Archives de catégorie : Coups de cœur du Carnet

Les livres qui ont par­ti­c­ulière­ment séduit la rédac­tion du Car­net et les Instants et ont reçu la men­tion “Coup de coeur”

Une reine libre

Un coup de cœur du Car­net

Valéri­ane DE MAERTELEIRELa reine rouge, Lans­man, 2025, 63 p., 11 €, ISBN : 2807104312

de maerteleire la reine rougeLe min­istre: Au fond, tout ce qui vous intéresse, c’est le scan­dale! C’est que l’on par­le de vous.
La reine: Et qu’est-ce qui vous intéresse vous, “Mon­sieur le secré­taire général de l’OTAN”? Vous ne voulez pas vous enten­dre avec les Russ­es! Oh non, non, non! Vous préférez con­tin­uer à ven­dre des armes, des armes, encore plus d’armes. La guerre froide vous arrange bien. Ce sont les béné­fices de la FN Her­stal qui vous impor­tent !
Le min­istre: Mais la FN est une entre­prise de VOTRE pays bon sang! 
La reine: Et bien qu’elle se con­tente de fab­ri­quer des motos! Vous ne voyez que le prof­it. “Le cap­i­tal­isme provo­quera des crises de plus en plus impor­tantes puis fini­ra par implos­er.” Ce n’est pas de moi, c’est de Marx. Con­tin­uer la lec­ture

Plaidoyer pour une architecture vivante

Un coup de cœur du Car­net

Vir­gil DECLERCQ, Héritage, Bozon2x, 2025, 226 p., 21 €, ISBN : 978–2‑931067–27‑7

declercq héritageLivre de com­bats, de cœur, irrigué par l’amour du pat­ri­moine archi­tec­tur­al, la qual­ité de vie des citoyens, Héritage se présente comme un man­i­feste mar­qué par l’urgence face à la débâ­cle urban­is­tique, envi­ron­nemen­tale qui rav­age nos lieux de vie. Fon­da­teur de l’association Com­mu­nauté His­to­ria qui défend les édi­fices en péril, les joy­aux men­acés de démo­li­tion, Vir­gil Decler­cq nous délivre un essai qu’on aimerait dis­tribuer aux poli­tiques, aux ges­tion­naires de l’urbanisme, aux pro­mo­teurs immo­biliers, aux fonc­tion­naires européens afin de les dessiller. Con­tin­uer la lec­ture

Là où tu ne savais pas / Que tu pouvais aller…

Un coup de cœur du Car­net

Béa­trice LIBERT et Clau­dine GOUX (illus­tra­tions), Poèmes sans ombre pour voir la vie du bon côté, Ate­lier du Grand Tétras, 2024, 43 p., 13 €, ISBN : 978–2‑37531–122‑6

libert poemes sans ombre pour voir la vie du bon côtéBéa­trice Lib­ert est poétesse, mais aus­si plas­ti­ci­enne, essay­iste et éditrice (Couleur Livres et Le Tail­lis Pré). Elle pub­lie volon­tiers des textes placés en miroir avec des illus­tra­tions, dont ils s’inspirent ou qui les exal­tent. C’est ain­si un ouvrage agré­men­té de pho­togra­phies qui lui avait valu en 2023 le prix du Par­lement de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Con­tin­uer la lec­ture

Demoulin nous donne des ailes…

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rent DEMOULIN et Alain DULAC, Réguli­er / irréguli­er : son­nets, Herbe qui trem­ble, 2025, 126 p., 18 €, ISBN : 9782491462802

demoulin regulier irregulierIl est de ces auteurs dont on attend avec impa­tience le nou­v­el opus, le nou­veau gise­ment. Peut-être parce que l’on sait qu’ils sont un peu musi­ciens, un peu orpailleurs. Ou bien plus sim­ple­ment parce qu’on sup­pute la fête de la langue et de l’esprit à laque­lle ils vont nous con­vi­er. C’est assuré­ment le cas avec Lau­rent Demoulin chez qui il y a, mine de rien, sans avoir l’air d’y touch­er, des pépites jail­lis­santes dans l’écriture. Con­tin­uer la lec­ture

Ce vaste espace à traverser, de soi à soi…

Un coup de cœur du Car­net

Mar­tine ROUHART, La nuit ne dort jamais, Cygne, coll. « Le chant du cygne », 2025, 59 p., 12 €, ISBN 978–2‑84924–814‑0

rouhart la nuit ne dort jamaisMar­tine Rouhart a été sub­tile­ment inspirée en plaçant quelques vers d’Anne Per­ri­er en épigraphe de La nuit ne dort jamais : “En dor­mant, je me suis tournée / Vers la pente ombrée Des Paroles”(Extrait de D’entre Ciel et Terre).

Le pre­mier recueil pub­lié par la poétesse suisse ne s’intitulait-il pas Selon la nuit (Édi­tions Les Amis du livre, Lau­sanne, 1952) ? Appa­rait une affinité sen­si­ble entre la poétesse belge et son ainée, sin­gulière­ment mise en lumière dans ce vol­ume paru aux Édi­tions du Cygne. Il est com­posé de trois par­ties (« La nuit vient », « Elle ne dort jamais » et « La nuit s’en va ») dont les titres s’entrelacent pour for­mer celui du qua­torz­ième ouvrage de l’autrice mon­toise. Con­tin­uer la lec­ture

Écrire pour se tenir, à nouveau, nez au vent au bord du monde

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rence SKIVEE, Déten­trice, Let­tre volée, 2025, 104 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87317–640‑2

skivée detentriceTout qui a déjà lu Lau­rence Skivée le sait : en ouvrant un nou­v­el ouvrage de l’autrice, on espère retrou­ver une langue à nulle autre pareille, une voix amie, nous mur­mu­rant des choses à pro­pos de détails infimes ou intimes, dévelop­pant un rap­port tout per­son­nel, tout sin­guli­er et énig­ma­tique, au monde. Parce que Lau­rence Skivée est, mine de rien, d’une exi­gence folle, jouant avec maes­tria du vers, des blancs de la page, du téle­sco­page de sen­sa­tions et d’émotions, des sou­venirs et des notes pris­es sur le vif, au gré de ses errances, réelles ou men­tales. Parce que Lau­rence Skivée, c’est un style. Un “coup de pat­te” à nul autre pareil. Déten­trice, son nou­v­el opus, n’échappe pas à cette règle. Tant mieux pour nous : sa langue inven­tive nous entraine, une fois de plus, dans des zones où les mots, les phras­es, les pages, nous don­nent à sen­tir, à vivre au plus près, au-delà ou en-deçà du sens des mots, l’expérience rap­portée. Con­tin­uer la lec­ture

Théâtre 1918–1940 : une synthèse magistrale

Un coup de cœur du Car­net

Pierre PIRET, Le chant du signe. Dra­matur­gies expéri­men­tales de l’entre-deux-guerres, Cir­cé, coll. “Penser le théâtre”, 2024, 210 p., 24 €, ISBN : 978–2‑84242–510‑4

piret le chant du signeNonob­stant le fait qu’ils ont pro­duit leur œuvre pour l’essentiel dans l’entre-deux guer­res, que peu­vent avoir en com­mun des dra­maturges aus­si dif­férents que Fer­nand Crom­me­lynck, Paul Claudel, Michel De Ghelderode, Jean Cocteau, Roger Vit­rac, Hen­ry Sou­magne, Guil­laume Apol­li­naire ? Si l’on se réfère aux études exis­tantes, seules quelques analo­gies très par­tielles sinon super­fi­cielles ont été mis­es en lumière. Or, mal­gré sa brièveté, cette péri­ode fut mar­quée dans les domaines tant musi­cal que plas­ti­cien et lit­téraire par une forte volon­té des créa­teurs de met­tre en ques­tion les codes étab­lis – notam­ment ceux du théâtre de boule­vard – et d’innover sans crain­dre de provo­quer. Cette volon­té s’étant exprimée dans un grand désor­dre appar­ent, sans qu’on puisse la ranger dans le tiroir “avant-gardes”, c’était une gageure d’y recon­naitre une logique com­mune et, à for­tiori, de détailler les rouages d’une telle logique. Voilà le défi que vient de relever bril­lam­ment Pierre Piret, pro­fesseur au Cen­tre d’Études théâ­trales de l’UCLouvain, en s’appuyant sur la panoplie con­ceptuelle de la psy­ch­analyse lacani­enne – on voit mal, tout compte fait, quelle autre grille d’analyse aurait pu con­venir à la tâche. Con­tin­uer la lec­ture

La fuite constante des mots et des êtres

Un coup de cœur du Car­net

Tris­tan LEDOUX, Le nan­ti et l’usurpateur, Sans escale, 2024, 180 p., 18 €, ISBN : 978–2‑491438–30‑2

ledoux le nanti et l'usurpateurSix coussins se blot­tis­sent sur la cou­ver­ture du recueil de nou­velles Le nan­ti et l’usurpateur de Tris­tan Ledoux. Ils ne s’imprimeront pas pais­i­ble­ment de nos vis­ages, mais nous invi­tent à les agrip­per – eux qui ont été délogés de leur sem­piter­nelle posi­tion hor­i­zon­tale – pour les dress­er comme des rem­parts face à la fuite con­stante des mots et des êtres qui court de nou­velles en nou­velles. Con­tin­uer la lec­ture

Quand le lien familial est malmené

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line ALLAN, La petite annonce, Lilys, 2025, 168 p., 21 €, ISBN : 978–2‑39056–109‑5

allan la petite annonceHen­ri est un octogé­naire vivant près de la place Flagey à Brux­elles depuis plus de 40 ans. Il coule des jours pais­i­bles jusqu’à ce que son fils Jean lui annonce son désir de l’envoyer en mai­son de retraite pour son con­fort. Hen­ri est pro­prié­taire de sa mai­son, mais sa pen­sion mod­este oblige son fils à pay­er toutes les fac­tures. Il vit très mal sa dépen­dance vis-à-vis de Jean et l’idée peu réjouis­sante d’aller s’enterrer dans ce qu’il con­sid­ère comme un mouroir… Con­tin­uer la lec­ture

Nicolas Defrecheux, déclaré d’utilité publique

Un coup de cœur du Car­net

Bap­tiste FRANKINET, Nico­las Defrecheux, le bicen­te­naire d’un auteur wal­lon, Lamiroy, coll. « L’article », 2025, 5 €, ISBN : 978–2‑87595–965‑2

frankinet nicolas defrecheuxNous vivons de clichés. Un plom­bier, ça porte une salopette et une cas­quette de travi­o­le. Une infir­mière, ça traine des pieds et ça n’a jamais le temps. Un insti­tu­teur, ça finit sa journée à 15 h et sa semaine, le jeu­di. Et un ou une bib­lio­thé­caire, for­cé­ment, ça ne lit pas, tout occupé.e que ça est à ranger les livres en ray­on. Bap­tiste Frank­inet est bib­lio­thé­caire. Pas­sion­né et engagé, il nous a déjà con­va­in­cus de sa con­nais­sance fine de la langue wal­lonne avec les deux pans de son tra­vail Qué novèle ? Cette fois, c’est en éru­dit sur la cul­ture et en incol­lable sur l’histoire lit­téraire wal­lonnes qu’il nous rav­it, avec un hom­mage en 5000 mots au poète Nico­las Defrecheux (10 févri­er 1825–26 décem­bre 1874). Un opus­cule sur lequel vien­nent se fra­cass­er tous les stéréo­types asso­ciés à sa noble pro­fes­sion. Con­tin­uer la lec­ture

Écoute le chant frileux de l’ange …

Un coup de cœur du Car­net

Françoise HOUDART, La jubi­la­tion de l’ange, Pré­face de Michel Joiret, Bleu d’encre, 2024, 84 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–79‑6

houdart la jubilation de l'angeUne lumineuse pré­face de Michel Joiret éclaire quelques-unes des pistes de lec­ture que lui inspire le recueil de Françoise Houdart. L’autrice renoue avec l’écriture poé­tique qu’elle avait délais­sée après huit vol­umes (dont Ary­th­mies qui lui val­ut en 1989 le pres­tigieux prix Gauchez-Philip­pot) pour se con­sacr­er à son œuvre en prose, romans et recueils de nou­velles. Con­tin­uer la lec­ture

La geste de Sophia

Un coup de cœur du Car­net

Éléonore DE DUVE, Sophia, Cor­ti, 2025, 88 p., 16 €, ISBN : 978–2‑7143–1343‑0

de duve sophiaIncar­na­tion du com­bat de la vie sur la mort, Sophia danse entourée d’un drap blanc dans la pous­sière grise du chaos, fab­rique avec son fils des petits bateaux en liège qui flot­tent sur l’eau coag­ulée, cueille, ramasse, récolte, aime, peint, cui­sine, vagabonde et rit.

En botanique con­crète, les stig­mates per­me­t­tent la vie. Con­tin­uer la lec­ture

Mémoire d’être aux confins du silence…

Un coup de cœur du Car­net

Fer­nand VERHESEN, L’offrande du sen­si­ble, Antholo­gie poé­tique, Intro­duc­tion et choix de poèmes par Pierre-Yves Soucy, Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2024, 215 p., 18 €, ISBN 978–2‑8032–0086‑3

verhesen l'offrande du sensiblePrécédée d’une éclairante intro­duc­tion de Pierre-Yves Soucy, L’offrande du sen­si­ble réu­nit des textes de Fer­nand Ver­he­sen dont la pub­li­ca­tion s’échelonne de 1947 (e.a. de larges extraits du recueil Voir la nuit) jusqu’à son dernier livre paru en 2008. Deux ouvrages y fig­urent dans leur inté­gral­ité, Franchir la nuit (1970) et L’archée (1981). Con­tin­uer la lec­ture

Ta vie d’avant, là-bas

Un coup de cœur du Car­net

Carme­lo VIRONE, Margheri­ta : une enfance sicili­enne, Cerisi­er, 2024, 141 p., 16 €, ISBN : 9782872672516

virone margherita une enfance sicilienneCarme­lo Virone, que les fidèles du Car­net et les Instants con­nais­sent bien, ali­mente nos let­tres de con­tri­bu­tions qui asso­cient volon­tiers com­bats d’idées et créa­tions artis­tiques, à l’instar des Édi­tions du Cerisi­er en com­pag­nie desquelles il nous revient aujourd’hui. Cette fois, il nous offre un réc­it con­sacré à la jeunesse de sa maman, Margheri­ta, et il nous con­duit sans détour en Sicile où sa famille puise ses racines, pré­cisant : Con­tin­uer la lec­ture

Entre absence et magie

Un coup de cœur du Car­net

Marc QUAGHEBEUR, Labi­ales, Lieux-Dits édi­tions, coll. « Jour & Nuit », 2024, 72 p., 15 €, ISBN : 978–2‑493715–63‑0

quaghebeur labialesAuteur d’une douzaine de recueils de poèmes depuis 1976, Marc Quaghe­beur (Tour­nai, 1947) s’est voué en par­tie à une forme qui dom­i­na le paysage sous l’influence de la pen­sée de Barthes : la poésie min­i­mal­iste. Elle est moins une réponse à un épuise­ment de la lit­téra­ture, de la pos­si­bil­ité de faire un réc­it, qu’un moyen de dire le vide exis­ten­tiel de l’homme. L’écriture dite blanche est d’abord con­tre : con­tre la lit­téra­ture du passé qui char­rie des lour­deurs styl­is­tiques et nar­ra­tives, con­tre les belles-let­tres, le beau style… Il y aurait une écri­t­ure du non-écrit, a dit Mar­guerite Duras. Dans la plu­part de ses recueils, « […] la poésie de Marc Quaghe­beur s’avère […] sans aucune com­plai­sance sen­ti­men­tale ou descrip­tive ; une poésie ter­ri­ble­ment abstraite dans son objet, mais déli­cate et imagée dans son expres­sion ; trag­ique par les thèmes dev­inés mais sur­prenante de pudeur ou de retenue ; une poésie où l’authenticité per­son­nelle, tou­jours éton­nante et détournée, touche les points essen­tiels de l’existence […] »[1]

Con­tin­uer la lec­ture

Brûler, briller

Un coup de cœur du Car­net

Lisette LOMBÉ, La poésie sociale, un sport comme les autres, Midis de la poésie, 2024, 89 p., 14 €, ISBN : 978–2‑931054–14‑7

lombe la poesie sociale un sport comme les autresUn livre court peut porter un grand texte ; c’est le cas du nou­v­el opus des édi­tions Midis Poésie : entre le man­i­feste et le car­net de bord, La poésie sociale, un sport comme les autres est un texte bref et per­cu­tant, per­clus d’intime et de poli­tique. Paru à mi-chemin du man­dat de poétesse nationale que pour­suiv­ra Lisette Lom­bé toute l’année à venir, ce texte fait fig­ure de jalon dans son par­cours. Un temps de pause pour faire le point et repar­tir, gon­flée à bloc, sur le ter­rain. Con­tin­uer la lec­ture