Archives de catégorie : Poésie

Muriel Claude : tailler la langue dans l’oblique

Muriel CLAUDE, Arrange­ment flo­ral, Flam­mar­i­on, 2022, 110 p., 17 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9–782080-273192

claude arrangement floralAprès l’ouvrage À la proue (avec Pierre Mertens, paru chez CFC Édi­tions), où elle évoque son méti­er de libraire, Muriel Claude nous livre un pre­mier recueil poé­tique, Arrange­ment flo­ral. L’ikebana com­pose à la fois la toile de fond d’un recueil qui en épouse l’esthétique (le jeu entre le vide et le plein, la con­ci­sion de la forme) et un motif poé­tique qui autorise l’exhumation de sen­sa­tions, d’événements de l’enfance. L’art flo­ral japon­ais n’agit pas comme un fil­tre qui délivr­erait une valeur métaphorique mais s’élève au rang d’un anal­o­gon d’une démarche de l’esprit, au rang d’une cod­i­fi­ca­tion végé­tale afin d’explorer les traces de l’intime. Con­tin­uer la lec­ture

Un jour de vents propices

Arnaud DELCORTE, Trou­ble, Unic­ité, 2021, 14 €, 86 p., ISBN : 978–2‑37355–628‑5

delcorte troubleLa poésie demande à être apprivoisée par le lecteur. Par­fois, elle exige plusieurs lec­tures suc­ces­sives afin d’en retir­er, comme aux pas­sages des couleurs sur une pierre lith­o­graphique, des émo­tions, des lumières, des sen­ti­ments dif­férents. Ils com­posent au terme de ces par­cours, une sen­sa­tion d’ensemble qui s’élabore dans l’esprit et le cœur. C’est à ce proces­sus d’imprégnation par strates qu’invite le recueil d’Arnaud Del­corte. Une telle démarche se jus­ti­fie d’autant plus que le livre puise à dif­férentes sources. Il réu­nit des textes pub­liés ini­tiale­ment dans des revues. Ain­si « Chech­nya » (Bleu d’Encre, 2020), « L’homme qui marche » (Do Kre I S, Vagues lit­téraires, 2017), et « Dans la clameur » (Legs, 2019). Ces textes alter­nent avec des com­po­si­tions inédites, « Prières dans la nuit », « Soft Requiem », « La couronne », « Appel d’air », et « Memo­ri­am Mediter­ranea ». Les illus­tra­tions de l’auteur, décli­naisons pho­tographiques en noir et blanc – trans­for­ma­tions flu­ides d’images qui en devi­en­nent abstraites, dont l’une orne la cou­ver­ture – ryth­ment la décou­verte du recueil. Con­tin­uer la lec­ture

Elke de Rijcke. Les flexions vitales du poème

Elke DE RIJCKE, Juin sur avril, Lan­sK­ine, 2021, 176 p., 18 €, ISBN : 9782359630626

de rijcke juin sur avril couverturePoétesse, écrivaine, tra­duc­trice, pro­fesseure aux Écoles supérieures d’art Saint-Luc et l’ERG, Elke de Rijcke investit l’espace poé­tique avec, dans une main, la clé des songes, dans l’autre, l’art des con­nex­ions entre écri­t­ure, arts et sci­ences. Juin sur avril est bâti selon un dis­posi­tif auda­cieux qui génère de la pen­sée et du poé­ma­tique à par­tir d’une mise à l’épreuve d’une mul­ti­plic­ité d’œuvres : la sculp­ture The Flux and the Pud­dle de David Alt­mejd qui com­pose la basse con­tin­ue du recueil, des inven­tions lit­téraires de Ray­mond Rous­sel dans Impres­sions d’Afrique, des créa­tions de Rodin, Camille Claudel, Kup­ka, Sarah Sze, des œuvres musi­cales, les travaux en neu­ro­sciences de Dama­sio… La forge poé­tique d’Elke de Rijcke repose sur l’expérimentation de ten­sions, d’états physiques et psy­chiques qui se don­nent une par­ti­tion poé­tique afin de se penser, de retrac­er leur genèse. Con­tin­uer la lec­ture

Poésie en temps de confinement

Tim­o­téo SERGOÏ, Il faut que tu me comptes par­mi nous, Ter­ri­toires de la mémoire, 2022, 120 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930408–49‑1

sergoi il faut que tu me comptes parmi nousLe vers de Hölder­lin, « pourquoi des poètes en temps de détresse ? », ne cesse de sauter de siè­cle en siè­cle, de con­vo­quer les poètes à y répon­dre, à tout le moins à s’y affron­ter. Fig­u­rant dans le poème élé­giaque « Pain et vin », ce « Wozu Dichter in dürftiger Zeit ? » se décline sous la plume de Tim­o­téo Ser­goï. Que peut la poésie face au covid-19, quelles ressources indi­vidu­elles et col­lec­tives nous pro­pose-t-elle lors des con­fine­ments ? Com­ment une poésie hors quar­an­taine peut-elle décon­fin­er les corps et dés­in­car­cér­er les esprits ? Durant les cinquante jours de con­fine­ment s’étalant du 20 mars au 8 mai 2020, le poète, comé­di­en, artiste, voyageur Tim­o­téo Ser­goï a lancé à près de deux cents per­son­nes un poème-gravure quo­ti­di­en, un objet poé­tique, une bouteille ivre de mots, ciselée dans un esprit de résis­tance et de sol­i­dar­ité. Il faut que tu me comptes par­mi nous nous délivre des créa­tions qui s’élèvent comme autant de con­tre-feux à un quo­ti­di­en plom­bé à l’intérieur duquel elles dessi­nent une brèche. Il s’agit moins d’un manuel de survie en milieu hos­tile qu’une volte-face rompant avec la résig­na­tion et le nihilisme, qu’un témoignage d’une vie enfer­mée, cade­nassée dans un état d’exception qui tend dan­gereuse­ment à s’inscrire dans le régime socié­tal, à devenir la règle. Con­tin­uer la lec­ture

Désencagement de l’esprit et de la lumière

Un coup de cœur du Car­net

Serge DELAIVE, Autour d’un hiv­er, Bozon2x, 2021, 121 p., 20 €, ISBN : 978–2‑931067–09‑3

delaive autour d un hiverSou­vent, les ciels sont liss­es et pâles.
Ils reti­en­nent et dis­persent la lumière. Qui ne jouira pas.

Accom­pa­g­né de son ami Aïtor, Serge Delaive sil­lonne l’hiv­er 2020 encagé par le deux­ième con­fine­ment (rebap­tisé « sec­onde venue de l’In­sekt »). Armé de son télé­phone puis d’un petit reflex, il cap­ture les paysages qu’il tra­verse dans le froid et les joint à ses mots dans ce recueil Autour d’un hiv­er. La poésie ici est déam­bu­la­tions en prose, union de l’œil, du sen­si­ble et de la pen­sée. Con­tin­uer la lec­ture

Splendide comme Jérusalem

Jean-Pierre SONNET, La ville où tout homme est né, Tail­lis Pré, 2021, 56 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87450–185‑2

sonnet la ville ou tout homme est ne« Pollen, tout est pollen, aux jours d’avril en Israël ; pollen, tout est pollen, les mêmes jours en Pales­tine. […] Le mur, les bar­belés, le dôme d’acier ne peu­vent y faire : ici et là, les oliviers sont fécondés. »

En une quar­an­taine de petites pros­es, le poète Jean-Pierre Son­net invite à une déam­bu­la­tion médi­ta­tive, spir­ituelle et poé­tique dans la ville de Jérusalem, au tra­vers du recueil La ville où tout homme est né. La ville, dite « trois fois sainte » (car située au car­refour des reli­gions musul­mane, chré­ti­enne et juive) est le lieu, pour Jean-Pierre Son­net, où s’éprouve la poésie, où vibre son « kaléi­do­scope d’images ». Con­tin­uer la lec­ture

Dire adieu à la vie

Pierre YERLÈS, Élé­gies pais­i­bles, pré­face d’Alain Dan­tinne, dessins de Cather­ine Podol­s­ki, Bleu d’en­cre, 2021, 130 p., 14 , ISBN : 978–2‑930725–42‑0

yerles elegies paisiblesOn aurait pu croire obsolète l’élégie, ce genre poé­tique d’o­rig­ine anci­enne où s’é­ploie une mélan­col­ie exis­ten­tielle, voire un incur­able sen­ti­ment de manque ou de perte. Ce serait oubli­er des écrivains aus­si nota­bles que F. Hölder­lin, R.M. Rilke, ou plus près de nous J. Gros­jean, J. Van­den­schrick, C. Este­ban. Certes, le lan­gage a changé, l’élan roman­tique cédant le pas à la sobriété et à la con­den­sa­tion, mais la thé­ma­tique reste large­ment focal­isée sur le rap­port à la mort, ques­tion dont on sait le car­ac­tère inépuis­able. Tel est le créneau dans lequel s’in­scrit le petit livre de Pierre Yer­lès : face à la prox­im­ité de la fin, com­ment dire adieu à la vie et aux siens sans gliss­er dans la banal­ité, l’au­to-api­toiement, la grandil­o­quence, la révolte vaine ? Plus rad­i­cale­ment, pourquoi un tel adieu non par le biais de la parole ou d’une sim­ple let­tre, mais sous la forme moins habituelle d’un recueil ? L’au­teur répond indi­recte­ment à cette ques­tion quand il red­it sa dilec­tion fer­vente pour la poésie, de Vil­lon à Neru­da en pas­sant par Baude­laire, Apol­li­naire ou Norge. Sans pré­ten­dre égaler de tels prédécesseurs, il voudrait en retenir la leçon essen­tielle : faire sig­ni­fi­er de manière toute per­son­nelle le monde extérieur et intérieur en exploitant les poten­tial­ités infinies de la langue. Con­tin­uer la lec­ture

Célestin de Méeûs donne le droit de foutre le camp

Un coup de cœur du Car­net

Célestin de MÉEÛS, Cav­ale russe, Cheyne, 2021, 80 p., 17 €, ISBN : 978–2‑84116–309‑0

de meeus cavale russeBrux­elles, un « vieux ven­dre­di d’avril », un vingt-qua­tre. Célestin de Méeûs prend la tan­gente pour une cav­ale russe qu’il effectue à rebours de Cen­drars – s’ex­pul­sant du petit pays dont il « n’a jamais voulu rien savoir » pour se fich­er, telle une épin­gle sur une carte, à Vladi­vos­tok. C’est des con­fins de la Russie, du plus extrême est, qu’il entre­prend alors un retour vers Ostende et vers l’aimée. Gar­di­en d’une pho­togra­phie d’elle qu’il « criblera de doigts », c’est à elle qu’il s’adresse dans ce long poème démon­trant que le souf­fle peut ne jamais mourir, déroulant implaca­ble­ment des vers d’une exigeante soif de justesse. Con­tin­uer la lec­ture

De la clairvoyance

Jean-Marie CORBUSIER, Ordon­nance du réel, Tail­lis Pré, 2021, 12 €, ISBN : 978–2‑87450–186‑9

corbusier ordonnance du reel« Ras­surés par un jet de lumière aux avant-postes de la nuit, nous ali­menterons la poésie aux ailes de nos désirs. »

Après le recueil De but en blanc, Jean-Marie Cor­busier délivre son ouvrage Ordon­nance du réel, égale­ment pub­lié au Tail­lis Pré. En une suite de poèmes en prose, adressés ini­tiale­ment à un « tu », le poète évoque l’essence et le mou­ve­ment de la poésie : « L’ombre et le som­met cohab­itent dans une fer­til­ité qui les dépasse, telle est la poésie insai­siss­able et une. » Con­tin­uer la lec­ture

De l’immatériel

Gas­pard HONS, Invis­i­bles cordées, Rougerie, 2021, 12 €, ISBN : 978–2‑85668–404‑7

hons invisibles cordeesLa vie que tu t’offres
– Une his­toire fêlée – Un
Objet de brève éter­nité
Naître pilote pre­mier
Devoir se débar­rass­er de soi
– Comme d’une let­tre -
Écrite en langue étrangère

Invis­i­bles cordées de Gas­pard Hons est, comme le titre le donne à pressen­tir, placé sous le signe de l’énigme. Non une énigme que le poète détiendrait pour lui seul, ni un mys­tère caché pour le lecteur – mais une énigme partagée, celle qui nous rassem­ble peut-être au sein de notre con­di­tion d’humains. En fil­igrane des pages, des poèmes sen­si­bles et tac­i­turnes, se devine la dis­cré­tion et la qual­ité de présence du poète Gas­pard Hons, décédé en 2020. Con­tin­uer la lec­ture

« Déambulons dans le non-dit »

Un coup de cœur du Car­net

François LIÉNARD, Lieux dits, Col­lages de F. Lié­nard, Âne qui butine, coll. « Xylophage », 2021, 230 p., 22 €, ISBN : 9782919712274

liénard lieux dits« On ne part pas » décré­tait, dans Mau­vais sang, celui que l’on surnom­mait pour­tant « l’homme aux semelles de vent ». C’est que le rap­port du poète au voy­age est con­trar­ié, du fait qu’il est voy­ant : il est moins un corps qu’un regard qui se déplace. Les décors se muent en mots, les façades ne dis­simu­lent jamais qu’elles-mêmes, tous les arti­fices des villes sont dénudés en un clin d’œil…

François Lié­nard, vous con­nais­sez ? Mais si… Vous l’aurez croisé dans quelque train entre Brux­elles-Midi et Charleroi-South ou vers Mons via Buizin­gen, ou encore à la jetée d’Antwerpen, à Lis­bonne, à Køben­havn, à Venise, ou dans quelque ville-musée « Inscrite au Pat­ri­moine mon­di­al d’une / Human­ité qui ne se recon­naît plus », ou dans des con­fins moins acces­si­bles encore, Châtil­lon, Vir­ton-on, Arlon. Con­tin­uer la lec­ture

Chute ascensionnelle

Patrick DEVAUX, Le temps appris, Coudri­er, 2021, 74 p., 16 €, ISBN : 978–2‑39052–025‑2

devaux le temps apprisÀ soix­ante-huit ans, Patrick Devaux prend désor­mais son temps. Surtout celui de la réflex­ion, se tour­nant face au passé comme devant un miroir. Il y mire ses sou­venirs, y recon­nait la nos­tal­gie, y revoit des gens ren­con­trés et ceux qui ne sont déjà plus là. « Un sou­venir est un acquis, ce n’est pas du temps per­du », m’explique-t-il par télé­phone. Ain­si, le titre de son recueil, Le temps appris, sig­ni­fie que ce dernier n’a rien pris sans laiss­er quelque chose, des bribes, des frag­ments, des pous­sières d’étoiles ; leur scin­tille­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Le temps suspendu des vacances

Iocas­ta HUPPEN, Mai­son d’été, ill. de Jus­tine Gury, Par­tis pour, 2021, 68 p., 18 €, ISBN 978–2‑9602004–7‑8

huppen maison d'été                   Le jardin était d’orangers, l’ombre bleue,
des oiseaux pépi­aient dans les branch­es.
Le grand vais­seau, tous feux allumés,
avançait lente­ment, entre ces rives silen­cieuses.
Yves Bon­nefoy

L’errance et le voy­age for­ment le matéri­au du bal­last sur lequel s’appuie la ligne de fuite pour­suiv­ie par les édi­tions Par­tis Pour. Sans par­ti pris et avec le souci de pro­pos­er de beaux-livres, les édi­tions ont pour objec­tif d’embarquer le lecteur sur les chemins du monde à tra­vers les itinéraires de femmes et d’hommes qui ont l’impulsion du départ rivée au corps.

Con­tin­uer la lec­ture

Écouter parler la nature

David JAUZION-GRAVEROLLES, Lumière des lim­ites, Coudri­er, 2021, 108 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–023‑8

jauzion graverolles lumieres des limitesPartagé en qua­tre coins géo­graphiques de la France à la Suède, David Jauzion-Graverolles pub­lie en Bel­gique son pre­mier recueil de poésie pour, assure-t-il en entre­vue, matéri­alis­er son ancrage sur notre ter­ri­toire. Met­teur en scène et dra­maturge, enseignant au Lycée français, il a quit­té son Jura natal pour suiv­re son épouse sué­doise. Ain­si con­nait-il au moins deux étés, l’un méditer­ranéen (dont est issue sa famille) et l’autre nordique. Ce con­traste est à l’origine de ce recueil de poésie, Lumière des lim­ites, chapitré du Små­land en ses tour­bières aux marécages Brux­el­lois en pas­sant par le mas­sif du Jura et les gorges de l’Ardèche. Con­tin­uer la lec­ture

L’harmonie d’une dissonance

Tom NISSE, Une longue dis­so­nance, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « Root­leg », 2021, 54 p., 6 €, ISBN : 9782875053879

« j’ai l’air de frag­menter comme ça, en réal­ité j’unis »
Ch. Dotremont

nisse une longue dissonanceCeux qui ont eu l’occasion d’entendre Tom Nisse sur scène savent l’importance qu’il accorde à ce sub­til dosage qui s’opère entre la forme, le pro­pos et le corps dès lors que l’on se trou­ve face au pub­lic. Accom­pa­g­né ou non d’un musi­cien, le poète sait jouer de cette alchimie par­ti­c­ulière. Rares en effet sont les poètes qui parvi­en­nent comme lui à trou­ver la juste mécanique de cet engrenage dans le scan­dé, dans la (pro)pulsion du poème. C’est dire si la lec­ture d’un nou­veau texte de Tom Nisse résonne de cette voix grave et fis­surée dont il a le secret. Une parole poé­tique ten­due qui rend compte des har­moniques sou­vent dis­so­nantes du monde con­tem­po­rain et des voix de celles et ceux que l’on a muselés, effacés. Voix lézardées comme le sont les murs des villes que le poète arpente dans des errances noc­turnes, sous les lumières bla­fardes des rues qui font par­fois tanguer les corps. Con­tin­uer la lec­ture

Le grain sépia des secrets de famille…

Jean-Luc & Simon OUTERS, Por­traits de famille, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2021, 58 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–119‑7

outers portraits de familleOn a tous été con­fron­tés aux vieilles pho­tos de famille. Pho­togra­phies polaroïd, sépia, argen­tiques qui ont cet avan­tage sur le numérique d’être imprimées donc aus­si le pou­voir de remon­ter à la sur­face un jour ou l’autre, sans crier gare. Pho­tos déten­tri­ces le plus sou­vent de secrets « flot­tant dans l’atmosphère » qu’ils soient d’alcôve, d’état ou de polichinelle. Gar­di­ens de mémoires enfouies, ces clichés, retrou­vés au fond de quelque tiroir, pren­nent la place de mots souf­flés, écrits et per­dus. Paroles qui s’envolent, images qui restent même si elles s’effacent par­fois. Dans ce texte pub­lié à La pierre d’alun sous forme de petit car­net à spi­rales (à feuil­leter en écoutant William Sheller), les images de Simon répon­dent aux mots de Jean-Luc. Ou peut-être est-ce l’inverse ? Peu importe puisque le dia­logue ici entre le père et le fils naît en quelque sorte de ces bains révéla­teurs qui font revivre les sil­hou­ettes famil­iales dél­itées. Con­tin­uer la lec­ture