La rentrée littéraire belge 2020 : l’après-confinement

La ren­trée lit­téraire autom­nale est tou­jours une péri­ode d’effervescence pour le monde du livre. Le rit­uel de la ren­trée lit­téraire, par­tic­u­lar­isme français, a essaimé – avec mod­éra­tion – en Bel­gique fran­coph­o­ne. La cuvée 2020 survient toute­fois dans un con­texte dif­fi­cile pour toute la chaine du livre, qua­si mise à l’arrêt pen­dant 2 mois en rai­son du con­fine­ment. Tour d’horizon de la ren­trée des auteurs belges, pub­liés en Bel­gique ou ailleurs.

Le temps d’après le confinement

Les semaines de con­fine­ment ont entrainé de sévères pertes pour l’ensemble des acteurs de la chaine du livre, des auteurs aux libraires. Plus encore que les autres années, la ren­trée lit­téraire est atten­due comme un moment cru­cial. Les pro­grammes édi­to­ri­aux ont sou­vent dû être repen­sés, notam­ment pour inté­gr­er les livres dont la sor­tie, prévue au print­emps, a dû être repoussée en rai­son de la pandémie.

Plusieurs grandes maisons d’édition français­es ont annon­cé une ren­trée lit­téraire « resser­rée » — com­prenez : cen­trée sur des best-sell­ers assurés, cer­tains édi­teurs renonçant notam­ment à pub­li­er des pre­miers romans. Et en effet, d’après le cal­cul de Livres Heb­do, seuls 511 romans et recueils de nou­velles (tra­duc­tions com­pris­es) paraitront à la ren­trée en France, soit le total le plus bas depuis 1999. Avec des dis­par­ités : alors que le nom­bre de romans fran­coph­o­nes aug­mente (366 en 2020 con­tre 336 en 2019), le nom­bre de pre­miers romans est en chute nette, pas­sant de 82 à 65.

La dif­férence est notable avec les maisons d’édition lit­téraires belges, qui pro­posent, pour la plu­part, un pro­gramme édi­to­r­i­al aus­si étof­fé que les années précé­dentes.

D’aucuns annonçaient par ailleurs une pro­liféra­tion d’écrits de con­fine­ment – jour­naux, réflex­ions, fic­tions inspirées des événe­ments récents… Une pré­dic­tion qui ne se véri­fie pas vrai­ment dans les pro­grammes édi­to­ri­aux qui nous ont été com­mu­niqués.


Lire aus­si : la ren­trée lit­téraire en lit­téra­ture pour la jeunesse sur Objec­tif plumes


La rentrée des éditeurs belges

Les édi­teurs belges pré­par­ent une ren­trée à la fois abon­dante et éclec­tique.

De nouvelles aventures éditoriales

La sit­u­a­tion économique incer­taine n’aura pas eu rai­son de l’initiative édi­to­ri­ale en Bel­gique fran­coph­o­ne.

On nous annonce tout d’abord le lance­ment des édi­tions du Sablon. À l’enseigne de cet édi­teur, et sous la houlette du directeur de col­lec­tion Eric Bruch­er, paraitront dès cet automne deux inédits et six réédi­tions de livres précédem­ment pub­liés aux édi­tions Luce Wilquin. Le pro­gramme com­plet devrait être dévoilé en sep­tem­bre.

jacques henrard du bleu dans les nuages nevrosee couvertureAux édi­tions Névrosée, c’est une nou­velle col­lec­tion qui voit le jour. « Sous-exposés » sera le pen­dant mas­culin de « Femmes de Let­tres oubliées » : y paraitront des livres, d’auteurs belges pour la plu­part, qui n’ont pas eu l’attention publique et cri­tique qu’ils méri­taient lors de leur sor­tie.

Les édi­tions du Coudri­er lan­cent quant à elles la col­lec­tion « À cœur d’écrits ». Le con­cept ? Un auteur évoque des livres d’autres auteurs. 

Les romans font leur rentrée

C’est, tra­di­tion­nelle­ment, dans le domaine du roman que la ren­trée lit­téraire est la plus active. 2020 ne fera pas excep­tion à la règle.

veronique adam pas faite pour couvertureM.E.O. mise résol­u­ment sur les pre­miers romans. Trois, dont deux d’au­teurs belges, sont au pro­gramme de la ren­trée : Pas faite pour de Véronique Adam et Une his­toire belge de Robert Mas­sart. Ces nou­veaux auteurs côtoieront Daniel Charneux, dont le roman À pro­pos de Pre est prévu pour le 1er sep­tem­bre.

Aux édi­tions Mael­ström, Chan­tal Del­tenre, autrice habituée de la mai­son, revient avec un réc­it, Où part l’amour. Elle voisin­era avec la pein­tre et dessi­na­trice Pas­cale Mou­lias, dont le réc­it Sur le chemin paraitra égale­ment en cette ren­trée.

La ren­trée des Impres­sions nou­velles se jouera surtout dans le domaine de la non-fic­tion, mais avec une incur­sion notable dans le domaine du roman : San­drine Willems, dont le précé­dent titre chez le même édi­teur, Devenir oiseau, avait été final­iste du Rossel 2018, pub­lie cette année Con­sol­er Schu­bert. L’autrice y entremêle le réc­it de la vie de sa grand-mère et une évo­ca­tion de Franz Schu­bert.

Nicole Mal­in­coni pren­dra part à cette ren­trée lit­téraire, sous la ban­nière des édi­tions Esper­luète. Ses Poids plumes avaient mar­qué la ren­trée lit­téraire 2019. Avec Un soir en cui­sine, elle nar­rera cette année une soirée passée dans les cuisines d’un restau­rant étoilé. Obser­va­trice atten­tive, l’autrice écrit les gestes de cha­cun, du maitre d’hôtel au plongeur, et le rythme, bien rôdé, du tra­vail de tous.

vincent engel les vieux ne parlent plus couvertureLes édi­tions Ker pré­par­ent un pro­gramme de ren­trée copieux et diver­si­fié, où nou­velles et essais côtoieront un roman de Vin­cent Engel, Les vieux ne par­lent plus : l’his­toire d’une société où l’État décide de pren­dre totale­ment en charge les séniors, rassem­blés dans des Vil­lages de San­té pour Aînés – du moins tant qu’ils ont les moyens financiers de se pay­er ces ser­vices… Le même édi­teur pub­liera aus­si la lau­réate du prix Lau­re Nobels  — Bra­bant Wal­lon dont le nom sera dévoilé à l’automne.

stival une caravane attachée a une ford taunusAu Cac­tus inébran­lable paraitra le pre­mier roman de Pierre Sti­val, Une car­a­vane attachée à une Ford Taunus - annon­cé par son sous-titre comme un “roman à haut poten­tiel poé­tique”.

Cette ren­trée lit­téraire sera aus­si celle de Véronique Janzyk, aux édi­tions Onlit, son édi­teur habituel. Celle qui alterne romans (J’ai sen­ti bat­tre notre cœur, La robe de nuit) et nou­velles (Le vam­pire de Clichy) fera cette fois enten­dre la sin­gulière poésie de ses mots dans un roman, Vin­cent. Le per­son­nage éponyme, paralysé, cir­cule en voiturette et jette sur le monde le regard de celui qui n’a plus rien. Autre événe­ment d’im­por­tance pour Onlit: Mourir la nuit, le réc­it par Anne-Cécile Huwart de six années passées dans les couliss­es de l’in­struc­tion des crimes sor­ti à la ren­trée 2019, reparaitra cet automne en co-édi­tion avec la mai­son d’édi­tion parisi­enne Les équa­teurs (qui pub­lie notam­ment les livres d’Is­abelle Spaak). Le livre s’of­frira ain­si une sec­onde vie promet­teuse sur le marché hexag­o­nal.

Ren­trée en blanc et noir pour les édi­tions Weyrich. Deux nou­veaux livres (les titres sont encore à déter­min­er) s’inscriront dans la col­lec­tion « Noir cor­beau ». Née en 2019, celle-ci est vouée aux polars ancrés en Bel­gique. La col­lec­tion « Plumes du coq » s’enrichira quant à elle d’un livre de Fidé­line Dujeu, Larmes de croc­o­dile, réc­it poé­tique et cru­el d’une rela­tion entre une mère et sa fille enfant puis ado­les­cente, suivi par le réc­it d’une femme qui évoque l’emprise exer­cée par son com­pagnon, à la fois enne­mi et trou­blant dou­ble d’elle-même. André-Joseph Dubois sera lui aus­si de la ren­trée dans la col­lec­tion où il a pub­lié tous ses romans depuis Les années plas­tique en 2012. On retrou­vera son écri­t­ure inci­sive et pré­cise dans Le sep­tième cer­cle. Habitué lui aus­si de la col­lec­tion, dans laque­lle il a déjà pub­lié Les étoiles de l’aube (prix des Lycéens de lit­téra­ture 2013) et Un jardin dans les Rocheuses, Bernard Gheur pub­liera Les orphe­lins de François. Il y évoque sa pas­sion pour le ciné­ma, et en par­ti­c­uli­er sa rela­tion épis­to­laire avec François Truf­faut, et le rôle qu’elle a joué dans sa voca­tion lit­téraire.


Lire aus­si : Bernard Gheur : des émois de l’adolescence aux sou­venirs de la Deux­ième guerre mon­di­ale (C.I.168)


michel claise salle des pas perdus volume 3 les années d'or couverture

Genèse Édi­tion fera con­fi­ance à deux auteurs pour cette ren­trée lit­téraire : Frank Andri­at et Michel Claise. Frank Andri­at présen­tera un nou­veau roman, Les mardis d’Averell Dubois, autour des aven­tures dro­la­tiques du per­son­nage éponyme, à qui les mardis ont ten­dance à porter la poisse. Genèse réédit­era par ailleurs Gaume du même Frank Andri­at, roman sur le retour à la nature d’un cadre brux­el­lois worka­holic. Chez le même édi­teur, Michel Claise achèvera sa trilo­gie des Pas per­dus. Les deux pre­miers vol­umes (Les années Guerre et Les années Paix) sont réédités dans la col­lec­tion de poche tan­dis que le dernier, Les années d’or, encore inédit, paraitra en grand for­mat. Ancrées dans trois péri­odes emblé­ma­tiques – la Deux­ième guerre mon­di­ale, l’après-1945 et les gold­en six­ties – la trilo­gie explore, au côté de per­son­nages attachants, trente ans de l’histoire de la Bel­gique.

Qua­tre romanciers belges fer­ont leur ren­trée aux édi­tions Acad­e­mia. La psy­ch­an­a­lyste Danielle Bastien livr­era avec Bien­tôt déjà hier les réc­its entre­croisés d’une mys­térieuse incon­nue arrivée dans un hôpi­tal psy­chi­a­trique et d’une psy­ch­an­a­lyste qui plaque tout pour recom­mencer sa vie. Et ta sœur ? de Pierre Mainguet est le réc­it d’un des­tin de femme, entre amours con­trar­iées et coups du sort. Auteur de bande dess­inée, Benoit Roels pub­liera son deux­ième roman, Les pan­tins inno­cents, his­toire d’une croisière d’apparence anodine, mais au cours de laque­lle de curieux inci­dents font mon­ter l’angoisse. Du sel dans les oreilles est le jour­nal de bord de Lia Cap­man, embar­quée pour un long voy­age en voili­er avec un cap­i­taine aus­si néo­phyte qu’elle.

Écho du con­fine­ment aux édi­tions Lamiroy : dans On va tous crev­er !, Frédéricque Bigonville met en scène la petite Frédé, qui s’interroger sur le monde et l’actualité liée à cette péri­ode par­ti­c­ulière. Chez le même édi­teur, Thier­ry Coljon offrira, avec Sou­viens-toi de Venise, Cor­to, une nou­velle aven­ture à son héroïne Marine Lehn­er, après Stro­mae est mort à New York. De Maxime Damo, La tête hors de l’autre inté­gr­era la col­lec­tion « Zone 30 », dédiée aux auteurs de moins de trente ans. Les Cro­quettes en stock de Xavier Huber­land nous emmèneront à la suite d’Albert II, près d’abdiquer, pour un col­loque sin­guli­er avec des per­son­nal­ités belges. 

Aux édi­tions Sam­sa, Véronique Bergen évo­quera, avec Ulrike Mein­hof, l’une des fig­ures de la Frac­tion armée rouge qu’elle avait déjà abor­dée dans Aujour­d’hui la révo­lu­tion (Golias, 2011) — un livre dont elle offre ici une ver­sion large­ment remaniée. Après notam­ment Kas­par Hauser ou Uni­ca Zurn, l’écrivaine et philosophe pour­suiv­ra son explo­ration des fig­ures oubliées ou mécon­nues de l’his­toire, aux­quelles elle s’at­tache, par la fic­tion, à redonner une voix.


Lire aus­si : His­toires de vies : des ren­con­tres risquées entre réel et imag­i­naire (C.I. 190)


De bonnes nouvelles

Il est sans doute vain de chercher à dégager des ten­dances thé­ma­tiques, des lignes de cohérence rassem­blant des livres qui n’ont d’autre point com­mun que d’être pub­liés au même moment. On notera néan­moins la belle représen­ta­tion des nou­velles (et pros­es cour­tes) dans les pro­grammes de ren­trée. Genre réputé dif­fi­cile, il aurait pour­tant pu pâtir, plus encore que d’autres, de la sit­u­a­tion économique du moment.

Qui dit nou­velles dit évidem­ment édi­tions Quad­ra­ture. L’éditeur néo-lou­vaniste, dont le cat­a­logue est dédié au genre court, pub­liera en cette ren­trée lit­téraire un recueil de Jean-Pierre Janssen, On n’entre pas comme ça chez les gens, dont les nou­velles met­tent en scène un per­son­nage d’huissier de jus­tice.

Habituée elle aus­si de la nou­velle, la mai­son d’édition Lamiroy pour­suiv­ra cet automne la pub­li­ca­tion heb­do­madaire d’une nou­velle dans la col­lec­tion « Opus­cules ». Les auteurs annon­cés sont France Arnaud, Patri­cia Culot, Chloé Derasse, Vir­ginie Doucet, Lionel Estève, Julien Lan­del, Mar­cel Leroy et Clarisse Michaux, tan­dis qu’un hors-série paraitra sous le titre Chat pitre. La col­lec­tion con­nait depuis quelque temps une décli­nai­son jeunesse, sous le nom « Ado­pus­cule ». Cette dernière accueillera un texte de Pauline Deruyss­ch­er, L’inavouable vérité.

Plus inhab­ituel, les édi­tions Mur­mure des soirs ont aus­si opté pour une ren­trée entière­ment placée sous le signe de la nou­velle. Et plus pré­cisé­ment de deux recueils col­lec­tifs. Dans l’un, Spri­mont s’en­livre, Paul De Ré, Jacque­line Calem­bert, Vin­cent Her­bil­lon, Didi­er Joris, Yvette Sépul­chre célébreront la com­mune de Spri­mont. L’autre, Du côté des librairies, a mobil­isé les auteurs habitués de la mai­son pour un hom­mage aux libraires et librairies. On y retrou­vera les sig­na­tures de Jean-Pierre L. Col­lignon, Jean-Marc Defays, Paul De Ré, Pierre Hof­fe­linck, Michel Lauw­ers, Dominique Maes, Alexan­dre Mil­lon, Marc Pir­let, Jean-Marc Rigaux, Mar­tine Rouhart, Erik Sven, François Tefnin ou encore Michel Van den Bogaerde.

Les édi­tions Tra­verse met­tront elles aus­si la nou­velle à l’honneur, avec un recueil de Loren­zo Cec­chi, La soli­tude des anges gar­di­ens, et un autre de Tris­tan Alle­man, Même les pier­res, dans lequel l’auteur saisit quelques instants de vie, et y injecte une dose de mer­veilleux. Quant à Olivi­er Ter­wagne, il livr­era avec Momen­tané­ment absent des Réc­its d’un temps volatil et une réflex­ion sur le temps – celui de la mémoire ; celui, (trop) court, qui est le lot de notre présent.

Aux édi­tions Onlit, Jacques Richard pub­lie Nues, des textes courts inspirés de son tra­vail de plas­ti­cien et de pro­fesseur d’art. Il y évoque une série de femmes peintes nues, et médite sur la mon­stra­tion du corps, le regard de l’artiste, et la rela­tion entre artiste regardeur et mod­èle regardé.

marianne sluszny collection belgiques editions ker couverture« Bel­giques » des édi­tions Ker est une col­lec­tion de recueils de nou­velles qui esquis­sent, sur le mode du patch­work, une image, des images, de la Bel­gique. Déjà riche de huit recueils (dus à Frank Andri­at, Luc Baba, Alain Dartev­elle, Vin­cent Engel, Jean Jau­ni­aux, Françoise Lalande, Giuseppe San­toliq­ui­do, et Yves Wellens), la col­lec­tion s’enrichira cet automne de trois nou­veaux vol­umes, con­fiés à autant de plumes sub­tiles, qui tireront la thé­ma­tique «Bel­giques » vers des chemins divers. Des Marolles aux Can­tons de l’Est, Véronique Bergen nous promène dans une Bel­gique rêvée, où sur­gis­sent aus­si bien Léopold II que la pandémie. Mar­i­anne Sluszny explore des des­tins de femmes au sor­tir de la pre­mière guerre mon­di­ale, lorsque les unes obti­en­nent le droit de vote, et pas les autres. Michel Tor­rekens, enfin, inter­roge l’identité et la péren­nité de la Bel­gique, au tra­vers de motifs emblé­ma­tiques : l’homme de Spy, les Dia­bles rouges, Semi­ra Adamu…

La ren­trée des édi­tions La pierre d’alun, sera placée sous le signe du dia­logue entre le texte et l’im­age. Léon Wuidar racon­tera le quo­ti­di­en d’un enfant qui s’in­ter­roge sur les fumeurs et la tabagie, dans La pre­mière cig­a­rette, un ouvrage rehaussé de col­lages de l’au­teur. Mon oeil avec! est le résul­tat du dia­logue de deux Ste­fan, Liber­s­ki et De Jaeger, l’un écrivain, l’autre pein­tre alors que L’in­stant décisif voit se répon­dre Georges Meu­rant et Pierre Radis­ic.

Les édi­tions Mar­que belge annon­cent 50 his­toires ten­dres au temps du coro­n­avirus, un recueil de nou­velles de Michel Vis­art écrites pen­dant le con­fine­ment, met­tant en scène des citoyen.ne.s dans le quo­ti­di­en chahuté de la pandémie.

Les édi­tions du Coudri­er pub­lieront un recueil de réc­its de Cather­ine Berael, Cab­o­tage.

Mael­ström réédit­era une nou­velle de Jacques De Deck­er, Suzanne à la pomme, rehaussée d’illustrations de Maja Polack­o­va.

Aux édi­tions du Cerisi­er, les cour­tes fic­tions de Restez chez vous ! Portes clos­es. Cris, chu­chote­ments et colères au temps du virus, signées Marc Cham­beau, suiv­ent le des­tin de plusieurs per­son­nages plongés dure­ment éprou­vés par le con­fine­ment.

Enfin, aux édi­tions de la Renais­sance du livre, Dominique Coster­mans et Régine Van­damme pub­lieront le pre­mier vol­ume du Bureau des secrets pro­fes­sion­nels. Le livre est le fruit d’un impor­tant tra­vail, réal­isé par les deux autri­ces, de col­lecte d’histoires et anec­dotes qui se déroulent dans le monde du tra­vail.

La rentrée poétique

La Bel­gique fran­coph­o­ne peut s’enorgueil­lir d’une den­sité excep­tion­nelle de maisons d’édi­tion de poésie de haute tenue. Elles pré­par­ent une ren­trée lit­téraire à la hau­teur de leur répu­ta­tion.

Les édi­tions du Tail­lis pré pub­lieront qua­tre recueils d’au­teurs belges à la ren­trée. Dans De but en blanc, Jean-Marie Cor­busier, à qui l’on doit déjà L’air, pierre à pierre aux mêmes édi­tions du Tail­lis pré, dévelop­pera sa poésie lap­idaire, sou­vent com­parée à celle de Fer­nand Ver­he­sen ou André du Bouchet. Après Mur­mures duchardon, le nou­vel­liste et poète Marc Menu revient avec Ce soir, c’est relâche, un recueil qui allie humour et ironie pour évo­quer le monde des écrivains. Paul Emond, qui pré­face l’ou­vrage, a ces mots : « … tant pis ou tant mieux si ce rideau, comme chez Boris Vian à la fin d’une de ses pièces, glisse sur une cochon­ner­ie et tombe en pous­sant un hurlement affreux ». Un troisième recueil, signé Anne Rotschild, paraitra aus­si à l’au­tomne, sous le titre Au pays des Osman­thus. Enfin, Amnésie! rassem­blera les poèmes du pein­tre Yvon Vandy­cke, auquel une expo­si­tion sera con­sacrée à Liège au même moment.

rio di maria eblouissementsL’arbre à paroles annonce qua­tre recueils. L’éditeur ren­dra tout d’abord hom­mage à Rio di Maria, qui fut pen­dant dix ans prési­dent de la Mai­son de la poésie d’Amay et est décédé le 23 mars, avec la réédi­tion, revue et aug­men­tée, de son recueil Éblouisse­ments de l’exil. Claude Miseur pub­liera Sur les rives du même ; Francesco Pit­tau fera paraitre Épis­sures, tan­dis que le nou­veau recueil de Rose-Marie François portera le beau titre de Temps sans faux.

De Rose-Marie François paraitra aus­si un recueil au Tétras lyre, L’écho du regard. Les poèmes  qui le com­posent sont inspirés d’œuvres pic­turales de Charles Del­haes, repro­duites dans le recueil en regard des poèmes. Au Tétras lyre, cette ren­trée lit­téraire sera aus­si la pre­mière d’Audrey Voos, qui a suc­cédé au print­emps à Pri­maëlle Verte­noeil à la tête de cette exigeante et dynamique mai­son poé­tique. Out­re le recueil de Rose-Marie François, deux ouvrages sont prévus dans la col­lec­tion « De Wal­lonie », col­lec­tion bilingue wal­lon-français : l’un de Lau­rent Hend­schel, Dins des sôres di romances (titre pro­vi­soire) ; l’autre, Fave­nales (titre pro­vi­soire), de Jacques Warnier.

stephane lambert ecriture premièreComme pour Rose-Marie François, le dia­logue entre la poésie et les arts plas­tiques sera aus­si au cœur du nou­veau recueil de Stéphane Lam­bert, Écri­t­ure pre­mière. Après Art poems, l’écrivain pour­suit son œuvre poé­tique aux édi­tions La let­tre volée. Son nou­veau recueil sera rehaussé d’illustrations d’Evi Keller.

Aux édi­tions Mael­ström, Daniel De Bruy­ck­er pour­suit ses neu­vaines, qui lui ont déjà valu le prix lit­téraire du Par­lement de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Après les Neu­vaines 1 à 3 et les Neu­vaines 4 à 6, le poète pub­liera logique­ment cet automne les Neu­vaines 7 à 9.

Aux édi­tions du Coudri­er, Nadine Simal pub­liera le recueil Bleu de femme.

Après deux romans (Une dose de douleur néces­saire et L’île longue, tous deux aux édi­tions Autrement) et un album pour la jeunesse (L’ours Kintsu­gi, illus­tré par Marine Schnei­der, Cam­bourakis), Vic­toire de Changy s’essaie à la poésie avec un recueil annon­cé aux édi­tions L’arbre de Diane, La paume plus grande que toi, où elle évoque ses pre­miers pas dans la mater­nité.

Les édi­tions Lamiroy pub­lieront Le sucrier de velours suivi de Par­mi moi seul (titre à con­firmer) de Marc Dan­val, recueil dou­ble qui évoque notam­ment les grands jazzmen.

Au Cac­tus inébran­lable, André Stas et Éric Dejaeger s’as­so­cient pour Lim­i­ta­tion de la poésie. Cours clas­tique en pré­pa­ra­tion au bac à ordures, un recueil dans lequel les deux auteurs par­o­di­ent des débuts de poèmes et de chan­sons célèbres (ou pas).

Après Sor­ties du temps (2015) et Cas­es départ (2018), les édi­tions Le Cormi­er pub­lieront un nou­veau recueil poé­tique de Luc Del­lisse, Le cer­cle des îles.

Le théâtre dans un fauteuil

Alors que la sai­son théâ­trale recom­mencera avec des règles de dis­tan­ci­a­tion inédites, le théâtre à lire sera lui aus­si bien présent en cette ren­trée. Les édi­tions Lans­man, référence du genre, pro­posent un pro­gramme de ren­trée ambitieux, avec plusieurs auteurs belges.

Après La soli­tude du mam­mouth et sa par­tic­i­pa­tion au col­lec­tif 50 ans, ça se joue Geneviève Damas pub­liera Quand tu es revenu. Autre habitué de la mai­son, Régis Duqué (Greenville, Les voies sauvages) sign­era John Mal­one. La paru­tion de Rumeur de Thier­ry Janssen accom­pa­g­n­era la créa­tion de la pièce au théâtre Le Pub­lic, tan­dis que Muzun­gu de Vin­cent Mar­ganne sera créé au Rideau de Brux­elles.

Lans­man pub­liera aus­si trois pièces pour le jeune pub­lic : Chèvre, Seguin, loup, de Julie Annen, C’est ta vie de la Com­pag­nie 3637 et Jim­my n’est plus là de Guil­laume Ker­busch. Trois pièces qui seront jouées par­al­lèle­ment à la paru­tion du texte. 

Tra­di­tion­nelle­ment actives dans le domaine du théâtre elles aus­si, les édi­tions du Cerisi­er pub­lieront Brèche(s) de la Com­pag­nie Buis­son­nière. Dans ce mono­logue théâ­tral, le pro­tag­o­niste racon­te l’ex­péri­ence qu’il a menée d’une créa­tion col­lec­tive en milieu car­céral.

L’essai

lire voir penser l oeuvre de jean philippe toussaintLa non-fic­tion régn­era sur la ren­trée lit­téraire des Impres­sions nou­velles, avec une pro­gram­ma­tion où auteurs français et belges voisi­nent. Pour les sec­onds, on épin­glera la paru­tion d’un livre de Tan­guy Habrand, Le livre au temps du con­fine­ment. Spé­cial­iste de l’édition belge et de son his­toire (on lui doit, avec Pas­cal Durand, le vol­ume de référence His­toire de l’édition en Bel­gique (XVe-XXIe siè­cle)), l’auteur se penchera cette fois sur son présent : les con­séquences du con­fine­ment sur les pra­tiques de lec­ture et d’édition. Les Impres­sions nou­velles pub­lieront aus­si les actes d’un col­loque con­sacré à Jean-Philippe Tou­s­saint : Lire, voir, penser l’œuvre de Jean-Philippe Tou­s­saint. De Jan Baetens paraitra Adap­ta­tion et bande dess­inée. Éloge de la fidél­ité. La ren­trée sera fran­co-belge pour Jean-Philippe Tou­s­saint et Jan Baetens, puisqu’ils pub­lieront aus­si respec­tive­ment aux édi­tions de Minu­it et de L’herbe qui trem­ble.

Le coudri­er inau­gure sa nou­velle col­lec­tion « À cœur d’écrits » avec un auteur mai­son : Jean-Michel Aubev­ert. Dans Les entre­lus de Jean-Michel Aubev­ert, il évoque des livres qu’il a lus.

Avec Aspi­ra­tions, Car­los Vaque­ra achèvera aux édi­tions Lamiroy sa trilo­gie entamée avec Inspi­ra­tions et Expi­ra­tions.

Aux édi­tions Ker, Géral­dine Remy pro­longe la réflex­ion entamée dans Les secrets de la licorne avec Qui veut la peau de la licorne ? Sous-titré De l’écoanxiété à la résilience intérieure, ce livre explore la manière dont nous pou­vons appréhen­der l’état peu engageant du monde actuel – les cat­a­stro­phes écologiques présentes ou annon­cées notam­ment – et nous engager sur la voie de la résilience et de la sol­i­dar­ité.

Ker est aus­si l’éditeur de Textyles, revue de recherche con­sacrée à la lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne. Le numéro de ren­trée sera dédié à Georges Eekhoud (1854–1927), et plus par­ti­c­ulière­ment à l’écrivain d’art et au poète.

Pour les édi­tions du Cerisi­erJules Pir­lot évo­quera la fig­ure et le par­cours de Julien Lahaut dans un essai inti­t­ulé Julie Lahaut, vivant.

carl norac la poesie pour adultes et enfants le grand écart? couverture du livreAux édi­tions des Midis de la poésie paraitra La poésie pour adultes et enfants : le grand écart? du poète nation­al Carl Norac. Un livre qui pro­longe la con­férence don­née par l’au­teur aux Midis de la poésie.

Au Tail­lis pré, la poésie sera aus­si au coeur du Regard éclairé (tome 2), recueil des inter­ven­tions pronon­cées lors des ren­con­tres inter­na­tionales du Jour­nal des poètes en 2019.

Des classiques à (re)découvrir

La col­lec­tion Espace Nord, sous la houlette de l’équipe des Impres­sions nou­velles, pour­suit son tra­vail de mise à l’honneur des clas­siques lit­téraires belges d’aujourd’hui et de demain. Alors que parait son nou­veau livre aux édi­tions Esper­luète, Nicole Mal­in­coni fait aus­si sa ren­trée en Espace Nord, avec une réédi­tion aug­men­tée du dou­ble vol­ume Nous deux/Da Solo, où l’on retrou­vera l’adaptation de Da Solo réal­isée pour le théâtre par Ange­lo Bison. La col­lec­tion s’enrichira ensuite d’un vol­ume de Jean-Claude Pirotte, Un voy­age en automne/Cavale. L’écrivain décédé en 2014 était déjà présent au cat­a­logue d’Espace Nord, avec La pluie à Rethel. La col­lec­tion réédite par ailleurs Olivia de Madeleine Ley (1901–1981), l’un des plus anciens titres du cat­a­logue, devenu indisponible.

Les édi­tions Névrosée pour­suiv­ront leur tra­vail d’exhumation et de mise à dis­po­si­tion du grand pub­lic d’œuvres lit­téraires du passé. Après Âme blanche, la col­lec­tion « Femmes de let­tres oubliées » s’enrichira d’un deux­ième livre de Mar­guerite Van de Wiele, Fleurs de civil­i­sa­tion. Avec Je suis le ténébreux de Monique Ali­ka-Wat­teau, c’est un roman fan­tas­tique qui vient étof­fer le cat­a­logue.

Comme nous l’écrivions plus haut, la jeune mai­son d’édition se dotera aus­si, en cette ren­trée, d’une nou­velle col­lec­tion, « Sous-exposés », pen­dant mas­culin de la précé­dente. Et frap­pera d’emblée un grand coup, avec pas moins de cinq ouvrages déjà annon­cés : Le tatouage bleu d’Horace van Offel, Le musée d’Alain Bosquet de Tho­ran, Du bleu dans les nuages de Jacques Hen­rard, et Le car­il­lon­neur de Georges Roden­bach.

Dans le domaine pat­ri­mo­ni­al, on notera encore que l’éditeur suisse Zoé pub­liera À la recherche de Marie, de Madeleine Bour­doux­he (1906–1996). 

Les Belges en France

La ren­trée lit­téraire con­coc­tée par les édi­teurs d’Outre-Quiévrain met­tra aus­si à l’honneur plusieurs auteurs et autri­ces belges, habitué-e‑s ou non de ce moment chaud de l’année lit­téraire. 

La fiction

La ren­trée lit­téraire 2020 aura un petit gout de déjà-vu pour les auteurs belges pub­liés en France. Amélie Nothomb, Jean-Philippe Tou­s­saint et Nadine Mon­fils, déjà présents lors de la ren­trée 2019, seront à nou­veau de la par­tie cette année.

Amélie Nothomb, qui a man­qué de peu le Goncourt avec Soif en 2019, pub­lie cette année, tou­jours chez Albin Michel, Les aérostats, his­toire de la ren­con­tre entre une étu­di­ante brux­el­loise et un ado­les­cent dyslex­ique à qui elle donne des cours par­ti­c­uliers. Le roman paraitra simul­tané­ment en audi­o­livre, aux édi­tions Audi­olib.

Ren­trée chargée pour Jean-Philippe Tou­s­saint. Out­re les actes du col­loque qui lui a été con­sacré à paraitre aux Impres­sions nou­velles, il pub­liera aux édi­tions de Minu­it Les émo­tions, un livre qui met à nou­veau en scène Jean Detrez, agent de la Com­mis­sion européenne et per­son­nage prin­ci­pal de La clé USB.

Nadine Mon­fils avait arpen­té avec bon­heur de nou­veaux ter­ri­toires l’année dernière, avec Le rêve d’un fou, biogra­phie poé­tique et fan­tai­siste du Fac­teur Cheval. Le souf­fleur de nuages, à paraitre en sep­tem­bre aux édi­tions Fleuve, creuse ce sil­lon promet­teur.

Le dernier roman de Diane Meur, La carte des Mendelssohn, date déjà de 2015. Cette autrice rare revient cette année avec Sous le ciel des hommes, à paraitre à l’enseigne de Sabine Wespieser, son éditrice de tou­jours. Un roman qui nous plonge dans le grand-duché d’Éponne, où le calme n’est qu’apparent.


Lire aus­si : Diane Meur, grave et drôle (C.I. 189)


gilles ribero clairières éditions alliaÀ côté de ces plumes con­fir­mées, plusieurs jeunes auteurs pren­dront aus­si part à la ren­trée lit­téraire. Les édi­tions Allia présen­tent le pre­mier roman de Gilles Ribero, Clair­ières, où il est ques­tion d’une série de meurtres qui désta­bilisent le héros et le plon­gent dans un univers incer­tain.

Autre pre­mier roman : celui de Pas­ca­line David. Fon­da­trice des édi­tions Diag­o­nale et autrice d’un livre d’entretiens avec Jérôme Fer­rari, elle passe à la fic­tion avec La colère des sim­ples, à paraitre aux édi­tions Sans Escale. Lesquelles pub­lieront aus­si le pre­mier roman de Philippe Fiévet, Sur un air d’opéra bouffe. Après Le temps des arbres, évo­ca­tion de son jardin et ode à la nature pub­liée aux édi­tions du Rouer­gue, Philippe Fiévet se lance à présent dans la fic­tion, et nous intro­duit dans le milieu des cri­tiques gas­tronomiques.

Le prix Femme Actuelle réus­sit aux auteurs belges. Alors que Benoit Sagaro est le grand vain­queur de l’édi­tion 2020, avec La con­jonc­tion dorée (Les nou­veaux auteurs) paru au print­emps, deux autres auteurs belges ont rem­porté le prix du thriller : San­dro Galeazzi et Guil­laume GrâcesMag­is­ter dix­it paraitra à la ren­trée, aus­si chez Les nou­veaux auteurs.

Les grands com­pos­i­teurs inspirent les auteurs belges cette année. Alors que San­drine Willems s’intéresse à Schu­bert, Stéphane Malan­drin sign­era Je suis le fils de Beethoven. Auteur d’un pre­mier roman fort et remar­qué, Le mangeur de livres (Seuil), l’écrivain et cinéaste racon­te cette fois l’histoire d’un vieil homme qui révèle que Lud­wig van Beethoven pour­rait bien avoir une descen­dance.

Deux­ième roman aus­si pour Véronique Gal­lo. Après Tout ce silence (Desclée de Brouw­er, 2012), l’humoriste et comé­di­enne revient avec Pour quand tu seras grande, à paraitre aux édi­tions Héloïse d’Ormesson. L’histoire est celle d’une femme, mère, épouse et enseignante dépassée, qui doit en out­re affron­ter le sui­cide de son père, lequel lui a lais­sé un mys­térieux car­net…

Mathilde Alet a débuté aux édi­tions Luce Wilquin, où elle a pub­lié deux romans (Mon lapin, 2014 ; Petite fan­tôme, 2016). Son troisième paraitra chez Flam­mar­i­on. Sexy sum­mer con­te l’histoire d’une jeune héroïne, Juli­ette, élec­trosen­si­ble, qui fuit la ville et trou­ve à la cam­pagne un con­fi­dent qui l’aidera à vain­cre ses peurs.

Autre trans­fert notable de cet automne : Alia Car­dyn, autrice à suc­cès d’Une vie à t’attendre, Le choix d’une vie et L’envol aux édi­tions Charleston, passera chez Laf­font pour son nou­veau roman Made­moi­selle Papil­lon.

La lit­téra­ture de genre ne sera pas non plus oubliée. Aux édi­tions La Volte, Luvan pub­liera Agrapha, roman choral à huit voix, racon­tant huit femmes dont l’histoire est trans­mise par un man­u­scrit du 10e siè­cle. Avec Le par­avent de soie rouge, Paul Cou­turi­au nous emmèn­era dans la Chine du 18e siè­cle (Press­es de la cité).

À sig­naler enfin le recueil de nou­velles de Jean Jau­ni­aux à paraitre aux édi­tions Zel­lige, L’ivresse des livres, célébra­tion poly­phonique de la lec­ture et de ses plaisirs.

La poésie

Chez les édi­teurs français, la ren­trée belge sera aus­si poé­tique.

Les édi­tions L’herbe qui trem­ble pub­lieront Amour quelque part le nom d’un fleuve, antholo­gie de poèmes d’Alain Dan­tinne, pub­liés de 1979 à 2011, autour du thème du voy­age.

Slam­meuse, poète et autrice de Vénus poet­i­ca, magis­tral pre­mier roman (L’arbre à paroles), Lisette Lom­bé pub­liera un recueil de slam aux édi­tions L’iconoclaste : Brûler, brûler, brûler.

serge nunez tolin l exercice du silenceLe Cherche Midi pour­suit la pub­li­ca­tion posthume des poèmes de Jean-Claude Pirotte, avec un recueil titré Je me trans­porte partout.

Les édi­tions du Cad­ran ligné pro­poseront un recueil poé­tique de Serge Nuñez Tolin, L’exercice du silence.

Aux édi­tions du Cygne, Pierre War­rant pub­lie Le temps de l’ar­bre.

Les essais

Si la fic­tion règne sur la ren­trée – et sur les grands prix lit­téraires qui l’accompagnent – plusieurs essais sont aus­si pro­gram­més.

La ren­trée sera même dou­ble pour Raoul Vaneigem, qui pub­lie au Cherche Midi La lib­erté enfin s’éveille au souf­fle de la vie et aux édi­tions Mille et une nuits Aver­tisse­ment aux écol­iers et lycéens.

Le col­lap­so­logue Gau­thi­er Chapelle revient aux édi­tions Albin Michel, sans ses com­plices Pablo Servi­gne et Raphaël Stevens, avec Le vivant comme mod­èle : pour un bio­mimétisme rad­i­cal.

François Gemenne pub­lie chez Fayard On a tous un ami noir. Pour en finir avec les polémiques stériles sur les migra­tions. 

Les écrits sur l’art seront aus­si à l’honneur. L’atelier con­tem­po­rain pub­lie un recueil d’articles d’un spé­cial­iste du genre, Stéphane Lam­bert. Alors que son dernier livre por­tait sur Spilli­aert, les arti­cles ici rassem­blés évo­quent tour à tour Mon­et, Twombly, Klee, Mon­dri­an… On notera par ailleurs que Flam­mar­i­on réédite cet automne le Bruegel de Philippe et Françoise Roberts-Jones, paru ini­tiale­ment en 2012.

La tou­jours sin­gulière col­lec­tion « D’autre part » des édi­tions L’herbe qui trem­ble, dirigée par Thier­ry Horguelin, accueillera un nou­veau livre de Jan Baetens, Comme un rat. Un recueil d’essais qui, à par­tir de con­sid­éra­tions sur des auteurs fran­coph­o­nes, évo­quent dif­férentes facettes du livre et de la lit­téra­ture. Par­tic­u­lar­ité : si le livre sor­ti­ra en ver­sion imprimée à la ren­trée, il est d’ores et déjà disponible en numérique.

D’André Doms, et tou­jours aux édi­tions L’herbe qui trem­ble, les Top­iques pour le monde actuel diront la colère de l’auteur vis-à-vis d’une société qu’il qual­i­fie d’Empire, et les top­iques qui guident ses pas.

Aux édi­tions L’i­con­o­claste, Pedro Cor­rea pub­liera Matins clairs : let­tre ouverte à tous ceux qui veu­lent chang­er de vie, livre dans lequel l’au­teur évoque la manière dont un change­ment de vie s’est imposé à lui, pour fuir “la tyran­nie des dik­tats”.

Enfin, Benoit Peeters renoue avec le genre biographique pour évo­quer un dis­ci­ple hon­grois de Freud dans Sán­dor Fer­enczi : l’en­fant ter­ri­ble de la psy­ch­analyse (Flam­mar­i­on).


Lire aus­si : Ques­tions de vie et de biogra­phie (C.I. 193)


La rentrée de la littérature pour la jeunesse

Bien que le phénomène de la ren­trée lit­téraire touche prin­ci­pale­ment la lit­téra­ture générale, l’ac­tu­al­ité édi­to­ri­ale en lit­téra­ture pour la jeunesse est elle aus­si foi­son­nante. Objec­tif plumes, site ami du Car­net et les Instants, pro­pose un panora­ma de la ren­trée des auteurs et autri­ces belges en lit­téra­ture pour la jeunesse.

La rentrée belge avec Le Carnet

Comme chaque année, Le Car­net et les Instants se met­tra dès la mi-août à l’heure de la ren­trée lit­téraire. Les recen­sions, les dernières nou­velles des prix lit­téraires et toute l’actualité de la ren­trée sont à suiv­re sur notre blog.

Nau­si­caa Dewez