Archives par étiquette : Alain Delaunois

Un Blavier, sinon rien !

André BLAVIER, Un bib­li­ographe au pays des fous, Choix de textes, entre­tien et post­face de Rony Demae­se­neer, Espace Nord, 2023, 340 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–585‑8

blavier un bibliographe au pays des fousLe terme de « bib­li­ogra­phie » entre dans le Dic­tio­n­naire de l’Académie française aux envi­rons de 1760, mais on con­sid­ère générale­ment le savant Gabriel Naudé (1600–1653) comme le pre­mier bib­li­ographe français en tant que tel. Et com­ment définis­sait-on Naudé en son temps ? Par sa fonc­tion de bib­lio­thé­caire (notam­ment pour Mazarin), sa haute éru­di­tion, ses qual­ités de let­tré, et son inscrip­tion per­son­nelle dans le mou­ve­ment des penseurs lib­ertins. Lui-même rédi­gea une Bib­li­ographia polit­i­ca, réu­nis­sant un vaste cor­pus de références et de textes con­sacrés à la chose poli­tique. Con­tin­uer la lec­ture

André Stas, ou apprendre à laisser

André STAS, Je pen­sai donc je fus. Apho­rismes com­plets 1993–2023, Cac­tus Inébran­lable, 2023, 388 p., 24 €, ISBN : 978–2‑39049–078‑4

stas je pensai donc je fus« Le temps d’apprendre à vivre, on est mort de fatigue. » « Jadis, je dis­ais ‘Je vais mourir un jour’, main­tenant ‘un de ces jours ». Et fidèle à lui-même, entêté jusqu’à l’os, c’est ce qu’a fait André Stas, qui a rompu les amar­res le 26 avril dernier, ou si l’on préfère, s’est « défini­tive­ment occulté » (soit le 7 Palotin 150) pour ceux qui parta­gent avec lui les pré­ceptes aus­si sérieux que dérisoires du Col­lège de ‘Pat­a­physique. Avant de pren­dre le large vers le grand rien et de laiss­er désem­parés tous ses proches et ses ami/es, ce grand manip­u­la­teur des images et des mots, col­lag­iste très ten­té et prati­cien grapho­ma­ni­aque des caus­es dés­espérées, eut néan­moins le temps de sign­er un dernier bon à tir­er : celui de Je pen­sai donc je fus, une antholo­gie presque com­plète de ses apho­rismes, édités entre 1993 et 2023, et regroupés de son vivant au Cac­tus Inébran­lable. Con­tin­uer la lec­ture

Dépasser l’anti-art avec Dotremont

Chris­t­ian DOTREMONT, Dépas­sons l’anti-art. Écrits sur l’art, le ciné­ma et la lit­téra­ture, 1948–1978, édi­tion établie par Stéphane Mas­sonet, Ate­lier con­tem­po­rain, 2022, 944 p., 25 €, ISBN : 978–2‑85035–073‑3

dotremont depassons l anti artNous sommes en 1960. Une revue danoise sol­licite Chris­t­ian Dotremont pour retrac­er l’apport spé­ci­fique des artistes danois à l’art expéri­men­tal et au mou­ve­ment CoBrA. Mais CoBrA s’est dis­sout en 1951, peu après sa 2e et dernière expo­si­tion inter­na­tionale qui s’est tenue à Liège. Les artistes du groupe, qu’ils soient hol­landais, danois, belges, français, et autres, ont con­tin­ué à trac­er leur chemin, n’ignorent plus Paris dont ils s’étaient écartés en 1948, et la cap­i­tale française les accueille plutôt mieux. Alors Dotremont, un peu ennuyé, revient aux sources, vingt ans plus tôt : la créa­tion en 1941 d’un péri­odique danois, Hel­h­esten, et d’un groupe réu­nis­sant des créa­teurs, archi­tectes, pein­tres, dessi­na­teurs, sculp­teurs, poètes… dans une spon­tanéité expres­sion­niste, un intérêt pour le prim­i­tivisme et une effer­ves­cence inter­dis­ci­plinaire qui sera l’une des clés à venir de CoBrA. Con­tin­uer la lec­ture

Un cœur fou sous un chapeau noir

Un coup de cœur du Car­net

Eugène SAVITZKAYA, L’amour de loin, dessins de l’auteur et de Muriel Logist, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2023, 64 p., 15 €,  ISBN : 978–2‑87429–127‑2

savitzkaya logist l'amour de loinLes années pas­sant, l’enchantement soudain et imprévis­i­ble que provo­quent les livres sin­guliers d’Eugène Sav­itzkaya réside encore et tou­jours dans le jeu formel de l’écriture, qu’il pra­tique avec la vivante sou­p­lesse de l’acrobate. Évi­tant de rester engoncé dans la car­i­ca­ture que peut con­stituer par­fois le man­teau de poète, plutôt prêt à se met­tre en retrait, à l’écart, ce « fraudeur » (pour repren­dre le titre d’un de ses romans) du monde lit­téraire s’avance tan­tôt déli­cat et tout en saveur, tan­tôt lassé des injus­tices per­pétrées au nom des règles et des normes, ce qui peut alors sus­citer de la part de ce « fou trop poli » (autre titre encore) les plus vio­lentes ripostes. Con­tin­uer la lec­ture

François Jacqmin en ses premiers états

François JACQMIN, Œuvres com­plètes 1. L’amour la terre, 1946–1956, édi­tion cri­tique et géné­tique établie par Gérald Pur­nelle, AML Edi­tions, coll. « Archives du Futur », 2022, 344 p., 28 €, ISBN : 978–2‑87168–091‑8

jacqmin oeuvres completes 1Il y a un peu plus de trois décen­nies, le 13 févri­er 1992, s’éteignait François Jacqmin, essen­tielle­ment recon­nu de son vivant pour quelques dis­crets mais éblouis­sants recueils poé­tiques, tels Les saisons (Phan­tomas, 1979) et Le livre de la neige (La Dif­férence, 1990, tous deux réédités en Espace Nord en 2016). Si la recon­nais­sance cri­tique et publique fut tar­dive, on le doit en par­tie à l’écrivain lui-même. L’œuvre poé­tique de Jacqmin, l’un des « Sept types en or » réu­nis en 1953 par l’amitié au sein de la revue Phan­tomas de Théodore Koenig et Joseph Noiret, était en apparence rel­a­tive­ment peu abon­dante. Lui-même, volon­taire­ment, ne livrait qu’avec parci­monie ses textes, alors même qu’il était de notoriété publique à cette époque que l’écriture, celle de poèmes en prose, de réflex­ions sur le lan­gage et le silence, la méta­physique de l’être, les rela­tions entre l’humain et la nature… emplis­sait une grande par­tie de ses jours et de ses nuits. Con­tin­uer la lec­ture

Tombeau pour Tom Gutt, indomptable, indompté

Jean WALLENBORN, Avec Tom Gutt. Sou­venirs et choix de textes, Sam­sa, 2022, 260 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87593–384‑3

wallenborn avec tom guttDans la vie pro­fes­sion­nelle, Jean Wal­len­born est essen­tielle­ment con­nu comme pro­fesseur et chercheur en sci­ences physique à l’ULB, où il a effec­tué lui-même ses études. Dans une vie par­al­lèle, il a par­ticipé de manière essen­tielle, dès 1960–61, aux man­i­fes­ta­tions d’un petit cer­cle d’activistes sur­réal­istes, regroupé autour du poète, écrivain, édi­teur, avo­cat et polémiste brux­el­lois Tom Gutt (1941–2002). De ce petit noy­au remuant et vir­u­lent, notam­ment par ses tracts, Louis Scute­naire dis­ait : « Son gang et lui (Tom Gutt), c’est de très loin ce qu’il y a de meilleur dans le sil­lage du bateau sur­réal­iste ». Wal­len­born était déjà l’auteur, en 2016, d’une mono­gra­phie qui révélait véri­ta­ble­ment le par­cours d’un pein­tre sur­réal­iste anver­sois trop peu con­nu : Roger Van de Wouw­er, l’incorruptible. Con­tin­uer la lec­ture

Pol Bury, plus d’un tour dans son sac à malices

Frédérique MARTIN-SCHERRER, Pol Bury. Livres et écrits, CFC et Cen­tre Dai­ly-Bul & Co, 2022, 272 p., 27 €, ISBN : 978–2‑87572–080‑1
Pol Bury. Va et vient, Cat­a­logue trilingue, avec les par­tic­i­pa­tions de J. Gob­ert, L. Wilmot, L. Leoni, Ch. Veys, V. Blondel, F. Mar­tin-Scher­rer, Cen­tre de la Gravure et de l’Image imprimée, 180 p., 125 illus­tra­tions, 35 €

martin-scherrer pol bury livres et ecritsEn 1965, Pol Bury (1922–2005) pub­lie Le petit com­mence­ment dans la col­lec­tion des « Poquettes volantes » des édi­tions du Dai­ly-Bul. L’auteur a dépassé de peu la quar­an­taine d’années, il est alors un artiste inter­na­tionale­ment recon­nu. Il a trou­vé le suc­cès financier à New York, après la renom­mée artis­tique à Paris, grâce à ses sculp­tures mobiles d’une lenteur incom­pa­ra­ble, ses créa­tions de boules et d’objets mon­u­men­taux, que vien­dront encore com­pléter les fontaines de métal action­nées par d’invisibles et silen­cieux mécan­ismes. Dans Le petit com­mence­ment, Bury établit une com­para­i­son tout en nuances entre le vol­ume de ses sculp­tures, si renom­mées pour leur masse… et la sur­face du papi­er, qu’il n’a jamais cessé de tra­vailler du bout des doigts, sa vie durant. Con­tin­uer la lec­ture

André Stas ou le spadassin passe-murailles

André STAS (textes) et Ben­jamin MONTI (dessins), Bref caetera, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2022, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–124‑1
Raoul VANEIGEM (textes), André STAS (col­lages), Adages, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2022, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–123‑4

Stas monti bref caeteraOn peut rire aux larmes, et de tout, et de rien… mais pour rédi­ger un traité de savoir-rire, il faut dénich­er l’arme et l’avoir bien en main. L’entretenir. Depuis plus de qua­tre décen­nies, André Stas, « ce chif­fon­nier muni de son cro­chet » – comme le décrivait en 1981 Scute­naire dans sa pré­face à une expo­si­tion de col­lages au Salon d’Art, chez Jean Mar­che­t­ti – a tou­jours trou­vé matière à con­fec­tion­ner ses flèch­es et couteaux, aigu­isés, effilés, enduits d’un secret mélange de curare, de hou­blon et d’eau de Spa, pour attein­dre ses cibles. Les col­lages de Stas, nés dans la par­faite con­nais­sance de ses prédécesseurs sur­réal­istes, ont acquis très vite une autonomie per­son­nelle, que Jacques Lizène définis­sait comme « des enlu­min­ures libres ». À la fois absur­des, dro­la­tiques, par­fois féériques et sou­vent sen­suelles voire sex­uelles, mais sans illu­sions : Stas est impi­toy­able à l’égard de lui-même et de ses sem­blables. Cet homme ne s’épargne pas, pas plus que ses col­lages au scalpel n’épargnent le monde qui l’environne. On cite à nou­veau Scute­naire : un col­lage de Stas, c’est « comme si une éponge morte et sat­urée d’une eau sale rede­ve­nait une créa­ture marine, vivante et fraîche, encore que par­fois effrayante. » Con­tin­uer la lec­ture

Contes, fables et poèmes de Dotremont

Chris­t­ian DOTREMONT, Abrupte fable, édi­tion établie et présen­tée par Stéphane Mas­sonet, pré­face de Georges A. Bertrand, Ate­lier con­tem­po­rain, 2022, 256 p., 20 €, ISBN : 978–28-50350–74‑0

dotremont abrupte fableAvec Dotremont, tou­jours se laiss­er bal­ancer – comme lui – au hasard du noir et blanc, tourbe des Fagnes et neige de Laponie, d’une page l’autre et d’une plume voleuse :

Tor­dre ton image
déjouer ton ordre
te faire gri­mace
dis­lo­quer ton verbe
non pour te grimer
mais pour te revoir
comme tu riais (Lta­tion exa tumulte, 1970)

En 2022, Chris­t­ian Dotremont aurait eu cent ans. S’il n’avait été trop tôt, en 1979, emporté par la mal­adie, la tuber­cu­lose, l’épuisement, si « la tache », « le trou », « la cat­a­stro­phe » n’avaient eu rai­son de lui. Con­tin­uer la lec­ture

La photographie en amateur, c’est toute une histoire !

Ade­line ROSSION, Michel F. DAVID, et Anne DELREZ, En dilet­tante. His­toire et petites his­toires de la pho­togra­phie ama­teur, Musée de la Pho­togra­phie de Charleroi et Edi­tions du Caïd, 2022, 400 p., 55 €, ISBN : 978–871 83 08 49

en dilettante histoire et petites histoires de la photographie amateurQue dia­ble peut bien sig­ni­fi­er aujour­d’hui le terme de « pho­togra­phie ama­teur » ? À l’heure glob­al­isée des self­ies omniprésents et des images démul­ti­pliées en abon­dance, l’œil vorace des réseaux soci­aux se dis­perse dans une volatil­ité sans fin. Tout con­court à ce que, par l’usage expo­nen­tiel des télé­phones porta­bles et autres appareils pluri-fonc­tions, soit ren­due évidem­ment « obsolète » cette dénom­i­na­tion de « l’a­ma­teur ». N’im­porte qui de nos jours peut à son gré et en posant le doigt sur quelques touch­es, non seule­ment saisir mais aus­si com­mu­ni­quer dans des sphères plus ou moins proches ou loin­taines, comme on voudra, ces images instan­ta­nées, pour le meilleur et pour le pire, d’un instant unique et par essence éphémère. Con­tin­uer la lec­ture

By jove ! La Marque Jaune, roman

Un coup de cœur du Car­net

Edgard P. JACOBS, La Mar­que Jaune, 5e couche, coll. « Didas­calies », 2022, 124 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39008–083‑1

jacobs la marque jaune la 5e coucheAu ray­on lit­téra­ture française chez votre libraire, l’ouvrage n’attire pas vrai­ment plus l’attention qu’un autre. Une cou­ver­ture blanche ornée d’un filet bleu, une typogra­phie alter­nant le noir pour l’auteur et le bleu nuit pour le titre, tout sem­ble indi­quer qu’on a sous les yeux un ouvrage de cette mai­son bien con­nue qui pub­lie Jean Echenoz, Pierre Bayard ou Eugène Sav­itzkaya. La cou­ver­ture, car­ton­née à dos car­ré, intrigue un peu, mais voilà, un zeste de coquet­terie sans doute… Et puis… By jove ! Damned ! Bon sang ! Dès qu’on ouvre la pre­mière page, trois phras­es bien sen­ties propulsent le lecteur non endor­mi dans l’atmosphère noc­turne du « fog » anglais : « Big Ben vient de son­ner une heure du matin. Lon­dres, la gigan­tesque cap­i­tale de l’empire bri­tan­nique, s’étend, vaste comme une province, sous la pluie qui tombe obstiné­ment depuis la veille. Sur le fond du ciel som­bre, la tour de Lon­dres, cœur de la ‘City’, découpe sa dure sil­hou­ette médié­vale… » Ces quelques lignes, un peu désuètes (où en est aujourd’hui l’empire bri­tan­nique ?) camp­ent directe­ment l’atmosphère d’un de ces romans qu’aurait pu écrire Agatha Christie, ou, avant elle, Jules Vernes… Con­tin­uer la lec­ture

Un matin qui ne prenne pas l’encre

Jacques LACOMBLEZ, Blanc som­meil, avec dix dessins de Georges-Hen­ri Morin, Quadri, Brux­elles, 2021, 36 p., 25 €

lacomblez blanc sommeilFig­ure majeure du groupe sur­réal­iste « Phas­es » d’Edouard Jaguer en France, proche de Bre­ton et des sur­réal­istes parisiens dès les années 1950, créa­teur à Brux­elles de la revue Edda, Jacques Lacomblez a longtemps mené sa bar­que dans une semi-soli­tude mais pas sans ami­tiés, se ten­ant à bonnes enca­blures, en per­spec­tive éloignée (et sou­vent con­flictuelle) du groupe sur­réal­iste brux­el­lois de Tom Gutt. Autres temps, autres enjeux. Con­tin­uer la lec­ture

Alechine face à ce qui se dérobe

Ivan ALECHINE, Divinités, Galilée, 2021, 128 p., 11 €, ISBN : 978–2‑7186–1018‑4

alechine divinitesPour une fois, com­mençons par la fin. En guise de ter­mi­nus à Divinités, cette nou­velle échap­pée d’Ivan Ale­chine dans la Sier­ra Madre mex­i­caine et au-delà, l’auteur d’Enter­re­ment du Mex­ique (Galilée, 2016), par ailleurs excel­lent pho­tographe, clô­ture son réc­it par une de ses images en noir et blanc : une vue de toits poin­tus, faits de tôles ondulées qui se chevauchent, main­tenues par des blocs de pierre. Il n’y a pas si longtemps, dans les hameaux et vil­lages de Tux­pan de Bolanos, au pays des Indi­ens Hui­chols, où Ale­chine s’immerge régulière­ment depuis plus d’une ving­taine d’années, les petites pièces d’habitat dis­po­saient d’un toit de chaume. Aujourd’hui, con­state Ale­chine, « tous les toits sont en tôle ondulée. Il n’y a pas à les renou­vel­er. Ça renou­velle la paresse. Là où il y avait de l’espace, des habi­ta­tions isolées les unes des autres, cha­cune sous leur toit de chaume, les enc­los de pierre se sont trans­for­més en murs. » Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 d’Alain Delaunois

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion d’Alain Delaunois.
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La vie quotidienne au temps lointain des objets

Gil BARTOLEYNS et Manuel CHARPY, L’étrange et folle aven­ture du grille-pain, de la machine à coudre et des gens qui s’en ser­vent, Pre­mier par­al­lèle, série « La vie des choses », 2021, 224 p., 40 ill., 9,50 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 978–2‑85061–108‑7

bartholeyns charpy l'étrange et folle aventure du grille-pain, de la machine à coudre et des gens qui s'en serventOn peut n’avoir jamais con­nu l’odeur d’une tranche de pain brûlé noir de chez noir (parce que sur l’antique grille-pain de vos arrière-grands-par­ents encore util­isé, les tranch­es ne saut­ent pas, il faut les retir­er à temps), et ignor­er le nom de Lautréa­mont (« Beau comme la ren­con­tre for­tu­ite sur une table de dis­sec­tion d’une machine à coudre et d’un para­pluie », cita­tion iconique chérie des sur­réal­istes), et néan­moins, se plonger avec curiosité dans ce livre qui évoque l’archéologie, l’usage et les normes qui régis­sent une grande par­tie des objets – et notre vie quo­ti­di­enne. Con­tin­uer la lec­ture

Des sorbets au goût de liberté

Un coup de cœur du Car­net

Antoine WAUTERS, Mah­moud ou la mon­tée des eaux, Verdier, 2021, 142 p., 15,20 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑37856–112‑3

wauters mamhmoud ou la montee des eauxDe ce nou­veau roman d’Antoine Wauters, écrit sous la forme tan­tôt douce, tan­tôt dure de vers libres, on souhait­erait ne rien dévoil­er de trop, tant il faut se laiss­er emporter par l’élan des mots, le flux des phras­es cour­tes, la répéti­tion de cer­taines d’entre elles, la plongée lente que pro­cure un texte boulever­sant, qui trou­ve son orig­ine dans la tragédie vécue par le peu­ple syrien depuis des décen­nies. Con­tin­uer la lec­ture