Archives de catégorie : Livres numériques

Tous les livres disponibles au for­mat numérique.

Sauver les petits corps chauds emplis de promesses

Un coup de cœur du Car­net

Alia CARDYN, Made­moi­selle Papil­lon, Robert Laf­font, 2020, 267 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2221249352

alia cardyn mademoiselle papillonGabrielle est une infir­mière de 30 ans qui tra­vaille au ser­vice de néona­t­a­lo­gie inten­sive d’un hôpi­tal. Son quo­ti­di­en est ryth­mé par les actes tech­niques et le fonc­tion­nement des machines qui ont pris le dessus sur l’humain pour décider du sort des bébés. Com­posant chaque jour avec la lim­ite entre la vie et la mort, elle fait de son mieux dans cet univers où l’incertitude domine, où le temps est une obses­sion, où rien n’est acquis, où chaque vic­toire, si infime soit-elle, est le résul­tat d’une lutte de chaque instant. Con­tin­uer la lec­ture

Les mains à la fête

Raoul VANEIGEM, La lib­erté enfin s’éveille au souf­fle de la vie, Cherche Midi, 2020, 159 p., 10.90 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 9782749165981

raoul vaneigem la liberté enfin s'éveille au souffle de la vieIl faut saluer la fidél­ité opiniâtre de Raoul Vaneigem qui, depuis les années soix­ante, ne cesse de martel­er l’inéluctable éman­ci­pa­tion grâce à l’ « insur­rec­tion paci­fique » ! De ce lien indé­fectible, il scrute les traces d’un Mai 68 jamais achevé, tou­jours en devenir comme le « devenir humain » lui-même, dont il voit la dernière man­i­fes­ta­tion dans le mou­ve­ment des Gilets jaunes, voire même en tra­vers de « l’autodéfense san­i­taire » face au Covid. En tout cas, du clas­sique Traité du savoir-vivre à l’usage des jeunes généra­tions à l’actuel La lib­erté enfin s’éveille au souf­fle de la vie, aucun de ses écrits ne mon­tre le moin­dre relâche­ment de sa vig­i­lance face au pou­voir hiérar­chique et religieux, patri­ar­cal et marc­hand ain­si qu’à l’individu gré­gaire qu’il pro­duit. Et aucun ne manque d’exalter  « l’expérience du vivre-ensem­ble et de la jouis­sance créa­trice » dans une « société où s’harmoniserait la diver­sité des désirs ». Con­tin­uer la lec­ture

Tueurs d’espoirs

André-Joseph DUBOIS, Le sep­tième cer­cle, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2020, 508 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑874896–10‑1

andré-joseph dubois le septieme cercleAndré-Joseph Dubois est décidé­ment un auteur sin­guli­er. Loin des effets de mode, il pra­tique l’écriture au long cours et il accoste de temps à autre un roman à la main, sans tam­bour ni trompettes. Son nou­v­el opus est dou­ble­ment placé sous le signe du chiffre sept, par son titre et son ordre dans son œuvre pub­liée. Le sep­tième cer­cle fait sans doute référence, sans que l’auteur y fasse explicite­ment allu­sion, à l’Enfer de Dante Alighieri, qui clas­si­fie les âmes damnées en neuf zones cir­cu­laires selon la caté­gorie de péché com­mis. La sep­tième con­cerne plus pré­cisé­ment les actes de vio­lence, une réal­ité qui imprègne sans aucun doute l’existence entière de Léon Bour­doux­he dont ce dernier nous livre le réc­it dans l’ordre chronologique. Con­tin­uer la lec­ture

Voyage dans l’univers de Comès

Un coup de cœur du Car­net

Thier­ry BELLEFROID, Comès. D’Ombre et de Silence, Cast­er­man, 2020, 145 p., 29 € / ePub : 19.99 €, ISBN : 978–2‑203–18379‑7

thierry bellefroid comes d'ombre et de silence castermanCor­beaux, chou­ettes, chats, homme-cerf, paysages enneigés, per­son­nages mar­gin­aux anguleux, rites d’initiation, génie du silence graphique met­tant en scène la Bataille des Ardennes, les som­bres con­flits entre vil­la­geois, la mise à mort des êtres dif­férents… Quar­ante ans après la paru­tion de l’album Silence, le chef‑d’œuvre de Comès, à l’occasion de la sou­veraine expo­si­tion Comès au musée BELvue à Brux­elles dont il est le co-com­mis­saire avec Éric Dubois, Thier­ry Belle­froid con­sacre un essai magis­tral à ce créa­teur hors norme décédé en 2013. Con­tin­uer la lec­ture

À l’école des hommes

Karine LAMBERT, Les hommes aus­si ont la chair de poule, Sto­ry­lab, 256 p., 17 € / ePub : 7.49 €, ISBN : 978–2381580029

Karine Lambert les hommes aussi ont la chair de pouleLes ques­tions de genre tra­versent l’ensemble de notre société et il ne se trou­ve pas un jour où l’actualité n’alimente pas le débat sur les rela­tions hommes-femmes, ren­dant chaque fois plus indéfend­ables les iné­gal­ités qui sub­sis­tent et, par­tant, les raison­nements et com­porte­ments qui les entre­ti­en­nent. La lit­téra­ture n’échappe nulle­ment à ce mou­ve­ment de fond auquel elle a pré­cisé­ment large­ment con­tribué depuis des décen­nies. Con­tin­uer la lec­ture

Jan Baetens le sécessionniste

Jan BAETENS, Comme un rat, Herbe qui trem­ble, coll. « D’autre part », 2020, 170 p., 15 €/ ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑491462–05‑5

« Plus nous avançons dans une langue et plus son mys­tère s’épaissit. » Voici l’un des apho­rismes que l’on peut glan­er au fil de la déam­bu­la­tion à laque­lle nous con­vie Jan Baetens, chas­seur sub­til de raretés – mais, une fois atteint un cer­tain seuil de lit­térar­ité, quel livre ne devient pas un hapax ? La phrase énonce une vérité, pour­tant sa lim­pid­ité formelle suf­fi­rait à en con­tredire le sens. Et voilà juste­ment où se situe le charme irré­ductible de l’écriture de Jan Baetens : elle ose dire en toute clarté l’opacité la plus pro­fonde des mots et des textes. Elle se fait passeuse d’énigmes en tra­ver­sant d’un pas prime­sauti­er des labyrinthes qui feraient suin­ter d’angoisse d’autres plumes, pré­ten­du­ment plus sérieuses, plus stylées. Con­tin­uer la lec­ture

Réinventer une compatibilité de l’humain avec la biosphère

Un coup de cœur du Car­net

Gau­thi­er CHAPELLE, avec la par­tic­i­pa­tion de Michèle DECOUST, Le vivant comme mod­èle. Pour un bio­mimétisme rad­i­cal, Pré­faces de Nico­las Hulot et de Jean-Marie Pelt, Dessins de Luc Schuiten, Albin Michel, Espaces libres Poche, 2020, 432 p., 11 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 9782226320186

le vivant comme modèle de gauthier chapelle livre de pocheD’une prodigieuse richesse con­ceptuelle, bouil­lon­nant d’innovations pra­tiques, Le vivant comme mod­èle. Pour un bio­mimétisme rad­i­cal nous délivre des schèmes de penser, de sen­tir nous don­nant la pos­si­bil­ité de nouer une nou­velle alliance avec les formes du vivant. Ingénieur agronome, biol­o­giste, con­cep­teur de la col­lap­solo­gie avec Raphaël Stevens et Pablo Servi­gne, ancien élève de Janine Benyus qui a dévelop­pé la théorie du bio­mimétisme, Gau­thi­er Chapelle déplie toutes les ver­tus du bio­mimétisme, à savoir l’ensemble des proces­sus d’innovation (économiques, tech­nologiques..) que les humains peu­vent met­tre en place en suiv­ant une idée-clé : ces inno­va­tions et ces straté­gies à faible impact envi­ron­nemen­tal doivent être inspirées par le mod­èle du vivant, par les phénomènes que la nature, les organ­ismes ont expéri­men­tés depuis des mil­liards d’années. Con­tin­uer la lec­ture

Le visage changeant des émotions

Jean-Philippe TOUSSAINT, Les émo­tions, Minu­it, 2020, 238 p., 18,50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑7073–4643‑8

jean-philippe toussaint les émotionsSi l’on s’en tient aux fon­da­men­tales et pri­maires, telles que réper­toriées par de nom­breuses études sci­en­tifiques à la suite du psy­cho­logue améri­cain Paul Ekman, les émo­tions seraient au départ, chez tout indi­vidu mas­culin et féminin, et quelle que soit sa cul­ture, au nom­bre de six. Six émo­tions qui vont de la plus pos­i­tive, la joie, à la plus néga­tive, le dégoût, et qua­tre autres qui ten­dent sou­vent vers la néga­tiv­ité : la peur, la sur­prise (quoiqu’il puisse y avoir de joyeuses sur­pris­es), la tristesse, la colère. Le dégoût reste la plus destruc­trice des émo­tions, et elle cumule mal­heureuse­ment d’autant plus de phas­es inten­sives et gradu­elles lorsqu’elle advient par sur­prise, sous l’emprise de la peur et de la tristesse. Con­tin­uer la lec­ture

La course en tête

Daniel CHARNEUX, À pro­pos de Pre, M.E.O., 2020, 160 p., 15€ / ePub : 8.99 €, ISBN 978–2‑8070–0242‑5

daniel charneux a propos de pre meo éditionsUne bonne part des écrits de Daniel Charneux est con­sacrée à des évo­ca­tions biographiques aus­si divers­es que celles de la pathé­tique Marylin Mon­roe, de l’humaniste Thomas More ou de Jane Grey, la très éphémère reine d’Angleterre. Cette fois, c’est vers le sport que se porte son éclec­tisme. Et en par­ti­c­uli­er vers la course à pied qui est, bien enten­du, le « roi des sports » ain­si que tout sportif le pro­fesse au crédit de sa pro­pre dis­ci­pline. Avec À pro­pos de Pre, c’est une légende de l’athlétisme améri­cain, le cham­pi­on olympique Steve Pre­fontaine, que Charneux ressus­cite en enfi­lant les bas­kets de son nar­ra­teur Pete Miller présen­té comme l’ami du coureur depuis l’enfance. Et qui partageait avec lui une même pas­sion pour ce sport exigeant quoiqu’avec moins de réus­site. Con­tin­uer la lec­ture

« Eh bien, cette scène, comme vous dites, était précisément une scène »

Gilles RIBERO, Clair­ières, Allia, 2020, 112 p., 10 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 979–10-304‑1261‑1

gilles ribero clairières éditions alliaDès l’ouverture, Clair­ières pose dans le derme du con­cret des ques­tions d’ordre sym­bol­ique. Robert, le per­son­nage prin­ci­pal, se touche le ven­tre, et palpe en même temps que sa peau le pas­sage du temps. Il s’enfonce un doigt dans le nom­bril, jusqu’à la douleur. Dans son esprit se fait jour une intu­ition, qui lui fait reli­er sa nais­sance à sa mort, par le fil de la souf­france. Con­tin­uer la lec­ture

Une vie en mouvement

Véronique ADAM, Pas faite pour, M.E.O., 2020, 220 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0248‑7

veronique adam pas faite pour couverturePas faite pour. Le pre­mier roman de Véronique Adam.

Un roman ? Plutôt le jour­nal intime d’une jeune vio­loniste, Cécile, qui vient d’atteindre ses trente-cinq ans, sans les fêter vrai­ment. Jugez-en : « Nulle en musique, nulle en sport, nulle en amour, nulle en tout ! Nulle, mon deux­ième prénom ! » Con­tin­uer la lec­ture

C’est quoi, la Belgique ?

Robert MASSART, Une his­toire belge, M.E.O., 2020, 196 p., 17 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2807002517

robert massart une histoire belgeErnest Dubois, pro­fesseur de français mani­aque de la langue et ornitho­phobe, de retour d’un voy­age, se trou­ve con­fron­té à la présence inop­por­tune d’un oiseau intro­duit dans son apparte­ment. Il tourne les talons et s’enfuit dans la nuit. Dans les toi­lettes des dames de la gare du Midi, Kom­mer Baert, occupé à recopi­er les graf­fi­tis afin d’alimenter le cor­pus de son étude, est som­mé de vider les lieux par la tem­pétueuse Madame Pipi, Fin­t­je. C’est alors que les deux hommes se ren­con­trent, se suiv­ent, pren­nent langue, et c’est le début d’une his­toire d’amitié et de rival­ité, une his­toire où cha­cun devient un peu plus lui-même en se mêlant aux autres, une his­toire qui doit peu au rationnel, une his­toire belge en somme. Con­tin­uer la lec­ture

Adolescences irl (in real life)

Un coup de cœur du Car­net

Mathilde ALET, Sexy Sum­mer, Flam­mar­i­on, 2020, 191 p., 17 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑0815–0245‑1

mathilde alet sexy summer flammarionJuli­ette, 14 ans, est élec­tro­hy­per­sen­si­ble. En résumé, les ondes la ren­dent malade. C’est pourquoi ses par­ents ont décidé de quit­ter Brux­elles pour une « zone blanche » arden­naise. De manière moins poé­tique, on dirait un « trou per­du ». Entre deux années sco­laires, les voilà donc qui débar­quent tous les trois à Var­queville. Con­tin­uer la lec­ture

Le ciel au-delà des frontières

Un coup de cœur du Car­net

Diane MEUR, Sous le ciel des hommes, Sabine Wespieser, 2020, 336 p., 22 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978–2‑84805–361‑5

De livre en livre, Diane Meur innove et sur­prend. C’est encore le cas avec ce roman, Sous le ciel des hommes, à la fois grave et mali­cieux. Le pre­mier pro­tag­o­niste en est un lieu, le grand-duché d’Éponne, cen­tre financier et d’affaires. L’atmosphère y est pesante, men­tale­ment étriquée. Pour­tant sous « les eaux étales de l’ennui » de cet État aux fêtes dynas­tiques désuètes vivent des femmes et des hommes que Diane Meur décrit dans leur quo­ti­di­en, par­fois joyeux, sou­vent dif­fi­cile. Con­tin­uer la lec­ture

Comment ne pas être ferenczien ?

Un coup de cœur du Car­net

Benoît PEETERS, San­dor Fer­enczi. L’enfant ter­ri­ble de la psy­ch­analyse, Flam­mar­i­on, 2020, 384 p, 23,90 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑08–134727‑4

benoit peeters sandor ferenczi l'enfant terrible de la psychanalyse flammarion1. Enfant ter­ri­ble de la psy­ch­analyse : l’expression qui four­nit le sous-titre de l’ouvrage est révéla­trice. Dès qu’on s’intéresse à lui, Fer­enczi frappe par son sérieux, sa sagesse, sa pro­fondeur, ses scrupules. Il est vrai­ment le con­traire d’un fan­tai­siste ou d’un provo­ca­teur. S’il peut être qual­i­fié d’enfant ter­ri­ble, c’est à cause de son aura de dis­si­dence. Ce terme a servi, on le sait, à réprimer la lib­erté de pen­sée et le juge­ment cri­tique, en Union sovié­tique. Il garde tout son pou­voir réduc­teur encore aujourd’hui. Ain­si le nom de Fer­enczi, en 2020, reste mécon­nu et même occulté. Ce n’est pas que l’idéologie con­tem­po­raine ait vrai­ment cher­ché à étouf­fer ce nom. C’est qu’il nous parvient à tra­vers un brouil­lage des cartes ana­logue aux per­tur­ba­tions hertzi­ennes qui visaient à entraver les émis­sions de radio Lon­dres. Con­tin­uer la lec­ture

Passés mais point perdus

Un coup de cœur du Car­net

Guy GOFFETTE, Pain per­du. Poèmes, Gal­li­mard, 2020, 150 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑07–289494‑7

guy goffette pain perduEn 2016, comme il le racon­te à Nico­las Crousse (Le Soir, 17 mai 2020), Guy Gof­fette est vic­time d’un A.V.C. qui l’empêchera d’écrire trois années durant. Or, Gal­li­mard lui demande instam­ment quelque man­u­scrit. L’au­teur s’avise alors de fouiller son tiroir de poèmes restés inédits, soit qu’à l’époque ils lui aient paru insat­is­faisants, soit qu’ils s’in­té­graient mal dans un pro­jet de recueil. Il en choisit plusieurs, leur apporte les mod­i­fi­ca­tions qu’il juge oppor­tunes, opéra­tion facil­itée par le recul : cer­tains textes remon­tent à de longues années, jusqu’à 1964… D’autres, qui avaient paru dans des revues ou des antholo­gies, font l’ob­jet d’une sélec­tion et d’une révi­sion sim­i­laires. Tel est le mode rétroac­t­if sur lequel est né Pain per­du, dont le titre sug­gère plaisam­ment le procédé de reval­i­da­tion qui en con­stitue la genèse. Jadis, en effet, on ne jetait pas les tranch­es de pain ras­sis : mouil­lées dans une soupe de lait et d’œuf, puis frites à la poêle et saupoudrées de sucre, elles deve­naient une qua­si frian­dise. Con­tin­uer la lec­ture