Archives par étiquette : poésie

Les chimères d’un amour évanoui

Arnaud DELCORTE, Lente dérive de sa lumière, Arbre à paroles, 2022, 116 p., 14 €, ISBN : 9782874067150

delcorte lente derive de sa lumiereComme l’indique Éric Brog­ni­et dans Lec­ture silen­cieuse (édi­tions de l’Académie), La poésie est un art de l’instantané et du trans­fert, elle nous invite sans cesse à recadr­er notre rap­port à la réal­ité, à réin­ven­ter notre rela­tion au monde, à arpen­ter un écart défini­tif.

Cette vision de la poésie guidera utile­ment le lecteur du dernier recueil d’Arnaud Del­corte, dont le titre, poème en soi, Lente dérive de sa lumière, évoque d’emblée ce déplace­ment du regard, de la rêver­ie, de la pen­sée poé­tiques. Nathaniel Molam­ba, qui signe la pré­face de l’ouvrage, invite lui aus­si à la lec­ture à la fois sin­gulière et démul­ti­pliée : Plus que jamais il faut lire entre les lignes, et surtout regarder au tra­vers. Con­tin­uer la lec­ture

Fragments de silences intérieurs

Anne-Marielle WILWERTH, Vivre au plus près, Édi­tions du Cygne, 2022, 58 p., 10 €, ISBN : 9782849246931

wilwerth vivre au plus presVivre au plus près, nou­veau recueil poé­tique d’Anne-Marielle Wilw­erth paru aux édi­tions du Cygne, livre à ses lecteurs les nœuds d’une quête exis­ten­tielle faite d’intériorité, de silences, de recherche de dénue­ment, d’interstices et d’instantanés dans ce qui s’apparente à une con­science aigüe du temps qui passe. Il s’agit d’une poésie con­cise d’apparence sim­ple, mais le principe d’économie qui pré­side au choix du mot per­met le ray­on­nement et l’abondance de sig­ni­fi­ca­tions. C’est ain­si qu’émerge une dual­ité douce entre monde physique et méta­physique, principes de l’existence avec lesquels la poétesse nous invite à com­pos­er. Con­tin­uer la lec­ture

Deux poignées de poèmes

Pierre CORAN & Carl NORAC, Une sec­onde, papil­lon !, Rue du monde, coll. « Une poignée de poèmes », 2022, 36 p., 9,50 €, ISBN : 9782355046896
Françoise LISON-LEROY, Poèmes cueil­lis dans la forêt de vos yeux, Rue du monde, coll. « Une poignée de poèmes », 2022, 36 p., 9,50 €, ISBN : 9782355046902

coran et norac une seconde papillonDeux petits livres de poésie pour la jeunesse vien­nent de paraitre aux édi­tions Rue du monde. Le pre­mier, Une sec­onde, papil­lon !, est écrit à qua­tre mains par deux poètes de la même famille, Pierre Coran et son fils Carl Norac. C’est un événe­ment, puisqu’il s’agit pour eux d’une pre­mière expéri­ence col­lec­tive d’écriture partagée. Habités par une inspi­ra­tion com­mune, ils captent la poésie dans chaque instant de la vie véri­ta­ble et essen­tielle. Puis­sam­ment posi­tifs, les poèmes évo­quent le temps qui passe, le hasard, la réal­ité, l’enfance, le rêve. Au fil des pages, s’écrit un dia­logue unique et poé­tique entre un père et son fils, une trans­mis­sion de ce qu’il faut regarder inten­sé­ment et rêveuse­ment pour appréhen­der le vis­i­ble : Con­tin­uer la lec­ture

Parlons-en de la vie !

Mar­celle PÂQUES, Le cœur en balade, Bleu d’encre, 2022, 50 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–45‑1

paques le coeur en balade« Secré­taire, dans une autre vie. Retraitée, elle peut désor­mais don­ner libre cours à sa fan­taisie » racon­te l’excipit titré Mar­celle Pâques, dans ce nou­veau livret chez Bleu d’encre.  « Femme ordi­naire. Vie ordi­naire en apparence, car l’extraordinaire est là dans le quo­ti­di­en », lit-on ensuite pour expli­quer les trente-trois textes courts qui précè­dent et for­ment un bloc-notes de réflex­ions et sen­ti­ments. La généreuse pré­face d’Éric Allard saisit bien l’intention de l’auteure : L’art de la joie. Sur la cou­ver­ture, au-dessus de l’illustration enfan­tine par Cather­ine Han­necart d’une semeuse de coqueli­cots : Le cœur en balade. Con­tin­uer la lec­ture

Pour peindre le portrait d’une poète-oiseau…

Patrick DEVAUX et Mar­tine ROUHART, Mou­vances de plumes, Ill. de Cather­ine Berael, Pré­face de Anne-Marielle Wilw­erth, Coudri­er, 2022, 52 p., 16 €, ISBN 978–239052-032–0

devaux rouhart mouvances de plumesDans l’ « avant-lire » qui ouvre le recueil paru aux édi­tions Le Coudri­er, Anne-Marielle Wilw­erth cite oppor­tuné­ment Chateaubriand : Les poètes sont des oiseaux : tout bruit les fait chanter. Les (trop rares) illus­tra­tions de Cather­ine Berael nous don­nent à voir de ces oiseaux quelques cray­on­nés, de rouge et de noir, com­posés dans ces atti­tudes qui sont famil­ières et que cer­tains poèmes évo­quent.

Patrick Devaux et Mar­tine Rouhart déposent dans ce vol­ume allè­gre et heureux, feuille à feuille, des poèmes com­posés à qua­tre mains. Qua­tre mains enlacées, com­plices, sol­idaires de l’émotion poé­tiques : elles ne sont pas iden­ti­fiées. Au lecteur de ten­ter le jeu d’attribuer à l’une ou à l’autre telle ou telle ful­gu­rance, telle ou telle image ver­bale, telle ou telle évo­ca­tion. Il lui fau­dra beau­coup de famil­iar­ité avec l’œuvre de l’un, Patrick Devaux et de l’autre, Mar­tine Rouhart, pour redis­tribuer les cartes et sign­er d’un seul nom l’une ou l’autre de ces mou­vances. On aimerait savoir com­ment les affinités com­plices  ont orchestré les papiers / aux regards / d’encre. Con­tin­uer la lec­ture

Fleurs de serre

Pierre CORAN, Mosaïques pour le jour qui vient, Arbre à paroles, 2022, 86 p., 12 €, ISBN : 9782874067143

coran mosaiques pour le jour qui vientLa ten­ta­tion est grande, lorsqu’il s’agit de Pierre Coran, d’en appel­er aux chiffres et de mesur­er avec céré­monie la longévité et l’envergure d’une car­rière poé­tique exem­plaire. Cette politesse son­nerait pour­tant faux, face à une œuvre dont il sem­ble que cha­cun des romans ou recueils soit écrit comme un pre­mier livre. Cette primeur soigneuse­ment entretenue, lud­isme d’Inimag­i­naire ou de Jaf­fab­ules, esprit d’enfance des Aven­tures des Pièces-à-Trou, investit chaque nou­velle pub­li­ca­tion d’une exi­gence secrète de sim­plic­ité et d’émerveillement. Les rêver­ies, paysages et tra­ver­sées de Mosaïques pour le jour qui vient se mon­trent pos­i­tive­ment à la hau­teur de cette exi­gence. Con­tin­uer la lec­ture

De l’amitié, sa belle tessiture…

Philippe COLMANT et Philippe LEUCKX, Frères de mots, Coudri­er, 2022, 90 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–030‑6

colmant leuckx freres de motsPhilippe Col­mant  et Philippe Leuckx se sont rejoints dans un vol­ume écrit à qua­tre mains, orné de pho­togra­phies en noir et blanc. Le titre Frères de mots se jus­ti­fie d’emblée : rien n’indique auquel des deux Philippe attribuer tel ou tel poème. L’auteur des pho­togra­phies, paysages de forêts et chemins de cam­pagne enneigés, n’est pas davan­tage iden­ti­fié dans ce recueil paru aux Édi­tions Le Coudri­er.  C’est bien d’un entrelace­ment délibéré qu’il s’agit pour ces deux poètes, exclu­ant que l’un se pré­vale d’une image fût-elle styl­is­tique ou argen­tique.

Chaque poème donne à cette com­plic­ité un éclairage frater­nel, d’autant plus intense que l’un et l’autre se retrou­vent dans chaque mot déposé dont ils se dépos­sè­dent. Y a‑t-il échange plus pro­fond que celui-ci, entre deux artistes, mêlant leur encre, ren­dant de l’amitié/ sa belle tes­si­ture ?  Chaque page du recueil évoque avec une puis­sance que Mon­taigne – dont on sait les pages inou­bli­ables que lui inspi­ra la mort de son ami La Boétie —  ne récuserait pas, la force de l’amitié qui irradie de ces Frères de mots. Cette ami­tié sans laque­lle semer le ciel/ reste hors de portée est déclinée en qua­tre-vingts vari­a­tions évo­quant le partage (partager la sente/et la mie du poème), la fidél­ité (de la main qui offre / tu sais cette sève / du don qui fait grandir) la com­mu­nauté de la poésie (Et nos rimes fleuris­sent / Dans le vase de la vie), le silence bien­venu (Les portes béent / sur les mots / pleins de nos silences). Con­tin­uer la lec­ture

Un tonnerre textuel

Con­stance CHLORE, Le mot Orage, Herbe qui trem­ble, 2022, 86 p., 16 €, ISBN : 978–2‑491462–34‑5

chlore le mot orage« UN JOUR LE MOT ORAGE S’EST DÉCHAÎNÉ »

Dans la con­ti­nu­ité de son recueil L’air res­pi­rait comme un ani­mal, dans lequel la four­rure de l’air envelop­pait la plus exacte ani­mal­ité, Con­stance Chlore pour­suit dans Le mot Orage, à l’instar des nuages, le « dépliement d’ailes » de sa langue en lou­voy­ant encore entre logos et phoné. Dans ce « livre-poèmes », l’infini(tésimal) tutoie le ver­tige et donne corps au « je » : « Ce qui s’ouvre : les champs de ma vie présente ». C’est le vivant qui est célébré, zébré d’éclairs. Con­tin­uer la lec­ture

Recoudre le corps du vivant…

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cal LECLERCQ, Dans un pays pour­tant phénomé­nal, dessins de Ben­jamin Mon­ti, Herbe qui trem­ble, coll. “D’autre part”, 2022, 88 p., 13 €, ISBN : 9782491462406

leclercq dans un pays pourtant phenomenalSi nous suiv­ons avec atten­tion, depuis plusieurs années, la pro­duc­tion de Pas­cal Lecler­cq, c’est sans doute dans l’attente du plaisir de retrou­ver, à chaque nou­velle paru­tion, une musique bien per­son­nelle. Même s’il reste dis­cret, l’auteur pour­suit à tra­vers ses dif­férentes activ­ités de tra­duc­teur, de cri­tique, de romanci­er ou d’animateur de la revue Bous­tro une œuvre cohérente et exigeante. Avec ce dernier recueil de textes en prose, Dans un pays pour­tant phénomé­nal, il con­solide un peu plus encore son archi­tec­ture intime. Depuis une quin­zaine d’années déjà, l’auteur affine ses posi­tions, creuse tou­jours plus pro­fond le sil­lon de ses obses­sions, de ses inter­ro­ga­tions. Dans ces sept par­ties com­posées cha­cune de sept textes courts, l’écorce des nar­ra­teurs ne cesse de se fis­sur­er au con­tact d’un monde qui court tou­jours plus vite. Un monde à bout de souf­fle et sou­vent bur­lesque mais dont l’accélération inévitable imprime sur les corps d’insignes cica­tri­ces. Blessures indélé­biles que le poète tente de recoudre vaille que vaille même s’il pressent que l’opération restera vaine. Con­tin­uer la lec­ture

La visibilité est bonne

Un coup de cœur du Car­net

Karel LOGIST, Tout est loin, L’herbe qui trem­ble, coll. « D’autre part », 2022, 120 p., 16 €, ISBN : 978–2‑491462–39‑0

logist tout est loinTout est loin : voilà bien une logis­ti­sa­tion, une karel­logis­terie – un flou entretenu qui a du charme. Car rien n’est plus vrai et rien n’est moins faux quand le sen­ti­ment de prox­im­ité nous saisit à chaque poème, ren­ver­sant le titre du recueil, mali­cieuse­ment. Avec une sim­plic­ité d’ap­parence, Karel Logist sait com­ment dessin­er les con­tours du trou­ble en nous rap­prochant par le poème des paysages humains.

Se sai­sis­sant des mots de tous les jours, le poète esquisse ici les malen­ten­dus de l’ex­is­tence. « Je ne trou­verai point / de meilleurs com­pagnons / pour chanter mes saisons / ou dire mes cha­grins », écrit-il. De fait : Con­tin­uer la lec­ture

Le fiEstival, 16e édition, du 26 au 29 mai

fiestival 2022

Le fiEs­ti­val, grand événe­ment poé­tique et mul­ti­dis­ci­plinaire organ­isé par les édi­tions Mael­ström, revient pour une 16e édi­tion, du 26 au 29 mai 2022. Il s’in­scrit dans le cycle des “Chants de la tran­si­tion”, et la thé­ma­tique de cette année sera plus par­ti­c­ulière­ment “La mai­son”.  Con­tin­uer la lec­ture

Des mots qui déjouent

Marc DUGARDIN, Antoine DUGARDIN, Psaume, pas­sant, Chat polaire, 2022, 82 p., 12 €, ISBN : 978–2‑931028–19‑3

dugardin psaume passant 2Marc Dugardin, avec la com­plic­ité de son fils à la pho­togra­phie – Antoine Dugardin – ouvre une fenêtre sur l’activité d’écriture par l’intermédiaire d’un Psaume, pas­sant pub­lié aux édi­tions du Chat polaire. Ouvrage étrange qui se veut prière, Psaume, pas­sant ne s’adresse pour­tant à aucun dieu, comme un appel lancé dans un vide méta­physique. Emprun­tant sa mélodie à la poésie et la nar­ra­tion d’un « je » vivant, pen­sant, écrivant au genre du réc­it, Marc Dugardin per­met ici « l’irruption du monde dans le corps du texte ». Con­tin­uer la lec­ture

Périple d’une Grande rêveuse

Sophie CAIRONI, Petite femme, Cot­cot­cot, 2022, 52 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930941–38‑7

caironi petite femmeSophie Caironi nous emmène dans la quête d’éveil de Petite femme. Alors qu’elle ne s’était pas encore con­fron­tée au monde, puisqu’elle sort de chez elle pour la pre­mière fois, elle ren­con­tre tour à tour les vents qui la por­tent, la mon­tagne qu’elle fran­chit… Courageuse, elle dia­logue avec les élé­ments et décide de par­tir en quête de son rêve.

Petite femme quitte sa mai­son pour la pre­mière fois, c’en est fini d’attendre les choses. Nous com­prenons dès la pre­mière page que nous aurons affaire non pas à une petite femme, mais à une grande rêveuse ! Ou, finale­ment, pas une grande rêveuse, mais une courageuse aven­turière qui fait de l’éphémère une quête. Petite femme se révèle d’une grandeur et d’une pro­fondeur immense à mesure qu’elle côtoie les élé­ments qui la por­tent vers son rêve. Con­tin­uer la lec­ture

Poésies chemin faisant

Un coup de cœur du Car­net

Carl NORAC, aNNe HERBAUTS, Petits poèmes pour y aller, Pas­tel, 2022, 132 p., 18 €, ISBN : 9782211316842

norac herbauts petits poemes pour y allerÀ ma gauche, Carl Norac, qui fut notre poète nation­al jusqu’il y a peu, qui s’adresse tant aux enfants qu’aux adultes et arpente les plages ostendais­es. À ma droite, aNNe herbauts, illus­tra­trice brux­el­loise vivant en lisière de forêt et récente lau­réate du Prix tri­en­nal de lit­téra­ture jeunesse de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Lorsque ces deux auteurs, qui ont cha­cun der­rière (et devant) eux une œuvre aus­si sin­gulière que réjouis­sante, se réu­nis­sent le temps d’un livre, cela donne un recueil de poèmes mali­cieux et déli­cat. Con­tin­uer la lec­ture

Chant d’amour au prince charmant

Dominique PENEZ, Ode à l’amant imag­i­naire, Bleu d’encre, 2021, 42 p., 10 €, ISBN : 978–2‑930725–43‑7

penez ode a l amant imaginaireAvec ses poèmes lancés vers les nuages, Dominique Penez livre chez Bleu d’encre son rêve le plus authen­tique et orig­inel, inas­sou­vi, insai­siss­able.

Dites-moi
            que c’est pos­si­ble

La poésie est un espace d’enchantement où cha­cun peut pren­dre ses désirs pour des réal­ités ; telle est l’œuvre mer­veilleuse du livre qui matéri­alise cela. Ain­si, l’autrice s’en donne à cœur et corps joie, aug­men­tant son lyrisme par degrés réso­lus, curieuse de ten­dre, non, assoif­fée de touch­er à l’infini, grim­pant en courant les bar­reaux d’une échelle sans fin, qui ne repose sur rien, ni aux pieds ni au som­met, sinon sur l’air ; à la fois l’oxygène et la mélodie du sep­tième ciel. L’Ode à l’amant imag­i­naire est cet immor­tel chant d’amour au prince char­mant. Con­tin­uer la lec­ture

Vers l’ordre du poète

Pierre GILMAN, Où le poème, Tail­lis pré, 2022, 114 p., 15 €, ISBN : 9782874501906

gilman ou le poemePierre Gilman est né et a vécu à Liège, où il nous a quit­tés en octo­bre 2021 à l’âge de 72 ans. Il s’était dis­tin­gué aux yeux de Willy Bal, Roger Foulon et Yves Namur lors de la pub­li­ca­tion en 2006 de son pre­mier recueil, Dans la serre poé­tique (L’Âge d’homme), récom­pen­sé par les trois mem­bres du jury du prix Nicole Hous­sa de l’Académie. Ceux-ci soulig­naient un « pre­mier recueil de haut vol », une « révéla­tion pour tout ama­teur de poésie ». Un sec­ond recueil, Presque bleu, est paru au Fram en 2010, et c’est aux bons soins d’Yves Namur que furent con­fiés les textes d’Où le poème, troisième vol­ume tout récem­ment paru au Tail­lis Pré — hélas à titre posthume. Il est par con­séquent par­ti­c­ulière­ment touchant de le voir s’ouvrir sur une dis­pari­tion : Con­tin­uer la lec­ture