou qu’il se man­i­feste en dessous ou après, comme on ombre les élé­ments d’un dessin pour leur don­ner du relief. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Pierre Houcmant

Le pho­tographe Pierre Houc­mant, né en 1953 à  Pépin­ster, est décédé. On lui doit une série de por­traits d’écrivains belges. Con­tin­uer la lec­ture

Swinging Belleville rendez-vous

Ivan ALECHINE et Pierre ALECHINSKY, Belleville sur un nuage, Yel­low Now, coll. « Les car­nets », 2019, 114 p., 14 €, ISBN : 9782873404451

Alechine Alechinsky Belleville Yellow NowEn pho­to de cou­ver­ture, une Pon­ti­ac Parisi­enne qua­tre portes défraîchie, mod­èle fin des années 50, exhibe sa car­rosserie de paque­bot, sale­ment amochée aux ailes avant-arrière. Un immeu­ble tout aus­si décati, les fenêtres murées de béton, se main­tient comme il peut en arrière-plan. On ne voit pas le mot « Hôtel », mais la suite du let­trage donne son nom : « de l’Avenir ». Vis­i­ble­ment, ça ne lui a pas trop réus­si. Mais il n’y a pas que ce bâti­ment ni la lourde Améri­caine qui en ont pris un coup. Au milieu des années 60, tout le haut quarti­er de Belleville, dans le 20e arrondisse­ment de Paris, se trou­ve entre deux eaux : une longue réno­va­tion urbaine a com­mencé par la démo­li­tion d’ilots aban­don­nés ou insalu­bres, mais une grande par­tie du quarti­er est tou­jours con­sti­tuée d’habitations aux loy­ers guère coû­teux, de cabanons bran­lants, de petites rues, d’impasses, de cours et courettes, de jar­dinets imbriqués les uns dans les autres. « Paris était encore provin­cial, chaleureux et doux », écrit Ivan Ale­chine qui y a passé son enfance. « Les petits com­merces, l’artisanat pop­u­laire nous nour­ris­saient, une cer­taine idée de l’entraide entre gens d’une même rue sub­sis­tait. Il y avait des ponts entre le passé et le présent. Nous avions les pieds dans le XIXe siè­cle, le nez au vent du XXe. » Con­tin­uer la lec­ture

L’espace en regardant devant soi

Jan BAETENS, Ici, mais plus main­tenant, pho­togra­phies de Milan Chlum­sky, Impres­sions nou­velles, 2019, 112 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87449–686‑8

Une des fonc­tions de la poésie est de trou­ver le point d’intensité des choses.

La force minérale du monde, et la vivac­ité frag­ile des images et des mots, con­stituent un seul et com­plexe champ d’investigation.

Le méti­er unique de Jan Baetens, sa pas­sion et son orig­i­nal­ité fon­cière, con­sis­tent à capter et à refléter la diver­sité irré­sistible du monde dans de petits miroirs solaires, des post-it mag­né­tiques, qu’il dis­pose un par un autour de lui, avec une sci­ence d’abeille fouis­seuse.

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Johan Muyle, biker street artist

Johan MUYLE, Sculp­ture Surf­ing, pré­face d’Éric Fab­re, Édi­tions du Caïd, 2018, 80 p., 35 €, ISBN : 978–2‑930754–12‑3   

Acteur mul­ti-activiste de l’art con­tem­po­rain en Bel­gique, con­nu tout autant pour ses grandes fresques murales réal­isées avec (et à la façon) des pein­tres affichistes de Madras en Inde, que pour ses con­struc­tions et assem­blages d’objets ani­més par de minu­tieux mou­ve­ments d’horlogerie, mix­ant à la fois les cul­tures pop­u­laires, les con­flits médi­atisés du monde actuel, et les jeux ironiques du lan­gage, écrit ou visuel, Johan Muyle (Charleroi, 1956) est aus­si un pas­sion­né de moto, et par­ti­c­ulière­ment de l’une des mar­ques les plus mythiques de l’histoire des deux-roues motorisés : la Harley-David­son. Con­tin­uer la lec­ture

Ellos y Nosotros

Un coup de cœur du Carnet

Simon VANSTEENWINCKEL, Nosotros, Yel­low Now, 2018, 176 p., 25€, ISBN : 9782873404376

Qui n’a jamais fré­mi au retour d’amis par­tis en famille, non pas de plaisir devant leur bouille (in)changée, mais bien d’appréhension à la per­spec­tive de la soirée photos-souvenirs-il-faut-qu’on-te-raconte qui peut s’ensuivre ? Un ennui atten­dri au mieux (un dés­in­térêt patent au pire) point vite lors de ces débal­lages pel­lic­u­laires. Simon Vansteen­winck­el, lui aus­si, a voy­agé ; lui aus­si, avec sa tribu ; et, lui aus­si, est revenu avec des clichés… Mais ici, on fris­sonne d’admiration et d’émotion face à ses pris­es argen­tiques réu­nies dans l’ouvrage Nosotros. Con­tin­uer la lec­ture

Universeul

Tito DUPRET, Uni­verseul – La Vie par haïkus, Uni­verseul, 2017, 79 p., 29€, ISBN : 978–2‑9602081–0‑8

Un haïku c’est
Entre cul­ture et nature
Un instan­ta­né
L’ex­pres­sion d’une émo­tion
Un tout petit con­fet­ti

dupret universeul la vie par haikusTelle est la déf­i­ni­tion, dans les règles de l’art, que livre Tito Dupret de cette expres­sion lit­téraire née au Japon et dérivée du tan­ka : le haïku. Formelle­ment, ces poèmes, brefs et dens­es, s’articulent autour de trois péri­odes de 17 mores (5 – 7 – 5) pour le haïku, adjoints de 14 autres réu­nis en un ver­set (5 – 7 – 5 / 7 – 7) pour le tan­ka. Sym­bol­ique­ment, tous deux captent la Nature, les saisons et l’instant présent dans des évo­ca­tions fugaces. Tito Dupret en a rassem­blé soix­ante-trois, dans son recueil Uni­verseul – La Vie par haïkus, et les a assor­tis de soix­ante-qua­tre pho­togra­phies pris­es à divers endroits du globe : près de chez nous (Bel­gique, France, Mona­co), un peu plus loin (Ital­ie, Roumanie), et plus avant encore (Chine, Macao, Thaï­lande, Tibet, Viet­nam, Égypte, Éthiopie, Afghanistan, Tan­zanie). De ses voy­ages, ici et ailleurs, à l’intérieur et à l’extérieur, il a rap­porté visions, impres­sions et réflex­ions : Con­tin­uer la lec­ture

Dans l’objectif de Marc Trivier : une nouvelle exposition aux AML

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Jean-Claude Pirotte pho­tographié par Marc Triv­i­er — AML 00253/0182.

Jusqu’au 31 mai 2018, les AML vous invi­tent à décou­vrir le tra­vail du pho­tographe Marc Triv­i­er, et plus par­ti­c­ulière­ment ses por­traits d’écrivains belges dans le cadre de l’ex­po­si­tion “Dans l’ob­jec­tif de Marc Triv­i­er : des écrivains belges”. Con­tin­uer la lec­ture

Le passage du témoin

Un coup de cœur du Carnet

André GOLDBERG (pho­togra­phies), Dominique ROZENBERG (témoignages recueil­lis), Le Pas­sage du Témoin, Por­traits et témoignages de rescapés des camps de con­cen­tra­tion et d’extermination nazis, Let­tre volée, co-édi­tion Mémoire d’Auschwitz/Fondation Auschwitz, 2017, 248 p., 25 €, ISBN : 978–2873175016
Une expo­si­tion se tient au Muse­um Kaz­erne Dossin jusqu’au 30 jan­vi­er 2018.

passage du témoinLes livres qui s’élèvent au per­for­matif, qui réalisent ce que leur titre annonce appar­ti­en­nent à la classe rare des inter­cesseurs. Dotée de nou­velles pré­faces, d’un his­torique actu­al­isé, cette nou­velle édi­tion du Pas­sage du Témoin est un événe­ment comme il le fut en 1995. Com­posé de sou­veraines pho­togra­phies d’André Gold­berg et de trente-sept témoignages de rescapés des camps nazis recueil­lis par Dominique Rozen­berg, il lègue aux généra­tions présentes et futures des con­cré­tions de vie, les expéri­ences sin­gulières de ceux et celles qui ont survécu à l’enfer des camps. Ce livre est un bâton témoin qui passera de généra­tion en généra­tion afin que ces vies qui furent plongées dans l’inhumain ne som­brent pas dans l’oubli. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on regarde des photographies pour mieux plonger dans son monde intérieur

Un coup de cœur du Carnet

Jean-François FLAMEY, Non Dits, Yel­low Now, 2017, 120 p., 19€, ISBN : 9782873404192

flameyNon dits, qu’est-ce que c’est ? Un ouvrage de pho­togra­phies. Mais pas que. Une boîte à imag­i­naire aus­si. Une mécanique jouis­sive faite pour que, mine de rien, on se racon­te des films, nous, les regar­dants, les regar­dantes. Une machiner­ie nous invi­tant à faire tourn­er à plein régime nos fac­ultés de scé­nar­istes ou de rêveurs, en tout cas. Con­tin­uer la lec­ture