COLLECTIF, Les sœurs Loveling / De zussen Loveling, Midis de la Poésie Éditions & Poëziecentrum, 2021, 17 €, ISBN : 978–90-5655–359‑3
Huit poétesses néerlandophones et francophones – Catherine Barsics, Victoire de Changy, Hind Eljadid, Astrid Haerens, Ruth Lasters, Cathy Min Jung, Bwanga Pilipili et Maud Vanhauwaert – signent chacune un ou des poèmes inspirés de l’œuvre des sœurs Rosalie et Virginie Loveling dans l’ouvrage Les sœurs Loveling / De zussen Loveling paru aux éditions des Midis de la poésie & du Poëziecentrum. À l’entame de cet ouvrage collectif, la philosophe et autrice Tinneke Beeckman pose quelques balises historiques et contextuelles de la vie et de l’œuvre des sœurs Loveling. Continuer la lecture
Affaire de maîtrise que
On peint pour habiter l’acte de peindre, pour aller plus loin que la peinture. On peint pour trouver l’harmonie au milieu du champ de bataille. On cherche une logique au chaos.
« Est-ce un recueil ? Un essai ? Un manifeste ? Un manuel de poésie orale ? Une tentative de donner la poésie à entendre ? Le partage d’une passion ? Des pistes pour écrire ? Un splatchwork ! » La quatrième de couverture du recueil Les réflexions fantômes de l’Ami Terrien (aux éditions L’Arbre à paroles) ne trompait effectivement pas. Toute tentative de circonscrire cet ouvrage dans un « genre » bien défini est vouée à l’échec.
« […] et rien ne pourrait rivaliser malgré le poids du ciel et le chaos des routes, avec l’aptitude singulière à creuser insensiblement le sillon du renouveau – la fraîcheur de l’eau du nord et l’entrebâillement des langues, des esprits et des corps traversés même loin des côtes par l’eau salée. »
Ce qui était par contre clairement sous contrôle, c’était nous, et il allait falloir un certain temps pour que nous sortions de la torpeur et retrouvions une certaine énergie et foi en l’existence.
À l’occasion du premier anniversaire du
Coincée dans un lit d’hôpital par un coma sévère juste rythmé par le bip bip des machines, Sweetie Horn, septante ans et autrice de polar célèbre, voit ses neurones flottants la ramener à son enfance.
« Quand bien même mes phalanges auraient parcouru mille corps, aurais-je plus baroudé que dans le méandre de nos nuits solidaires, obstinées, qui créent le temps à la mesure de leur minuscule infini ? »
« Des lueurs corrosives emprisonnent les bords de ma vie, me rongent jusque dans les profondeurs. Peau livrée au chant des épines, je suis comme enfouie dans un immense labyrinthe et ne sais d’où viendra enfin une brèche pour m’esquisser un horizon. »
Dis-moi quelque chose épouse le calendrier des saisons, leurs cycles, leurs éléments et leurs couleurs. Au sein de chacune d’elles, « quelque chose » est donné à entendre, à espérer. Le poème vient, dans ce recueil d’Yves Namur publié aux éditions Arfuyen, déposer une voix, vibrant au diapason du ténu, de l’incertain, de l’inespéré. Ainsi, dans le « dis-moi », dans cette adresse – à l’autre, au lecteur, à soi-même – qui ouvre chacun des sizains, s’entend l’espoir d’une parole, d’une formulation. Ce dernier constitue autant le noyau que le fil rouge de ce recueil. 


« Je suis la somme des tourments de mes ancêtres.