Archives de catégorie : Nouvelles

De l’art entre proie et prédation

Guy GILSOUL, Le Bracelet et autres nou­velles, La Let­tre volée, 2017, 108 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87317–497‑2

gilsoul le bracelet et autres nouvellesUn chapelet de per­les de pluie courent le long de lignes élec­triques. C’est comme un col­lier de gouttes d’eau qui sur­monte le titre : Le bracelet et autres nou­velles. Un large fond bleu nuit et nuageux drama­tise l’élan de branch­es noires et nues qui soulig­nent le nom de l’auteur : Guy Gilsoul. La cou­ver­ture est comme une fenêtre dénonçant une sai­son plu­vieuse et annonçant une série de textes à lire bien au chaud, à dis­tance de la tem­pête qui arrive. Con­tin­uer la lec­ture

Un malin plaisir

Ziska LAROUGE, Au dia­ble !, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2017, 151 p., 14 €, ISBN 978–2‑87489–450‑3

Une bonne excla­ma­tion, bien vigoureuse, ne peut que sus­citer une réac­tion, émo­tion ou humeur. Celle-ci qui titre le recueil de dix nou­velles de Ziska Larouge, Au dia­ble !  ne fera pas excep­tion. Que l’on suive la con­teuse ou s’empare de sa verve, on n’en entam­era pas moins la lec­ture et celle-ci s’avère dès le pre­mier texte en accord avec le titre puisqu’il a pour objet « Le coin du dia­ble » : un texte majeur sur l’ensemble et long qui se divise en qua­tre par­ties. Cette his­toire libre­ment inspirée de la légende du « coin du dia­ble » à Brux­elles invite à vis­iter l’atelier de José Mangano qui a assuré l’illustration de la pre­mière de cou­ver­ture. Sen­si­ble, attachée à l’enfance et à son imag­i­na­tion, cette pre­mière nou­velle inau­gure la série dia­bolique sans mal­ice. Les suiv­antes  n’auront pas tou­jours la même can­deur. Cer­taines de ces nou­velles sont même dra­ma­tiques, comme « Le Porte­feuille », d’autres cyniques, comme « Qui a tué John­ny ? » ou « Lucille », lau­réate du con­cours Désobéis­sance, aux édi­tions du Bas­son. Mais l’humour n’est jamais absent. La plus sig­ni­fica­tive dans le genre aigre-doux est sans doute « Milie ». Con­tin­uer la lec­ture

Variations en « je », modulations du « nous »

Dominique COSTERMANS, En love mineur, Quad­ra­ture, 2017, 118 p., 15 € / ePub : 9.99 €, ISBN 9782930538785

costermans en love mineurDans le champ de la nou­velle, Dominique Coster­mans lâche de jolis textes comme des petits cail­loux sur le chemin de la vie. Les dix-sept réc­its de son nou­veau recueil, En love mineur, récem­ment paru chez Quad­ra­ture, sont autant de moments de prose, de séquences de poésie, d’instantanés romanesques qui fix­ent du vibrant. Ce vibra­to, entre la vie et l’art, qui cristallise ce qu’on appelle « le sel de la vie ». Dans ces réc­its brefs, l’auteure livre des textes au ras du quo­ti­di­en et poudroie de poésie la vie dans ses sur­pris­es, sa fugac­ité, ses sur­gisse­ments, ses éton­nantes syn­chronic­ités. Con­tin­uer la lec­ture

Au cœur du labyrinthe

Véronique BERGEN, Pre­mières fois, Edwar­da, coll. « Cli­mats », 2017, 105 p., 18 €

berge premieres foisLes règles du jeu dans ce labyrinthe : il n’y aurait que sept pre­mières fois et une seule sec­onde fois entre­vue.

L’éblouissement de la pre­mière fois, Proust l’a évo­qué, notam­ment lors de l’épisode de la madeleine. Qu’on se sou­vi­enne, le boule­verse­ment total ressen­ti à la pre­mière gorgée de thé ne sera pas répété si le nar­ra­teur renou­velle l’expérience. Ce n’est qu’après un long tra­vail d’introspection que la sen­sa­tion involon­taire sera iden­ti­fiée et « l’édifice immense » du sou­venir dévoilé. À son tour, Véronique Bergen va se pencher sur ce mys­tère, définir son émoi et en analyser les caus­es. D’emblée, au seuil de son livre Pre­mières fois, elle en  sig­nale la puis­sance : Con­tin­uer la lec­ture

Trois instants fragiles…mais emplis d’espoir ?

Agnès DUMONT, Denis LAPIÈRE, Michel VANDAM, C’est écrit près de chez vous, vol. 2, Édi­tions de la Province de Liège, 2017, 29 p., gra­tu­it.

c est ecrit pres de chez vous.jpgValeureux mais surtout flam­boy­ants de la plume sont les Lié­geois et Lié­geois­es ! Voilà l’heureux  con­stat fait par La Bib­lio­thèque cen­trale et les Édi­tions de la Province de Liège, désireux de mieux faire con­naître la diver­sité lit­téraire de la région au plus grand nom­bre. Pour ce faire a été mise en place depuis 2016 C’est écrit près de chez vous, une opéra­tion qui varie les plaisirs, entre ani­ma­tions, lec­tures et ren­con­tres. Après Nico­las Ancion, Luc Baba et Katia Lanero Zamo­ra l’an dernier, c’est désor­mais Agnès Dumont, Denis Lapière et Michel Van­dam qui sont mis en lumière par ces activ­ités et dans la pla­que­tte qui nous occupe ici, à tra­vers trois nou­velles inédites. Notons que ces trois textes sont télécharge­ables sur le site des Édi­tions de la Province de Liège ! Con­tin­uer la lec­ture

Vivantes légendes

Charles DE COSTER, Légen­des fla­man­des, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 256 p., 9 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 978–2875681447

de coster legendes flamandes.pngElles sont qua­tre, les Légen­des fla­man­des pub­liées en 1858 par Charles De Coster, qui en attendait mieux qu’un suc­cès d’estime ; rééditées dans une ver­sion remaniée en 1861.

C’est sur ce dernier texte que se fonde l’édition cri­tique établie par Joseph Hanse en 1990, qui reparaît pour l’essentiel aujourd’hui, sous l’égide de Jean-Marie Klinken­berg, dans la col­lec­tion Espace Nord. Con­tin­uer la lec­ture

Virtuelles Belgiques


Vin­cent ENGEL, Bel­giques, Ker, 2017, 122 p, 12€/ePub : 5.99 €, ISBN : 9782875862198

engel belgiquesDix-sept nou­velles, dix-sept textes très courts qui racon­tent, cha­cun, une cer­taine Bel­gique. Pas la Bel­gique telle qu’elle est, non. Ce que la Bel­gique pour­rait ou aurait pu devenir, dans une ver­sion car­i­cat­u­rale. Querelles lin­guis­tiques, crise finan­cière, sur­vol de Brux­elles, mon­tée des eaux, fin de la Bel­gique évitée ou con­crétisée ; autant de points de départ à des his­toires met­tant en scène des per­son­nages claire­ment inspirés de per­son­nal­ités belges bien con­nues, issues du monde poli­tique, artis­tique ou des médias. Con­tin­uer la lec­ture

Petites enquêtes sur les misères humaines

Béa­trice BOURET-SPREUX, Par­lez-moi d’amour, Les déje­uners sur l’herbe, 2017, 96 p., ISBN : 978–2‑93043–355‑4

bouret spreut.jpg

Plusieurs fois primée pour ses nou­velles en France ou en Bel­gique, écrivant volon­tiers des textes en picard, Béa­trice Bouret-Spreux pub­lie un nou­veau recueil de nou­velles, Par­lez-moi d’amour. Con­tin­uer la lec­ture

Le goût de la nouvelle

Un coup de cœur du Carnet

Zoé DERLEYN, Le goût de la limace, Quad­ra­ture, 2017, 98 p., 15€/ePub : 9.99 €, ISBN : 9782930538747

derleyn le gout de la limace.jpgJe n’ai aucune idée de ce que peut don­ner sur les papilles gus­ta­tives Le goût de la limace, titre don­né à son pre­mier livre par Zoé Der­leyn, mais je peux cer­ti­fi­er que vous y savourez le goût de la nou­velle.

Le goût de la limace est pub­lié aux édi­tions Quad­ra­ture, mai­son lou­vaniste de pas­sion­nés de la nou­velle, seul genre à fig­ur­er à son cat­a­logue, pub­liant qua­tre titres par an. Les dix textes pro­posés par Zoé Der­leyn ne man­quent pas d’atouts : ils camp­ent en quelques lignes les sit­u­a­tions évo­quées, avec une belle économie de moyens, comme dans Le camion, où la descrip­tion détail­lée de quelques meubles sem­ble recel­er un secret (« Il y a dans cette armoire une sorte de secret tex­tile que je ne suis pas sup­posée chercher à percer »), crée un cli­mat de légère ten­sion qui dis­simule le som­bre passé d’une grand-mère au cen­tre du réc­it. Con­tin­uer la lec­ture

Le pardon en question

Éric-Emmanuel SCHMITTLa vengeance du par­don, Albin Michel, 2017, 326 p., 21.50€/ePub : 14.99 €, ISBN : 9782226399199

schmitt la vengeance du pardonAuteur de romans, pièces de théâtre, essais, c’est avec un recueil de nou­velles qu’Éric-Emmanuel Schmitt nous invite à la réflex­ion à l’occasion de cette ren­trée lit­téraire. Qua­tre nou­velles, qua­tre occa­sions de par­don­ner.

Les sœurs Bar­barin sont jumelles et s’adorent jusqu’au jour où leurs par­ents leur offrent un cadeau dif­férent à cha­cune. Lily, d’humeur tou­jours aimable, se sat­is­fait de cette sit­u­a­tion. Mais pour Moïsette, c’est la révéla­tion : quelles que soient les cir­con­stances, elle sera à tout jamais jalouse de ce qu’elle n’a pas, plus encore de ce que sa sœur a. C’est le début d’un par­don indu­bitable et d’une ran­cune éter­nelle qui mèn­era Moïsette à de ter­ri­bles extrêmes. Con­tin­uer la lec­ture

“Vivre dans un pays enfant raconteur d’histoires”

Luc BABA, Bel­giques, Ker, 2017, 128 p., 12€/ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑87586–217‑4

baba belgiques.jpgNous vous l’avions annon­cé dans le numéro 193 du Car­net et les Instants (jan­vi­er – mars 2017), Ker Édi­tions lance une col­lec­tion inédite, pour laque­lle chaque auteur est con­vié à écrire une dizaine de nou­velles pour don­ner à lire l’essence de « sa » Bel­gique. Sont déjà annon­cés, pour s’inscrire dans le droit fil du livre de Luc Baba qui nous occupe ici, un vol­ume d’Yves Wellens et un autre de Françoise Lalande. Con­tin­uer la lec­ture

Vestiges des jours…

Un coup de cœur du Carnet

Alain DARTEVELLE, Dans les griffes du Doudou, Ker, coll. « Bel­giques », 2017, 132 p., 12 €/ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑8758–6218‑1

dartevelle dans les griffes du doudou.jpgDébar­qué du futur où il aime aven­tur­er son écri­t­ure à la fois imagée, directe et stylée, Alain Dartev­elle promène sa plume dans un  nou­veau recueil de nou­velles et dans un passé proche. Le sien, lié for­cé­ment à celui de la Bel­gique, ce pays mul­ti­ple qui prête son nom à la col­lec­tion mise en œuvre  par les édi­tions Ker. Prom­e­nade donc, dans une mémoire per­son­nelle, folâtre, amère par­fois, tein­tée de nos­tal­gie, large­ment ouverte à l’amitié, volon­tiers voluptueuse, mais aus­si désen­chan­tée et imprégnée de cet « humour gris » dont l’auteur revendique le label. Pour l’introduire : des évo­ca­tions sub­jec­tives de ces deux têtes de gon­do­le de notre vit­rine cul­turelle que sont Hergé et Magritte. Auto­por­trait dés­abusé pour le pre­mier : celui de l’artiste en fin de vie, rav­agé à la fois par  la leucémie et par les inter­ro­ga­tions sur son œuvre et sur sa créa­ture cen­trale : « Tintin m’a vam­pirisé, me souti­rant titre après titre, planche  après planche, case après case, mes forces vives. Cette belle énergie qui m’a man­qué ensuite pour vir­er de bord et met­tre le cap sur mon for intérieur ».  Dans Signé Magritte, on suit avec une coupable jubi­la­tion l’odyssée d’un quidam (serait-il un de ces dou­bles de l’auteur qui se mul­ti­plient à tra­vers le recueil ?) pour qui l’ombre du pein­tre flotte entre un statut révolu d’idole de sa jeunesse et une stature de petit-bour­geois ron­douil­lard, de « sale type », métic­uleux faiseur de  chro­mos aléa­toires, et par ailleurs épris de can­u­lars scat­ologiques. Sus donc à l’imposteur ! Et l’on assiste ain­si, impuis­sants, mais admi­rat­ifs face à tant de déter­mi­na­tion,  à l’attentat au purin per­pétré con­tre qua­tre toiles lors de l’exposition brux­el­loise. Atten­tat suivi toute­fois de regrets : il avait eu pour cibles les toiles les plus caus­tiques de l’artiste. « De quoi méditer à loisir sur les risques que com­porte la fâcheuse ten­ta­tion de met­tre à jour des secrets d’enfance… »   Con­tin­uer la lec­ture

Un hyperréalisme tenté par le délire

Hen­ri DE MEEÛS, Pitou et autres réc­its, Mar­que belge, 2017, 637 p., 25€, ISBN :  978–2‑39015–016‑9

de meeusAvo­cat et crim­i­no­logue, spé­cial­iste d’Henry de Mon­ther­lant, auquel il a con­sacré un site inter­net et un ouvrage, Hen­ri de Meeûs fait cet automne son entrée dans la lit­téra­ture fran­coph­o­ne de Bel­gique avec un copieux recueil de quinze nou­velles : Pitou et autres réc­its.

Pour la plu­part ancrées dans un quo­ti­di­en typ­ique­ment belge, ces fic­tions rejoignent une autre tra­di­tion nationale en ce qu’elles cul­tivent la fibre fan­tas­tique. Pitou, la nou­velle qui donne son titre au recueil, est emblé­ma­tique. Le train-train quo­ti­di­en d’un retraité instal­lé à Coxyde est per­tur­bé par un neveu garçon-coif­feur qui l’appelle au sec­ours après avoir per­du sa mère (sœur du nar­ra­teur) et l’emploi qu’il con­voitait dans un salon de l’avenue Louise. Con­tin­uer la lec­ture

Séditions et quête de sens en territoire urbain

Éric BRUCHERLe jour est aus­si une colère blanche, Luce Wilquin, 2017, 144 p., 15€, ISBN : 978–2882535399

brucher.jpgQuand il arrive en ville, le gang de Wolf (Laz­lo, Park­er, Hichie, Gin­ger, Markus, Zacharie) – corps mou­vant des pre­mières nou­velles du recueil et un des points de jonc­tion avec La blancheur des étoiles, roman paru en 2014 – voudrait que les gens changent de trot­toir. Que déga­gent les bien-pen­sants, les mou­tons bêlant davan­tage qu’ils ne cog­i­tent, les chiens qui vous can­ton­nent dans les cas­es établies ou tous ceux qui n’amènent pas leur graine de ras-le-bol à l’incandescence. Eux se muent en per­son­nages (anti-) héroïques, chavirés – dans une langue tan­tôt extrême­ment lyrique, tan­tôt cher­chant à coller au plus près à leur bitume et à leurs sac­cades qua­si fauves – et com­met­tent leur lot d’incivilités et de graf­fi­tis rougeoy­ants pour faire frémir et réveiller le pas­sant lamb­da anesthésié dans son con­fort con­fit. Live fast and die young est un slo­gan qui pour­rait s’encrer sur leur peau. Jusqu’à ce que ce mot­to véloce et fiévreux devi­enne prophé­tique pour l’un d’entre eux. Con­tin­uer la lec­ture

« Le courage des oiseaux »

François SALMON, Rien n’arrête les oiseaux, Luce Wilquin, coll. « Euphémie », 2017, 160 p., 16€, ISBN : 978–2882535382

salmon.jpgAprès un pre­mier recueil (Rien n’est rouge) pub­lié chez Luce Wilquin en 2015 et auréolé de dif­férents prix, le Tour­naisien François Salmon récidive avec huit nou­velles à l’ironie légère et aux chutes inat­ten­dues.

Isolé dans son Mas­sif cen­tral, Vin­cent épouse le rythme de son jardin qu’il bine, sar­cle, désherbe, et de ses lec­tures qui lui nour­ris­sent l’esprit. Cette incar­na­tion de la Pleine Con­science mène une exis­tence de céli­bataire aus­si sere­ine que sat­is­faisante : « Et du matin au soir, sans urgence et sans cha­grin, il regar­dait la vie se faire et se défaire entre feuilles de romans et lignes de salades. » Jusqu’à ce que Mélanie soit para­chutée dans ce coin à l’air immo­bile. Elle lui par­lera alors du « nom des courants d’air » et lui décrira avec force évo­ca­tions les Tam­boen, Willy-Willy, Foehn, Haboobs, Free­man­tle Doc­tor, Chi­nook, Karabu­ran, Bar­ber, Pit­er­ac et autres vents grisants. Elle lui insuf­flera l’envie « d’ouvrir ses poumons aux souf­fles du vaste monde ». Reste à savoir si un coup de fléchettes pour­ra ou non abolir le hasard… Con­tin­uer la lec­ture

La parade des jouets

Nico­las ANCION, Nous sommes tous des play­mo­biles, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 206 p, 8,5 €, ISBN : 978–2875682680

ancion.jpgLa col­lec­tion « Espace Nord » accueille dans son con­ser­va­toire la réédi­tion du recueil de nou­velles Nous sommes tous des play­mo­biles, de Nico­las Ancion, auteur pro­lifique et vis­ité par un imag­i­naire d’une large et sig­nifi­ante orig­i­nal­ité. Recourir aux play­mo­biles, ces fig­urines des­tinées à vivre tous les caprices de la créa­tiv­ité enfan­tine, donne le ton de ce texte régi par l’ironie du sort et la manière pour les per­son­nages qui en sont les jou­ets de réa­gir à ses man­i­fes­ta­tions anodines en apparence, mais sou­vent généra­tri­ces d’effet papil­lon. Ain­si une tache de sauce sur une chemise peut con­duire au boule­verse­ment de toute une vie famil­iale comme un sim­ple quipro­quo peut men­er au crime. Les « vic­times » de ces aléas du des­tin n’en sont pas pour autant de belles âmes et peu­vent en tir­er prof­it avec un cynisme jubi­la­toire comme dans « Moi, je dis qu’il y a une jus­tice » ou « J’apprends à bien tuer ». Et com­ment ne pas lire avec un sourire vague­ment com­plice et un brin de mal­ice la nou­velle déjan­tée inti­t­ulée « Brux­elles insur­rec­tion » où deux jeunes « ter­ror­istes » du cru enlèvent et malmè­nent dure­ment un vieil académi­cien français pour lui faire apos­tasi­er son inté­grisme du verbe, cet autre ter­ror­isme  con­damné par les deux lib­er­taires de la langue avec une verdeur jouis­sive quoique fort incivile : Con­tin­uer la lec­ture