Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

Garder en mémoire et mettre en lumière

Un coup de cœur du Car­net

Mar­i­anne SLUSZNY, Bel­giques. Chemins de femmes, Ker, 2020, 12 €, ISBN : 978–2‑87586–256‑3

marianne sluszny collection belgiques editions ker couvertureQui étais-je ? J’avais tant de mal à me rassem­bler qu’il me sem­blait incon­cev­able de m’inventer un avenir. La ques­tion se posait-elle d’ailleurs ? 

« Hélène, Nicole, Mar­greet et les autres… Ces femmes belges qui ont vécu la guerre 14–18 et ses suites sont au cœur de ce recueil de nou­velles […] ». Aujourd’hui, en 2020, nous avons cer­taine­ment, toutes et tous, des sou­venirs rap­portés par nos grand-mères à pro­pos de leur vécu ou celui de leurs par­ents durant la Pre­mière Guerre mon­di­ale. Des sou­venirs inscrits jusque dans la mémoire de nos cel­lules. Con­tin­uer la lec­ture

Voyage en Bergenie

Véronique BERGEN, Bel­giques, Ker, coll. “Bel­giques”, 2020, 100 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–279‑2

Véronique Bergen Belgiques Ker« Bel­giques », l’excellente col­lec­tion de recueils de nou­velles des édi­tions Ker, s’enrichit cet automne de trois nou­veaux vol­umes. Véronique Bergen signe l’un d’eux. 

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La Belgique est une autre

Michel TORREKENS, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­giques », 131 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–277‑8

michel torrekens belgiquesDans leur col­lec­tion « Bel­giques », les édi­tions Ker offrent aux auteurs la pos­si­bil­ité de com­pos­er « un por­trait en mosaïque » de la Bel­gique. Celle de Michel Tor­rekens se com­pose de quinze nou­velles qui révè­lent peut-être avant tout sa prédilec­tion pour des lieux qu’il aime et qu’il décrit avec plaisir, racon­tant son attache­ment à un ter­ri­toire. Mais Bel­giques témoigne aus­si de beau­coup d’interrogations et d’inquiétudes, avec de rares fois une pointe de dés­abuse­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Lire entre les lignes

Ines LAMALLEM, San­tana, Ker, 2020, 92 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–287‑7

ines lamallem santana ker éditionsSan­tana relate l’histoire d’une rela­tion de soumis­sion entre Emma et Mikaël, deux ados de 17 ans dans la même école. Leur pre­mier con­tact est sur­prenant : Emma bous­cule par mégarde le jeune homme qui, pour se venger, lui vole son télé­phone et décide de le ven­dre sur Face­book. Inter­pel­lant. Le ton est don­né. Con­tin­uer la lec­ture

Tueurs d’espoirs

André-Joseph DUBOIS, Le sep­tième cer­cle, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2020, 508 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑874896–10‑1

andré-joseph dubois le septieme cercleAndré-Joseph Dubois est décidé­ment un auteur sin­guli­er. Loin des effets de mode, il pra­tique l’écriture au long cours et il accoste de temps à autre un roman à la main, sans tam­bour ni trompettes. Son nou­v­el opus est dou­ble­ment placé sous le signe du chiffre sept, par son titre et son ordre dans son œuvre pub­liée. Le sep­tième cer­cle fait sans doute référence, sans que l’auteur y fasse explicite­ment allu­sion, à l’Enfer de Dante Alighieri, qui clas­si­fie les âmes damnées en neuf zones cir­cu­laires selon la caté­gorie de péché com­mis. La sep­tième con­cerne plus pré­cisé­ment les actes de vio­lence, une réal­ité qui imprègne sans aucun doute l’existence entière de Léon Bour­doux­he dont ce dernier nous livre le réc­it dans l’ordre chronologique. Con­tin­uer la lec­ture

Bonjour Lahaut

Jules PIRLOT, Julien Lahaut vivant, Cerisi­er, 2020, 200 p., 14€, ISBN : 978–2872672233

pirlot julien lahaut vivantIl serait malaisé de don­ner tort à Jules Pir­lot quand, en incip­it de son essai, il affirme : « Julien Lahaut est surtout con­nu par sa mort ». Sans doute faudrait-il ajouter « et par le mys­tère qui l’a longtemps entourée ». Sur ce point, l’étude Qui a tué Julien Lahaut ? pub­liée par la CEGESOMA en 2015 offrait des éclairages défini­tifs. Cela ne con­stitue pas pour autant une rai­son suff­isante pour archiv­er défini­tive­ment le dossier – ce qui reviendrait à enter­rer une deux­ième fois son sujet. Con­tin­uer la lec­ture

Un tonnerre d’encre…

Un coup de cœur du Car­net

Yvon VANDYCKE, Anam­nèse !, pré­face de Philippe Mathy, post­face de Luci­enne Strivay. Tail­lis Pré, coll. « Ha ! », 2020, 191 p., ISBN : 978–2‑87450–166‑1

« L’art n’est pas une fenêtre en trompe‑l’œil ouverte sur les par­adis per­dus ou à venir. L’art n’a pas de dra­peau ni d’église, il n’est ni d’en haut ni d’en bas, ni de gauche ni de droite, et il n’a pas de juste milieu. L’art n’est pas une frian­dise, mais une médi­ta­tion sur la vie. Une médi­ta­tion joyeuse ou pathé­tique, ludique, lyrique ou dro­la­tique. L’art est dif­fi­cile, insoumis », écrit ce poète peu con­nu. La réédi­tion d’Anam­nèse et de deux recueils écrits entre 1960 et 1963, aujourd’hui introu­vables : Dire pagaille et L’oplomachin, est par­ti­c­ulière­ment bien­v­enue. Un cahi­er de doc­u­ments pic­turaux fig­ure aus­si dans cette édi­tion. Si Vandy­cke est ignoré en tant que poète, il n’est pas incon­nu comme pein­tre et dessi­na­teur. Line Hubert lui avait en effet con­sacré une mono­gra­phie : Rien qu’un peu de pein­ture véri­ta­ble et véridique (Édi­tions Arts et Voy­ages, 1977). Con­tin­uer la lec­ture

Replier le temps

Vin­cent MARGANNE, Muzun­gu !, Lans­man et Rideau de Brux­elles, 2020, 48 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0292‑7

Vincent MArganne Muzungu!Un Muzun­gu, un homme blanc d’Afrique, racon­te son his­toire. Celle d’un petit garçon né au Burun­di en 1965 et rap­a­trié en Bel­gique en 1972. Celle d’un adulte d’une cinquan­taine d’années qui, après avoir retrou­vé, dans la cave de ses par­ents, douze bobines de films d’archives famil­iales, regarde le passé et con­tem­ple ses racines. 990 mètres de bobines qui vont de 1963 à 1975, filmées en grande par­tie par son père et soigneuse­ment con­servées au plus pro­fond du ven­tre de la mai­son famil­iale pen­dant de nom­breuses années. Con­tin­uer la lec­ture

Rudesse de l’éther

Pas­cal FEYAERTS, Aspérités, Coudri­er, 2020, 54 p., 16 €, ISBN : 978–2‑390520–13‑9

pascal feyaerts aspéritésPour lui, le poète se doit de créer de la tran­scen­dance, lit-on en fin de vol­ume à pro­pos de Pas­cal Feyaerts. À elle seule, cette phrase soulève de nom­breuses ques­tions, dont de vocab­u­laire. Aus­si parce que le titre du présent recueil est Aspérités. Appos­er aspérités et tran­scen­dance est para­dox­al. Or, on lit un peu plus haut : Il y a chez moi une esthé­tique du ques­tion­nement et de l’ouverture et je vois sou­vent les choses par le prisme de l’oxymore. Ain­si, l’auteur ne souhaite rien d’autre que lier des réal­ités très séparées. Con­tin­uer la lec­ture

L’aphorisme : de l’artisanat à l’industrie

Jean-Louis MASSOT, L’A.À.F.L.A – L’Appareil À Fab­ri­quer Les Apho­rismes, Cac­tus inébran­lable, 2020, 66 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–012‑8

jean-louis massot L'AAFLANe gâchons surtout pas notre plaisir en ces temps de ren­trée et de pré­dic­tions tous azimuts, aus­si fatales que dérisoires sou­vent : L’A.À.F.L.A – L’Appareil À Fab­ri­quer Les Apho­rismes est enfin à notre dis­po­si­tion ! Jean-Louis Mas­sot vient de pub­li­er aux édi­tions Cac­tus inébran­lable un nou­veau mode d’emploi et on sait que les modes d’emploi sont sou­vent les textes qui résis­tent le plus à l’in­tel­li­gi­bil­ité et la com­préhen­sion de l’hon­nête homme. Con­tin­uer la lec­ture

« Réveille-toi, le monde brûle »

Urgence poé­tique, orchestrée par Lau­rence VIELLE et Corentin LAHOUSTE, Press­es uni­ver­si­taires de Lou­vain, 2020, 15 €, ISBN : 978–2‑87558–938‑5

urgence poetiqueIl y a urgence cli­ma­tique, urgence envi­ron­nemen­tale, urgence de jus­tice sociale et d’accueil. Et pour méta­mor­phoser nos êtres en péril, il y a aus­si URGENCE POÉTIQUE. 

La poésie échappe à toute ten­ta­tive de sai­sisse­ment. Elle se mod­ule au gré des approches qui ten­tent de la cir­con­scrire sans jamais l’enclore dans une déf­i­ni­tion uni­voque. C’est du moins le point de vue pro­posé par l’ouvrage Urgence poé­tique, pub­lié aux Press­es Uni­ver­si­taires de Lou­vain. Ce petit livre est un car­net d’atelier, « réal­isé dans une cer­taine urgence – adéquat en cela à son titre », qui est le fruit de la rési­dence de Lau­rence Vielle, assistée de Corentin Lahouste, à l’UCLouvain. Con­tin­uer la lec­ture

Olivier Deprez. Noise gravure et épilepsie du sémiotique

Olivi­er DEPREZ, Wrek not work, Bib­lio­the­ca Wit­tock­iana et FRMK, 2020, 25 €, ISBN : 9782873060047

Paru à l’occasion de l’exposition que la Bib­lio­the­ca Wit­tock­iana con­sacra au pro­jet Wrek mené par Olivi­er Deprez, coédité par cette dernière et les édi­tions FRMK, le cat­a­logue Wrek Not Work (en français et en néer­landais) délivre un voy­age dans l’œuvre gravée d’un artiste qui place la co-créa­tion (avec Adolpho Avril, Jan Baetens…) au cen­tre de ses recherch­es. Son intro­duc­tion de la gravure sur bois dans le monde de la bande dess­inée a révo­lu­tion­né le neu­vième art. Inter­ro­geant les ques­tions de la nar­ra­tion graphique, du statut de l’image, de la représen­ta­tion, Olivi­er Deprez a, depuis sa magis­trale adap­ta­tion du Château de Kaf­ka (édi­tions FRMK) exploré le poten­tiel nar­ratif des images dans un geste qui excède et décon­stru­it la fron­tière entre fig­u­ratif et abstrac­tion. Les sor­tilèges de la lit­téra­ture, la tour de Babel des livres de ce lecteur pas­sion­né mais aus­si les images glanées sur la toile, dans les jour­naux, sous-ten­dent et nour­ris­sent sa démarche. Con­tin­uer la lec­ture

Un joyau nécessaire au creux des mains

Vic­toire de CHANGY, La paume plus grande que toi, Arbre de Diane, 2020, 121 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930822–17‑4

Nour a dix mille vis­ages
et change à chaque sec­onde
ses cils
ses jambes s’allongent déjà
et le temps de détourn­er les yeux de lui
pour retrou­ver l’ancien Nour
sur les pho­togra­phies
le temps d’y revenir
Nour
est
à nou­veau
nou­veau

Dans ce pre­mier vol­ume d’une trilo­gie annon­cée, le temps s’immobilise, reprend, ralen­tit, redé­marre, nous offrant des épisodes con­tem­plat­ifs dans lesquels, par petites touch­es, Vic­toire de Changy illus­tre, avec douceur, sa mater­nité. Elle nous plonge dans l’avant et l’après nais­sance de Nour, son fils, et nous per­met de suiv­re cet enfan­te­ment, de le vivre, avec elle, en elle, intime­ment et inten­sé­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Les pieds dans le plat agro-alimentaire

Noëlle MICHEL, Viande, LiLys, 2020, 252 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930848–89‑1

Le roman Viande s’est retrou­vé en finale du prix Fin­tro Écri­t­ures noires 2018. Et LiLys le pub­lie deux ans plus tard. Avec une mise en page un peu rudi­men­taire (pas de retrait) mais un texte soigneuse­ment poli.

Noëlle Michel, l’autrice, une ex-ingénieure d’origine dijon­naise, vit à Gand. Une Française pas­sion­née par le néer­landais ! Con­tin­uer la lec­ture

Neutre, ou un « soleil sans ombre »

Jean-Marie CORBUSIER, De but en blanc, fron­tispice de Dominique Neu­forge, Tail­lis Pré, 2020, 124 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–169‑2

« Alors dans un fris­son, s’ouvre l’espace der­rière nous, seule con­fi­dence pos­si­ble. »

De but en blanc, le dernier opus en date de Jean-Marie Cor­busier, pub­lié au Tail­lis Pré, laisse entrevoir un grand lecteur de la poésie d’André du Bouchet. De fait, celui-ci est explicite­ment cité à la page 78 du recueil, après Philippe Jac­cot­tet et Yves Bon­nefoy dans les pages précé­dentes. Sans doute issue de cette con­stel­la­tion poé­tique (rap­pelons que la revue L’éphémère a notam­ment lié Yves Bon­nefoy et André du Bouchet à la fin des années 1960), la voix de Jean-Marie Cor­busier se dis­tingue toute­fois par une poé­tique de la neu­tral­ité, très sen­si­ble. Entre l’aube et l’ombre, la parole de Cor­busier tente de capter et de for­muler les éclair­cies : celles-ci sem­blent éman­er d’un « feu pâle sa flamme trem­blée ». Con­tin­uer la lec­ture

Entailles et failles

Michel VAN DEN BOGAERDE, Intailles et camées, Coudri­er, 2020, 76 p., 18 €, ISBN : 978–2‑390520–14‑6

michel van den bogaerde intailles et caméesÀ l’Est, on maîtrise le grain de riz sur lequel dessin­er le feuil­lu bam­bou avec minu­tie, ou encore l’œuf de jade où se croisent en détails les branch­es d’un arbre aus­si minus­cule que mirac­uleux. À l’Ouest, ce sont les intailles (en creux) et les camées (en reliefs) qui fig­urent de mer­veilleuses minia­tures, entre gravures et sculp­tures ; sou­vent des por­traits de la taille de petits médail­lons. Cet art orfévré est très ancien : Les Romains, notam­ment, ont pro­duit de remar­quables camées en tirant par­ti des super­po­si­tions de tons de l’agate, de l’onyx, de la sar­doine, etc., racon­te Larousse. Con­tin­uer la lec­ture