Archives de catégorie : Livres numériques

Tous les livres disponibles au for­mat numérique.

Carmen ou la résolution

Un coup de cœur du Car­net

Sophie D’AUBREBY, S’en aller, Inculte, 2021, 288 p., 18.90 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782360841189

d aubreby s en allerCon­traire­ment à l’amour mis en chant par Bizet, Car­men est enfant de bour­geois, et a tou­jours con­nu des lois. Née au début du 20e siè­cle au sein d’une classe aisée, dès son pre­mier souf­fle, elle a endossé naturelle­ment un cos­tume étriqué con­fec­tion­né de longue date par la société patri­ar­cale, un « corset de manières cousu à même sa peau » par son milieu. Docile, elle a gran­di sage­ment, sans ques­tions ni attentes, en con­for­mité, préservée. L’évidence la menait au mariage arrangé, une des­tinée dont elle était tenue à l’écart mais qu’elle accep­tait en spec­ta­trice. Cepen­dant, même dans les dess(e)ins les plus maîtrisés, il y a tou­jours une ligne de fuite. Con­tin­uer la lec­ture

Ces parents-là

Un coup de cœur du Car­net

Vir­ginie JORTAY, Ces enfants-là, Impres­sions nou­velles, 2021, 256 p., 20 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782874498855

jortay ces enfants-làElle se sou­vient, tout lui revient en détail, sa rage monte et, avec elle, le besoin d’écrire. Les mots se pré­cip­i­tent car tout est devenu clair à présent que l’étau de leur emprise s’est relâché. Dans cet élan, elle nous dit d’une traite son enfance dans une famille en vue, de celles qui attirent le regard et la con­voitise et à qui tout sem­ble réus­sir. Le père est ani­ma­teur-vedette, il enchaîne les suc­cès. La mère accom­pa­gne cette réus­site et en organ­ise la mise en scène. Elle saisit toutes les occa­sions d’affirmer l’ascension sociale de leur cou­ple au tra­vers de récep­tions au cours desquelles il se donne en spec­ta­cle, toute pudeur mise de côté. Une mai­son neuve est con­stru­ite pour affirmer ce statut, avec une piscine dans laque­lle il est de bon ton de se baign­er nu. Ces fes­tiv­ités large­ment arrosées rassem­blent des adultes libérés qui recherchent un plaisir sans lim­ite, et les hôtes sem­blent s’en réjouir tout y en prenant part. Con­tin­uer la lec­ture

Généalogie d’Amélie Nothomb

Un coup de cœur du Car­net

Amélie NOTHOMB, Pre­mier sang, Albin Michel, 2021, 170 p., 18 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑226–46538‑2

nothomb premier sangAmélie Nothomb ouvre cette année encore la ren­trée lit­téraire. Pour sa tren­tième, elle pub­lie Pre­mier sang, un roman dans lequel elle racon­te son père, Patrick Nothomb.

Patrick Nothomb est décédé en mars 2020. Dans ses romans auto­bi­ographiques, dont il est évidem­ment un per­son­nage impor­tant, Amélie Nothomb souligne la ressem­blance, jusqu’au trou­ble, qui l’u­nit à son père : Con­tin­uer la lec­ture

Dans les marges houleuses d’un traité de paix

Charles SENARD, Le pres­soir du monde. L’avènement des bar­bares, tome 2, Le Passeur, 2020, 290 p., 20,50 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782368908150

senard le pressoir du mondeAprès Arles, théâtre de L’or, la paille, le feu, pre­mier vol­ume de L’avènement des bar­bares, la saga his­torique de Charles Senard, le tome 2, Le pres­soir du monde, nous emmène, en cette même année 475 de notre ère, à Paris, à cette époque mod­este ville de gar­ni­son.

C’est là que doit être con­clu, dans quelques jours (le livre les enchaîne en qua­tre chapitres, du ven­dre­di au lun­di, où la ten­sion monte), un traité de paix cru­cial entre deux rois enne­mis, Childéric le Franc et Sya­grius le Romain. À l’initiative de Geneviève, sainte femme qui dirige la curie et la cité de Paris, et veut ardem­ment préserv­er la paix. Con­tin­uer la lec­ture

Francis Delpérée l’éclaireur

Fran­cis DELPÉRÉE, Les crises de gou­verne­ment, Académie royale de Bel­gique, coll. « L’Académie en poche », 2020, 150 p., 7 € / ePub : 3.99 €, ISBN : 978–2‑8031–0762‑9

delperee les crises de gouvernementDans le paysage des études juridiques, le nom de Delpérée sonne comme une antono­mase pour le terme « con­sti­tu­tion­nal­iste », tant son exper­tise dans ce domaine est chevil­lée à sa per­son­nal­ité. À défaut d’être médi­a­tique, l’homme est médi­atisé : com­bi­en de fois n’est-il pas apparu au JT, afin d’évaluer un point de realpoli­tik à l’aune du texte fon­da­teur de notre État ? Mais Fran­cis Delpérée s’exprime davan­tage encore à l’écrit. La bib­li­ogra­phie qu’il a la mod­estie d’afficher ne reprend que ses prin­ci­paux ouvrages, pub­liés ici dans la col­lec­tion « Que sais-je ? » des Press­es Uni­ver­si­taires de France, là chez Bruy­lant ou Racine. Prise dans son exhaus­tiv­ité, elle est con­sid­érable. Con­tin­uer la lec­ture

Pour en commencer avec le devenir…

Lau­rent DE SUTTER, Pour en finir avec soi-même (Propo­si­tions, 1), Press­es uni­ver­si­taires de France, coll. « Per­spec­tives cri­tiques », 2021, 214 p., 16 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782130827009

de sutter pour en finir avec soi-mêmeCe n’est peut-être pas tout le monde pareil, ou peut-être que si, mais nous avons sou­vent l’impression de vivre arrimés, assu­jet­tis, immo­bil­isés, assignés à une iden­tité. Oblig­és d’être soi. Impres­sion ? Réal­ité ? Que faire ? Pour dépass­er cet état, détecter, affron­ter les éventuelles chaînes, camisoles, injonc­tions, certain·e·s pensent que la force est en eux, dans les ouvrages de développe­ment per­son­nel ; d’autres, plus sage­ment et plus aven­tureuse­ment, préfèrent se plonger dans des œuvres éman­ci­patri­ces, comme celle de Lau­rent de Sut­ter, par exem­ple. Con­tin­uer la lec­ture

Histoire d’une œuvre en deux époques et quatre actes

Chris­tiana MOREAU, La dame d’argile, Préludes, 2021, 315 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑253–04050‑7

moreau la dame d'argileAu décès de sa non­na Angela, Sab­ri­na hérite de « La belle dame », un buste en argile qui se trans­met aux femmes de la famille de généra­tion en généra­tion. Restau­ra­trice d’art, elle com­prend instan­ta­né­ment que la valeur de la sculp­ture n’est pas unique­ment sen­ti­men­tale. Datée de la Renais­sance, éton­nam­ment signée d’un nom de femme, elle représente Simon­et­ta Vespuc­ci dite « La Sans Pareille », muse de plusieurs artistes phares du Quat­tro­cen­to tels que Bot­ti­cel­li. Con­tin­uer la lec­ture

Ombres et doubles-fonds

Un coup de cœur du Car­net

Giuseppe SANTOLIQUIDO, L’été sans retour, Gal­li­mard, 2021, 265 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑07–291575‑8

L’été sans retour est d’abord l’histoire d’un homme, Pasquale Serrai, de sa famille, de la relation proche et riche de silence qu’il a avec Sandro, le fils d’un des ses amis décédé. C’est aussi l’histoire d’un drame dans le beau village de Ravina qui se blottit dans les collines du sud de l’Italie, la disparition d’une adolescente. C’est encore et surtout l’histoire du rapport des hommes avec leur terre, « les hommes sont indissociables de la nature qui les a vus naître et dont ils sont le portrait le plus fidèle, effrayante de beauté et d’âge ». Giuseppe Santoliquido rend bien ce lien fort, quasi irrationnel, à la terre natale qui est pour plusieurs personnages le fondement de leur rapport au monde, leur raison de vivre, avant les relations sociales ou amoureuses. Ainsi, Pasquale Serrai a connu la misère de l’après-guerre et un bref exil pour raisons économiques en Belgique, mais il est revenu très vite chez lui préférant le travail de forçat d’arracher à la terre sa subsistance à la relative aisance d’un travail dans la sidérurgie. Sandro Lucano a vécu longtemps à Ravina, auquel il reste lui aussi viscéralement attaché. Des années plus tard, il raconte le drame qui a secoué le village et ses propres souffrances. Le roman offre de la vie villageoise un portrait complexe et nuancé. Bien sûr, il y a les rancœurs et les tensions entre personnes et familles, l’insatisfaction des jeunes qui pour la plupart n’aspirent qu’à partir, fascinés par la vie dans les villes que leur révèle la télévision. Et il y a ceux qui, victimes des anciennes fractures sociales les condamnant à la misère, ont lutté toute leur vie pour l’amélioration de leur sort et voient leurs efforts presque anéantis. Mais le village, c’est aussi une vie sociale riche et souvent heureuse, rythmée par les moments de fête. Et puis surtout il y a cette terre, difficile à cultiver, mais pas si ingrate puisqu’elle offre sa beauté particulière.  G. Santoliquido situe le roman en 2005, à une époque charnière. Celle où les rêves de mieux-être par un travail agricole acharné laissent place aux mirages que proposent la télévision et les moyens modernes de communication. Le drame que vit le village va d’ailleurs être profondément influencé par la couverture télévisuelle tout sauf anodine, les présentateurs de téléréalité dictant les attitudes et les propos des protagonistes décervelés par les mirages de réussite et de visibilité sociales. Fort de sa connaissance des médias italiens, l’auteur décrit à plusieurs reprises pour les dénoncer les procédés du « mécanisme du spectacle » qui n’illustre plus la réalité, mais s’est substitué à elle.  Les valeurs auxquelles s’accroche Pasquale peuvent ainsi paraître périmées. Dans le passé, elles ont été nécessaires à la survie des hommes et du village. Elles sont partagées par Sandro. Si le roman est construit autour de la disparition de l’adolescente, il s’agit d’abord de la mise en avant de l’importance des liens : les liens familiaux, ceux fondés sur la complicité et la proximité que donne la vie dans un même petit village, ceux qui fondent la solidarité lorsque frappe le deuil. Mais tous ne sont finalement que des variations de ce lien fondamental à la terre. Cette problématique apparaissait déjà dans les autres romans de l’auteur, mais elle est ici traitée dans toutes ses implications.  Entre autre, est abordée la difficulté pour la communauté villageoise de s’ouvrir à d’autres réalités. Comment est-il possible d’être vraiment soi-même là où tout le monde se fait une certaine image de l’autre ? Cela pousse Sandro dans une voie en miroir de celle de Serrai : tout le pousse à partir, mais il choisit de rester, jusqu’au jour où le départ devient inéluctable, suspendant ce lien vital. Et le paradoxe veut que ce soit la ville qui devienne la garante de sa liberté. Giuseppe Santoliquido revient souvent sur la notion de destin, surtout vers la fin du roman, quand Sandro, le narrateur, tire des enseignements de ce à quoi il a été confronté. Il a le sentiment que « le destin est une bête sournoise, il procède par touches légères, infinitésimales, vous laissant accumuler mauvais choix et petites erreurs… ». D’autant plus quand s’y mêle le sentiment d’une faute commise, faute peut-être non définie mais qui pollue le vécu d’un drame ; à l’image du garçon se reprochant la mort accidentelle de sa mère parce qu’il ne s’est pas levé assez tôt. Dans cette loterie du destin, Santoliquido montre sa sympathie pour deux de ses personnages, chez qui se marque le sentiment d’infériorité des laissés-pour-compte acceptant l’injustice « sans jamais se révolter ». Le roman est émaillé de l’adaptation de délicieuses expressions locales, comme « Vouloir discuter avec le gros Dino, cela revenait à creuser un puits avec un doigt ». Ou d’heureuses  formules, parfois graves : « Le danger avec les souvenirs, c’est qu’ils sont souvent l’antichambre des remords », parfois drôles : « Les confidences sont la propriété du vent, il vous suffit de tendre l’oreille où que vous soyez pour les entendre roucouler à la cantonade ». Perplexe devant la complexité des situations, Sandro a cette phrase qui peut résumer son récit : « Aucune pensée n’est jamais totalement juste. Totalement pure. Aucun sentiment ». C’est la conclusion que l’on peut tirer à la fin de L’été sans retour, qui laisse ouvertes les interprétations.  Joseph DuhamelL’été sans retour est d’abord l’histoire d’un homme, Pasquale Ser­rai, de sa famille, de la rela­tion proche et riche de silence qu’il a avec San­dro, le fils d’un des ses amis décédé. C’est aus­si l’histoire d’un drame dans le beau vil­lage de Rav­ina qui se blot­tit dans les collines du sud de l’Italie, la dis­pari­tion d’une ado­les­cente. C’est encore et surtout l’histoire du rap­port des hommes avec leur terre, « les hommes sont indis­so­cia­bles de la nature qui les a vus naître et dont ils sont le por­trait le plus fidèle, effrayante de beauté et d’âge ». Con­tin­uer la lec­ture

Le risque d’éclore

Gré­go­ry MATTHYS, Let­tres muettes pour fille non-affranchie, Aube, coll. « Regards croisés », 2021, 296 p., 19,90 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑8159–3851‑8

matthys lettres muettes pour fille non affranchieLise Bel­lacroix a 27 ans. Elle tra­vaille depuis 4 ans à l’ac­cueil de l’en­tre­prise d’outillage Toolex où ses journées sont ryth­mées par les frot­te­ments de la porte coulis­sante et les deman­des incon­grues (quand elles ne sont pas incom­préhen­si­bles ou insup­port­a­bles) des clients. Con­tin­uer la lec­ture

Rites d’envol

Véronique GALLO, L’entropie des sen­ti­ments, Héloïse d’Ormesson, 2021, 240 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑35087–773‑0

gallo l'entropie des sentimentsKate (ne l’appelez surtout pas Cather­ine, comme le fait sa mère), est en proie au doute. Étu­di­ante en pre­mière année d’université, elle passe son dernier exa­m­en oral et n’en mène pas large face à un pro­fesseur qui affiche son mépris et la malmène. À la mai­son, la sit­u­a­tion est dés­espérée : son père boit trop et dort sur le divan, sa mère s’assomme de som­nifères et son jeune frère Thibaut est insup­port­able. La musique, dont elle s’abreuve et qui rythme le roman, est son refuge le plus sûr, qui con­stru­it un rem­part sonore. Con­tin­uer la lec­ture

Nuit macabre au bivouac

Fran­cis GROFF, Water­loo, mortelle plaine, Weyrich, coll. “Noir cor­beau”, 2021, 264 p., 18 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑87489–631‑6

groff waterloo mortelle plaineQua­trième par­tic­i­pa­tion à la col­lec­tion de polars «  Noir Cor­beau », c’est sur Water­loo, après plusieurs autres sites de chez nous, que Fran­cis Groff, jour­nal­iste, scé­nar­iste et romanci­er, a pointé sa plume dans Water­loo, mortelle plaine. On y retrou­ve Stanis­las Bar­ber­ian, bouquin­iste belge instal­lé à Paris, mais  fiancé à Mar­tine, une con­sœur brux­el­loise, com­plice des enquêtes poli­cières que le jeune homme mène à titre offi­cieux pour ren­dre ser­vice à ceux qui font appel à sa per­spi­cac­ité. Con­tin­uer la lec­ture

De la fantasy qui questionne le présent

Un coup de cœur du Car­net

Anne-Sophie DEVRIESE, Biotanistes, ActuSF, 2021, 350 p., 19.90 / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑37686–349‑6

devriese biotanistesDis­crim­i­na­tions liées au genre, éco­cide, manip­u­la­tions du pou­voir et de l’information, impor­tance de la mémoire et de la trans­mis­sion : l’énumération des thèmes brassés dans ce pre­mier roman peut faire peur. Pour­tant, avec Biotanistes, Anne-Sophie Devriese évite l’écueil d’une lit­téra­ture don­neuse de leçons. Mieux : elle signe un roman-univers dont le lecteur met du temps à revenir même si, para­doxale­ment peut-être, il nous ramène sans cesse au présent. Con­tin­uer la lec­ture

Ni pour ni contre l’immigration (bien au contraire)

François GEMENNE, On a tous un ami noir. Pour en finir avec les polémiques stériles sur les migra­tions, Fayard, 2020, 252 p., 17 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑213–71277‑2

gemenne on a tous un ami noirSpé­cial­iste du cli­mat et des migra­tions, qu’il enseigne à l’université, François Gemenne con­sacre son dernier livre On a tous un ami noir à démon­ter les idées reçues et autres « polémiques stériles » sur les migra­tions. Le titre est un pied-de-nez à l’« ami noir », bran­di comme preuve de leur ouver­ture d’esprit par tous ceux qui récla­ment que les étrangers ren­trent chez eux. Der­rière ce titre légère­ment provo­ca­teur, la démon­stra­tion est solide, doc­u­men­tée, mais aus­si acces­si­ble. Con­tin­uer la lec­ture

Beauté volée

Sophie WOUTERS, Céles­tine, 180° édi­tions, 2021, 123 p., 15 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 9782931008676
Mise à jour 07/03/2024 : deux réédi­tions du roman sont disponibles :
Sophie WOUTERS, Céles­tine, Hervé Chopin, 2023, 124 p., 16 €, ISBN : 978–2‑35720–702‑8
Sophie WOUTERS, Céles­tine, Pock­et, 2024, 117 p., 6,40 €, ISBN : 978–2‑266–33919‑3

wouters celestine avec bandeau wouters celestine hervé chopin wouters celestine pocketLe réc­it de Sophie Wouters débute sur un procès en cour d’assises : Céles­tine est accusée d’un crime grave et ne souhaite rien dire à ce sujet. C’est une belle occa­sion de décou­vrir l’enfance peu banale de l’héroïne. Et pour cause, elle est née le jour où ses par­ents sont décédés dans un acci­dent de voiture. Élevée par Berthe (une tante éloignée) et son mari, la jeune fille vit une enfance douce bercée par les émis­sions de Denise Fab­re et les épisodes de Ma sor­cière bien aimée, dans un foy­er où l’on prend soin d’elle sans lui don­ner une réelle affec­tion. Con­tin­uer la lec­ture

De la littérature comme miroir

Un coup de cœur du Car­net

Daniel CHARNEUX, Claude DURAY, Léon FOURMANOIT, Pierre Huber­mont (1903–1989) : écrivain pro­lé­tarien, de l’ascension à la chute, M.E.O., 2021, 232 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0280‑7

charneux et alii pierre hubermontLa lit­téra­ture pro­lé­tari­enne belge a peut-être été moins scrutée que celle des écrivains région­al­istes. La ques­tion de la col­lab­o­ra­tion cul­turelle durant la Sec­onde guerre mon­di­ale n’a que rarement fait l’objet d’une vul­gar­i­sa­tion ; des études, des mémoires, des ouvrages uni­ver­si­taires lui ont été con­sacrée : les auteurs du présent vol­ume en men­tion­nent quelques-uns. L’épuration des écrivains ayant col­laboré avec l’occupant n’a pas don­né lieu à un débat pub­lic reten­tis­sant et à des con­damna­tions fra­cas­santes comme ce fut le cas en France. Un cer­tain nom­bre d’écrivains aujourd’hui con­nus passèrent entre les mailles d’un filet insti­tu­tion­nel et judi­ci­aire somme toute assez com­plaisant. Cer­tains s’exilèrent. D’autres furent con­damnés à mort ou à des peines de prison. Con­tin­uer la lec­ture

Laurent de Sutter, lutteur de fond

Lau­rent DE SUTTER, Hors la loi, Théorie de l’anarchie juridique, Les liens qui libèrent, 2021, 112 p., 12 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 9791020909657

de sutter hors la loiIl y a, au min­i­mum, deux façons d’aborder le dernier essai de Lau­rent de Sut­ter. La pre­mière con­sis­terait à situer Hors la loi (remar­quer d’emblée l’absence de traits d’union…) dans le sil­lage de Mag­ic, Théorie du kamikaze, L’âge de l’anesthésie, Après la loi, bref des nom­breux titres qui jalon­nent sa patiente réé­val­u­a­tion cri­tique d’une « post-post-moder­nité » qui n’en finit pas. Mais on peut aus­si l’approcher comme une réflex­ion ten­ant d’un bloc, dans sa dimen­sion avouée dès les pre­mières lignes de piège. On l’examine alors comme l’un de ces casse-tête, faits d’une cordelette à nœud marin, d’un écrou et de deux riv­ets de bois ; de cette sim­plic­ité élé­men­taire dont on sait que, à peine y aura-t-on porté les doigts, l’intrication com­plexe s’en révélera. Con­tin­uer la lec­ture