Archives par étiquette : philosophie

Le mal comme absence d’empathie

François DE SMET, Han­nah Arendt ou le mal comme absence de pen­sée, Midis de la Poésie, 2021, 42 p., 8 €, ISBN : 978–2‑931054–04‑8

de smet hannah arendtIl est courant d’entendre que depuis Pla­ton, la philoso­phie occi­den­tale n’ajoute que des notes de bas de page à ses dia­logues socra­tiques. Du moins jusqu’à la Shoah. Alors, la pen­sée est dev­enue plus que ver­tig­ineuse : il ne s’agit plus de pren­dre con­science de la mort à un degré humain et/ou divin, mais d’appréhender la fin de l’humanité à un niveau com­mun, proche ou loin­tain. Soit dans son ensem­ble à tout moment atom­ique, cli­ma­tique, soit dans son esprit-même : que reste-t-il d’âme, d’espérance, de poésie, bref d’humain dans le cœur de l’humanité depuis la Shoah ? Con­tin­uer la lec­ture →

Pour en commencer avec le devenir…

Lau­rent DE SUTTER, Pour en finir avec soi-même (Propo­si­tions, 1), Press­es uni­ver­si­taires de France, coll. « Per­spec­tives cri­tiques », 2021, 214 p., 16 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782130827009

de sutter pour en finir avec soi-mêmeCe n’est peut-être pas tout le monde pareil, ou peut-être que si, mais nous avons sou­vent l’impression de vivre arrimés, assu­jet­tis, immo­bil­isés, assignés à une iden­tité. Oblig­és d’être soi. Impres­sion ? Réal­ité ? Que faire ? Pour dépass­er cet état, détecter, affron­ter les éventuelles chaînes, camisoles, injonc­tions, certain·e·s pensent que la force est en eux, dans les ouvrages de développe­ment per­son­nel ; d’autres, plus sage­ment et plus aven­tureuse­ment, préfèrent se plonger dans des œuvres éman­ci­patri­ces, comme celle de Lau­rent de Sut­ter, par exem­ple. Con­tin­uer la lec­ture →

Laurent de Sutter, lutteur de fond

Lau­rent DE SUTTER, Hors la loi, Théorie de l’anarchie juridique, Les liens qui libèrent, 2021, 112 p., 12 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 9791020909657

de sutter hors la loiIl y a, au min­i­mum, deux façons d’aborder le dernier essai de Lau­rent de Sut­ter. La pre­mière con­sis­terait à situer Hors la loi (remar­quer d’emblée l’absence de traits d’union…) dans le sil­lage de Mag­ic, Théorie du kamikaze, L’âge de l’anesthésie, Après la loi, bref des nom­breux titres qui jalon­nent sa patiente réé­val­u­a­tion cri­tique d’une « post-post-moder­nité » qui n’en finit pas. Mais on peut aus­si l’approcher comme une réflex­ion ten­ant d’un bloc, dans sa dimen­sion avouée dès les pre­mières lignes de piège. On l’examine alors comme l’un de ces casse-tête, faits d’une cordelette à nœud marin, d’un écrou et de deux riv­ets de bois ; de cette sim­plic­ité élé­men­taire dont on sait que, à peine y aura-t-on porté les doigts, l’intrication com­plexe s’en révélera. Con­tin­uer la lec­ture →

Les mots pour le pire

Gil BARTHOLEYNS, Le hante­ment du monde. Zoonoses et pathocène, Dehors, 2021, 120 p., 13 €, ISBN : 978–2‑3675–1028‑6

bartholeyns le hantement du mondeLes pho­tos qui intro­duisent le livre don­nent un ton très clair : per­cée d’une voie fer­rovi­aire en pleine forêt, engin pul­vérisant de l’astrazine sur un champ, parcs à bes­ti­aux pour abat­toir, éle­vage fer­mé de poulets et une ahuris­sante colline de crânes et d’ossements de bisons. Le hante­ment du monde est celui des mil­liards de cadavres de vies ani­males que nous lais­sons der­rière nous, tâche que nous pour­suiv­ons sans inter­mit­tence aux fonde­ments de notre vie quo­ti­di­enne. Con­tin­uer la lec­ture →

Magritte et Badir

Sémir BADIR, Magritte et les philosophes, Impres­sions nou­velles, 2021, 172 p., 16 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 9782874498749

badir magritte et les philosophesVoici, à pro­pos de l’œuvre déjà large­ment étudiée de Magritte, un livre aus­si orig­i­nal qu’informé, la con­jonc­tion des deux n’allant pas de soi. Son orig­i­nal­ité tient à ce qu’il mène à bien l’analyse et l’interprétation, issues d’une enquête com­plète, de la « pen­sée en images » du pein­tre. L’information tient à ce qu’il s’appuie non seule­ment sur l’ensemble des tableaux de Magritte, mais tout autant de ses écrits et de ses let­tres. Il mon­tre de sur­croît une con­nais­sance des prin­ci­paux com­men­taires déjà pub­liés[1]. Et il témoigne enfin d’un large savoir philosophique et sémi­ologique. Con­tin­uer la lec­ture →

« Minéral, végétal, animal, digital ! »

Luc DE BRABANDERE, Petite philoso­phie des argu­ments fal­lac­i­eux, Eyrolles, 2020, 165 p., 14 € / ePub : 9.99 €„ ISBN : 978–2‑416–00095‑9

de brabandere petite philosophie des arguments fallacieuxPour son dix-huitième ouvrage, l’exceptionnel vul­gar­isa­teur Luc de Bra­ban­dere s’en prend aux « idées tox­iques ». Auteur d’un plan inter­ac­t­if inti­t­ulé Les Philosophes dans le métro, à par­tir duquel il est pos­si­ble d’entrer en philoso­phie sans aucune chance d’en sor­tir (c’est le but), il n’en est pas à son coup d’essai ni à sa pre­mière inven­tion au ser­vice de la pen­sée. Celle-ci se décor­tique dans tous ses écrits et l’auteur reste grand apôtre de la bonne parole cri­tique, aug­men­tant ici d’un nou­veau titre, Petite philoso­phie des argu­ments fal­lac­i­eux, sa par­tic­i­pa­tion aux édi­tions Eyrolles, bien con­nues pour leur cen­tra­tion péd­a­gogique. Con­tin­uer la lec­ture →

Sagesse de la progression en spirale ?

Pas­cal CHABOT, Avoir le temps. Essai de chronoso­phie, PUF, 2021, 209 p., 17 € / ePub : 13.99€, ISBN : 978–2‑13–082534‑0

chabot avoir le temps essai de chronosophieSi la philoso­phie, depuis l’étonnement, s’exerce dans la ques­tion­nement rad­i­cal, aucune ques­tion, out­re celle du « pourquoi y a‑t-il quelque chose plutôt que rien ? », n’est plus rad­i­cale que celle du temps. Et si la plu­part d’entre nous ne se la pose pas, c’est bien sûr que le temps est un prob­lème sans solu­tion, ce qu’on appelle les apor­ies du temps (est-il linéaire ou cir­cu­laire, cos­mologique ou biologique, col­lec­tif ou indi­vidu­el, immo­bile ou changeant, etc.). Il en ressort que le temps n’est pas un prob­lème qui appelle une solu­tion, mais une ques­tion ouverte qui ne se résout pas, mais se médite. Con­tin­uer la lec­ture →

Des vertus d’une expérience fondatrice

Anne STAQUET, Les effacés, M.E.O., 2021, 73 p., 10 €, ISBN : 9782807002548

staquet les effacesPro­fesseure de philoso­phie à l’Université de Mons, Anne Sta­quet nous donne à lire un texte com­pos­ite mêlant expéri­ences per­son­nelles, analy­ses de sit­u­a­tions et réflex­ions philosophiques sur son rôle de bénév­ole dans un home pour per­son­nes âgées durant le pre­mier con­fine­ment dû à la crise de la Covid 19. Con­tin­uer la lec­ture →

L’art de faire philosopher les enfants

Char­ly DELWART, Camille de CUSSAC, Tu crois quoi ?, Mar­cel et Joachim, 2020, 76 p., 14 €, ISBN : 979–10-92304–79‑4

charly delwart camille de cussac tu crois quoiTu crois quoi ? demande Char­ly Del­wart à ses lecteurs. Plus habitué à s’adresser aux adultes, l’écrivain et scé­nar­iste belge, à qui l’on doit L’homme de pro­fil même de face (Seuil, 2010), Citoyen Park (Seuil, 2012) et l’étonnant Data­bi­ogra­phie (Flam­mar­i­on, 2019), sort son troisième album jeunesse aux édi­tions Mar­cel et Joachim. Il sem­blerait qu’il aime pos­er des ques­tions aux enfants : en effet, les précé­dents ouvrages s’intitulaient Mais ils sont où ? et Tu préfères quoi ? Et comme dans ceux-ci, l’interrogation est util­isée comme ressort ludique. Con­tin­uer la lec­ture →

Vinciane Despret : récits de rencontres, de transformations entre humains et animaux

Vin­ciane DESPRET, Quand le loup habit­era avec l’agneau, Nou­velle édi­tion aug­men­tée, Empêcheurs de penser en rond, 2020, 325 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑35925–182‑1

Dans cette nou­velle édi­tion aug­men­tée de Quand le loup habit­era avec l’agneau, Vin­ciane Despret inter­roge les trans­for­ma­tions mutuelles pro­duites par les ren­con­tres entre les pri­mates, les per­ro­quets, les cor­beaux, le monde ani­mal et les étho­logues, les pri­ma­to­logues. Les réc­its portés sur les ani­maux ont changé au cours des dernières années. Alors que des préjugés, des a pri­ori enfer­maient les mou­tons dans l’image d’êtres dociles, mou­ton­niers, on leur a décou­vert une intel­li­gence sociale élaborée. Plaidant pour la con­ti­nu­ité des formes du vivant, des pri­mates aux humains, Dar­win a cher­ché des can­di­dats pri­mates témoignant de notre orig­ine. Un des can­di­dats, com­pat­i­bles avec la théorie de l’évolution et de la sélec­tion naturelle fut le babouin. Enrôlé dans un pro­to­cole devant nous aider à com­pren­dre notre orig­ine, le babouin mâle a peu à peu été perçu comme belliqueux, com­péti­tif, dom­i­nant. Or, des nat­u­ral­istes ont par la suite mon­tré que, loin d’être pris dans des liens de com­péti­tion, les babouins mâles s’intégraient dans une société vertébrée par l’amitié avec les femelles. Con­tin­uer la lec­ture →

Burroughs. Pour en finir avec les shits

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rent DE SUTTER, John­sons & Shits. Notes sur la pen­sée poli­tique de William S. Bur­roughs, Léo Scheer, 2020, 96 p., 15 €, ISBN :  9782756113227

« Hé mec, vous tenez là un grand livre, un livre dément. Une bombe ». Voilà ce que William S. Bur­roughs s’exclamerait s’il éprou­vait l’envie de quit­ter le monde des morts pour faire un tour dans le marécage du 21e siè­cle. À coup sûr, la qual­ité des sub­stances psy­chotropes le décevrait mais l’essai de Lau­rent de Sut­ter John­sons & Shits. Notes sur la pen­sée poli­tique de William S. Bur­roughs qu’un deal­er de Brux­elles lui fourni­rait en bonus l’exalterait. Si  Bur­roughs est con­nu et recon­nu comme écrivain majeur de la Beat Gen­er­a­tion (Le fes­tin nu, Les garçons sauvages, La machine molle, Junky, Queer, Nova Express…), la vision du monde qu’il élab­o­ra dans ses essais et con­férences n’a pas fait l’objet de nom­breuses recherch­es. C’est au cœur des obser­va­tions bur­rough­si­ennes sur le monde, sur la pen­sée, les tech­niques de con­trôle que Lau­rent de Sut­ter nous plonge, nous dotant d’une arme con­ceptuelle fab­uleuse pour penser et agir sur le présent. Con­tin­uer la lec­ture →

L’éthique de Spinoza

Pierre ANSAY, Le cœur de Spin­oza : vivre sans haine, Couleur livres, 2020, 320 p., 19 €, ISBN : 978–2‑87003–902‑1

Philosophe, auteur d’ouvrages sur Spin­oza (Nos devenirs spin­oziens, frater­nels et anar­chistes, Spin­oza au ras de nos pâquerettes), sur Deleuze (36 out­ils con­ceptuels de Gilles Deleuze pour mieux com­pren­dre le monde et agir en lui), co-auteur de Penser la ville avec R. Schoonbrodt, Pierre Ansay livre un essai qui, dépli­ant la ques­tion des affects, de la physique des pas­sions, de la gou­ver­nance de soi dans la philoso­phie de Spin­oza, pro­duit une lec­ture per­for­ma­tive de l’auteur de L’Éthique. Que pro­duit sur nous, lecteurs, le pan­théisme spin­oziste ? Quelle boîte à out­ils nous lègue-t-il afin de bien vivre avec nous-mêmes et les autres ? Com­ment fréquenter son œuvre nous per­met-il de nous ori­en­ter dans la vie ? Con­tin­uer la lec­ture →

Du déjà vu à l’inconnu, du déjà dit à l’inouï : les exigences roboratives d’Éric Clémens

Un coup de cœur du Car­net

Éric CLÉMENS, TeXTes, 1970–2019, antholo­gie com­posée par Dominique Coster­mans et Chris­t­ian Pri­gent, CEP, 2020, 15 €, ISBN : 978–2‑39007–054‑2

Éric CLÉMENS, Le fic­tion­nel et le fic­tif, Essai sur le réel et sur les mon­des, CEP, 2020, 15 €, ISBN : 978–2‑39007–053‑5

Non, Éric Clé­mens ne passera prob­a­ble­ment jamais à la télé au jour­nal de 20 heures ou dans l’arène des émis­sions polémiques. C’est qu’        Éric Clé­mens n’a que faire d’être un “faiseur d’opin­ions”. C’est qu’Éric Clé­mens est un penseur/philosophe/poète exigeant et pour lui-même et pour ses lecteurs/lectrices. Cela dure depuis 50 ans. Et c’est tant mieux : lire Clé­mens, le suiv­re au fil du temps, c’est entr­er dans une pen­sée qui ne cesse de renaître, de revenir sur ce qui la fonde, l’a fondée, dès la fin des années 1960. Pen­sée itinéraire, reprenant, se dévelop­pant à l’in­fi­ni, prenant des tours inat­ten­dus, se con­frontant pas­sion­né­ment au poli­tique, philosophe, sci­en­tifique, lit­téraire, ciné­ma­tique, artis­tique, psy­ch­an­a­ly­tique, éthique, phénoménologique, etc. À l’o­rig­ine de cet itinéraire ? Le goût de Clé­mens pour la langue et les lan­gages. Le plaisir qu’il y a à écrire. À rou­vrir les chantiers abor­dés dans les livres précé­dents. Con­tin­uer la lec­ture →

Sur Greta Thunberg et l’archéologie des épidémies

Lau­rent DE SUTTER, Let­tre à Gre­ta Thun­berg. Pour en finir avec le XXème siè­cle, Seuil, coll. « Anthro­pocène », 2020, 96 p., 9,90€, ISBN : 978–2‑02–145828‑2

Lau­rent DE SUTTER, Chang­er le monde, Obser­va­toire, coll. « Et après ?», #11, 2020, 38 p., ePub : 1.99 €, ISBN : 979–1‑03–291581‑3

Ô com­bi­en rob­o­rat­ifs en cette époque obtuse s’avèrent les deux derniers essais de Lau­rent de Sut­ter, Let­tre à Gre­ta Thun­berg. Pour en finir avec le XXème siè­cle et Chang­er le monde.  

Sa per­cu­tante let­tre à Gre­ta Thun­berg mon­tre com­bi­en la jeune femme a réveil­lé nos con­sciences endormies, pointé notre déni, sec­oué notre inac­tion. Par son sur­gisse­ment inat­ten­du, inso­lite dans l’espace pub­lic, elle a intro­duit une nou­velle dif­férence là où rég­nait une crim­inelle indif­férence. Lau­rent de Sut­ter inter­roge la mobil­i­sa­tion plané­taire sans précé­dent que Gre­ta Thun­berg a soulevée et la lev­ée de boucliers qu’elle a sus­citée de la part des éco­cidaires et des plan­qués, com­plices du sys­tème d’extermination du vivant. Elle a fait bouger les lignes en aler­tant sur l’urgence cli­ma­tique, l’urgence à sauver les formes du vivant habi­tant cette Terre. Pour l’auteur, la force de ral­liement, la sin­gu­lar­ité de son engage­ment  vien­nent de ce qu’elle a délais­sé la con­nais­sance (qui, lais­sant tout en place, est com­plice de la dévas­ta­tion écologique) au prof­it du savoir (savoir-pra­tique au sens de praxis). Quelques salves bien décochées visent la cul­ture d’hyperlettrés accrochés à leur trône, ceux-là mêmes qui ont con­spué Gre­ta Thun­berg pour avoir trans­gressé les règles des dis­cours accept­a­bles, c’est-à-dire la police de la pen­sée. Or, elle est un hapax dans l’ordre dis­cur­sif. On ajoutera que, sou­vent, les hyper­let­trés sont, comme les sous-let­trés tech­ni­ciens, des anal­phabètes de la vie. G. Thun­berg se place sur le plan de la vie (mise à mort, malade, assas­s­inée) et non sur celui des dis­cours, de l’empire de la con­nais­sance. Con­tin­uer la lec­ture →

Isabelle Stengers et la création de possibles

Un coup de cœur du Car­net

Isabelle STENGERS, Réac­tiv­er le sens com­mun. Lec­ture de White­head en temps de débâ­cle, Décou­verte / Empêcheurs de penser en rond, 2020, 202 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782359251685

L’attention à l’aventure des idées et des actes qu’elles enga­gent ques­tionne l’articulation intime entre pen­sée et vie, dou­ble expres­sion d’un même plan. Pen­sant avec et depuis White­head, Réac­tiv­er le sens com­mun remet en chantier, réa­gence l’essai White­head et les rumi­na­tions du sens com­mun (Les Press­es du réel, 2017) au sens où il le fait bégay­er et le relance. Là où White­head car­ac­téri­sait la civil­i­sa­tion mod­erne par son déclin, nous vivons sa débâ­cle. Nous sommes à un point de bifur­ca­tion : rien ne nous dit si nous allons pou­voir civilis­er la moder­nité ou si nous nous enga­geons dans sa pure débâ­cle. Un des noms majeurs que White­head don­na à ce déclin est bifur­ca­tion de la nature, à savoir la sépa­ra­tion entre qual­ités objec­tives et qual­ités sub­jec­tives. Une sépa­ra­tion qui a signé la défaite du sens com­mun.


Lire aus­si : Isabelle Stengers. Philoso­phie activiste, réc­its spécu­lat­ifs et ouver­ture des pos­si­bles (C.I. n° 198)


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Faire sauter les digues de la raison pure

Olivi­er & Quentin SMOLDERS, Démons et mer­veilles. Cri­tique de la rai­son pure, CFC, 2019, 192 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87572–051‑1

À l’occasion de l’exposition Démons et mer­veilles qui se tient au Cen­tre Wal­lonie-Brux­elles, paraît  l’ouvrage éponyme pub­lié par CFC Edi­tions. Cette plongée dans les créa­tions filmiques, graphiques, textuelles d’Olivier et Quentin Smol­ders dévoile la com­plic­ité qui relie les deux frères. Une com­plic­ité née dans l’enfance, qui se traduit par une fas­ci­na­tion com­mune pour le mar­gin­al, le refoulé, l’insolite, l’inquiétante étrangeté. Con­tin­uer la lec­ture →