Archives par étiquette : Thierry Detienne

Pour un bouquet de violettes

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cale FONTENEAU, Com­ment (et pourquoi) j’ai mangé mon amant, Onlit, 2023, 18 €, ISBN : 9782875601643

fonteneau comment et pourquoi j ai mange mon amantHélène a tout pour être heureuse. Un mari, des enfants, un boulot sta­ble et peu de soucis matériels. Elle mène une vie sans his­toires avec un petit goût de trop peu, un rien d’amertume sans doute lié au manque de ten­dresse que lui témoignent ses proches. Un mari cadre dans une banque, qui aime tout anticiper et prévoir, fort de ses cer­ti­tudes, une fille juriste qui s’inscrit dans le sil­lage du père, un fils bril­lant qui s’apprête à par­tir au Japon.

Dans la com­pag­nie d’assurances où elle assure la direc­tion des con­tentieux com­mer­ci­aux, elle reçoit les con­fi­dences d’Isabelle, dont le fils sem­ble fil­er un mau­vais coton. Une petite voix en elle lui mur­mure la petitesse de ce monde où tout est prévis­i­ble, mal­gré les risques qui, même assurés, peu­vent tout faire bas­culer sans crier gare. À son médecin, elle con­fie, faute d’écoute de son mari : « (…) ce qui m’inquiétait le plus, surtout depuis mon dernier anniver­saire, c’était de voir ma vie se dérouler désor­mais sans change­ment, sans un pli jusqu’à la fin. Une vie comme un tapis roulant qui, inex­orable­ment, me con­duirait là où finit l’existence. » En guise de remède, il lui pre­scrit quelques change­ments, un brin de fan­taisie et des vit­a­mines. Con­tin­uer la lec­ture

Les vies du bord de mère

Emmanuelle POL, Les bracelets d’amour, Fini­tude, 2023, 128 p., 15 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782363391834

pol les bracelets d'amourSub­limée, célébrée, sanc­ti­fiée et tou­jours mythi­fiée dans la plu­part des cul­tures, la mater­nité est une expéri­ence étrange et sin­gulière qui, faut-il le rap­pel­er,  ne saurait se résumer aux images doucereuses qui l’entourent. Voici un recueil de nou­velles qui en des­sine les para­dox­es, qu’on l’envisage sous l’angle de la mère elle-même, de ses enfants ou de son con­joint. Le pre­mier texte, « Les bracelets d’amour », qui offre son titre au vol­ume, donne le ton : une jeune femme est face à son enfant et elle est engloutie par sa mater­nité dans laque­lle elle est recluse. Ce petit être envahissant prend le pou­voir, dicte ses horaires, envahit l’espace de ses cris, l’air de ses odeurs, les nuits de ses pleurs, l’esprit de ses besoins indéchiffrables. Assez pour que la sub­merge une forme de dés­espoir qui entame son désir de vivre :

D’ici quelques heures, l’homme ren­tr­era, fringant, fleu­rant bon l’eau de Cologne et l’extérieur, tan­dis qu’elle sera là, minable, grossie, idiote, dans les décom­bres du petit-déje­uner et les odeurs de lait rance. Con­tin­uer la lec­ture

Derrière les mots

Michel VOITURIER, Mi-fable mi-rai­son, Tra­verse, 2022, 154 p., 17 €, ISBN : 9782930783437

voiturier mi fable mi raisonDans l’ombre de la fic­tion, la rai­son ne cesse d’agir. Elle guide le choix des mots, l’ordre de la phrase, l’enchaînement des faits, tend le fil de la nar­ra­tion, son ordon­nance­ment sur la ligne du temps. Elle orchestre le scé­nario, règle l’aiguillage des des­tins, leur artic­u­la­tion avec ce que nous savons du passé et rêvons de l’avenir, négo­ciant avec les opin­ions de l’auteur, ten­ant compte de sa volon­té ou non d’y dévelop­per sa pro­pre vision du monde, ses choix de valeurs. Si le plus sou­vent elle se fait dis­crète, par­fois elle s’exprime à décou­vert, comme elle le fait dans ce recueil de textes brefs de Michel Voi­turi­er, en marge de micro-fic­tions dont la taille varie de quelques lignes (le plus sou­vent) à 2 pages (tout au plus), à telle enseigne qu’il con­tient plus de 90 textes sur 146 pages. Les per­son­nages qui défi­lent demeurent dans l’indéfini, ils ne sont pas nom­més, ils sont présen­tés sous le régime de la troisième per­son­ne. Des quidams, que nous pour­rions être, sai­sis dans leur banal­ité quo­ti­di­enne en petits frag­ments de vie : Con­tin­uer la lec­ture

Migrations intérieures

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Le cer­cle des oise­leurs, Impres­sions nou­velles, 2022, 304 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39070–010‑4

emmanuel le cercle des oiseleursUn titre énig­ma­tique, assor­ti d’une cou­ver­ture attrayante : il ne nous en faut par­fois pas davan­tage pour pren­dre en mains un roman et le feuil­leter, mus par l’envie d’en savoir plus. La patience est cepen­dant ici de mise, comme elle s’impose au per­son­nage prin­ci­pal dont nous emboitons le pas. Léo Vogels (!) est employé dans une société dont l’activité, aux con­tours incer­tains, repose sur des procé­dures strictes et néces­site des réu­nions régulières où il est bon de parse­mer régulière­ment les pro­pos que l’on tient de ter­mes emprun­tés au mar­ket­ing mod­erne. Dans cet univers où les rap­ports de force tout à la fois bru­taux et feu­trés régis­sent les rela­tions, Léo évolue sur la pointe des pieds, avec le prin­ci­pal souci de rédi­ger le procès-ver­bal de la réu­nion à laque­lle il assiste. Il vient de fêter le départ à la retraite de son col­lègue Char­lie Mutzinger dont le bureau était proche du sien. Cet homme, avec lequel il con­ver­sait d’ordinaire, est resté un mys­tère pour lui. Con­tin­uer la lec­ture

Famille, je vous ai

Dominique VAN COTTHEM, Répar­er nos silences, Genèse, 272 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010228

van cotthem reparer nos silencesEnfant aban­don­né à la nais­sance, Ludovic a vécu en insti­tu­tion jusqu’à son accueil dans la famille de Lau­ra et Chris­t­ian, en qui il trou­ve un port d’attache où se recon­stru­ire tant bien que mal. Nar­ra­teur prin­ci­pal, il nous appa­raît alors que la police vient d’annoncer le meurtre de son père adop­tif, abat­tu à bout por­tant dans les toi­lettes d’une sta­tion-ser­vice. Pour la famille de ce trans­porteur routi­er sans his­toires, le séisme est total. La police émet l’hypothèse d’un règle­ment de comptes lié à un traf­ic, mais elle pié­tine faute d’indices. Con­tin­uer la lec­ture

La vie en rebonds, malgré tout

Stéphanie MANGEZ, Dernières escale avant la lune, Quad­ra­ture, 2022, 108 p., 16 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782931080283

mangez derniere escale avant la luneIl est des jours où l’on est porté à croire que les gen­res de la nou­velle et du roman n’ont jamais été aus­si proches qu’ils ne le sont aujourd’hui. Des romanciers nous livrent des réc­its jux­ta­posés, guidés par leur économie pro­pre, lis­i­bles séparé­ment,  alors que des nou­vel­listes pren­nent soin de nous offrir des recueils dont les textes sont savam­ment reliés, voire ani­més de per­son­nages ou de faits com­muns. Dans tous les cas, l’on perçoit que la ten­sion qui ani­me les sup­ports visuels et les canaux de com­mu­ni­ca­tion mod­ernes gagne aus­si une par­tie de la pro­duc­tion lit­téraire, avec des effets de qual­ité iné­gale. Cela se man­i­feste dans la dynamique des textes, le souci de l’accroche, l’attention don­née au plaisir de la lec­ture qui trou­vent une ter­reau de choix dans l’univers de la nou­velle. Con­tin­uer la lec­ture

Marleen et Moussa

Thier­ry ROBBERECHT, Trou­ver sa place, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2022, 116 p., 16 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑87489–737‑5

robberecht trouver sa placeMous­sa vient d’arriver à Brux­elles au terme d’un périple fou depuis sa Guinée natale. Mû par l’espoir de gag­n­er l’Angleterre et d’y trou­ver un avenir meilleur, il erre dans la gri­saille de la ville, affamé jusqu’au ver­tige, sans endroit où loger autre que les abris de car­ton où il croise ses sem­blables.

Mar­leen a la soix­an­taine tris­tounette, elle est veuve et vit seule, les enfants ont quit­té la mai­son et ne don­nent plus de nou­velles. Elle sait qu’elle fini­ra sa vie sans réel souci matériel, mais elle souf­fre de soli­tude. Ses seuls con­tacts se résu­ment aux com­merces du coin et au bistrot où elle est bonne cliente, et au face-à-face avec son écran de télévi­sion. Sans réelle per­spec­tive réjouis­sante. Con­tin­uer la lec­ture

Geluck, la chance

Philippe GELUCK, Je chem­ine avec… Philippe Geluck, Entre­tien mené par Sophie Lhuil­li­er, Seuil, 2022, 192 p., 13 €, ISBN : 9782021507829

geluck je chemine avec philippe geluckLa col­lec­tion « Je chem­ine avec … » des édi­tions du Seuil a pour ambi­tion déclarée de présen­ter, sous la forme d’un dia­logue avec des per­son­nal­ités, « les étapes qui ont jalon­né leur vie : les ren­con­tres et choix décisifs, les joies ; mais aus­si les moments de doute, les détours, voire les échecs, et de quelle manière elles et ils les ont sur­mon­tés. »

Philippe Geluck s’est prêté au jeu dans ce vol­ume qui lui est con­sacré et qui rem­plit sans y déroger le cahi­er des charges annon­cé. Il évoque avec ten­dresse son enfance dans une famille mod­este, unie, où l’on vivait sim­ple­ment tout en ayant l’essentiel, sans télévi­sion ni voiture, mais où la cul­ture occu­pait une place de choix. Com­mu­nistes affir­més jusqu’à l’envahissement de Prague par l’URSS en 1968, ses par­ents n’ont eu de cesse de l’encourager dans ses choix. Ici, pas de quoi ali­menter le mythe de la prédes­ti­na­tion à une pro­fes­sion don­née : futur diplômé de l’INSAS, il s’est inscrit à des études de comé­di­en alors qu’il avait égale­ment présen­té et réus­si l’épreuve d’admission aux études de met­teur en scène et qu’il sévis­sait déjà bien avant comme dessi­na­teur pub­lié et exposé. Con­tin­uer la lec­ture

Eau, terre, vent, feu

Un coup de cœur du Car­net

Tris­tan ALLEMAN, Même les pier­res, Tra­verse, 2022, 208 p., 17 €, ISBN : 978–2‑93078–341‑3

alleman même les pierresCe sont les qua­tre élé­ments, ceux en qui les Antiques voy­aient l’origine de l’univers, qui mènent la ronde de ce recueil de nou­velles. L’auteur les y con­vie en de brefs réc­its qui s’inscrivent pleine­ment dans notre moder­nité. Les per­son­nages qui appa­rais­sent au fil des pages évolu­ent sous leur empire et sont par­fois à leur mer­ci. L’évocation des forces qui étaient invo­quées jadis pour décrire la com­po­si­tion de notre monde trou­ve ici une décli­nai­son placée sous le signe de la var­iété. Con­tin­uer la lec­ture

Que serais-je sans toit ?

Un coup de cœur du Car­net

Chris­tine VAN ACKER, Le peu­ple d’ici-bas. Chris­tine Bris­set, une femme ordi­naire, Esper­luète, 2022, 208 p., 22 €, ISBN : 9782359841602

van acker le peuple d'ici basSi l’on vous demande de citer le nom d’une per­son­ne qui s’est illus­trée dans la lutte con­tre la mis­ère et pour l’accès au loge­ment dans l’immédiat après-guerre, il est fort prob­a­ble que le nom de l’Abbé Pierre vous vien­dra en pre­mier à l’esprit, du moins s’il vous en vous vient un. Cer­taine­ment pas celui de Chris­tine Bris­set. Sans doute de quoi illus­tr­er l’adage qui veut qu’une femme se cache sou­vent der­rière l’homme célèbre… Et pour­tant, pen­dant plus de quar­ante ans, cette pio­nnière de l’action sociale a mul­ti­plié les ini­tia­tives nova­tri­ces dont celle du squat et de la con­struc­tion col­lec­tive de loge­ments. Établie à Angers, mar­iée à un riche indus­triel, elle n’a eu de cesse de rompre avec les codes soci­aux liés à son rang et de se pos­er en pre­mière ligne des com­bats pour le loge­ment alors que la France, au sor­tir de la guerre, se déme­nait pour la reprise économique. Con­tin­uer la lec­ture

À la trouble fontaine

Line ALEXANDRE, La prophétie des nains, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2022, 260 p., 19 €, ISBN : 9782874897245

alexandre la prophétie des nainsÀ nous per­me­t­tre de retrou­ver des per­son­nages de roman en roman, les auteurs nous les ren­dent fam­i­liers, attachants, et créent une forme de con­ti­nu­ité par-delà les con­textes les plus var­iés. Dans L’enclos de fusil­lés, Line Alexan­dre nous avait mis en présence de la juge Wern­er et de l’inspecteur Evariste Joris que nous retrou­vons ici avec plaisir. Ils sont à présent appelés dans un petit vil­lage de l’Ardenne belge où l’on vient de retrou­ver le cadavre d’une jeune femme noyé dans une fontaine. Mais rien ne per­met de lui attribuer une iden­tité et aucun indice n’apparaît d’emblée. Con­tin­uer la lec­ture

Angles morts

Géral­dine FIASSE, Cul­pa, L’échelle du temps, 2022, 224 p., 18 €, ISBN : 978–2‑37622–244‑6

fiasse culpaPar­fois, le mal­heur sur­git sans crier gare et le sol se dérobe sous nos pas, nous lais­sant orphe­lins de nos plus belles cer­ti­tudes. C’est ce qui arrive à Suzanne, une jeune jour­nal­iste sur­menée dont la voiture ren­verse un cycliste alors qu’elle arrive aux abor­ds de l’école de son fils. Elle n’a rien vu et sous le choc, elle perd con­nais­sance. À son réveil, elle apprend le drame et on lui pré­cise que la vic­time est décédée. S’ensuit une descente aux enfers d’autant que son mari, qui se mon­trait de plus en plus oppres­sant (il l’assaillait de tex­tos au moment de l’accident) en prof­ite pour pren­dre le large et la tenir éloignée de leur fils. Elle se trou­ve seule pour répon­dre face à la jus­tice de l’homicide involon­taire qu’elle a com­mis. Con­tin­uer la lec­ture

Frères de silence

Un coup de cœur du Car­net

Alexan­dre VALASSIDIS, Au moins nous aurons vu la nuit, Gal­li­mard, coll. « Scribes », 2022, 112 p., 15,50 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑07–299536‑1

valassidis au moins nous aurons la nuitNous sommes dans une ban­lieue indéfinie, dans l’ombre de tours de béton, et la vie s’écoule sans que l’on puisse penser qu’il fera meilleur demain. Le nar­ra­teur, qui ne livre pas son nom, nous par­le de Dylan, dont il était si proche et qui a dis­paru au creux de la nuit. Il nous dit leur univers com­mun, celui qu’ils trou­vent en lisière de la cité, là où on peut respir­er une fois passée la voie fer­rée. Entre eux, peu de mots, au mieux quelques regards, une forme de com­plic­ité tacite qui ne dit pas non plus son nom.

Entre nous, ça avait tout de suite pris, si je puis dire. Dès la pre­mière fois où nos regards s’étaient croisés. J’avais ressen­ti quelque chose. Une sen­sa­tion très forte. Sur laque­lle je n’avais pas voulu met­tre de mots. Pour qu’elle reste comme un cheval sauvage, cette impres­sion. Qu’elle reste libre. Con­tin­uer la lec­ture

Ciney rouge

Ludovic PIERARD, Abso­lu­tion, Acad­e­mia, coll. “Noirs des­seins”, 2022, 194 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782806106735

pierard absolutionMichel ne sait plus que faire. Son épouse, Léa, s’éloigne à grands pas de lui sans se retourn­er. Elle ne jure plus que par ses cours de yoga dont elle dit qu’ils lui font le plus grand bien, quit­tant la mai­son de plus en plus sou­vent. Depuis une fausse couche, elle ne cesse de se cul­pa­bilis­er, et ne trou­ve aucun répit. Il est loin les temps de l’amour fou, et Michel se retrou­ve seul face à lui-même, sou­vent un verre à la main. Reste son méti­er de polici­er, qui l’occupe tout entier, sans doute trop, mais c’est sa pas­sion pre­mière. Aus­si se sent-t-il revivre quand il est appelé sur la scène d’un crime, chose rare à Ciney, sa petite ville de province. Le cadavre retrou­vé est mis en scène devant une croix, il affiche des signes trou­blants. La vic­time est un mag­is­trat siégeant au tri­bunal d’application des peines et qui habitait la ville. Il ne se remet­tait pas d’avoir con­tribué à libér­er un mal­frat qui s’en était pris à une femme enceinte, celle dont la tombe a servi pour la mise en scène macabre. Con­tin­uer la lec­ture

Résurrection de mots

Marie-Thérèse BODART, Le mont des oliviers, Pré­face de Pas­cale Tou­s­saint, Sam­sa, 2022, 160 p., 18 €, ISBN : 9782875933966

bodart le mont des oliviersIl suf­fit de par­courir les rayons d’une bib­lio­thèque ou de feuil­leter un ancien mag­a­zine lit­téraire pour con­stater à quel point le temps con­stitue sou­vent une rude épreuve pour un livre, même quand celui-ci ren­con­tre le suc­cès lors de sa paru­tion. Aus­si la réédi­tion représente-t-elle une entre­prise à risque, certes, mais aus­si une chance pour une œuvre d’affirmer son ampli­tude et de vivre une vie nou­velle.

Après La mois­son des orges, L’autre, Les meubles et Les roseaux noirs, les édi­tions Sam­sa pour­suiv­ent leur tra­vail remise en lumière de l’œuvre romanesque de Marie-Thérèse Bodart (1909–1981). Paru en 1956, Le mont des oliviers nous immerge dans l’univers de la réclu­sion monas­tique d’Agnès, une jeune femme en proie aux tour­ments après qu’elle a décou­vert que sa sœur a assas­s­iné l’homme qu’elle aimait et qui était aus­si son pro­pre amant. Con­tin­uer la lec­ture

Sommes-nous bêtes ?

Pierre SCHOENTJES, Nos regards se sont croisés. La scène de la ren­con­tre avec un ani­mal, Mot et le reste, 2022, 192 p., 17 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 9782384310029

schoentjes nos regards se sont croisésPar­mi les prix qu’elle a décernés en 2021, notre Académie royale de langue et de lit­téra­tures français­es avait dis­tin­gué un ouvrage de Pierre Schoen­t­jes, Lit­téra­ture et écolo­gie. Le mur des abeilles (Cor­ti 2020). Salu­ant le lau­réat, pro­fesseur de lit­téra­ture française à l’Université de Gand, Yves Namur présen­tait cet essai comme enten­dant répon­dre à la ques­tion suiv­ante : « Com­ment la lit­téra­ture s’empare-t-elle des ques­tions envi­ron­nemen­tales pour penser notre avenir et notre futur ? ». Il soulig­nait que l’auteur fondait sa démarche sur une relec­ture de notre pat­ri­moine lit­téraire à la lumière de cette ques­tion. Con­tin­uer la lec­ture