Archives par étiquette : Rony Demaeseneer

Le terreau arable des mots

Jean-Marie CORBUSIER, À ras, Tail­lis Pré, 2023, 137 p., 17€, ISBN : 978–2‑8745–216‑3

« …il faut beau­coup par­ler pour cacher
un mutisme authen­tique… »
Georges PERROS

corbusier a rasAvec ce nou­veau recueil, À ras, pub­lié comme les précé­dents au Tail­lis Pré, Jean-Marie Cor­busier pour­suit encore plus loin son duel avec les mots du poème. Un com­bat tou­jours renou­velé pour le poète dis­cret et « en retrait » (nulle­ment « retranché » pour autant) qu’il est, pas­sion­né par les paysages qui ont le silence en partage, les Ardennes, la Bre­tagne. Un com­bat sans cesse renou­velé au moment de cou­vrir la page blanche et dont l’âpreté naît juste­ment de cette économie des mots scan­dés, répétés. Con­tin­uer la lec­ture

L’étonnement ascensionnel

Pierre SCHROVEN, La mer­veille d’être là, Arbre à paroles, 2024, 72 p., 13 €, ISBN : 978–2‑87406–741‑9

« Le seul fait d’exister était un véri­ta­ble bon­heur »
Blaise Cen­drars

schroven la merveille d'etre laChaque recueil de Pierre Schroven est une ode au mir­a­cle du vivant. Ce douz­iène recueil, La mer­veille d’être là, pub­lié comme les précé­dents aux édi­tions de l’Arbre à paroles, résonne d’autant plus dans le par­cours de l’auteur qu’il fait suite à celui inti­t­ulé Ici sor­ti en 2021. Ici et , deux pôles qui oscil­lent entre l’enracinement et l’élévation. Après les arabesques du corps dan­sé dont le poète avait épuisé les motifs, ce nou­v­el opus est mar­qué par des élans aériens qui tran­scen­dent la pesan­teur inévitable du cor­porel. Dès lors, le mou­ve­ment ici se veut ascen­sion­nel. Les yeux se lèvent, pas­sant du ter­restre à l’aérien. Le regard poé­tique embué de mots s’éloigne de la page pour s’animer dans la sur­prise révélée par la vie des cimes. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2023 de Rony Demaeseneer

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2023 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Rony Demae­se­neer. Con­tin­uer la lec­ture

Sous des tesselles de pensée…

Vin­cent POTH, Aléas sans amar­res ou Livre de pen­sées, Tail­lis Pré, 2023, 160 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87450–213‑2

poth aleas sans amarreEn plaçant d’emblée en exer­gue de son texte les cita­tions de deux Georges, Per­ros et Bataille, Vin­cent Poth donne le ton de son nou­veau recueil, Aléas sans amar­res pub­lié, comme le précé­dent, au Tail­lis Pré. C’est en quelque sorte entre les silences de Per­ros et les ver­tiges de Bataille que se noue le pro­pos des apho­rismes rassem­blés ici. Car il s’agit bien d’une écri­t­ure apho­ris­tique qui, comme le souligne Véronique Bergen dans la pré­face, oscille entre poésie et philoso­phie. Lau­réat du Prix Décou­verte 2022 de l’Académie Royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique, Vin­cent Poth parvient à faire jail­lir, par la ful­gu­rance de ses for­mules, le mir­a­cle des jours ordi­naires. Tou­jours selon la pré­facière, « les jeux sur les trem­ble­ments de la pen­sée et de la langue se penchent sur l’amour, le désir, l’activité de l’esprit, le temps, l’identité, la tran­scen­dance. » Le tout pétri dans une langue presque pure. Car c’est bien ce « presque » que l’auteur assume et revendique. Une pen­sée en éclat, pen­sée-dyna­mite dont l’aphorisme serait la mèche prête à accueil­lir l’étincelle. Une pen­sée qui, pour être tran­chante, se doit d’interroger le doute et la con­tra­dic­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Comme poussé par des courants contraires

Marc MEGANCK, Vert atlan­tique, F dev­ille, 2023, 226 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782875990785

meganck vert atlantiqueFidèle désor­mais aux édi­tions fDev­ille puisque ce Vert atlan­tique con­stitue le troisième livre qu’il pub­lie chez l’éditeur brux­el­lois, Marc Meganck, une nou­velle fois, nous sur­prend par sa capac­ité à nous entraîn­er, dès les pre­mières pages, dans son sil­lage. L’aisance dans l’écriture, la struc­tura­tion flu­ide du réc­it, la manière qu’il a de cro­quer en quelques coups de plume, un per­son­nage, une sit­u­a­tion et l’époque font de ce roman, qui se déroule dans un futur proche, un livre que l’on ne quitte pas. Indécrot­table citadin, pas­sion­né par l’urbanisme et l’architecture, his­to­rien de for­ma­tion, l’auteur nous emmène sur les traces d’Alex Larsen. Petit fonc­tion­naire d’un som­bre départe­ment du min­istère, il est notam­ment  en charge du dépouille­ment de dossiers émanant des Assem­blées de Véri­fi­ca­tion de Con­structibil­ité dont l’acronyme, « A.V.C. », suf­fit à lui seul à résumer le dés­abuse­ment dans lequel le plonge sa sit­u­a­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Poèmes à horaire décalé

Un coup de cœur du Car­net

Alain DANTINNE, Chemins de nulle part, pein­tures de Jean Morette, L’herbe qui trem­ble, 2023, 110 p., 17 €, ISBN : 9782491462536

dantinne chemins de nulle partPlaisir non dis­simulé de retrou­ver la voix tou­jours voyageuse et lucide du poète Alain Dan­tinne avec ce nou­veau recueil pub­lié à L’herbe qui trem­ble. Comme un pro­longe­ment aux deux précé­dents pub­liés chez le même édi­teur, ces Chemins de nulle part nous ravis­sent en nous embar­quant une fois encore dans le sil­lage d’une écri­t­ure poé­tique sin­gulière en prise directe avec les échos d’un monde en déroute. Une actu­al­ité riche d’ailleurs pour le poète-prosa­teur qui pub­lie qua­si simul­tané­ment un ensem­ble de nou­velles chez Weyrich sous le titre Une gravure satanique. Con­tin­uer la lec­ture

Morale élémentaire

Lau­rent ROBERT, Sans morale, Toute chose, 2023, 132 p., 10 €, ISBN : 978–2‑492843–27‑3

robert sans moraleIl y a quelques années déjà, nous avions été séduits par un ouvrage de Lau­rent Robert (Son­nets de la révolte ordi­naire) pub­lié par la belle mai­son lyon­naise, Aethalidès. L’auteur, une fois encore, nous sur­prend avec ce nou­veau recueil inti­t­ulé Sans morale et pub­lié aux Édi­tions Toute Chose. On retrou­ve ici le soin apporté à la mise en page que rehaussent le choix du for­mat à l’italienne ain­si que des illus­tra­tions baro­ques dues au graveur flo­rentin Gio­van­ni Bat­tista Bra­cel­li (1584–1650). Gravures d’une moder­nité éton­nante qui représen­tent des corps aux formes géométriques dessi­nant une étrange mécanique de cou­ples qui danseraient une sorte de valse un peu trop par­faite. La sex­u­al­ité, la sen­su­al­ité des corps, la com­plex­ité des rela­tions humaines délim­i­tant, par­mi d’autres, un trip­tyque thé­ma­tique cher à l’auteur. Con­tin­uer la lec­ture

Un Blavier, sinon rien !

André BLAVIER, Un bib­li­ographe au pays des fous, Choix de textes, entre­tien et post­face de Rony Demae­se­neer, Espace Nord, 2023, 340 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–585‑8

blavier un bibliographe au pays des fousLe terme de « bib­li­ogra­phie » entre dans le Dic­tio­n­naire de l’Académie française aux envi­rons de 1760, mais on con­sid­ère générale­ment le savant Gabriel Naudé (1600–1653) comme le pre­mier bib­li­ographe français en tant que tel. Et com­ment définis­sait-on Naudé en son temps ? Par sa fonc­tion de bib­lio­thé­caire (notam­ment pour Mazarin), sa haute éru­di­tion, ses qual­ités de let­tré, et son inscrip­tion per­son­nelle dans le mou­ve­ment des penseurs lib­ertins. Lui-même rédi­gea une Bib­li­ographia polit­i­ca, réu­nis­sant un vaste cor­pus de références et de textes con­sacrés à la chose poli­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Au Grand Nord, les grands remèdes…

Jérémie THOLOMÉ, Fran­cis FLUTE (ill.), Le Grand Nord, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « Root­leg » #10, 2022, 73 p., 8 €, ISBN : 9782875054265

tholomé le grand nordIl y a comme une sur­charge élec­trique dans le courant con­tinu qu’injecte l’écriture de Jérémie Tholomé sur la page. Texte lau­réat du Prix Hubert Krains 2021 décerné par l’AEB (Asso­ci­a­tion des Écrivains belges de langue française), le recueil Le Grand Nord s’articule autour de cent huit blocs syn­tax­iques en apparence autonomes, répar­tis en trois groupes de trente-six, deux par page, mais qui s’imbriqueraient comme dans un jeu de miroir infi­ni. Chaque frag­ment répon­dant en effet à un autre dans cha­cune des par­ties. Mar­tin­gale impos­si­ble témoignant des incer­ti­tudes et inco­hérences d’un monde plongé dans la tyran­nie tech­nologique et repro­duc­trice. Con­tin­uer la lec­ture

« vieil enfant aux mains tachées d’encre… »

Carl NORAC, L’envers des cir­con­stances / De keerz­ij van de toe­s­tand / Die andere Seite des Geschehens, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2022, 18 €, 232 p., ISBN : 9782875054258

norac l'envers des circonstancesCarl Norac pos­sède cette capac­ité de nous emmen­er, de nous embar­quer dans son sil­lage. Des voy­ages dans l’espace, vers ces con­trées qu’il affec­tionne par­ti­c­ulière­ment mais aus­si dans le temps, celui de l’enfance qu’il cherche tou­jours à retrou­ver par le biais d’une sorte de mélan­col­ie com­mu­nica­tive et qui nous fait dire qu’on a tous un peu de Norac en nous. Les thèmes, chers au poète, épinglés par la récente antholo­gie pub­liée dans la col­lec­tion Espace Nord sous le titre de Pié­ton du monde se retrou­vent ici, dans ce recueil com­pos­ite, L’envers des cir­con­stances. Con­tin­uer la lec­ture

Naître au bout du rouleau …

Fabi­en ABRASSART, Vers la joie, pein­tures de Jean DALEMANS, L’herbe qui trem­ble, 2022, 81 p., 15 €, ISBN : 9782491462109

abrassart vers la joieQua­tre rouleaux pour une marée de mots. Qua­tre rouleaux-chapitres mus par les replis des vagues absentes, peut-être sur les berges de la Mer Morte, aux alen­tours de Qum­rân et qui for­ment l’ossature du dernier recueil de Fabi­en Abras­sart, Vers la joie. Poète dis­cret et exigeant, auteur de qua­tre livres en 20 ans, il sem­ble appro­fondir ici une réflex­ion entamée dans son précé­dent livre, Si je t’oublie, pub­lié en 2017 chez le même édi­teur. Quelle poésie, quels mots pour dire l’atrocité, pour par­ler après l’atroce ? Com­ment repouss­er, repenser le néant avec les mots de la tribu ? Con­tin­uer la lec­ture

Malgré les cicatrices et les lézardes…

Ludi­vine JOINNOT, Nous vivons encore, Arbre à paroles, coll. « If », 2022, 88 p., 15 €, ISBN : 9782874067174

joinnot nous vivons encoreEn ouver­ture du recueil de Ludi­vine Join­not, Nous vivons encore, une phrase extraite de La cloche de détresse de l’écrivaine améri­caine Sylvia Plath sonne le glas. L’impact d’un gong comme pour mieux accom­pa­g­n­er les dis­parus aux­quels s’adresse l’autrice dans la pre­mière par­tie du livre inti­t­ulée Faire le deuil. Les proches, quelques poètes com­pagnons de route se croisent au détour de sou­venirs com­posés avec douceur et nos­tal­gie. Mais la dis­pari­tion des êtres chers serait-elle syn­onyme de la fin de l’écriture ? On pense aux car­nets de Nathalie Sar­raute s’interrompant brusque­ment à la date de la mort de son mari, au Jour­nal de deuil de Barthes inter­ro­geant en somme l’utilité d’écrire après la mort. Ce serait sans compter le pou­voir de la lit­téra­ture qui ne cesse jamais de tiss­er ce lien essen­tiel reliant mort, deuil et mélan­col­ie. Car pour faire revivre ceux dont la voix s’est tue, pour à nou­veau leur don­ner le mou­ve­ment de la danse, l’écriture reste seule capa­ble d’insuffler le rythme, la cadence… Con­tin­uer la lec­ture

Recoudre le corps du vivant…

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cal LECLERCQ, Dans un pays pour­tant phénomé­nal, dessins de Ben­jamin Mon­ti, Herbe qui trem­ble, coll. “D’autre part”, 2022, 88 p., 13 €, ISBN : 9782491462406

leclercq dans un pays pourtant phenomenalSi nous suiv­ons avec atten­tion, depuis plusieurs années, la pro­duc­tion de Pas­cal Lecler­cq, c’est sans doute dans l’attente du plaisir de retrou­ver, à chaque nou­velle paru­tion, une musique bien per­son­nelle. Même s’il reste dis­cret, l’auteur pour­suit à tra­vers ses dif­férentes activ­ités de tra­duc­teur, de cri­tique, de romanci­er ou d’animateur de la revue Bous­tro une œuvre cohérente et exigeante. Avec ce dernier recueil de textes en prose, Dans un pays pour­tant phénomé­nal, il con­solide un peu plus encore son archi­tec­ture intime. Depuis une quin­zaine d’années déjà, l’auteur affine ses posi­tions, creuse tou­jours plus pro­fond le sil­lon de ses obses­sions, de ses inter­ro­ga­tions. Dans ces sept par­ties com­posées cha­cune de sept textes courts, l’écorce des nar­ra­teurs ne cesse de se fis­sur­er au con­tact d’un monde qui court tou­jours plus vite. Un monde à bout de souf­fle et sou­vent bur­lesque mais dont l’accélération inévitable imprime sur les corps d’insignes cica­tri­ces. Blessures indélé­biles que le poète tente de recoudre vaille que vaille même s’il pressent que l’opération restera vaine. Con­tin­uer la lec­ture

Le temps suspendu des vacances

Iocas­ta HUPPEN, Mai­son d’été, ill. de Jus­tine Gury, Par­tis pour, 2021, 68 p., 18 €, ISBN 978–2‑9602004–7‑8

huppen maison d'été                   Le jardin était d’orangers, l’ombre bleue,
des oiseaux pépi­aient dans les branch­es.
Le grand vais­seau, tous feux allumés,
avançait lente­ment, entre ces rives silen­cieuses.
Yves Bon­nefoy

L’errance et le voy­age for­ment le matéri­au du bal­last sur lequel s’appuie la ligne de fuite pour­suiv­ie par les édi­tions Par­tis Pour. Sans par­ti pris et avec le souci de pro­pos­er de beaux-livres, les édi­tions ont pour objec­tif d’embarquer le lecteur sur les chemins du monde à tra­vers les itinéraires de femmes et d’hommes qui ont l’impulsion du départ rivée au corps.

Con­tin­uer la lec­ture

L’harmonie d’une dissonance

Tom NISSE, Une longue dis­so­nance, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « Root­leg », 2021, 54 p., 6 €, ISBN : 9782875053879

« j’ai l’air de frag­menter comme ça, en réal­ité j’unis »
Ch. Dotremont

nisse une longue dissonanceCeux qui ont eu l’occasion d’entendre Tom Nisse sur scène savent l’importance qu’il accorde à ce sub­til dosage qui s’opère entre la forme, le pro­pos et le corps dès lors que l’on se trou­ve face au pub­lic. Accom­pa­g­né ou non d’un musi­cien, le poète sait jouer de cette alchimie par­ti­c­ulière. Rares en effet sont les poètes qui parvi­en­nent comme lui à trou­ver la juste mécanique de cet engrenage dans le scan­dé, dans la (pro)pulsion du poème. C’est dire si la lec­ture d’un nou­veau texte de Tom Nisse résonne de cette voix grave et fis­surée dont il a le secret. Une parole poé­tique ten­due qui rend compte des har­moniques sou­vent dis­so­nantes du monde con­tem­po­rain et des voix de celles et ceux que l’on a muselés, effacés. Voix lézardées comme le sont les murs des villes que le poète arpente dans des errances noc­turnes, sous les lumières bla­fardes des rues qui font par­fois tanguer les corps. Con­tin­uer la lec­ture

Le grain sépia des secrets de famille…

Jean-Luc & Simon OUTERS, Por­traits de famille, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2021, 58 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–119‑7

outers portraits de familleOn a tous été con­fron­tés aux vieilles pho­tos de famille. Pho­togra­phies polaroïd, sépia, argen­tiques qui ont cet avan­tage sur le numérique d’être imprimées donc aus­si le pou­voir de remon­ter à la sur­face un jour ou l’autre, sans crier gare. Pho­tos déten­tri­ces le plus sou­vent de secrets « flot­tant dans l’atmosphère » qu’ils soient d’alcôve, d’état ou de polichinelle. Gar­di­ens de mémoires enfouies, ces clichés, retrou­vés au fond de quelque tiroir, pren­nent la place de mots souf­flés, écrits et per­dus. Paroles qui s’envolent, images qui restent même si elles s’effacent par­fois. Dans ce texte pub­lié à La pierre d’alun sous forme de petit car­net à spi­rales (à feuil­leter en écoutant William Sheller), les images de Simon répon­dent aux mots de Jean-Luc. Ou peut-être est-ce l’inverse ? Peu importe puisque le dia­logue ici entre le père et le fils naît en quelque sorte de ces bains révéla­teurs qui font revivre les sil­hou­ettes famil­iales dél­itées. Con­tin­uer la lec­ture