Archives par étiquette : Alain Delaunois

Louis Bosny, un acteur de l’architecture sociale dans l’après-guerre

Jean-Michel DEGRAEVE, Une sobriété créa­tive. Louis Bosny archi­tecte 1924–1983, Post­face de Georges-Éric Lan­tair, Fourre-Tout, 2024, 290 p., 35 €, ISBN : 978–2‑930525–26‑6
Carme­lo VIRONE, Louis Bosny (1924–1983) et le loge­ment social, un mod­èle pour aujourd’hui, Fourre-Tout, 2024, 48 p., 4 €, ISBN : 978–2‑930525–27‑3

degraeve une sobriete créativeDurant les années 1920–1930, la région lié­geoise ne con­nait pas ou peu le grand vent de moder­nité cul­turelle et artis­tique qui pénètre les cer­cles de Brux­elles, Anvers ou Gand, dans le sil­lage, à la même époque, des pays lim­itro­phes et de leurs cap­i­tales. On cite tou­jours la revue Antholo­gie (1920–1940) créée par le poète et écrivain Georges Linze (1900–1993), co-fon­da­teur du Groupe d’Art Mod­erne de Liège, fer­vent défenseur des tech­niques nou­velles, de la vitesse et d’une forme par­ti­c­ulière de futur­isme, qui séduisit quelques artistes lié­geois. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2024 d’Alain Delaunois

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion d’Alain Delain­ois.

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Petits soleils bitumeux de la jeunesse

Louis SCUTENAIRE, Les vacances d’un enfant, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 352 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–692‑3
Un dossier péd­a­gogique télécharge­able (PDF) accom­pa­gne le livre.

scutenaire les vacances d'un enfantLe matin sent l’huile, et le soleil est rouge, mal­gré la chaleur on dirait qu’il saigne de froid.

Accom­pa­g­né d’une éclairante post­face signée par Alain Delaunois, Les vacances d’un enfant de Louis Scute­naire trou­ve, près de 85 ans après son écri­t­ure (entre 1939 et 1942, selon l’auteur) et une exis­tence trop longtemps demeurée con­fi­den­tielle, une juste place dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale Espace Nord. Con­tin­uer la lec­ture

Surréalisme, pour ainsi dire…

Xavier CANONNE, Char­lotte DOYEN, Thier­ry MASSIN, Ade­line ROSSION et Chris­telle ROUSSEAU, Image(s) d’une col­lec­tion, tome 2, Musée de la Pho­togra­phie de Charleroi, 2024, 352 p., 45 €, ISBN : 978‑2871 830 863

surrealisme pour ainsi dire

Le cen­te­naire de la paru­tion du Man­i­feste du sur­réal­isme d’André Bre­ton – et, en Bel­gique, du groupe Cor­re­spon­dance for­mé de Paul Nougé, Camille Goe­mans, Mar­cel Lecomte – est mar­qué par de très nom­breuses man­i­fes­ta­tions et expo­si­tions, dans notre pays et à tra­vers le monde. Le Musée de la Pho­togra­phie à Charleroi saisit l’occasion pour présen­ter l’apport essen­tiel des par­tic­i­pants du mou­ve­ment à la pho­togra­phie, qui con­stitue l’un des axes majeurs de ses col­lec­tions. Le sur­réal­isme au prisme de la pho­togra­phie, ou la pho­togra­phie au prisme du sur­réal­isme ? Les deux ori­en­ta­tions tien­nent la route et se com­plè­tent, car par­mi les avant-gardes du 20e siè­cle, peu ont autant mar­qué l’avancée du medi­um pho­tographique dans l’histoire (vivante) de l’art que le sur­réal­isme. Con­tin­uer la lec­ture

Paul Nougé, l’efficacité dans l’ombre

Paul ARON et Pierre PIRET (sous la dir. de), Paul Nougé. La duplic­ité de l’esprit sincère, Textyles n°66, Ker, 2024, 144 p., 18€, ISBN : 978–2‑87586–490‑1

textyles paul nougeÀ la direc­tion de ce numéro de la revue Textyles con­sacré à Paul Nougé, Paul Aron (ULB) et Pierre Piret (UCLou­vain) en con­vi­en­nent d’emblée : il est encore dif­fi­cile de cern­er la per­son­nal­ité en regard de l’œuvre, alors que depuis plusieurs années la recon­nais­sance édi­to­ri­ale et cri­tique est venue combler le long proces­sus d’effacement auquel Nougé s’était lui-même adon­né, avant que Mar­cel Mar­iën, son édi­teur et fils spir­ituel, ne vienne y remédi­er. Chez Nougé, rien ne sem­ble man­quer, de l’approche biographique (Olivi­er Smol­ders, 1995) à l’exégèse doc­tor­ale (Geneviève Michel, 2013), de la réédi­tion des œuvres (Allia, 2017) à l’inscription majeure mais sin­gulière au sein du sur­réal­isme belge (Xavier Canonne, cat­a­logue de l’exposition à Bozar, 2024), jusqu’à sa juste sit­u­a­tion dans des antholo­gies col­lec­tives (voir le vol­ume récem­ment paru en Espace Nord, Magritte com­men­té par ses amis). Et pour­tant, énig­ma­tique, insai­siss­able, red­outable, d’une force intel­lectuelle peu com­mune, prêt à user de « la duplic­ité de l’esprit sincère », selon ses pro­pres mots, Nougé veille tou­jours à ne pas se laiss­er cir­con­scrire, et à ren­voy­er ses lecteurs à leurs pro­pres inter­ro­ga­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Magritte, à travers tout, le reste

Magritte com­men­té par ses amis, Textes choi­sis et présen­tés par Paul Aron, post­face de Sémir Badir, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 234 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–602‑2

magritte commenté par ses amisÉmile Zola écrivant sur Manet et sa pein­ture (1867), Camille Lemon­nier s’attachant à l’art de Courbet (1878) ou de Féli­cien Rops (1908), Émile Ver­haeren pub­liant la même année une mono­gra­phie con­sacrée à James Ensor, Apol­li­naire défen­dant Picas­so et Les pein­tres cubistes en 1913, Aragon célébrant Hen­ri Matisse, roman… Depuis la fin du 19e siè­cle et jusqu’à aujourd’hui, les écrivains et poètes n’ont pas man­qué d’accompagner des artistes qu’ils admi­raient, dont ils partageaient cer­taines con­vic­tions esthé­tiques ou approches idéologiques, et qui par­fois, furent égale­ment leurs amis. Régulière­ment, ce qui peut reli­er l’écrivain à l’artiste, c’est l’intime con­vic­tion chez le pre­mier que le sec­ond ouvre des voies nou­velles à une pra­tique pic­turale ou artis­tique, l’incline vers des ori­en­ta­tions inédites, et qu’il y a là quelque néces­sité à expliciter, sinon à faire décou­vrir par un plus large pub­lic, la réal­ité – et les qual­ités – de ces artistes, très sou­vent moqués, ridi­culisés ou injuriés à leurs débuts. Dans ce cadre, ce qui com­mence par un com­men­taire quelque peu artis­tique et sym­pa­thisant à des­ti­na­tion d’un jour­nal, voire d’une revue plus ou moins con­fi­den­tielle, peut se muer bien­tôt, la con­fi­ance mutuelle aidant, en un essai plus appro­fon­di. Con­tin­uer la lec­ture

Surréalisme et symbolisme, plus qu’une proximité ?

Fran­cis­ca VANDEPITTE (sous la dir. de), Imag­ine ! 100 ans de sur­réal­isme inter­na­tion­al, Ludion/MRBAB, 2024, 232 p., 35 €, ISBN : 978–94-6478–112‑0

imagine 100 ans de surrealisme internationalLe cen­te­naire de la nais­sance du sur­réal­isme, avec la paru­tion en octo­bre 1924 du Man­i­feste du sur­réal­isme d’André Bre­ton (en France) et des tracts-pam­phlets de Cor­re­spon­dance ini­tiés la même année par Paul Nougé, Camille Goe­mans et Mar­cel Lecomte (en Bel­gique) se mar­que par deux expo­si­tions éclairantes à Brux­elles, qui fut un haut-lieu de ren­con­tres et d’actions pour les mem­bres du mou­ve­ment sur­réal­iste, belges, français, et inter­na­tionaux. Si l’exposition His­toire de ne pas rire, à Bozar se focalise pri­or­i­taire­ment sur les activ­ités encore mécon­nues par­fois des sur­réal­istes brux­el­lois, hain­uy­ers, anver­sois, avec comme fig­ures de proue Paul Nougé et René Magritte, l’exposition Imag­ine ! 100 ans de sur­réal­isme inter­na­tion­al, présen­tée aux Musées roy­aux des Beaux-Arts, élar­git les per­spec­tives. Con­tin­uer la lec­ture

Envols brefs du bout du jardin

Jacques LACOMBLEZ, Sautes d’instant, brins d’humeur et un petit bout de jardin, Avec vingt-qua­tre dessins de Jean-Claude Sil­ber­mann, Quadri, 2024, 32 p., 25 €

lacomblez sautes d'instantAlors qu’il vient de boucler en galerie brux­el­loise la présen­ta­tion de ses pein­tures et dessins récents, Jacques Lacomblez mar­que égale­ment de sa plume de poète les 100 ans du sur­réal­isme, lui qui, né en 1934 – et inscrit dans sa galax­ie depuis 1956 – peut en compter dix de moins. Si ses précé­dents recueils lais­saient libre cours au poème de forme libre, par­fois mar­qué par la brièveté, il donne à lire cette fois une pleine brassée d’aphorismes. Le titre en est presque un lui-même : Sautes d’instant, brins d’humeur et un petit bout de jardin. Con­tin­uer la lec­ture

François Jacqmin, de l’art et des artistes

François JACQMIN, Écrits sur l’art et les artistes 1954–1991, édi­tion établie par Gérald Pur­nelle, pré­face de Pierre-Yves Soucy, AML Edi­tions, coll. « Archives du Futur », 2023, 262 p., 28 €, ISBN : 978–2‑87168–097‑0

jacqmin ecrits sur l art et les artistesSur la cou­ver­ture, un apho­risme peint, let­tres noires sur fond rouge, de et par François Jacqmin : « Pourvu qu’il n’arrive Rien ». Ce grand Rien, que pou­vait-il représen­ter pour le poète des Saisons et du Domi­no gris ? On songe à « la Cat­a­stro­phe », qui han­tait les pages du seul roman de Chris­t­ian Dotremont, La pierre et l’oreiller. Mais chez Jacqmin, qui n’a cessé de creuser par l’écriture ce puits sans fond qu’est la notion même d’exister, ce grand Rien reste un mys­tère. Les écrits pub­liés, inédits ou ébauchés de Jacqmin, déposés et inven­toriés aux Archives et Musée de la Lit­téra­ture (AML), font désor­mais l’objet d’une volon­té de pub­li­ca­tion inté­grale. C’est ain­si qu’après un pre­mier vol­ume d’Œuvres com­plètes cou­vrant les années 1946–1956, paru en 2022 dans une édi­tion de Gérald Pur­nelle (ULiège), sort un nou­v­el ouvrage sur beau papi­er, con­sacré aux Écrits sur l’art et les artistes. Pierre-Yves Soucy, dans sa pré­face, le sig­nale d’emblée : les textes réu­nis, pros­es, poèmes, apho­rismes, réflex­ions, sont de statuts divers. Cer­tains ont été pub­liés, d’autres pas, jugés sans doute non aboutis par l’auteur, d’autres encore ont con­sti­tué une masse imposante d’écriture, qui visait pour l’écrivain « à dévelop­per sa pen­sée en vue d’ensemble plus réduits et des­tinés à la pub­li­ca­tion. » Con­tin­uer la lec­ture

« … Rayez le mot surréalisme »

Xavier CANONNE (sous la dir. de), His­toire de ne pas rire. Le sur­réal­isme en Bel­gique, Fonds Mer­ca­tor et Bozar Books, 2024, 288 p., 49 €, ISBN : 978–94-6230–371‑3

canonne histoire de ne pas rire le surrealisme en belgiqueÀ l’origine, His­toire de ne pas rire est le titre don­né en 1956, par Mar­cel Mar­iën, qui en est l’éditeur à l’enseigne des Lèvres nues, aux écrits théoriques de Paul Nougé (1895–1967). Au dos de l’ouvrage fig­ure un encart en let­tres cap­i­tales : « Exégètes, pour y voir clair, rayez le mot sur­réal­isme ». Ce n’était pas la pre­mière fois que Nougé pre­nait ses « dis­tances » avec le mot sur­réal­isme, qu’il avait déjà indiqué plus tôt utilis­er sim­ple­ment « pour les com­mod­ités de la con­ver­sa­tion ». Il n’en reste pas moins que Nougé, dès l’automne 1924 – et indépen­dam­ment de la pub­li­ca­tion par André Bre­ton du pre­mier Man­i­feste du Sur­réal­isme – con­stitue avec Camille Goe­mans et Mar­cel Lecomte le trio fon­da­teur des activ­ités sur­réal­istes en Bel­gique, par l’édition d’une série de tracts ironiques sous le nom de « Cor­re­spon­dance », visant les milieux lit­téraires et artis­tiques, essen­tielle­ment français, de l’époque. Si l’on s’en tient à la chronolo­gie, il est donc naturel (comme il en va de même pour le Man­i­feste de Bre­ton), que l’on com­mé­more en 2024 le cen­te­naire du mou­ve­ment sur­réal­iste, qui ray­on­na durant plusieurs décen­nies non seule­ment en France et tout par­ti­c­ulière­ment en Bel­gique, mais égale­ment en Europe et sur d’autres con­ti­nents. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2023 d’Alain Delaunois

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2023 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion d’Alain Delaunois. Con­tin­uer la lec­ture

Dans l’avant-vie de Dominique Rolin

Un coup de cœur du Car­net

Dominique ROLIN, L’infini chez soi, post­face de Pierre Piret, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 300 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–588‑9

rolin l'infini chez soi« Toute inven­tion, dis-je à mon tour non sans une cer­taine lâcheté retorse dont j’ai par­faite­ment con­science, toute inven­tion est sanc­ti­fiée, rec­ti­fiée, jus­ti­fiée vaille que vaille par le feu d’une réal­ité folle. » Insérée dans l’audacieuse archi­tec­ture romanesque de L’infini chez soi – paru en 1980 chez Denoël et très heureuse­ment à nou­veau acces­si­ble aujourd’hui dans la col­lec­tion Espace Nord, avec une post­face appuyée de Pierre Piret – cette énon­ci­a­tion péremp­toire de Dominique Rolin s’applique on ne peut plus exacte­ment, pour­tant, à l’étonnant échafaudage tem­porel dess­iné et mis en place par l’écrivaine. Quoique pou­vant se lire de manière tout à fait autonome, ce roman à l’ingénieuse inven­tiv­ité formelle con­stitue le pre­mier volet d’une trilo­gie par­tielle­ment auto­bi­ographique, pour­suiv­ie en 1982 par Le gâteau des morts et en 1984 par La voyageuse – qui se clô­ture sur la mort de la nar­ra­trice, annon­cée pour l’année 2000. (Fic­tion encore, car Dominique Rolin s’est éteinte bien plus tard, en 2012, son dernier livre ayant paru en 2003). Con­tin­uer la lec­ture

En soi, qu’est-ce qui se dérobe ?

Muriel LOGIST (texte), Pas­cal LEMAITRE (dessins), Paupières de sel, pré­face de Claude-Louis Com­bet, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2023, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–109‑5

logist paupières de selQuar­ante ans d’édition à La Pierre d’alun, ani­mée par Jean Mar­che­t­ti, cela n’est pas rien, et la Bib­lio­the­ca Wit­tock­iana à Brux­elles s’en fait l’écho au tra­vers d’une éclairante mise en per­spec­tive de textes et d’images, jusqu’au 24 jan­vi­er prochain. C’est égale­ment l’occasion de revenir sur l’un ou l’autre ouvrage récem­ment inscrit au cat­a­logue, dont ces Paupières de sel que l’on doit à Muriel Logist. Con­tin­uer la lec­ture

La mémoire mode d’emploi (en soixante-quatre cases)

Jean-Philippe TOUSSAINT, L’échiquier, Minu­it, 2023, 250 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑7073–4885‑2

toussaint l'échiquierCela pour­rait com­mencer par une case, ou une date, la soirée du 12 mars 2020, et un lieu, Brux­elles. La pre­mière min­istre belge vient d’annoncer le con­fine­ment du pays, pour cause de Covid. Qua­tre jours plus tard, c’est le cas égale­ment chez nos voisins français. Et l’on pour­rait penser, ouvrant L’échiquier, nou­veau livre de Jean-Philippe Tou­s­saint, qu’il a cédé comme tant d’autres, écrivains, artistes, musi­ciens, sci­en­tifiques, chroniqueurs… à la ten­ta­tion com­préhen­si­ble de racon­ter son his­toire du Covid, cet envahisse­ment incon­nu jusque là – ses tragédies et les boule­verse­ments en chaîne de nos com­porte­ments pour y faire face. Con­tin­uer la lec­ture

Les mots les plus courts pour revenir vers soi

Antoine WAUTERS, Le plus court chemin, Verdier, 2023, 256 p., 19,50 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 978–2‑37856–177‑2

wauters le plus court cheminCer­taines per­son­nes éprou­vent par­fois le sen­ti­ment qu’il leur est impos­si­ble de pou­voir échap­per au passé, à l’histoire famil­iale, à la con­di­tion sociale et cul­turelle qui a con­tribué à les con­stru­ire. Comme si ce passé empêchait de vivre le présent, ou, pire, d’envisager l’avenir, tout mod­este qu’il soit. Ce n’est pas que ce passé soit mieux, ou moins bien, ou franche­ment destruc­teur, c’est qu’il est là, un par­a­site qui s’incruste en per­ma­nence dans l’aujourd’hui. Le nou­veau livre d’Antoine Wauters qui paraît en cette ren­trée lit­téraire s’inscrit à rebours de cette con­stata­tion, sans pour autant lui dénier tout crédit. Le plus court chemin, s’il est bien sous-titré « roman », aurait pu être un « réc­it » auto­bi­ographique, mais l’auteur de Mah­moud ou la mon­tée des eaux (Verdier, 2021) maîtrise les nuances séman­tiques et n’entend pas céder à la con­fu­sion. Le roman, auto­bi­ographique ou non, laisse accès à cette part de fic­tion qui per­met par­fois une mise à dis­tance bien­v­enue lorsque la nos­tal­gie, par exem­ple, pour­rait s’avérer être un élé­ment d’enfermement, et non d’ouverture. Con­tin­uer la lec­ture

Sonatines de saison

Jacques LACOMBLEZ, Que l’aube. Poèmes, Quadri, 2023, 48 p., 25 €, D/2023/9526/1

lacomblez que l'aubeLes dan­gers des armes guet­tent, la terre men­acée s’embrase, l’eau défer­le, ne s’écarte ni des cam­pagnes, ni des forêts, ni des habi­ta­tions. De quelles guir­lan­des de quié­tude ou d’ivresse pour­ront se par­er encore ces temps si mal éclairés ? Que seront les aubes de demain ? Peut-être ne restera-t-il que ce mot, l’aube, et ce que nous en auront dit les écrits de ceux qui en con­nurent d’autres. Avec la prise de dis­tance, et le recul que pro­cure le pas­sage des ans. Con­tin­uer la lec­ture