Archives de l’auteur : Le Carnet et les Instants

Vous avez dit Belgique ?

Yves WELLENS, Belgiques. Zones classées, Ker, 2018, 148 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978-2-87586-238-9

Le recueil de nouvelles d’Yves Wellens Zones classées, qui s’inscrit dans la collection « Belgiques » des éditions Ker, s’ouvre par une troublante intrigue autour d’une photographie ancienne : un portrait de groupe, dont il se révèle qu’un personnage a été effacé. « Une absence. Une disparition. Quelqu’un. Quelqu’un était sorti du tableau ». Pourquoi ?… » (« Par la bande ») Continuer la lecture

Le ripou carolo qui voulait convoler

Éric DEJAEGER, Maigros se marie, Cactus Inébranlable, 2018, 120 p., 15 €, ISBN : 978-2-930659-80-0

S’il ne s’agissait pas d’opuscules pratiquant un humour (très) gras, on pourrait dire que les aventures de l’inspecteur Désiré Maigros (on n’insistera pas sur la qualité de la référence) ne sont pas faites pour relever l’image de la police. En 2011, Éric Dejaeger, prolixe et anticonformiste auteur de textes courts, avait rassemblé les cent premières aventures de son flic préféré dans La saga Maigros (Cactus inébranlable), après les avoir distillées en feuilleton sur internet. Il a remis le couvert en 2018, à la demande pressante de ses lecteurs (selon lui) avec les cinquante épisodes supplémentaires de Maigros se marie. Continuer la lecture

Le prix prince Alexandre de Belgique pour Sarah Berti

Sarah Berti

Sarah Berti

Le prix littéraire prince Alexandre de Belgique mettait cette année à l’honneur le roman policier. Côté francophone, la lauréate est Sarah Berti pour Avant les tournesols (Luce Wilquin). Deux autres ouvrages ont reçu une mention.  Continuer la lecture

Trente ans et cent cinquante-cinq livres

Un coup de cœur du Carnet

Tétras Lyre 1988-2018. L’anthologie, textes rassemblés et édités par Primaëlle Vertenoeil, Tétras Lyre, 2018, 176 p., 20 €, ISBN : 978-2-930685-37-3

Les éditions Tétras Lyre prennent naissance en septembre 1988 dans une maison de la rue Pierreuse à Liège, sous l’impulsion de Marc Imberechts. Né à Gembloux, ce poète de quarante-six ans a beaucoup déambulé en Afrique, en France, en Écosse, puis a vécu de petits boulots avant de décrocher un diplôme d’instituteur et d’être engagé dans une école pour enfants en difficulté – tout en s’initiant à l’imprimerie… Ainsi va-t-il éditer artisanalement des recueils d’A. Wéry, de M. Biefnot, et publier en 1980 son premier livre personnel : D’un hiver L’autre. C’est René Leiva Jimenez, exilé chilien devenu un ami, qui lui suggère de créer à Liège une petite structure d’édition. Bientôt, une équipe de sept ou huit personnes est constituée. Elle veut mettre en évidence – édition bilingue, beau papier, typographie soignée, gravures originales – des poètes venus aussi bien d’Amérique latine, de Belgique ou du Maghreb, et commence avec des textes de Véra Feyder, Arturo Perez, William Cliff. On l’aura compris, la sélection est exigeante, tant pour les textes que pour les illustrations ; sont privilégiées l’originalité et la modernité, mais sans verser dans l’abscons ou le désincarné. Trois nouvelles collections font leur apparition en 1990, tandis que l’équipe initiale se réduit au trio formé par M. Imberechts, Guy-Henri Dacos et Jean-Marc Simar. Les parutions se succèdent au rythme variable de deux à dix titres par an : G. Hons, L. Noullez, É. Brogniet, F. Pessoa, A. Schmitz, F. Arrabal, Ph. Mathy, Ph. Leuckx, J. Izoard, M. Seuphor, W. Lambersy et bien d’autres. Continuer la lecture

À l’ombre de Tchernobyl

Jean-Sébastien PONCELET, L’envol de l’amazone, Weyrich, 2018, 448 p., 18 €, ISBN : 9782874894985

Courant sur vingt-cinq années, le roman de Jean-Sébastien Poncelet ne laisse pas d’étonner par la déroulé de sa narration. Procédant par touches d’informations successives, il assemble les pièces d’une intrigue mouvementée sur la ligne du temps en nous livrant dans le désordre des épisodes datés. Tout démarre à Tchernobyl, donc en 1986, alors que la centrale nucléaire vient d’exploser et que les premiers secours s’affairent dans une improvisation évidente. Un homme employé à la centrale part appelé par le devoir. Au terme d’une journée qui le fait vieillir d’un seul coup et dont il ne se remettra pas, il revient dans l’appartement familial pour dire aux siens de fuir. Sa femme et sa fille Alina quittent les lieux sans attendre. Des années plus tard, nous retrouvons Alina et ses deux enfants, une fille et un fils jumeaux, dans une cavale digne d’un scénario de film d’action, hélicoptère en perdition compris. Continuer la lecture