Un coup de coeur du Carnet
Laurent DEMOULIN, Robinson, Gallimard, 2016, 230 p., 19.50 €/ePub : 13.99 € ISBN : 9782070179985

Lui-même père d’un enfant autiste, Laurent Demoulin s’est assigné le défi de consigner les épisodes de la vie d’un homme avec son fils atteint de ce trouble, Robinson, et il nous livre un texte étonnant, ni roman, ni récit, ni témoignage, mais d’une force littéraire indéniable qui, transgressant les genres, nous offre une lecture insolite et intense. Continuer la lecture
Barbara Abel s’est fait un nom dans le monde très prisé des auteurs de polars où elle poursuit son chemin depuis la parution de L’instinct maternel, en 2002, qui lui a valu le Prix Cognac. Avec son onzième roman, elle nous entraîne dans un tourbillon de faits d’une rare et noire densité, au cœur des désordres familiaux.
Il ne fait plus de doute pour personne aujourd’hui que les luttes d’influence entre grandes religions constituent une clé majeure de compréhension des faits qui ont marqué l’évolution des relations entre les nations qui peuplent notre planète terre. À l’heure où des essayistes nous affirment que l’avenir reposera sur l’affrontement entre cultures chrétiennes et musulmanes, Claude Rappe donne un roman qui apporte sans nul doute sa contribution au débat. Annoncé comme thriller, ce fort volume de plus de 500 pages réunit assurément les ingrédients du genre tant il est riche en tensions et en rebondissements.
Le polar se porte bien, merci. À en juger par les catalogues et l’abondance des parutions, il devient parfois le fonds de commerce qui porte les maisons d’édition. À en croire la résonance des titres, les fictions noires nous entraînent volontiers hors de nos champs de vue directs, là où la relative étrangeté des lieux ajoute ce zeste d’inconnu qui finit de briser les repères quotidiens, comme si la quiétude de la proximité pouvait mettre à mal la force du scénario.
Les éditions Magellan et Cie déclinent à l’envi une collection forte déjà de près de quarante volumes qui rassemblent des auteurs de nouvelles d’un pays, d’une région ou d’une ville, avec une prédilection pour des destinations littéraires souvent oubliées. Ici, c’est du Congo qu’il est question, autour de six auteurs dont le destin est lié à ce pays, par la naissance, l’origine ou le séjour long.
Un homme, dont on devine le grand âge, entreprend un périple d’Anvers à Venise en train. Il a parsemé le parcours d’étapes amicales au cours desquelles il prendra le temps des retrouvailles avant de continuer sa route. De ce pèlerinage, on aura vite compris que l’effet recherché est de savourer l’instant présent. Le voyageur scrute les paysages qui défilent et cueille les images furtives quoi s’offrent à lui. Il en est de même des êtres qu’il croise et sa disponibilité lui vaut une belle galerie de rencontres éphémères mais toujours placées sous le signe de l’étonnement positif.
Luc Baba est loin d’être un novice dans l’art subtil du roman. Depuis un quinzaine d’années, il nous a donné tout autant de volumes et il s’est construit un univers romanesque bien à lui. Tout le monde me manque, paru en 2008, avait marqué une évolution : devenue un rien plus grave, son écriture avait gagné en maturité, incluant davantage la souffrance et la solitude dans des fictions largement dominées par l’onirisme et le merveilleux. Avec Elephant Island, il revisite le monde de l’enfance en replongeant dans l’actualité troublée des années qui ont entouré la première guerre mondiale et l’entre-deux-guerres.
Paru en 2013, ce recueil de récits sillonne le territoire belge et en définit les contours en une géographie personnelle aux accents pourtant collectifs. Structurée en trois temps, portant chacune le nom d’une des trois régions et rassemblant quatre textes, résolument intimiste et convoquant de nombreux souvenirs, cette flânerie sentimentale nous parle de temps qui ne sont plus, ceux d’avant l’air bag et des cafés enfumés, dans le tourbillon de virées aux blagues irrévérencieuses que ponctue l’exploration sans fin des breuvages trappistes.
Ils ont lu et ils ont apprécié… Jusqu’à janvier, découvrez chaque jour le “Top 2015” d’un chroniqueur du Carnet. Une occasion de (re)découvrir de manière ludique les temps forts de l’année littéraire belge — et peut-être aussi de trouver l’inspiration pour vos cadeaux de fin d’année.
Construit au départ de chroniques, voici un roman inspiré de l’expérience de l’auteur qui est maman d’une petite fille diagnostiquée polyhandicapée. Concrètement, son enfant cumule des déficiences mentales, physiques et comportementales qui entravent sérieusement son autonomie, son développement et sa vie relationnelle. La narratrice ne baisse pas pour autant les bras dans son rôle de mère et elle fait la sourde oreille aux diseurs de mauvaise aventure, bravant les plus sombres prédictions et se battant pour l’acquisition de chaque bribe de progrès. 
Lorsque l’on tient ce roman entre les mains, on est avant toute chose impressionné par la qualité de sa facture : grain et couleur du papier, choix des couleurs et illustrations soignées qui ponctuent l’ouvrage, tout fait de ce livre un bel objet. Les premières pages tournées, on est gagné rapidement par la conviction que l’on est face à une fiction imprévisible, aux rebondissements multiples et improbables. 

