En Amazonie, sur les traces d’un Indien Zapiro

Un coup de cœur du Car­net

Thomas LAVACHERY, Rumeur, École des loisirs, 2019, 123 p., 12.50 €, ISBN : 978–2‑211–23885‑4

Dis­ons-le d’emblée : Rumeur est un grand roman, de ceux que vous aurez plaisir à offrir autour de vous. La saga de Bjorn le Mor­phirJojo de la Jun­gle, Ma famille verte et les qua­tre vol­umes de Tor ont assis la renom­mée de Thomas Lavach­ery, récent lau­réat du Grand Prix tri­en­nal de Lit­téra­ture de Jeunesse de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Avec Ramulf, l’auteur s’adressait déjà aux ado­les­cents comme aux adultes.

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Pas si blanc, Noël !

Béa­trice LIBERT, Le cheva­lier des sept couleurs, illus­tra­tions de Math­ieu Schmitt, Vaga­mun­do Jeunesse, 2018, 112 p., 17€, ISBN : 979–10-92521–30‑6

Vêtu d’un pyja­ma bar­i­olé offert par sa mar­raine, le nez dans un livre dont l’a doté son par­rain, Noël s’assoupit et dégringole dans un étrange rêve, blanc comme neige. Blanc comme à la mon­tagne. Con­traire­ment au Par­adis Blanc à l’abri de la vio­lence cher à Michel Berg­er, le Pays Blanc où atter­rit notre héros est un endroit à l’aura plutôt lugubre où non seule­ment on regarde l’altérité – ici toute trace de couleur – avec méfi­ance et hos­til­ité, et où chaque ten­ta­tive de penser autrement est cade­nassée par l’adage « Tout est blanc, tout est pur, c’est la loi ». Pire encore, on punit ceux qui oseraient hauss­er le ton. Mais Noël est pugnace, et mal­gré ceux qui cherchent à le décourager d’explorer plus avant cet endroit pour retrou­ver le kaki, le mauve, le turquoise et toutes les autres nuances, il garde en tête une petite phrase mater­nelle : « Il ne faut jamais baiss­er les bras ni se laiss­er impres­sion­ner par les grincheux ». Con­tin­uer la lec­ture

Petites histoires glaçantes

CLARKE, Ren­con­tres obliques, Lom­bard, 2018, 160 p., 16,45 €, ISBN : 9782803672363

Après Réal­ités obliques et Mon­des obliques, l’auteur de bande dess­inée Clarke livre un troisième tome de ses réc­its aus­si brefs que lugubres. L’auteur de la série Mélu­sine (dont le dernier album vient de sor­tir) délaisse sa petite sor­cière et s’adresse ici à un pub­lic adulte, pour lequel il a aus­si réal­isé d’autres albums remar­qués, comme le thriller d’anticipation Les Danois ou le dip­tyque Dilem­na. Con­tin­uer la lec­ture

L’Europe entre dérives identitaires et mépris des peuples

Véronique DE KEYSER, Une démoc­ra­tie approx­i­ma­tive L’Europe face à ses démons, CAL, coll. « Lib­erté, j’écris ton nom », 2018, 100 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87504–030‑5

Plus de soix­ante ans après le Traité de Rome, peut-on dire que l’Europe est démoc­ra­tique ? C’est l’une des ques­tions que pose Véronique De Keyser, anci­enne députée social­iste européenne (de 2001 à 2014) et pro­fesseure émérite de psy­cholo­gie à l’ULiège, dans son livre Une démoc­ra­tie approx­i­ma­tive. L’Europe face à ses démons, lau­réat du Prix du livre poli­tique 2018.

La créa­tion de l’Europe après la Deux­ième guerre mon­di­ale sym­bol­i­sait la réc­on­cil­i­a­tion des peu­ples sur un champ de ruines. Jusqu’au début des années 2000, les crises qu’elle a tra­ver­sées ont été sur­mon­tées et son exis­tence n’a jamais été vrai­ment ques­tion­née. Il n’en est plus de même aujourd’hui (…) L’Europe a encore ses défenseurs, mais ses détracteurs se font de plus en plus nom­breux.

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Avant le Verbe

Un coup de cœur du Car­net

Math­ieu BURNIAT et Loup MICHIELS, Trap, Dar­gaud, 2019, 180 p., 13 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑205–07927‑2

Tout le monde se sou­vient du Mys­tère du monde quan­tique, cet album élé­gant, drôle et dense, qui nous fai­sait pénétr­er dans ce que les sci­ences ont de plus com­plexe, et dont le des­sein péd­a­gogique ne pou­vait faire l’économie de phy­lac­tères expli­cat­ifs. Bien­v­enue dans Trap, le nou­v­el album de Math­ieu Bur­ni­at (ici avec Loup Michiels) et dans son monde d’avant les expli­ca­tions, d’avant les phy­lac­tères, d’avant le Verbe. Con­tin­uer la lec­ture

Johan Muyle, biker street artist

Johan MUYLE, Sculp­ture Surf­ing, pré­face d’Éric Fab­re, Édi­tions du Caïd, 2018, 80 p., 35 €, ISBN : 978–2‑930754–12‑3   

Acteur mul­ti-activiste de l’art con­tem­po­rain en Bel­gique, con­nu tout autant pour ses grandes fresques murales réal­isées avec (et à la façon) des pein­tres affichistes de Madras en Inde, que pour ses con­struc­tions et assem­blages d’objets ani­més par de minu­tieux mou­ve­ments d’horlogerie, mix­ant à la fois les cul­tures pop­u­laires, les con­flits médi­atisés du monde actuel, et les jeux ironiques du lan­gage, écrit ou visuel, Johan Muyle (Charleroi, 1956) est aus­si un pas­sion­né de moto, et par­ti­c­ulière­ment de l’une des mar­ques les plus mythiques de l’histoire des deux-roues motorisés : la Harley-David­son. Con­tin­uer la lec­ture

L’éternité à marée basse

Anne-Marie WILWERTH, encres d’Éric HENNEBIQUE, Ce que le bleu ne sait pas du frag­ile, Tail­lis Pré, 2019, 97 p., 14 €, 978–2‑87450–142‑5

La poésie d’Anne-Marielle Wilw­erth sem­ble ici, plus que jamais, voguer à la crête des vagues. Large­ment inspiré de l’univers mar­itime dont l’auteure se sent proche, Ce que le bleu ne sait pas du frag­ile nav­igue de Charybde en Scyl­la vers un hori­zon vis­i­ble mais indé­pass­able. Sous le signe de la couleur bleue, si chère à l’écrivain-voyageur Nico­las Bou­vi­er ou à Georges Per­ros dans ses Poèmes bleus, la poésie épurée – presque des haïkus –  suit le rythme lent de l’eau. Elle en épouse  le léger roulis, tangue sur l’océan de l’écriture qui est tou­jours à repren­dre comme on reprend la mer après une escale for­cée. Con­tin­uer la lec­ture

Des nouvelles de Belgique

Patrick DELPERDANGE, Kenan GÖRGÜN, Katia LANERO ZAMORA, Nadine MONFILS, Alfre­do NORIEGA, Aïko SOLOVKINENou­velles de Bel­gique, Pré­face Pierre Asti­er, Mag­el­lan & Cie, coll. « Minia­tures », 2019, 190 p., 12 €, ISBN : 978–2‑35074–542‑8

La lit­téra­ture serait-elle le meilleur moyen de décou­vrir une région ? Com­ment percevoir autrement l’esprit d’un lieu qu’à tra­vers la per­cep­tion intime qu’en donne un écrivain ? Les édi­tions Mag­el­lan & Cie ont répon­du avec con­vic­tion à ces ques­tions en imag­i­nant leur col­lec­tion « Minia­tures », qui vient de con­sacr­er un de ses derniers titres à la Bel­gique.

« Alors que la mon­di­al­i­sa­tion des échanges pro­gresse, que le monde devient un pour tous, des mon­des-minia­tures s’imposent, des pays et des régions entières affir­ment leur iden­tité, revendiquent leur his­toire ou leur langue, réin­vestis­sent pleine­ment leur espace. Quoi de plus par­lant qu’une minia­ture, la nou­velle, pour lever le voile sur ce monde-là, celui d’une diver­sité infinie et por­teuse d’espoir ? », voilà en quelques mots com­ment l’éditeur, Pierre Asti­er, présente cette ini­tia­tive qui a déjà pub­lié une quar­an­taine de titres aus­si var­iés que ceux con­sacrés à Cuba, Haïti, Mon­tréal, le Liban, le Mali, le Con­go, la Corse ou la Bre­tagne, la Cat­a­logne, la Ser­bie ou la Corée, etc. Con­tin­uer la lec­ture

« Son Bateau ivre »

Rony DEMAESENEER et Alain MUNOZ, L’habitude (presque) ras­sur­ante des départs, Élé­ments de lan­gage, 2019, 106 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930710–18‑1

Col­lec­tion­neur pas­sion­né de Rim­baud, père d’un Arthur de qua­tre ans, Rony Demae­se­neer bâtit avec ce recueil de frag­ments, son pro­pre Bateau ivre. Tel celui de Thésée, il le con­stru­it avec des sou­venirs famil­i­aux épars depuis Prague jusque Brux­elles. Cette ligne de huit cents kilo­mètres d’Est en Ouest, par-dessus le 50e par­al­lèle, tisse son iden­tité et son réc­it d’un fil à la fois géo­graphique et généalogique ; de ses grands-par­ents à son fils, ultime des­ti­nataire de ce long poème très dense. Con­tin­uer la lec­ture

Nous ne sommes pas seuls dans la mangrove

Un coup de cœur du Car­net

Vic­toire DE CHANGY, L’île longue, Autrement, 2019, 200 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782746751262

Il s’agirait d’abord d’un départ : sur un coup de tête, la nar­ra­trice, jeune femme affamée de mys­tère part à Téhéran et « s’accorde au décor et dénote à la fois ». Prend ses mar­ques et le temps néces­saire pour décou­vrir l’Iran « qui ouvre ou qui ferme », « qui tend ou qui prend ». Lors de l’ashoo­ra[1], elle a ren­con­tré Tala, la ving­taine, qui la voit comme « sa pre­mière amie d’un autre pays ». C’est la fille aînée d’une fratrie dense. Sa mère est décédée il y a peu, dans une douleur qua­si­ment indi­ci­ble. Un mal qui pour­tant a été gravé en ondes sonores sur le répon­deur : « Dar­d­aram, j’ai mal » sont des mots qu’on ne voudrait plus jamais enten­dre. Tala a aus­si don­né la vie très tôt à Bijan. Toutes trois, la fille déliée de son mariage, la petite-fille qui touche si ten­drement les gens et les objets et cette nar­ra­trice invitée jusqu’au plus intime de cette famille, vont chercher à percer les secrets d’une mère dont sub­siste une col­lec­tion de phras­es sibyllines. Dans le « car­net du dedans » rési­dent sans doute des répons­es à toutes leurs ques­tions.

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Au bord de la falaise

Daniel FANO (textes), Jean-François OCTAVE (illus­tra­tions), Bien­tôt la Con­ven­tion des can­ni­bales, 2019, 76 p., 13 €, ISBN : 978–2‑930607–55‑9

Daniel Fano est un écrivain de l’apoc­a­lypse tran­quille. Au fil des années, dans des réc­its aux titres improb­a­bles, des poèmes nar­rat­ifs et sub­tils, des fables et des romans de la mélan­col­ie lucide, l’auteur a inven­torié, grâce à son sens aigu de la fic­tion, la moder­nité et ses avatars, qu’on pour­rait appel­er aujour­d’hui tout sim­ple­ment le temps d’après. Con­tin­uer la lec­ture

L’astre Léonard de Vinci

Daniel Sal­va­tore SCHIFFER, Divin Vin­ci, Léonard de Vin­ci, L’Ange incar­né, Erick Bon­nier, 2019, 405 p., 22 €, ISBN : 978–2‑36760–169‑4

À l’occasion du 500ème anniver­saire de la mort de Leonar­do da Vin­ci, le philosophe et écrivain Daniel Sal­va­tore Schif­fer, grand spé­cial­iste du dandysme, inter­roge l’œuvre, la vie, la pen­sée de celui qui incar­ne l’humanisme de la Renais­sance. Pein­tre, sculp­teur, archi­tecte, poète, ingénieur, inven­teur, philosophe human­iste… c’est sous l’angle de l’universalité de son génie que Daniel Sal­va­tore Schif­fer appréhende l’astre Léonard de Vin­ci. S’appuyant sur les écrits de l’artiste — son Traité sur la pein­ture, ses Codex, car­nets, jour­naux sou­vent rédigé dans une écri­t­ure spécu­laire … —,  revis­i­tant l’œuvre (La Joconde, La Cène, La bataille d’Anghiari, Léda et le cygne, Bac­chus, Saint jean Bap­tiste…), Divin Vin­ci, Léonard de Vin­ci, L’Ange incar­né explore la syn­thèse des arts et des sci­ences mise en œuvre par celui qui, faisant de la pein­ture une « cosa men­tale », une chose men­tale, la dotait, par-delà sa fonc­tion esthé­tique, d’une fonc­tion cog­ni­tive. « Dessin­er, c’est con­naître » écrivait-il. Loin de s’en tenir à la seule étude des influ­ences ayant mar­qué Vin­ci (pen­sée pla­toni­ci­enne, néo­pla­ton­isme, appren­tis­sage de la pein­ture avec Andrea del Ver­roc­chio…), Daniel Schif­fer mon­tre les inven­tions tech­niques et esthé­tiques qui en font le loin­tain précurseur des impres­sion­nistes (la fameuse inno­va­tion pic­turale du sfu­ma­to), ou des préraphaélites et des sym­bol­istes (la fig­ure de l’androgynie). Con­tin­uer la lec­ture

Résidence de traduction à Seneffe : appel à candidatures

Le col­lège de Sen­effe — Pho­to Françoise Wuil­mart

Le Col­lège européen des tra­duc­teurs lit­téraires de Sen­effe ouvri­ra de nou­veau ses portes pour des rési­dences de tra­duc­tion et d’écri­t­ure, du 1er au 31 août 2019. Les can­di­da­tures sont atten­dues pour le 30 avril 2019. Con­tin­uer la lec­ture

Boustro 7. La création comme indocilité

Bous­tro, revue plas­tique et poé­tique ani­mée par Lau­rent DANLOY, Pas­cal LECLERCQ, Karel LOGIST et Paul MAHOUX, n°7, novem­bre 2018.

Dans le paysage édi­to­r­i­al, cer­taines revues por­tent le flam­beau d’une créa­tion qui échappe aux fourch­es caudines de la lit­téra­ture mar­ket­ing. Créée en 2015 par les poètes Karel Logist et Pas­cal Lecler­cq, par les artistes plas­ti­ciens Lau­rent Dan­loy et Paul Mahoux, Bous­tro appar­tient à cette tribu de revues qui priv­ilégient l’expérimentation et l’exploration d’univers hors normes. Pas­sant au for­mat A3, le numéro 7 réu­nit qua­tre plumes qui grif­f­ent le monde, y creu­sant des ter­ri­ers — par­fois stel­laires — où vivre, et un artiste plas­ti­cien qui impose un cat­a­clysme visuel en noir et blanc. Les textes de Nathalie Gas­sel, Maud Joiret, Christophe Kauff­man et Vol-au-vent, les dessins de Mon­sieur Pim­pant nous font quit­ter terre. Par-delà la sin­gu­lar­ité des cinq créa­teurs, une lame de fond com­mune, celle de l’indocilité, d’une soif d’un autre réel qui passe par la chair à vif, la fête des corps. Con­stru­isant ses textes comme elle sculpte son corps, en quête d’une com­pac­ité séman­tique qui libère une beauté sin­gulière faite de désirs mor­dus par la blessure, Nathalie Gas­sel (auteure de textes sai­sis­sants, Éros androg­y­ne, Con­struc­tion d’un corps pornographique, Abat­te­ment…, pho­tographe) livre, sous le titre  « Fri­da » des stèles poé­tiques inter­ro­geant l’espace obscur où gisent les défunts, les affres du corps défait. On pense à Fri­da Kahlo lut­tant avec un organ­isme brisé, on reçoit en instan­ta­nés chim­iques une écri­t­ure qui ouvre les portes que la société prend soin de sceller. L’écriture de Nathalie Gas­sel n’a que faire de la joliesse d’une lit­téra­ture adepte des sur­faces. Elle creuse jusqu’à ouvrir le corps et entr­er dans la chair.

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Du jardin en fleurs au pays d’absence

Carme­lo VIRONE, Danser dessous, Tétras Lyre, 2018, 58 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–35‑9

Sous le titre inat­ten­du Danser dessous, Carme­lo Virone égrène au fil de ses sen­ti­ments, ses humeurs, ses sou­venirs, des poèmes aux couleurs changeantes.

Ici, l’aveu d’un pro­fond désar­roi en appelle aux dis­parus : « morts que j’ai tant aimés / morts don­nez-moi la main / car me voici per­du / au milieu de mon âge ».

Là, un sur­vol souri­ant se teinte d’ironie : « J’ai tra­vail­lé pour la cul­ture / l’avenir de la lit­téra­ture / j’ai mérité ma con­fi­ture / et le pain blanc pour l’étaler / mais je préfère le pain gris ». Con­tin­uer la lec­ture

De quelques arpents…

Un coup de cœur du Car­net

Célestin DE MEEÛS, Cadas­tres, Cheyne, 2019, 62 p., 16 €, ISBN : 978–2‑84116–264‑2

Le nou­veau recueil sobre et épuré de Célestin de Meeûs est une vraie réus­site ! Une belle sur­prise, une pépite presque, que les chercheurs d’or lit­téraire emporteront assuré­ment dans leur besace. Parce que le lecteur-orpailleur est aus­si un arpen­teur, il emboîtera les pas de l’auteur dans le sil­lage des volutes de tabac qui sem­blent ici balis­er le chemin à tra­vers les rues des villes. Un itinéraire un peu secret que la poésie de Célestin de Meeûs dévoile par strates, par coupons citadins. Une poésie con­crète, de ter­rain qui nous invite à scruter les lézardes lais­sées par le temps et les piétine­ments des voyageurs de pas­sage dans un Occi­dent qui s’épuise, comme à bout de souf­fle.

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