Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

De la caricature au roman graphique : l’émergence d’un genre narratif en constante évolution

Un coup de cœur du Car­net

Alex­is LÉVRIER et Guil­laume PINSON (dir.), Presse et bande dess­inée : Une aven­ture sans fin, Impres­sions nou­velles, 2021, 380 p., 28 € / ePub : 28 €,  ISBN : 978–2‑87449–838‑1

presse et bande dessinee une aventure sans finVoici un ouvrage pas­sion­nant, riche­ment doc­u­men­té et illus­tré, à pro­pos du 9ème Art, qui, dès l’origine, se voit lié à une nou­velle cul­ture du regard et de l’image. Sous la direc­tion sci­en­tifique de deux émi­nents spé­cial­istes de l’histoire de la presse et de la cul­ture médi­a­tique, dif­férents chercheurs abor­dent le sujet en trois chapitres : La bande dess­inée, un art du jour­nal ; Les petits aven­turi­ers du quo­ti­di­en ; Fic­tions d’actualité et reportages dess­inés. Une sub­stantielle bib­li­ogra­phie et les notices des auteurs com­plè­tent l’ensemble. Les con­tri­bu­tions offrent une com­préhen­sion his­torique et ana­ly­tique, des orig­ines à aujourd’hui, d’un art qui trou­ve sa source dans la civil­i­sa­tion du jour­nal et de la presse au 19e siè­cle. Con­tin­uer la lec­ture

Le peintre et le justicier

Yves VASSEUR, Vin­cent van Gogh. Ques­tions d’i­den­tité, Fonds Mer­ca­tor, 2020, 160 p., 29.95 €, ISBN : 978–94-6230–263‑1

vasseur van goghD’une présen­ta­tion lux­ueuse – for­mat généreux, papi­er de qual­ité, mise en page soignée, icono­gra­phie impec­ca­ble –, le livre d’Yves Vasseur est dif­fi­cile­ment class­able. Ni biogra­phie, ni essai au sens strict, proche du “jour­nal de fouilles” des archéo­logues, il réu­nit les réc­its de qua­tre enquêtes dis­tinctes dont le com­mun dénom­i­na­teur est Vin­cent van Gogh. La pre­mière con­cerne un por­trait pho­tographique longtemps con­sid­éré comme celui du pein­tre à l’âge de treize ans : à la suite de longues et minu­tieuses recherch­es, l’au­teur démon­tre qu’il s’ag­it en fait de Théo, le jeune frère de Vin­cent, révéla­tion qui a déjà causé un vif émoi dans le lan­derneau. L’en­quête suiv­ante porte sur deux dessins signés VG et représen­tant de vieilles maisons à Cuesmes. Retrou­vés dans un gre­nier en 1958, ils sont authen­tifiés peu après, ce que con­teste de façon très argu­men­tée Y. Vasseur, pour qui le dilemme reste entier. Troisième inves­ti­ga­tion, à pro­pos du tableau Mar­guerite à l’har­mo­ni­um qui aurait été aban­don­né par van Gogh après avoir été gâché acci­den­telle­ment, puis réparé par Paul Gachet fils ; mais celui-ci s’est rétrac­té ultérieure­ment, non sans avoir peint lui-même la scène. La qua­trième enquête s’at­tache à une pho­to de groupe en fête provenant d’une col­lec­tion new-yorkaise, et au dos de laque­lle est imprimée la men­tion VINCENT VAN GOGH. Mal­gré l’in­sis­tance du pro­prié­taire, et après avoir ten­té en vain d’établir la plau­si­bil­ité de l’évène­ment, l’au­teur con­clut par un démen­ti – avant de jeter le doute sur le revolver rouil­lé avec lequel van Gogh se serait sui­cidé, et qui fut ven­du chez Drouot pour 162.500 euros… Con­tin­uer la lec­ture

Ce qui aurait pu ne pas être

Un coup de cœur du Car­net

ZABUS et HIPPOLYTE, Incroy­able !, Dar­gaud, 2020, 200 p., 21 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782205079654

zabus et hippolyte incroyableComme tous les petits garçons belges du même âge, Jean-Loup, 11 ans, vit une vie ryth­mée par son quo­ti­di­en à l’école. Comme tous les garçons de son âge ? Pas si sûr… Car s’il est curieux (et curieux de tout), il est égale­ment curieux dans le sens… « bizarre ». C’est que Jean-Loup compte sans cesse : 60 points pour éviter les lignes blanch­es du pas­sage clouté, mais davan­tage pour une tra­ver­sée les yeux fer­més et sans respir­er. S’il manque son coup, il fau­dra recom­mencer. 200 points pour ne pas avoir pen­sé à maman à qui il vient de penser pour­tant. Et recom­mencer. Et se tapot­er le bout du nez. Le quo­ti­di­en de Jean-Loup est jalon­né de rit­uels et de pen­sées envahissantes, fameux TOCs qui l’empêchent de vivre comme les autres et qui le con­duisent à se réfugi­er dans l’imaginaire. Con­tin­uer la lec­ture

« A day in the life »

Un coup de cœur du Car­net

Régis DUQUÉ, John Mal­one, Lans­man, 2020, 52 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0305‑4

duqué john maloneMar­tin, dix ans, fait ses devoirs dans sa cham­bre. Il décide de s’évader dans le livre, John Mal­one, que lui a offert Mar­got, la fille qu’il aime bien. L’orage se met à gron­der. Il com­mence sa lec­ture. Une attaque ter­ror­iste men­ace le pays. Heureuse­ment, le Bureau des affaires antiter­ror­istes veille. Le regard de Mar­tin s’élève vers la cathé­drale. Quelqu’un bouge sur le toit. Son esprit s’évade. Dans la pièce à côté, son père est occupé à con­stru­ire un nichoir à oiseaux. Il pal­abre, se sou­vient de l’époque où il tra­vail­lait sur un open space où chaque pause pipi était minu­tieuse­ment notée et cal­culée. Il se sou­vient du peu de poésie qu’il trou­vait par­fois en regar­dant la neige tomber par la fenêtre. Au même moment, dans les rues de la ville, deux policiers patrouil­lent. L’un s’ennuie fer­me­ment et aimerait plus d’action. Sur les toits de la cathé­drale, Tom Fox est à deux doigts de cap­tur­er John Mal­one, mais ce dernier lui échappe de justesse en héli­cop­tère. Tom parvient toute­fois à le fil­er. Con­tin­uer la lec­ture

En quête de sens

Pas­cale SEYS, Le panache de l’escargot. Philoso­phie vagabonde sur l’humeur du monde, Racine, 2021, 181 p., 20 €, ISBN : 9782390251392

seys le panache de l'escargotDans ce troisième recueil de chroniques qui recense des textes courts philosophiques cha­peautés par des titres par­fois sur­prenants, Pas­cale Seys nous emmène dans ses réflex­ions sur des thèmes clas­siques tels la vieil­lesse, le bon­heur ou la gen­til­lesse, mais aus­si des thèmes plus inat­ten­dus comme les dis­trib­u­teurs de savon automa­tiques. Con­tin­uer la lec­ture

L’ombre du miroir

Patri­cia HESPEL, Nos âmes sœurs, Genèse, 2021, 264 p., 21, ISBN : 9782382010044

hespel nos ames soeursLe trép­i­dant roman Nos âmes sœurs racon­te le des­tin de deux jeunes femmes. D’un côté, en Hon­grie, il y a Lud­mil­la, une jeune noble orphe­line qui vécut au 15e siè­cle et dont le des­tin fut parsemé de mal­heurs. Elle perdit tout d’abord ses par­ents, tous deux assas­s­inés par son oncle san­guinaire et avide de pou­voir. Puis, elle fut don­née en mariage, très jeune, au seigneur Arthus de Bàl­drun. Sa nour­rice – la seule per­son­ne de con­fi­ance qu’il lui restait – parvint à la tenir à dis­tance, dans un cou­vent, jusqu’à ses qua­torze ans. À peine ses qua­torze bou­gies souf­flées, elle fut emmenée au château de Bàl­drun où elle décou­vrit la vio­lence mas­cu­line. La désir­ant depuis de nom­breuses années, Arthus l’obligea à assou­vir tous ses désirs et la vio­len­ta à maintes repris­es. Après avoir fail­li la tuer, il se reti­ra et déci­da de ne plus jamais la touch­er, à la con­di­tion qu’elle lui reste fidèle jusqu’à la fin de ses jours. D’une jalousie extrême, Arthus en fit sa pris­on­nière et la fit sur­veiller jour et nuit par ses sol­dats, dont son fidèle Béli­saire. Lud­mil­la prof­i­ta de la présence de deux étrangers hébergés dans le château – le seigneur Loren­zo, un impor­tant maitre-archi­tecte ital­ien, et son élève Gui­do – pour sor­tir de sa cham­bre et éla­bor­er un plan d’évasion. L’infortune de sa vie avait fait de Lud­mil­la une femme froide et sûre d’elle. Sa beauté était absolue et elle savait que le jeune appren­ti ital­ien ne serait pas indif­férent à elle. L’amour n’allait-il pas se mêler de leur his­toire ? Mal­heureuse­ment, les choses allaient rapi­de­ment mal tourn­er. Con­tin­uer la lec­ture

Philippe Leuckx, « le cœur voilé de vie »…

Philippe LEUCKX, Nuit close. Sizains, Bleu d’encre, 2021, 36 p., 10 €, ISBN : 978–2‑9307–2537‑4

leuckx nuit closeEn poésie, le mou­ve­ment de fer­me­ture n’implique pas for­cé­ment l’hermétisme. L’expression poé­tique se con­dense à l’extrême, atteint une incan­des­cence nucléaire. Toute forme brève devient ain­si une trouée, si moin­dre soit-elle, ouvrant sur une infini­tude insoupçon­née. Chaque mot en est pesé et acquiert une portée, comme on le dit des pro­jec­tiles, mais qui ici redonneraient vie et sens. Con­tin­uer la lec­ture

Les éblouissements toujours renaîtront…

Rio DI MARIA, Éblouisse­ments d’exil, Arbre à paroles, 2020, 190 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87406–698‑6

di maria eblouissements d exilUne voix poé­tique s’est éteinte en mars 2020. Celle d’une sorte de grand frère même pour ceux qui ne l’ont pas ou peu con­nu. Une voix sin­gulière qui a su tra­vers­er les modes et les temps depuis la pub­li­ca­tion en 1973 de son pre­mier recueil chez Hen­ry Fagne, À tra­vers l’aube. Parus une pre­mière fois en 2006, la Mai­son de la poésie d’Amay nous livre ici une ver­sion revue et aug­men­tée (notam­ment de dessins de l’auteur) de ces Éblouisse­ments d’exil à laque­lle le poète tra­vail­lait quelques semaines avant sa dis­pari­tion. C’est dire si l’auteur, qui n’aura mal­heureuse­ment pas pu voir cette nou­velle mou­ture, accor­dait une place priv­ilégiée à ce texte. La pré­face de Murielle Com­père-Demar­cy est en ce sens éclairante, insis­tant notam­ment sur le mou­ve­ment per­pétuel de la mémoire, bal­ance­ment con­stant chez le poète pour qui l’ « arrache­ment » à la Sicile, sa terre natale, fut à la fois déchire­ment et renais­sance. La Beauté que chante Rio di Maria ne cesse en effet de renaître comme le lilas au print­emps. Une éter­nité des sen­sa­tions, des émo­tions, une force vitale qui tou­jours renais­sent avec l’aube au seuil du réveil, quand le corps de la femme aimée se révèle, une nou­velle fois, au petit jour. Con­tin­uer la lec­ture

Le piéton du monde

Carl NORAC, Un verre d’eau glacée, Tail­lis Pré, 2021, 81 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–175‑3  

norac un verre d eau glacéeRécom­pen­sé en 2018 par le grand prix Albert Mock­el de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique pour l’ensemble de son œuvre poé­tique, Carl Norac est aujourd’hui grat­i­fié du statut de poète nation­al. Mais c’est avant tout en poète trans­frontal­ier qu’il aigu­ise son regard à la recherche d’un émer­veille­ment tou­jours renou­velé. Celui qu’il capte dans les yeux des enfants qu’il croise à tra­vers le monde. Con­tin­uer la lec­ture

Les secrets du professeur de scénario

Luc DELLISSE, L’atelier du scé­nar­iste. Vingt secrets de fab­ri­ca­tion, Impres­sions nou­velles, 2021, 192 p., 16 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 9782874498510

dellisse l atelier du scénariste vingt secrets de fabricationNou­velles, essais, poésie…, l’écrivain Luc Del­lisse a pub­lié ces derniers mois plusieurs livres qui ont quelque peu éclip­sé l’autre (si ce n’est le pre­mier) ver­sant de son tra­vail : celui de spé­cial­iste du ciné­ma, et plus par­ti­c­ulière­ment du scé­nario. Pro­fesseur de scé­nario, Del­lisse a tiré de son méti­er le roman éponyme, mais aus­si des ouvrages qui tien­nent plus du guide pra­tique, tels que L’invention du scé­nario et  L’atelier du scé­nar­iste, que réédi­tent oppor­tuné­ment Les Impres­sions nou­velles après une pre­mière pub­li­ca­tion en 2009. Con­tin­uer la lec­ture

Laurence Boudart écrit sur Martine

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rence BOUDART, Mar­tine. Une aven­turière du quo­ti­di­en, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2021, 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–858‑9

boudart martine une aventuriere du quotidienSacré défi que d’écrire à pro­pos de Mar­tine, cette « éter­nelle petite fille sage, âgée pour tou­jours d’une dizaine d’années », entrée dans l’imaginaire col­lec­tif dès 1954 au tra­vers du dessin de Mar­cel Mar­li­er et de l’auteur Gilbert Dela­haye, tant elle évolue dans un monde sans aspérité aucune ni n’est dotée d’un quel­conque (super-)pouvoir. Lau­rence Boudart relève ce défi avec brio, dans son essai Mar­tine. Une aven­turière du quo­ti­di­en, pub­lié dans la col­lec­tion « La fab­rique des héros » des Impres­sions nou­velles. Mar­tine fréquente désor­mais les mythiques Bat­man, Bar­barel­la, Sher­lock Holmes ou Jack Spar­row. Con­tin­uer la lec­ture

Trains de vies, vies en train

Frank ANDRIAT, Lorsque la vie déraille, Quad­ra­ture, 2021, 145 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931080–10‑8

andriat lorsque la vie derailleDans le TGV Paris-Toulouse, en route pour le Salon du livre, un auteur sup­porte tant bien que mal le mono­logue pré­ten­tieux et vul­gaire d’un écrivain à suc­cès.

Maria part ren­con­tr­er de jeunes lecteurs dans un col­lège alsa­cien. Ni la grève de la SNCF, ni le mau­vais pressen­ti­ment de Lor­ris ne la dis­suaderont de pren­dre le train pour Col­mar. Con­tin­uer la lec­ture

Redécouvrir François Truffaut

Bernard GHEUR, Les orphe­lins de François, Weyrich, coll. « Plumes du coq »,  2021, 304 p., 16 €, ISBN : 9782874896170

gheur les orphelins de françoisDans un livre sen­si­ble, touf­fu, entraî­nant, Bernard Gheur s’est attaché à éclair­er un ver­sant inat­ten­du de François Truf­faut. Les orphe­lins de François révèle un « éveilleur de romans », lecteur pas­sion­né, exigeant. « Sous le cray­on de François – sa baguette mag­ique -, les phras­es gag­naient en légèreté, en lim­pid­ité, en poésie. La touche Truf­faut. »

Bernard Gheur avait à peine vingt ans lorsqu’il envoya à François Truf­faut, « le dieu de mes seize ans », une nou­velle de qua­tre pages, Le tes­ta­ment d’un can­cre. Con­tin­uer la lec­ture

Un recueil poétique polymorphe

Stéphane LAMBERT, Écri­t­ure pre­mière, Let­tre volée, 2020, 96 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87317–561‑0

lambert écriture premièreAprès une œuvre déjà abon­dante et diverse, Stéphane Lam­bert revient à la poésie, cette fois dans un vol­ume élé­gant pub­lié à La Let­tre volée. Un recueil impor­tant, Écri­t­ure pre­mière, tout en dis­cré­tion mais explicite dans sa sim­plic­ité, en apparence peut-être, lan­gag­ière sans doute, et pour­tant com­plexe d’inspiration. Celle-ci est claire­ment avouée si on dis­tingue dans le texte dif­férentes sec­tions titrées, soit en dédi­cace à des artistes ou à leurs man­i­fes­ta­tions, à l’exclusion de tout résumé, soit en manière de pos­si­ble lec­ture ou inter­pré­ta­tion. Il faut en tout cas compter avec la vraie doc­u­men­ta­tion en appui à un choix en con­nais­sance cer­taine. Comme dans ses autres pub­li­ca­tions, essais et cer­tains romans, Stéphane Lam­bert est donc ici voué à l’art.

Nous le suiv­rons dans son itinéraire. Con­tin­uer la lec­ture

Fantômes et casseroles

Alain BERENBOOM, Michel Van Loo dis­paraît, Genèse, 2021, 288 p., 22,5 €, ISBN : 978–2‑3820100–06

berenboom michel van loo disparaitOù l’on retrou­ve, sous la plume sub­tile d’Alain Beren­boom, le détec­tive privé brux­el­lois Michel Van Loo et sa bande d’amis de la Place des Bien­fai­teurs : Anne, son amoureuse, Hubert, le phar­ma­cien et sa femme Rebec­ca, Fed­eri­co, le coif­feur anar sicilien et ses deux copains, les frères Mot­ta, « red­outa­bles syn­di­cal­istes camion­neurs », tous sur pied de guerre pour retrou­ver leur ami Michel dis­paru au cours d’une enquête dans un patelin hen­nuy­er proche de la fron­tière française… Con­tin­uer la lec­ture

Lendemains de guerre et haines

Benoît DEMONTY, La longue nuit de l’humanité, Empaj, 2020, 247 p., 14 €, ISBN : 978–2‑931011–19‑5

demonty la longue nuit de l'humanitéSi le titre est déclam­a­toire, La longue nuit de l’humanité est un pre­mier roman réus­si ayant plus de corps que de cœur. Tant d’un point de vue lit­téraire que du nom­bre de vic­times. D’une encre énergique, sans fior­i­t­ures quoiqu’épicée de jolis traits d’écriture, Benoît Demon­ty file les tranchées de la Grande Guerre au rythme car­diaque des poilus. Et même si, ni l’auteur né en 1974, ni le lecteur ne sont plus en mesure de véri­ta­ble­ment saisir les événe­ments, l’action, la nar­ra­tion et les hor­reurs qui s’y répan­dent impres­sion­nent. Davan­tage qu’au ciné­ma par exem­ple, lorsqu’on pense notam­ment à 1917 de Sam Mendes rel­e­vant plus de la per­for­mance tech­nique que de l’épique souf­france des sol­dats. Force donc de l’évocation sur l’image. Con­tin­uer la lec­ture