Archives de catégorie : Livres numériques

Tous les livres disponibles au for­mat numérique.

Appuyez sur pause

Hélène GOFFART, Entre deux temps, Édi­tions Sarah Arcane, 2018, 202 p., 14 € / ePub : 2.99 €, ISBN : 9791093889351

Imag­inez-vous un instant : vous vous trou­vez dans une sit­u­a­tion dif­fi­cile, vous êtes en retard à un ren­dez-vous, vous n’avez pas eu le temps de finir un tra­vail impor­tant, vous voulez percer les secrets de quelqu’un… et là, vous blo­quez le temps. L’aiguille s’arrête de tourn­er, les voitures d’avancer, les gens de par­ler, les oiseaux de piailler, l’eau de clapot­er, le vent de souf­fler… Tout est figé, sauf vous. Vous êtes maître.sse du temps. Vous pou­vez l’utiliser comme bon vous sem­ble et le réac­tiv­er à tout moment. Alors, convaincu.e.s ? Con­tin­uer la lec­ture

Festin rabelaisien de mots et de vélins

Un coup de cœur du Carnet

Stéphane MALANDRIN, Le mangeur de livres, Seuil, 2019, 191 p., 17 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑02–141454‑7

Il n’est pas fréquent d’avoir sous les yeux un roman qui soit une vraie sur­prise. Par le thème et l’écriture, Le mangeur de livres, pre­mier roman de Stéphane Malan­drin, réal­isa­teur et scé­nar­iste français instal­lé à Brux­elles, nous a apporté ce bon­heur. Con­tin­uer la lec­ture

Je suis Charlie !

Un coup de cœur du Carnet

Adolphe NYSENHOLC, Char­lie Chap­lin, Le rêve, M.E.O., 2018, 244 p., 19 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0177‑0

Instant de grâce ! L’auteur, qui a voué une par­tie de sa riche car­rière[1] à Chap­lin, au point d’en être con­sid­éré de par le monde comme un expert som­mi­tal, a réus­si l’ultime syn­thèse, un essai d’une den­sité lou­voy­ant vers l’art poé­tique. Qui débute avant les pre­mières lignes offi­cielles, dans un com­men­taire sur la photo/couverture, au ver­so de la page de titre :

(…) Chap­lin émi­nence grise de Char­lot manip­ulé par lui, le masque trag­ique sur un corps comique, Char­lot « sen­ti­men­tal pup­pet », l’empathie dis­tan­ciée, l’auto-ironie de Chap­lin, la choré­gra­phie comme écri­t­ure de songe, le créa­teur d’images à jamais mémorables, le poète comique, l’auteur en abyme, le rêve dans le rêve… 

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Une biographie est toujours un roman

Patrick WEBER, Mag­gie, une vie pour en finir, Plon, 2018, 396 p., 13.90€ / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑25925–155‑6

En exer­gue de Mag­gie, Patrick Weber indique : « une biogra­phie est tou­jours un roman ». À la fois his­to­rien, romanci­er et scé­nar­iste de ban­des dess­inées, l’auteur des Noces assas­sines est fam­i­li­er de ce para­doxe résumé dans une for­mule ful­gu­rante par Aragon : le « men­tir-vrai ». Le poète évo­quait par cet oxy­more que la vérité tou­jours com­plexe, s’exprime davan­tage dans l’invention romanesque que dans le compte-ren­du objec­tif – impos­si­ble – des faits. Con­tin­uer la lec­ture

Pourquoi pas moi ?

Lola MANSOUR, Cein­ture blanche, Ker, 2018, 103 p., 12€ / ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑87586–242‑6

L’auteure est une judokate belge ayant reçu de nom­breuses médailles, notam­ment la médaille d’or aux Jeux olympiques de la jeunesse 2010 et au cham­pi­onnat d’Eu­rope des moins de vingt ans en 2012. Pour­tant, ce n’est pas une auto­bi­ogra­phie qu’elle nous donne à lire, mais une fic­tion qui dévoile le par­cours d’Anya, douze ans. Celle-ci cherche un but à sa vie et en trou­ve un : elle veut devenir une cham­pi­onne, pen­dant que ses copines rêvent de devenir princess­es. D’où lui vient cette idée ? Pas de ses par­ents artistes, en tout cas. Mais peu importe. Anya est habitée par cette idée fixe. Le hic, c’est qu’elle ne sait pas dans quel sport briller. Con­tin­uer la lec­ture

Déjouer le pacte du Diable

Jean-Pierre BOURS, Ten­ta­tions, HC Édi­tions, 2018, 320 p., 19 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 97823557203167

Après Indul­gences en 2014, Jean-Pierre Bours rep­longe dans les temps foi­son­nants et clairs-obscurs de la Renais­sance européenne, débu­tant son préam­bule à la charnière entre le XVe siè­cle et le XVIe siè­cle et l’achevant aux alen­tours de 1543. Il se glisse cette fois non plus directe­ment dans les pas de Mar­garete (dite Gretchen, une des fig­ures majeures de son précé­dent roman, cen­tré sur les femmes), mais dans ceux de son amant,  l’énigmatique Doc­teur Faust, être fic­tif mais néan­moins mythique qu’il emprunte à Mar­lowe et Goethe, et qui fut égale­ment, à leur suite, célébré par de nom­breux com­pos­i­teurs (Berlioz, Schu­man, Wag­n­er et Lizst notam­ment) mais aus­si de pein­tres (par­mi lesquels Delacroix et Rem­brandt). C’est d’ailleurs en con­nais­seur pré­cis de tous ceux qui l’ont précédé dans la fas­ci­na­tion pour ce per­son­nage trou­ble que nous par­le l’auteur, mais aus­si en arpen­teur de nom­breuses lec­tures his­toriques con­textuelles qu’un tel roman néces­si­tait. Les notes de bas de pages nous éclairent à bon escient sur la vérac­ité de cer­tains faits et la post­face ajoute quelques solides références bib­li­ographiques, pour qui souhait­erait en appren­dre davan­tage et pro­longer le plaisir de lec­ture aux côtés de tel ou tel per­son­nage (réel, cette fois) abor­dés dans Ten­ta­tions. Con­tin­uer la lec­ture

(Sur-)vivalisme, collapsologie et collapsosophie

Pablo SERVIGNE, Raphaël STEVENS, Gau­thi­er CHAPELLE, Une autre fin du monde est pos­si­ble. Vivre l’effondrement (et pas seule­ment y sur­vivre), pré­face de Dominique Bourg, post­face de Cyril Dion, Seuil, coll. « Anthro­pocène », 2018, 334 p., 19 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782021332582

Une autre fin du monde est possibleAprès le remar­qué Com­ment tout peut s’effondrer sor­ti en 2015, les ingénieurs agronomes Pablo Servi­gne, Gau­thi­er Chapelle et l’écoconseiller Raphaël Stevens,  « chercheurs in-Terre indépen­dants »,  pour­suiv­ent leurs réflex­ions dans un essai qui pro­longe la « col­lap­solo­gie » (dont ils sont les pio­nniers) en une col­lap­soso­phie. L’axiome des col­lap­so­nautes se définit comme « appren­dre à vivre avec », avec la cat­a­stro­phe en cours, avec la débâ­cle envi­ron­nemen­tale, avec l’effondrement de la société actuelle. De ce diag­nos­tic con­den­sé dans le voca­ble de col­lap­solo­gie découle la mise en œuvre d’une éthique, d’une col­lap­soso­phie. S’appuyant sur un tableau clin­ique pré­cis, incon­testable (l’humanité men­acée d’extinction dans le sil­lage de l’hécatombe de la bio­di­ver­sité), les auteurs pro­posent des pistes fécon­des qui réc­on­cilient « médi­tants » et « mil­i­tants », qui explorent l’idée de ré-ensauvage­ment, de nou­velles manières de coex­is­ter avec les non-humains, d’habiter la Terre.


Lire aus­si : un extrait d’Une autre fin du monde est pos­si­ble


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Vivre selon les règles ?

Giuseppe SANTOLIQUIDO, Bel­giques – Rien ne vaut ce main­tenant, Ker, 2018, 135 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978–287586-234–1

Dans ses romans précédem­ment parus, Giuseppe San­toliq­ui­do mon­tre des indi­vidus pro­fondé­ment mar­qués par leurs orig­ines sociales, sou­vent mod­estes. Dans leur pro­jet de con­stru­ire leur vie, ils doivent essay­er de dépass­er ces con­di­tions pour ten­ter de réalis­er leurs rêves ou leurs ambi­tions.


Lire aus­si : G. San­toliq­ui­do, le regard sur l’autre (C.I. n° 193)


C’est tou­jours cette prob­lé­ma­tique cen­trale qui se retrou­ve dans ce recueil de trois longues nou­velles, dont la pre­mière qual­ité est la cohérence. Les mêmes ques­tions fon­da­men­tales se posent aux per­son­nages, mais les répons­es vari­ent. Et donc chaque nou­velle doit être lue en fonc­tion des autres. Con­tin­uer la lec­ture

Vous avez dit Belgique ?

Yves WELLENS, Bel­giques. Zones classées, Ker, 2018, 148 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑87586–238‑9

Le recueil de nou­velles d’Yves Wellens Zones classées, qui s’inscrit dans la col­lec­tion « Bel­giques » des édi­tions Ker, s’ouvre par une trou­blante intrigue autour d’une pho­togra­phie anci­enne : un por­trait de groupe, dont il se révèle qu’un per­son­nage a été effacé. « Une absence. Une dis­pari­tion. Quelqu’un. Quelqu’un était sor­ti du tableau ». Pourquoi ?… » (« Par la bande ») Con­tin­uer la lec­ture

L’autogestion de la vie affinée

Raoul VANEIGEM, Con­tri­bu­tion à l’émergence de ter­ri­toires libérés de l’emprise éta­tique et marchande. Réflex­ion sur l’autogestion de la vie quo­ti­di­enne, Bib­lio­thèque Rivages, 2018, 185 p., 15.90 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2‑7436–4536‑6

L’effondrement des valeurs anci­ennes – patri­ar­cat, autorité, dis­ci­pline mil­i­taire, célébra­tion du sac­ri­fice — a per­mis que se dégage de la nuit et du brouil­lard sus­cités par leur chute une revivis­cence de ces aspi­ra­tions humaines que les assauts de la bar­barie n’ont jamais entamées durable­ment : sol­i­dar­ité, entraide, alliance avec la nature, autonomie, gyno­cen­trisme. 

Voici un demi-siè­cle, le Traité du savoir-vivre à l’usage des jeunes généra­tions (Folio éd.) de Raoul Vaneigem en même temps que La société du spec­ta­cle (Folio éd.) de Guy Debord mar­quaient l’irruption fra­cas­sante du sit­u­a­tion­nisme dans la pen­sée con­tem­po­raine. À la fois rad­i­cales (ant­i­cap­i­tal­istes et anti­com­mu­nistes), pré­moni­toires (de Mai 68), banal­isées (et impuis­santes : la dénon­ci­a­tion de la « société du spec­ta­cle » est dev­enue un pon­cif de toute déc­la­ra­tion « cul­turelle », mais qu’un Jacques Ran­cière per­met de dépass­er), cri­tiquées (même par un Claude Lefort : « parade », « pas­sion du mot d’ordre », « logique de l’affect » égale à celle « du con­cept ») et pour­tant intactes, ces pub­li­ca­tions peu­vent-elles devenir un événe­ment pour une pen­sée (in)actuelle ? Con­tin­uer la lec­ture

L’Art et la manière de la célébration – un peu de beauté sur le monde

Gabriel RINGLET, La grâce des jours uniques. Éloge de la célébra­tion, Albin Michel, 2018, 220 p., 18€ / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑226–43747‑1

Le besoin de rit­uel est inscrit au cœur de l’humain, fût-ce sous la forme du café du matin, pré­paré au Bodum, au per­co­la­teur ou à l’italienne, servi long ou ser­ré, avec ou sans sucre, noir ou au lait, dans telle tasse, toutes choses que le lieu­tenant Estalère (dans les romans policiers de Fred Var­gas) con­naît sur le bout des doigts, com­pé­tence grâce à laque­lle il par­ticipe puis­sam­ment à la liturgie des réu­nions plénières de l’équipe du com­mis­saire Adams­berg.  Le rit­uel quo­ti­di­en, avec la suite et la fuite des jours, a été mag­nifié par Colette Nys-Mazure, dans son beau recueil Célébra­tion du quo­ti­di­en, pré­facé par Gabriel Ringlet.

Et puis, il y a les jours uniques dont la célébra­tion fait l’objet du nou­veau livre de Gabriel Ringlet. Con­tin­uer la lec­ture

L’Arche de Lalande

Françoise LALANDEBel­giques. Pas des anges, Ker, 2018, 82 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑87586–236‑5

La pub­li­ca­tion du « Bel­giques » con­fié par les édi­tions Ker à Françoise Lalande, et sous-titrée « Pas des anges » (même si ce titre n’apparaît pas sur la cou­ver­ture), s’inscrit dans une nou­velle col­lec­tion lancée par l’éditeur Xavier Van­vaeren­bergh, “Bel­giques” (et dirigée par Marc Bail­ly).

Sur le site de son « Vil­lage lit­téraire » (« KER » en bre­ton sig­ni­fie « vil­lage »), Xavier Van­vaeren­bergh évoque la spé­ci­ficité de ces « Bel­giques ». Cha­cun des recueils de nou­velles est con­fié à un auteur belge fran­coph­o­ne. Au fil des pre­mières livraisons d’auteurs (Engel, San­toliq­ui­do, Dartev­elle, Wellens, Baba) la col­lec­tion brosse « un por­trait en mosaïque de la Bel­gique. Des paysages, des ambiances, du folk­lore, des tra­di­tions, de la gas­tronomie, de la poli­tique, des langues… Tan­tôt humoris­tiques, tan­tôt doux-amers, cha­cun de ces tableaux impres­sion­nistes est le reflet d’une Bel­gique : celle de l’auteur. »

Les pre­miers titres con­stituent déjà un flo­rilège indis­pens­able de lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne, dans un genre lit­téraire, la nou­velle, qu’il con­tribue ain­si à pro­mou­voir. Con­tin­uer la lec­ture

Isabelle Wéry, comment dansent les poneys

Un coup de cœur du Carnet

Isabelle WÉRY, Poney flot­tant, ONLIT, 2018, 246 p., 18 € / ePub : 9 €, ISBN : 978–2‑87560–104‑9

Dans le vaste con­ti­nent des livres, raris­simes sont ceux qui créent un univers-lan­gage aux pou­voirs de déracin­e­ment. Se cabrant con­tre toutes les lim­ites, Poney flot­tant chavire la forme livre pour épouser des flux sauvages désta­bil­isant l’économie de l’écriture et, par­tant, de la lec­ture. Après Mar­i­lyn désossée (Mael­ström, couron­né par le Prix de la Lit­téra­ture de l’Union Européenne en 2013), l’écrivain, l’actrice et met­teuse en scène Isabelle Wéry nous livre un con­te qui tra­verse les bien­séances du dire, du penser, du jouir. Humour cor­rosif, grinçant, pul­sions en roue libre — fuck les lois de la famille, du socius —, l’héroïne Sweet­ie Horn, autrice à suc­cès qui se réveille d’un coma après avoir entre­pris le pre­mier marathon de sa vie à 70 bal­ais, nous livre l’épopée men­tale de son exis­tence. Sa voix nous parvient d’une région inter­mé­di­aire, entre les portes de ce qui est et les portes de la mort ; sa voix nous cat­a­pulte dans un mono­logue intérieur porté par une folle inven­tiv­ité ver­bale qui réper­cute des expéri­ences en marge. Texte-vor­tex qui déroule un flash-back stro­bo­scopique, Poney flot­tant plonge dans l’enfance de S. H. en Angleterre, les cara­coles dans l’inceste avec le grand-père gen­tle­man farmer, les ébats éro­tiques qui explosent le corps, les sens et le syn­drome poney qui affecte l’héroïne en proie à un arrêt de crois­sance. L’hormone de crois­sance fait la grève. Soumis à un essor lux­u­ri­ant, le verbe et l’imaginaire pren­dront le relais. Con­tin­uer la lec­ture

Patrick Delperdange et les sales types

Un coup de cœur du Carnet

Patrick DELPERDANGE, L’éternité n’est pas pour nous, Arènes, coll. « Equinox », 2018, 250 p., 15€ / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2‑35204–731‑5

Voilà un bon Delper­dan­ge comme on les aime : rugueux comme la cail­lasse qui vous explose la tempe, som­bre comme la nuit au fond des bois, vif comme une lame dans la chair. C’est qu’il fait mal à nou­veau, l’auteur de Si tous les dieux nous aban­don­nent, et que comme d’habitude, ça nous fait du bien. Un bien de chien. Con­tin­uer la lec­ture

La galaxie Dominique Rolin-Philippe Sollers

Dominique ROLIN, Let­tres à Philippe Sollers 1958–1980, éd. établie, présen­tée et annotée par Jean-Luc Out­ers, Gal­li­mard, 2018, 480 p., 24 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978–2‑07–279542‑8

Dans le sil­lage du pre­mier vol­ume Let­tres à Dominique Rolin 1958–1980 de Philippe Sollers (un vol­ume établi, présen­té et annoté par Frans De Haes, paru chez Gal­li­mard en 2017), sort le pre­mier tome des Let­tres de Dominique Rolin. Fait rare, voire unique dans le champ de la cor­re­spon­dance, les épis­toliers étant tous deux écrivains, les let­tres de l’un et de l’autre sont scindées et non croisées. Le choix édi­to­r­i­al est celui d’un dia­logue qui se fait entre les tomes et non au sein d’un même espace textuel. Œuvre sidérante, tout entière portée par la pas­sion absolue que nouèrent Philippe Sollers et Dominique Rolin jusqu’à la mort de celle-ci en 2012, cette con­stel­la­tion épis­to­laire offre une plongée sou­veraine dans un lien élec­tif, un amour d’exception. Du coup de dés mag­ique d’octobre 1958 (l’aimantation réciproque d’un jeune homme de vingt-deux ans ayant bous­culé le paysage lit­téraire avec Une curieuse soli­tude et d’une écrivaine de quar­ante-cinq ans) à leur com­plic­ité pas­sion­nelle qui tra­versera les décen­nies, leur aven­ture exis­ten­tielle, créa­trice est tout entière placée sous le signe de l’axiome des amants : un pacte indé­fectible entre deux êtres liés par une com­mu­nauté intérieure, de sang et d’encre. Amour de l’aimé/e, de l’écriture, de la magie de Venise, de l’île de Ré, du « Veineux » (l’appartement de Rolin), lab­o­ra­toire de deux œuvres qui se con­stru­isent sur des plans de com­po­si­tion dis­tincts, haute exi­gence dans l’invention des formes, échos des événe­ments his­tori­co-poli­tiques, ouver­ture à la Chine vue comme une ligne de fuite par rap­port à l’enlisement de l’Occident ryth­ment une cor­re­spon­dance unique dans la lit­téra­ture française. À l’invention soller­si­enne de struc­tures textuelles inédites répond chez D. Rolin la quête d’un rythme, d’un souf­fle pro­pre à chaque créa­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Lettres d’un siècle

Lucie TESNIÈRE, Madame, vous allez m’émouvoir : une famille française à tra­vers deux guer­res mon­di­ales, Flam­mar­i­on, 2018, 320 p.,19.90 €/ ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑08–143759‑3

Lucie Tesnière, Madame vous allez m'émouvoirRien d’étonnant à ce que l’on trou­ve men­tion sur le site offi­ciel français « Mis­sion cen­te­naire » du réc­it que Lucie Tes­nière con­sacre à la vie de sa famille à par­tir des let­tres de Paul Cabouat, son arrière-grand-père. Ce fut le point de départ de cette quête qui a poussé une femme d’aujourd’hui à « tout arrêter » à l’âge de trente-trois ans – à Brux­elles, elle s’occupait alors de faciliter le développe­ment des éner­gies durables au niveau européen – pour se lancer dans des recherch­es à tra­vers le siè­cle et à tra­vers la France. Con­tin­uer la lec­ture