Un coup de cœur du Carnet
Antoine BOUTE, Stéphane DE GROEF, Adrien HERDA, Manuel de civilité biohardcore, Tusitala et FRMK, 2020, 64 p., 24 €, ISBN : 979–10-92159–21‑9
Inventant des agencements esthético-politiques qui font voler en éclats la littérature en batterie, bouturant le texte et l’image jusqu’à produire une économie du signe qui excède le plan de l’économie, Manuel de civilité biohardcore libère une anti-pédagogie de l’ensauvagement qui plante des fleurs, des champs d’orties sur le chaos. Co-édité par l’éditeur FRMK (dont nous saluons encore une fois la fabuleuse ligne éditoriale, inventive, poétique et incendiaire) et par Tusitala, l’ouvrage trans-graphique inouï concocté par Antoine Boute, Stéphane de Groef et Adrien Herda lance une machine de guerre contre un monde avachi dans l’apocalypse high tech. Continuer la lecture
Une bonne part des écrits de Daniel Charneux est consacrée à des évocations biographiques aussi diverses que celles de la pathétique Marylin Monroe, de
Dès l’ouverture, Clairières pose dans le derme du concret des questions d’ordre symbolique. Robert, le personnage principal, se touche le ventre, et palpe en même temps que sa peau le passage du temps. Il s’enfonce un doigt dans le nombril, jusqu’à la douleur. Dans son esprit se fait jour une intuition, qui lui fait relier sa naissance à sa mort, par le fil de la souffrance.
Pas faite pour. Le premier roman de Véronique Adam.
Ernest Dubois, professeur de français maniaque de la langue et ornithophobe, de retour d’un voyage, se trouve confronté à la présence inopportune d’un oiseau introduit dans son appartement. Il tourne les talons et s’enfuit dans la nuit. Dans les toilettes des dames de la gare du Midi, Kommer Baert, occupé à recopier les graffitis afin d’alimenter le corpus de son étude, est sommé de vider les lieux par la tempétueuse Madame Pipi, Fintje. C’est alors que les deux hommes se rencontrent, se suivent, prennent langue, et c’est le début d’une histoire d’amitié et de rivalité, une histoire où chacun devient un peu plus lui-même en se mêlant aux autres, une histoire qui doit peu au rationnel, une histoire belge en somme. 
Juliette, 14 ans, est électrohypersensible. En résumé, les ondes la rendent malade. C’est pourquoi ses parents ont décidé de quitter Bruxelles pour une « zone blanche » ardennaise. De manière moins poétique, on dirait un « trou perdu ». Entre deux années scolaires, les voilà donc qui débarquent tous les trois à Varqueville.
De livre en livre, Diane Meur innove et surprend. C’est encore le cas avec ce roman, Sous le ciel des hommes, à la fois grave et malicieux. Le premier protagoniste en est un lieu, le grand-duché d’Éponne, centre financier et d’affaires. L’atmosphère y est pesante, mentalement étriquée. Pourtant sous « les eaux étales de l’ennui » de cet État aux fêtes dynastiques désuètes vivent des femmes et des hommes que Diane Meur décrit dans leur quotidien, parfois joyeux, souvent difficile.
1. Enfant terrible de la psychanalyse : l’expression qui fournit le sous-titre de l’ouvrage est révélatrice. Dès qu’on s’intéresse à lui, Ferenczi frappe par son sérieux, sa sagesse, sa profondeur, ses scrupules. Il est vraiment le contraire d’un fantaisiste ou d’un provocateur. S’il peut être qualifié d’enfant terrible, c’est à cause de son aura de dissidence. Ce terme a servi, on le sait, à réprimer la liberté de pensée et le jugement critique, en Union soviétique. Il garde tout son pouvoir réducteur encore aujourd’hui. Ainsi le nom de Ferenczi, en 2020, reste méconnu et même occulté. Ce n’est pas que l’idéologie contemporaine ait vraiment cherché à étouffer ce nom. C’est qu’il nous parvient à travers un brouillage des cartes analogue aux perturbations hertziennes qui visaient à entraver les émissions de radio Londres.
En 2018, Géraldine Remy nous faisait découvrir les licornes dans son premier livre Les secrets de la licorne. On y apprenait que dans le contexte de transition écologique, ce cheval fabuleux avec sa corne unique au milieu du front représente toute personne qui cherche à consommer (et vivre) différemment. Dans son nouveau livre Qui veut la peau de la licorne ?, on retrouve l’unicorne (alias Géraldine, la comparaison s’arrête là) pour un témoignage juste, franc, empreint d’autodérision où Géraldine raconte quel genre de parcours – initiatique – elle a traversé pour passer de l’écoanxiété à la résilience intérieure.
Que faire de nos aînés ? Alors que la population est de plus en plus vieillissante, que la crise fait rage, que les vieux semblent gêner car ils ne sont pas rentables, le gouvernement met en place un système aux apparences démocratiques : les Villages de Santé pour Aînés. Plus besoin de prendre en charge les finances et les fins de vie, parfois difficiles, de vos parents. On s’en occupe pour vous. Le gouvernement a ainsi créé, un peu partout dans le pays, des établissements à la pointe où l’on prend soin des seniors et de leur patrimoine.
Remarqué pour
Avant l’écrire, y aurait-il l’écoute ? Une écoute au sens de Levinas, une attention aux voix du vivant ? Dans Consoler Schubert, Sandrine Willems, écrivain, philosophe, psychologue, autrice d’une œuvre marquante (Una voce poco fa. Un chant de Maria Malibran,
L’image est formidable : livres et littérature sont des zeppelins.