Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

Le tandem de l’amitié

Geneviève DAMAS, Mol­ly, Lans­man, 2020, 120 p., 10 €, ISBN : 9782807102934

geneviève Damas, MollyMol­ly, de son vrai nom Marie-Odile – en hom­mage à la Tante Odile décédée pré­maturé­ment dans d’horribles souf­frances –, est une jeune fille pleine de vie qui se rend partout à vélo. À Saint-Péravy-la-Colombe, son vil­lage natal, elle va faire une petite révo­lu­tion. Alors que son père, fan incon­di­tion­nel du Grand Général de Gaulle, aimerait qu’elle tra­vaille au Car­refour comme lui, Mol­ly a d’autres ambi­tions. Con­tin­uer la lec­ture

« Gérard est-il seulement Gérard ? »

OSKO, L’incapacité à dire Gérard, ONLiT, coll. « ONLiT Mini », 2020, 64 p., 8 €, ISBN : 978–2‑87560–124‑7

osko l incapacite a dire gerardL’incapacité à dire Gérard est le pre­mier livre d’Osko.

D’Osko, on sait qu’elle a 28 ans, vit à Brux­elles, a étudié la pein­ture et la vidéo­gra­phie. On sait aus­si qu’en 2019, elle s’essaie à l’écriture.

De Gérard, en revanche, on n’en sait pas beau­coup plus que cette inca­pac­ité qu’a la nar­ra­trice à le dire. Con­tin­uer la lec­ture

Au doux vent de la liberté

Michel CLAISE, Les années d’or (Salle des pas per­dus III), Genèse, 2020, 256 p., 21 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9791094689707

claise les annees d orTroisième est donc ce nou­veau tome de la fresque entamée avec La salle des pas per­dus, roman paru en 2006, suivi par Les années paix (2010). Avec Les années d’or, qui courent de 1960 à 1970, c’est une  péri­ode plus proche qui défile, celle que Michel Claise a con­nue lui-même enfant et ado­les­cent. Son ambi­tion demeure iden­tique : faire œuvre de mémoire tout en suiv­ant le des­tin d’une poignée de per­son­nages pleine­ment inscrits dans les enjeux de leur temps, à la pointe des débats d’idées, des mou­ve­ments qui tra­versent la société. Con­tin­uer la lec­ture

Le goût des mots

Nicole MALINCONI, Un soir en cui­sine, Esper­luète, 2020, 40 p., 12 €, ISBN : 9782359841329

malinconi un soir en cuisineDans la restau­ra­tion, les mots sont plus essen­tiels que ce qu’il pour­rait sem­bler de prime abord (comme dans le reste de la vie en somme). La lec­ture de la carte d’un restau­rant déclenche l’envie, le désir, le fan­tasme, ouvre et nour­rit l’appétit. Et rien n’est plus rageant qu’un plat qui ne s’avère pas à la hau­teur de son appel­la­tion, qui se révèle moins orig­i­nal, moins savoureux que sa promesse. Le Restau­rant Frédéric Doucet à Charolles, en Bour­gogne, n’est pas un de ces étab­lisse­ments bon­i­menteurs, pas un de ceux qui affab­u­lent, roman­cent, si l’on en croit Nicole Mal­in­coni. « Car, dit le chef, une assi­ette ne ment pas sur son nom ». C’est sur ce même principe éthique des mots qui dis­ent vrai et col­lent au plus près du réel que l’autrice, invitée priv­ilégiée des cuisines du restau­rant, décrit ce qu’elle y a vu et qui est habituelle­ment occulté à la clien­tèle. Con­tin­uer la lec­ture

Le goût doux-amer des secrets de famille

Un coup de cœur du Car­net

Cather­ine BARREAU, La con­fi­ture de morts, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2020, 16 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑87489–591‑3

barreau la confiture de mortsDans ce roman d’apprentissage, nous suiv­ons Véra, jeune ado­les­cente entêtée et peu socia­ble, qui s’évade dès qu’elle en a l’occasion grâce à la lec­ture. Véra vit à Namur avec son père, un avo­cat renom­mé, dans une mai­son un peu délabrée, cam­pée au bas d’un coteau de la citadelle. L’obligation sco­laire et les mesquiner­ies des jeunes ado­les­centes de son école obscur­cis­sent le quo­ti­di­en de la jeune femme qui se ver­rait bien vivre en autar­cie avec son père, fig­ure com­plice et bien­veil­lante, avec qui elle partage de nom­breux traits. Con­tin­uer la lec­ture

Petits arrangements avec les dettes

Jean Pierre JANSEN, On n’entre pas comme ça chez les gens, Quad­ra­ture, 2020, 118 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782931080047

jansen on n entre pas comme ca chez les gens« Quand un créanci­er ne veut ni pay­er ni s’arranger à l’amiable, c’est la plainte, le tri­bunal, le juge­ment, et finale­ment, dans le cas qui nous occupe, la saisie. C’est là que j’entre en scène ». Qu’il entre en scène. L’huissier. Le nar­ra­teur des quinze nou­velles du pre­mier recueil de Jean Pierre Jansen, On n’entre pas comme ça chez les gens ! avec sa dose d’humanité, de philoso­phie et un humour tout per­son­nel que rend bien le style fam­i­li­er de l’auteur, avec ses com­para­isons mali­cieuses. Con­tin­uer la lec­ture

Luc Dellisse, homme libre, toujours…

Luc DELLISSE, Le cer­cle des îles, Cormi­er, 2020, 108 p., 18 €, ISBN : 9782875980243

luc dellisse le cercle des ilesUn dou­ble mou­ve­ment, sys­tole-dias­tole, sem­ble bercer toute l’œuvre de Luc Del­lisse. Sans la con­train­dre à une pro­gram­ma­tion rigide, l’auteur lui inflé­chit – con­sciem­ment ou non ? – une ryth­mique plus proche du pneu­ma que de la dunamis… Pub­li­er donc un essai, puis un recueil de nou­velles, un essai encore, puis un recueil de poèmes, témoigne à la fois d’un vital­isme pul­satile, pro­fond, ain­si que d’une cohérence insoumise à tout, si ce n’est à l’impératif de lib­erté grande. Con­tin­uer la lec­ture

René Magritte, la photographie et le cinématographe

Xavier CANONNE, René Magritte, The Reveal­ing Image (L’Image révélée), Ludion, 168 p. illus­trées, 39,90 €, ISBN : 978–94-9181–973‑5

canonne magritte l image reveleeS’il a approché, voire pra­tiqué en ama­teur, pho­togra­phie et ciné­ma – il préférait par­ler de « ciné­matographe » –, ces deux dis­ci­plines n’ont jamais con­sti­tué pour René Magritte une créa­tion intel­lectuelle et artis­tique qui atteindrait la force de frappe de sa pein­ture. En 1960, Luc de Heusch présen­tait un film sur le pein­tre et son œuvre, Magritte ou La Leçon de choses. Au cours d’un entre­tien avec Jacques de Deck­er, qui évoque alors les films de Buñuel et Dali, Magritte lui répond : « Même si je con­nais­sais les rudi­ments de l’art ciné­matographique, je ne pour­rais expli­quer mes idées que par la pein­ture (…) Je ne par­ticipe au ciné­ma qu’en tant que spec­ta­teur. Mes films préférés sont Babette s’en-va-t-en guerre (de Chris­t­ian-Jacque, 1959, NDLR) ou Madame et son auto (de Robert Ver­nay, 1958, NDLR). Je ne sup­porte pas les films qui veu­lent me faire appren­dre quelque chose ou m’exposer une thèse : ce ciné­ma-là m’ennuie »[1]. Con­tin­uer la lec­ture

La mère, le père & l’être dans la langue

Un coup de cœur du Car­net

Nicole MALINCONI, Nous deux, Da solo, post­face de Marie Klinken­berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 260 p., 8,5 €, ISBN : 9782875684882

malinconi nous deux da soloAmour pos­sédé. Amour sous pos­ses­sion. Amour. Avoir. Ain­si com­mence Nous deux. Par un court poème sous forme de décli­nai­son amoureuse : « Heureuse­ment que je t’ai/Heureusement qu’on s’a… »  Jusqu’à l’ambigu dernier vers : « Tu m’as eue ». Piège. De l’amour. De l’amour mater­nel dans ce livre-ci de Nicole Mal­in­coni, prix Rossel 1993. Le livre de la mère et de la fille. Con­tin­uer la lec­ture

Nues

Un coup de cœur du Car­net

Jacques RICHARD, Nues, ONLIT, coll. « ONLIT Mini », 2020, 80 p., 8 €, ISBN : 9782875601261

richard nues« Nues, en pied et grandeur nature. De face », les yeux plongés dans ceux de l’artiste. Toiles de mêmes dimen­sions, sup­ports de qual­ité iden­tique, tou­jours de la pein­ture à l’huile. Pas de décor. Et un « tra­vail d’un réal­isme pré­cis, mince et sans effets ». Voilà com­ment Jacques Richard a peint plusieurs femmes entrant dans la jeunesse ou la quit­tant, trop mai­gres ou trop char­nues, rétives ou généreuses, incon­nues ou famil­ières, maniérées ou naturelles. De son regard par­fois gêné et intran­sigeant, Richard les a dévis­agées, con­tem­plées sans désir, observées (face à face ou sur papi­er glacé) avec « l’urgence patiente d’un ours pêchant au bord de la riv­ière » ; il a guet­té leur appari­tion et a recon­sti­tué cette impres­sion tout en fugi­tiv­ité et sub­jec­tiv­ité pour qu’elles demeurent « quelqu’un ». Une démarche pleine qui s’inscrit dans la durée, le respect et la méth­ode. Con­tin­uer la lec­ture

Or du temps et poupées russes !

Jean-Michel AUBEVERT, Les entre­lus de Jean-Michel Aubev­ert. De la rose au calame, Coudri­er, coll. « À cœur d’écrits », 2020, 156 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–017‑7

aubevert les entrelus de jean michel aubevertLe coudri­er est ce bois dont on fait les baguettes de sourci­er ! Et ne voilà-t-il pas que cette mai­son de poésie fait sour­dre une idée qui émeut et comble un vide ! Comme par magie.

Joëlle Bil­ly, la direc­trice du Coudri­er, a ini­tié une col­lec­tion, À cœur d’écrits, autour d’un con­cept orig­i­nal : chaque ouvrage regroupera des textes d’un auteur « con­sacrés à des livres d’autres auteurs » tout en présen­tant ces derniers. Il s’agit donc d’un dou­ble hom­mage : aux Let­tres, en général ; à la cri­tique ensuite ou, plus spé­ci­fique­ment, aux écrivains médi­a­teurs, qui échap­pent (ou font mine d’échapper) au nar­cis­sisme ou à l’égocentrisme du créa­teur pour s’ouvrir aux tal­ents et réal­i­sa­tions de leurs col­lègues. Con­tin­uer la lec­ture

Nos vies comme un bonbon Napoléon

Vin­cent RAHIR, La beauté sûre de nos vies, Acad­e­mia, coll. « Lit­téra­tures », 2020, 224 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2806105394

Lit­téra­tures une col­lec­tion de fic­tions belges apparue en 2013 au sein des Édi­tions Acad­e­mia. Fondée en 1987, cette mai­son d’édition a tout d’abord dévelop­pé des col­lec­tions de sci­ences humaines uni­ver­si­taires. Avec Lit­téra­tures notam­ment, la mai­son accueille désor­mais réc­its, romans, nou­velles d’autrices et auteurs fran­coph­o­nes de Bel­gique. « L’objectif est de don­ner vie à des textes d’auteurs débu­tants ou con­fir­més, des textes var­iés et de qual­ité », nous explique Sidonie Maissin, respon­s­able des rela­tions publiques et com­mer­ciales pour les édi­tions Acad­e­mia. Con­tin­uer la lec­ture

Plume et pinceau à l’unisson

Rose-Marie FRANÇOIS et Charles DELHAES, L’écho du regard, Tétras lyre, 2020, 76 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930685–53‑3

francois delhaes l echo du regardDans un ouvrage de for­mat car­ré pour accueil­lir l’impression très soignée des œuvres en por­traits, paysages, cer­cles et car­rés de Charles Del­haes, Rose-Marie François en enreg­istre L’écho du regard, sous la forme de poèmes atten­tifs et sen­si­bles, exposés vison-visu, à savoir un poème par œuvre et dou­ble page. Chaque toile du pein­tre lui a inspiré quelques vers agis­sant comme le départ et la des­ti­na­tion, l’aller et le retour : de mul­ti­ples va-et-vient, de joyeuses con­nivences et col­lab­o­ra­tions nous dit l’introduction du livre et qui font autant de ponts invis­i­bles entre l’image et le texte, entre le texte et l’image, entre les deux auteurs. Con­tin­uer la lec­ture

Récit d’un résistant en herbe

Pierre CORAN, Les aven­tures des Pièces-à-Trou, Mijade, 2020, 256 p., 8,50 €, ISBN : 978–2874231513

coran les aventures des pieces a trouComme son titre l’indique, cet ent­hou­si­as­mant roman de Pierre Coran est un livre d’aventures. Il y racon­te celles du petit Simon, fraîche­ment admis dans la bande des grands de son vil­lage, surnom­més les Pièces-à-Trou, dont il va désor­mais partager les jeux, défis et exploits. Il y a quelque chose de l’ambiance de La guerre des bou­tons dans ce réc­it d’un groupe de gamins s’organisant dans la bataille, si ce n’est qu’ici, le con­flit est bien plus sérieux et leur est imposé. Leur enfance dans la cam­pagne mon­toise va en effet bien vite être boulever­sée par l’arrivée de troupes alle­man­des : nous sommes en pleine péri­ode d’Occupation et le quo­ti­di­en des jeunes garçons et de leur famille va en être rad­i­cale­ment changé. Tous vont appren­dre à vivre en côtoy­ant le dan­ger, la peur et les drames, tout en résis­tant comme ils le peu­vent. Con­tin­uer la lec­ture

Des terres inhospitalières

Astrid Chaf­fringeon, Je ne chas­se pas sur mon ter­ri­toire, Élé­ments de lan­gage, 2020, 224 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930710–21‑1

chaffringeon je ne chasse pas sur mon territoireLa nar­ra­trice, une pho­tographe d’origine espag­nole, revient sur son par­cours parsemé d’embûches, ses rela­tions, ses ren­con­tres, sa car­rière, ses années à Paris, à Dur­buy, sa rési­dence d’artiste sur une île fin­landaise… Elle nous prévient d’entrée de jeu : nous aurons besoin de tous les élé­ments pour bien com­pren­dre son his­toire. Le réc­it, qui n’est pas linéaire, vagabonde entre ses pen­sées. De digres­sion en digres­sion, nous apprenons qu’elle est en prison. Depuis sa cel­lule, elle entraîne le lecteur dans son réc­it afin de savoir ce qui l’a amenée là. Con­tin­uer la lec­ture

Treize fois un village

COLLECTIF, Spri­mont s’enlivre, Mur­mure des soirs, 2020, 246 p., 13 €, ISBN : 978–2‑930657–63‑9

collection sprimont s enlivreSous un titre joli­ment orig­i­nal, Spri­mont s’enlivre, un recueil de treize textes nous invite à décou­vrir, à la porte des Ardennes, Spri­mont et des vil­lages envi­ron­nants.

Chemins ver­doy­ants qui nous mènent par­fois à de trou­blantes, voire som­bres escales.

Épisodes tour à tour inso­lites, mou­ve­men­tés, cocass­es, émou­vants.

Les couleurs con­trastent, les écri­t­ures se font graves ou allè­gres, pointues ou légères, au fil des réc­its. Con­tin­uer la lec­ture