Archives de catégorie : Essais

Mort, où est ta victoire ?

Daniel Sal­va­tore SCHIFFER, Traité de la mort sub­lime. L’art de mourir de Socrate à David Bowie, Alma, 2018, 340 p., 20 €, ISBN : 978–2‑36279–249‑6

schiffer traite de la mort sublime« La mort vien­dra / et elle aura tes yeux », écrivait le poète Cesare Pavese qui, comme bien d’autres exténués de l’existence, déci­da d’en finir, par défen­es­tra­tion, avec le méti­er de vivre… Ces mots vous revien­dront sans doute à l’esprit dès que vous crois­erez, en cou­ver­ture du dernier opus de l’essayiste et philosophe Daniel Sal­va­tore Schif­fer, le regard vairon recon­naiss­able entre mille de David Bowie, qui vous fixe en manière de bravade. Bowie. Une tra­jec­toire qui a zébré la fin d’un siè­cle et le début du suiv­ant d’un éclair rouge et bleu. Un météore devenu mythe, et dont l’esthète Schif­fer s’empare comme ultime exem­pla de l’attitude en tout point noble, à adopter face à la tombée de la plus Grande Nuit. Con­tin­uer la lec­ture

Prenons les zébrures du bon côté !

Sam.B.SAM, Hel­lo de la planète zèbres, LiLys, 2017, 132 p., 11€, ISBN : 978–29308482-11
Sophie BRASSEUR et Cather­ine CUCHE, Le haut poten­tiel en ques­tions, Marda­ga, 2017, 199 p., 29.90€, ISBN : 9782804704094

sam hello de la planete zebresOn les appelle sur­doués, HPI ou « zèbres » : les enfants avec un haut poten­tiel intel­lectuel font le bon­heur des libraires qui reçoivent chaque mois de nou­veaux livres de psy­cho­logues et autres spé­cial­istes du sujet. Dans Hel­lo de la planète zèbres, c’est Sam.B.Sam, un garçon de onze ans, qui nous racon­te le quo­ti­di­en d’un enfant dif­férent, son expéri­ence de petit zèbre en manque de repères, ses dif­fi­cultés face aux incom­préhen­sions des gens. Un livre à gliss­er dans toutes les mains des enfants HP pour qu’ils se sen­tent moins seuls, et dans celles de leurs par­ents pour que, peut-être, ils com­pren­nent un peu mieux com­ment on se sent avec des zébrures. Con­tin­uer la lec­ture

Sur la trace des non-dits

Michel JOIRET, avec la col­lab­o­ra­tion de Noëlle LANSVoy­age en pays d’écriture, Avant-dire de Pierre Mertens, M.E.O., 2017, 500 p., 25 €/ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0140‑4

joiret voyage en pays d ecriture.pngIl existe entre un livre et son auteur un espace d’exploration lit­téraire que Michel Joiret appelle en col­lab­o­ra­tion avec Noëlle Lans, « Voy­age en pays d’écriture ». Le principe en est cristallin : par­tir sur les traces des écrivains, là où ils ont com­mis leur œuvre et y décou­vrir ce que les sens de la présence sur place peu­vent offrir. C’est-à-dire les non-dits des auteurs et l’esprit des lieux d’écriture. Con­tin­uer la lec­ture

La psychanalyse à l’écoute de la poésie

Pierre MALENGREAU, L’in­ter­pré­ta­tion à l’œu­vre. Lire Lacan avec Ponge, La Let­tre volée, coll. « Essais », 2017, 236 p., 23 €, ISBN 978–2‑87317–495‑8

malengreau_l interpretation a l oeuvreComme Sig­mund Freud et Jacques Lacan, de nom­breux psy­ch­an­a­lystes procla­ment leur mod­estie devant les œuvres lit­téraires, du moins les plus fortes, de Sopho­cle à Duras en pas­sant par Shake­speare : c’est elles, dis­ent-ils, qui sont de nature à leur mon­tr­er la voie, et non l’in­verse. Tel est pré­cisé­ment le pos­tu­lat de Pierre Malen­greau devant les textes de Fran­cis Ponge, dont l’é­trange con­cept de “réson” fut adop­té en 1966 et 1972 par Lacan. Ce dernier, à l’époque, veut repenser sa doc­trine de l’in­ter­pré­ta­tion basée sur la “réso­nance séman­tique”, autrement dit sur la poly­sémie des mots : il a con­staté que, dans la pra­tique psy­ch­an­a­ly­tique, elle aboutit sou­vent à un blocage dans le chef du patient. Il fal­lait donc veiller à sus­citer autre chose que du sens, ménag­er une place à cette “réso­nance asé­man­tique” que désigne le néol­o­gisme pongien. Celui-ci vise un usage de la langue qui s’at­tache moins au sens des voca­bles qu’à leur matéri­al­ité sonore et graphique, avec l’im­pact qu’elle peut avoir sur l’or­eille ou le regard, c’est-à-dire sur le corps. Un texte ne saurait ren­dre compte d’un objet extérieur s’il n’at­teint à la “réal­ité” dans son monde à lui ; pour cela, il faut que les mots et les phonèmes « aient au moins une com­plex­ité et une présence égales, une épais­seur égale » aux objets dont ils par­lent (My cre­ativ method). L’é­ty­molo­gie est claire : issue vis­i­ble­ment du latin res, la “réson” est cette dimen­sion par laque­lle mots, let­tres et sons, en leur qual­ité de choses con­crètes, peu­vent touch­er le lecteur sans en pass­er néces­saire­ment par la sig­ni­fi­ca­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Michèle Goslar : contemporanéité de Yourcenar

Un coup de cœur du Carnet

Michèle GOSLAR, Yource­nar en images, Racine et Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2017, 208 p., 24,95 €, ISBN : 978–2390250340

goslar yourcenar en imagesFon­da­trice du Cen­tre Inter­na­tion­al de Doc­u­men­ta­tion Mar­guerite Yource­nar, auteure d’une magis­trale étude con­sacrée à Vic­tor Hor­ta (Vic­tor Hor­ta, L’Homme, l’Architecte, l’Art Nou­veau, Fonds Mer­ca­tor), Michèle Goslar appar­tient à la con­frérie des pas­sion­nés qui arpen­tent sans relâche l’œuvre des créa­teurs qui les ont envoûtés. Au tra­vers de pho­tos peu con­nues et de textes cise­lant la moder­nité de l’auteure de Mémoires d’Hadrien, de L’Œuvre au noir, Yource­nar en images délivre un sou­verain por­trait d’une écrivain qui éle­va la lit­téra­ture au rang d’une voie de pen­sée inter­ro­geant l’Histoire, la ten­sion entre les pas­sions et la rai­son, la courbe des civil­i­sa­tions. Si l’ouvrage recèle une telle inten­sité, c’est parce que Michèle Goslar vit dans l’univers de Yource­nar dont elle a cap­té la musique intérieure. Si elle dépasse l’opposition dev­enue stérile entre le clan des con­tre Sainte-Beuve et les par­ti­sans d’une radi­ogra­phie de l’œuvre à par­tir de la vie, c’est au sens où, dans un ver­tige infi­ni, la vie imite l’œuvre, laque­lle réver­bère la vie. Plus que pro­pos­er d’hypothétiques allers et retours entre le vécu et le proces­sus créa­teur, Michèle Goslar aus­culte les pos­si­bles échos entre événe­ments de l’existence et motifs romanesques, sachant qu’il n’y a créa­tion que là où le vécu s’évide, se dépasse, se trans­mue en expéri­ence supra-per­son­nelle. Con­tin­uer la lec­ture

Ceux qui sont restés groupies…

Arnaud DE LA CROIX, Ils admi­raient Hitler. Por­traits de 12 dis­ci­ples du dic­ta­teur, Racine, 2017, 160 p., 19,95 €, ISBN : 9782390250142

de la croix ils admiraient hitler.jpgDouze : le chiffre n’a cer­taine­ment pas été inno­cem­ment arrêté par Arnaud de la Croix, expert ès con­nais­sances ésotériques et sym­bol­iques. La galerie d’admirateurs d’Hitler qu’il rassem­ble a en effet tout de la cohorte de dis­ci­ples, si dis­per­sée et éclec­tique soit-elle. Bien sûr, l’entreprise aurait pu être plus ambitieuse, mais la vigueur des por­traits et la force d’analyse s’en seraient alors trou­vées délayées. Arnaud de la Croix a préféré miser sur une sobriété davan­tage éclairante quant aux moti­va­tions de l’engouement, quand ce n’est de la pas­sion, que déclen­cha le Führer auprès de per­son­nal­ités ô com­bi­en dif­férentes. Con­tin­uer la lec­ture

Isabelle Stengers. Activer l’héritage de Whitehead et nos puissances d’exister

Un coup de cœur du Carnet

Isabelle STENGERS, Civilis­er la moder­nité ? White­head et les rumi­na­tions du sens com­mun, Les Press­es du réel, coll. « Dra­ma », 2017, 208 p., 19 €/ePub : 6.99 €, ISBN : 978–2‑84066–741‑4

stengers civiliser la modernité.jpgDans cet essai, Isabelle Stengers pour­suit une œuvre qui con­stru­it la philoso­phie comme insoumis­sion, comme prob­lé­ma­ti­sa­tion. Com­ment pro­longer, relancer l’héritage de White­head dans une époque plongée dans l’ère de l’Anthropocène (plus exacte­ment Cap­i­talocène), mar­quée par des rav­ages écologiques menaçant la survie des écosys­tèmes, de l’homme lui-même ? Stengers et White­head rejet­tent la scène pla­toni­ci­enne inau­gu­rale qui sous-tend la philoso­phie : la sépa­ra­tion entre vérité et opin­ion reléguée dans l’ignorance, entre ceux qui savent et citoyens pris­on­niers de la doxa. À rebours de cette dis­qual­i­fi­ca­tion du sens com­mun, de la guerre que livrent à ce dernier une cer­taine sci­ence, une cer­taine philoso­phie, White­head en appelle à soud­er  l’imagination au sens com­mun. Le rejet du mépris du sens com­mun a un cor­rélat : l’abandon de la bifur­ca­tion de la nature entre réal­ité objec­tive et réal­ité sub­jec­tive, entre faits et valeurs. La bifur­ca­tion de la nature a en effet entraîné une bifur­ca­tion des savoirs qui, opposant objec­tiv­ité des faits et juge­ments de valeur, s’avance comme une arme d’autorité per­me­t­tant de faire taire les opin­ions des acteurs soci­aux. Ques­tion­ner les manières d’activer les savoirs des citoyens, leurs expéri­ences face aux experts, c’est faire importer ce que les experts nég­li­gent, mais aus­si veiller à ne pas repro­duire de dis­qual­i­fi­ca­tions, à ne pas ressem­bler à l’ennemi. Con­tin­uer la lec­ture

Où subitement il nous prend l’envie de nous lever et de prendre la parole

Un coup de cœur du Carnet

Éric CLÉMENS, Pour un pacte démoc­ra­tique. Man­i­feste, Press­es uni­ver­si­taires de Lou­vain,  coll. « Petites empreintes », 2017, 94 p., 12 € / ePub : 8 €, ISBN : 978–2‑87558–562‑2

La démoc­ra­tie com­mence « con­tre l’Un » avec la recon­nais­sance non pas du peu­ple uni, mais des divi­sions du peu­ple, de ses divi­sions entre indi­vidus, entre sex­es, entre class­es ou groupes, entre pouvoir(s) et société civile, entre valeurs, fonc­tions et moyens, mais de façon telle que le con­flit ne tourne pas en vio­lence.

(…)

Car (…) le « dis­sensus » une fois recon­nu, le « con­sen­sus » doit être recher­ché et mis en œuvre si le but de la poli­tique reste bien de per­me­t­tre de vivre ensem­ble dans un monde en com­mun ou au moins partage­able.

clemens pour un pacte démocratiqueDepuis trente d’ans, des livres d’Éric Clé­mens revi­en­nent sur la ques­tion de la démoc­ra­tie, sur son impasse con­tem­po­raine, son renou­velle­ment pos­si­ble, sa régénéres­cence, l’é­man­ci­pa­tion qu’elle apporte, pour­rait apporter, aux femmes et aux hommes, par-delà les con­vic­tions, intérêts et avis diver­gents. Car il n’y a pas de société humaine uni­forme. Quelque chose, tou­jours, débor­de. Ne ren­tre pas dans le cadre. Des opin­ions s’op­posent quant à la marche à suiv­re, quant aux actions à men­er. Con­tin­uer la lec­ture

Pascal Chabot, des modalités de résistance

Pas­cal CHABOT, Exis­ter, résis­ter. Ce qui dépend de nous, PUF, 200 p., 18 €/ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑13–072976‑1

chabot.jpgAprès son très remar­qué Glob­al burn-out, après L’Âge des tran­si­tions, le philosophe Pas­cal Chabot nous livre un essai ambitieux inter­ro­geant les artic­u­la­tions à inven­ter entre exis­tence et résis­tance.

À par­tir d’objets matériels tels que le verre, le siège, l’écran, Pas­cal Chabot déplie une ana­ly­tique de l’existence qui mon­tre com­bi­en le verre induit une rela­tion entre dedans et dehors, dis­tribue des rap­ports sin­guliers entre intérieur et extérieur. Hen­ri Lefeb­vre, les sit­u­a­tion­nistes avaient pointé le rôle impar­ti à l’architecture dans la dom­i­na­tion des corps et des esprits et déclaré qu’afin de chang­er la vie, il fal­lait chang­er la ville. Analysant les para­dox­es d’une tech­nolo­gie qui nous dépos­sède de nos choix alors qu’elle pré­tend nous délivr­er du coef­fi­cient de la fini­tude, tri­om­pher du des­tin, Pas­cal Chabot pose une tec­tonique de l’individu con­tem­po­rain : mul­ti­ple, il serait écartelé entre trois instances — l’instance d’un moi cher­chant à trou­ver sa place au sein du sys­tème, celle d’un sujet clivé par les « ultra-forces de la mon­di­al­i­sa­tion » et celle d’un soi ouvert sur autrui. « Que faire de nos impuis­sances ? Com­ment les retourn­er en résis­tance ? ». Con­tin­uer la lec­ture

Un journal de théâtre à trois temps

Jean-Marie PIEMME, Accents toniques. Jour­nal de théâtre (1973 – 2017), pré­face de Stanis­las Nordey, Alter­na­tives Théâ­trales, 2017, 440 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87428–106‑8

piemme accents toniquesLe théâtre vu, regardé, lu, écrit, analysé, racon­té par Jean-Marie Piemme en trois tranch­es tem­porelles per­me­t­trait de lire le presque demi-siè­cle qu’il nous donne à revis­iter sur les scènes du monde et en Bel­gique fran­coph­o­ne en par­ti­c­uli­er.

Le pub­lic, l’intelligence du jeu, Brecht, le peu­ple (ce qu’on appelait il y a peu la « classe ouvrière »…), les sys­tèmes de pro­duc­tions théâ­trales dans tous leurs détours, les explo­rations répétées de cer­tains auteurs de prédilec­tions, la mise en scène qui résiste aux exi­gences du plateau et le trans­forme, les con­flits idéologiques et esthé­tique majeurs qui ont mar­qué l’histoire de notre théâtre depuis ce que l’on a appelé le « jeune théâtre » (les années sep­tante), le corps à l’opéra, l’École,…voilà la matière de ce livre cap­i­tal pour la mémoire d’un art vivant, sou­vent séduit par les sirènes du suc­cès con­fort­able. Con­tin­uer la lec­ture

La Littérature belge d’une apocalypse l’autre

Un coup de cœur du Carnet

Marc QUAGHEBEUR, His­toire, forme et sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne. Tome 2 – L’ébranlement (1914–1944), Peter Lang, coll. « Doc­u­ments pour l’Histoire des Fran­coph­o­nies », 2017, 420 p., 46.62 €, ISBN : 978–2‑8076–0457‑5

quaghebeur 2.jpgQue reste-t-il à appren­dre de la « lit­téra­ture belge » ? Bien des choses, voire tout. À com­mencer par la pré­car­ité même de cette appel­la­tion d’origine incon­trôlable, peu pro­tégée des ébran­le­ments et des effon­drements du pays dont elle est cen­sée éman­er. Au sor­tir des tranchées de la Grande Guerre, l’adjectif « belge » n’aura plus guère de sens pour cer­tains, et il s’agira de s’interroger sur les périphrases qui lui tien­dront lieu de sub­sti­tut. « Fran­coph­o­nes » ou « français­es », nos Let­tres ? Et situées où, « en » ou « de » Bel­gique ? L’épineux débat et la sus­cep­ti­bil­ité que sus­cite la prob­lé­ma­tique va jusqu’à se loger dans une pré­po­si­tion… Une seule cer­ti­tude : quiconque voudra com­pren­dre les lignes de frac­ture, les ten­sions internes et les courants d’énergie qui les ont mar­quées, ne pour­ra faire l’économie du tra­vail que mène avec patience et pas­sion Marc Quaghe­beur. Con­tin­uer la lec­ture

La vie d’artiste. Entre liberté et asservissement

Chris­tine VAN ACKER, La dernière con­vo­ca­tion, Cac­tus Inébran­lable, 2017, 60 p., 5 €, ISBN : 978–2‑930659–63‑3

van acker la derniere convocation.jpgOn est en avril 2017. Au fonc­tion­naire chargé de con­trôler si elle est suff­isam­ment active dans sa recherche d’emploi, Chris­tine Van Ack­er remet une let­tre. Un brûlot plutôt. Doux et amer. Ironique. Où elle sig­ni­fie qu’elle en a soupé de se soumet­tre aux dik­tats d’une admin­is­tra­tion la réduisant à une éti­quette : deman­deuse d’emploi. Une admin­is­tra­tion qui n’a que faire de Chris­tine Van Ack­er en tant que que per­son­ne et de ce qu’est réelle­ment son boulot d’artiste. Une admin­is­tra­tion qui réduit à peau de cha­grin tout qui, un jour, est con­fron­té au vaste com­plexe des régle­men­ta­tions en tout genre. Con­tin­uer la lec­ture

Orbe, une nouvelle collection des éditions Esperluète

Ève BONFANTI et Yves HUNSTAD, Accueil­lir l’inattendu, Esper­luète, 2017, 100 p., 9,50€, ISBN : 978–2‑35984–083‑4 ; Colette NYS-MAZURE, Quelque chose se déploie, Esper­luète, 2017, 96p., 9,50€, ISBN :  978–2‑35984–081‑0 ; Jaco VAN DORMAEL, Écrire le chaos, Esper­luète, 2017, 78p., 9,50€, ISBN :  978–2‑35984–082‑7

orbe bonfantiOn con­naît déjà les dif­férentes col­lec­tions lit­téraires et imagées des édi­tions belges Esper­luète, cette mai­son qui soigne par­ti­c­ulière­ment les écri­t­ures sin­gulières alliées à un art visuel de choix. La ren­trée lit­téraire est pour Esper­luète l’occasion de présen­ter une toute nou­velle col­lec­tion, « Orbe », qui offre à lire, sous la forme des dia­logues, des réflex­ions d’auteurs à pro­pos de leur pra­tique d’écriture et de lec­ture. Con­tin­uer la lec­ture

La poésie au cœur de notre vie

Colette NYS-MAZURE, Éveil à la poésie, l’Arbre à paroles, coll. « Essais des Midis de la Poésie », 2017, 48 p., 9 €, ISBN :

nys-mazure midis de la poesieCom­ment favoris­er l’éclosion de la sen­si­bil­ité poé­tique ? C’est le thème de la ren­con­tre à laque­lle nous con­vi­ait Colette Nys-Mazure, le vingt et un févri­er 2017, dans le cadre des Midis de la Poésie, en com­pag­nie de Marie Ginet et en col­lab­o­ra­tion avec le réseau Kalame. Sous le bel exer­gue d’Andrée Che­did : « Le Je de la poésie est à tous / Le Moi de la poésie est à plusieurs / Le Tu de la poésie est au pluriel ». Con­tin­uer la lec­ture

Norge, poète de la diversité du monde

Daniel LAROCHE, Moder­nité de Norge, L’Arbre à paroles, coll. « Essais des Midis de la Poésie », 2017, 48 p., 9 €, ISBN :

larocheÀ l’image tra­di­tion­nelle d’un Norge (Georges Mogin, 1898–1990) poète human­iste, partagé entre la spir­i­tu­al­ité et l’épicurisme, Daniel Laroche, dans sa con­férence du trente et un jan­vi­er dernier aux Midis de la Poésie, éditée aujourd’hui par l’Arbre à paroles, Moder­nité de Norge, apporte une dimen­sion, un souf­fle nou­veaux.

Il se fonde, plutôt que sur les recueils sou­vent com­men­tés Le sourire d’Icare (1936) ou Joie aux âmes (1941), sur sa poésie d’après-guerre, où se forge son orig­i­nal­ité : Les râpes (1949), Famines (1950), Les oignons et Le gros gibier (1953). Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se tient, une fois de plus, en compagnie d’un être intense

Un coup de cœur du Carnet

Véronique BERGEN, Luchi­no Vis­con­ti. Les Promess­es du cré­pus­cule, Les Impres­sions Nou­velles, 2017, 224 p., 17 €/ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑87449–459‑8

bergen viscontiVéronique Bergen aime les intens­es.

On le sait.

De livre en livre, elle nous a déjà tiré le por­trait d’une belle bro­chette d’in­di­vidus non seule­ment vivant à cent à l’heure mais dont la présence, l’in­ten­sité de leur présence, l’in­can­des­cence de leurs œuvres, n’ar­rê­tent pas de nous attir­er façon trou noir. Après Edie Sedg­wick, Mar­i­lyn Mon­roe, Uni­ca Zürn et Janis Joplin, voilà que Véronique Bergen s’at­tèle main­tenant, dans un superbe essai, au ciné­ma de Luchi­no Vis­con­ti.

Mais oui ! Con­tin­uer la lec­ture