Archives de catégorie : Romans et récits

Retour au monde

Alex PASQUIER, Le vit­rail en flammes, pré­face de Frédéric Vin­clair, Névrosée, coll. « Les sous-exposés », 2021, 170 p., 14 €, ISBN : 978–2‑931048–51‑1

pasquier le vitrail en flammesUn roman. Avec tout ce qu’il faut d’ingrédients d’avant l’ère du soupçon et la mort de l’auteur, d’avant le nou­veau roman, la moder­nité, la post­moder­nité : le retrait du monde, une pas­sion amoureuse inter­dite, une rival­ité où l’être aimé est joué aux dés, une dis­pari­tion et peut-être un assas­si­nat – et même un duel ; un réc­it dans le réc­it – des car­nets scel­lés divul­gués. Et l’illusion du réel. Autant le dire, quand on com­mence la lec­ture du Vit­rail en flammes, livre qua­si oublié (pub­lié une pre­mière fois en 1930) d’un auteur dis­paru des rayons des librairies (Alex Pasquier, 1888–1963) on plonge – avec plaisir – en plein texte old school. En belle écri­t­ure. Con­tin­uer la lec­ture

Chapelet de crimes au monastère

Benoit GOFFIN, Mess­es amères, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2022, 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782874896811

goffin messes ameresVoici une enquête poli­cière qui vous offre une vis­ite dans le monde clos de la vie monacale. Le corps d’un jeune novice vient d’y être retrou­vé sans vie. Le médecin attitré du cou­vent qui vient con­stater le décès émet des doutes quant aux caus­es de la mort, mais l’insistance du prieur le per­suade d’en rester là. Lorsque de nou­veaux faits sanglants survi­en­nent peu après, le secret ne peut être gardé : deux autres frères se retrou­vent hos­pi­tal­isés et la police ouvre une enquête. L’intrusion des forces de l’ordre dans cet univers coupé du monde boule­verse le cours des choses. La vie y est d’ordinaire vouée à la prière et au silence, les con­ver­sa­tions sont réduites au min­i­mum, les offices ouverts au pub­lic sont les seuls moments de con­tact avec l’extérieur. C’est dire si les langues ne sont guère promptes à se déli­er face au com­mis­saire Philippe Légaut qui est en charge de l’affaire et qui représente la jus­tice des hommes là où pré­vaut celle de Dieu. Con­tin­uer la lec­ture

La petite fille aux allumettes et au bidon d’essence

Didi­er VANDEN HEEDE, Meurtres en trois cou­plets, F dev­ille, coll. « Œuvres au noir », 2021, 340 p., 23 €, ISBN : 978–2‑87599–048‑8

vanden heede meurtres en trois coupletsLe dossier de presse annonce un « roman noir », un « polici­er hale­tant », un « scé­nario orig­i­nal » arcbouté à « un morceau de musique » et « à une par­tie d’échecs ». La cou­ver­ture, superbe, happe le regard. Fonds noir et illus­tra­tion sub­tile­ment col­orée signée Loustal. Deux jazzmen, con­tre­basse et sax­o­phone, jouent de nuit sous la lumière d’un réver­bère urbain. Con­tin­uer la lec­ture

Autopsie du fonctionnaire dans son milieu

Jean-Luc OUTERS, L’ordre du jour, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2021, 220 p., 8,50 €, ISBN : 978–2‑87568–558‑2

outers l ordre du jourPre­mier roman de Jean-Luc Out­ers, paru en1987 aux édi­tions Gal­li­mard, L’ordre du jour reparait dans la col­lec­tion Espace Nord. Cette réédi­tion est l’occasion de remet­tre sur les tables un réc­it dont le tran­chant est loin d’avoir été émoussé par les années.

L’ordre du jour dont il est ici ques­tion prend la forme d’un chem­ine­ment en com­pag­nie des névros­es d’un nar­ra­teur anonyme, dans les méan­dres de l’administration du départe­ment des travaux publics de la ville de Brux­elles. Des névros­es qui se cristallisent autour du pas­sage du temps, de l’attente et du lan­gage – ce qui vaut au réc­it d’être piqué de réflex­ions liant l’usage et la poly­sémie de mots et d’expressions à la fois banales et symp­to­ma­tiques d’une cer­taine déliques­cence sys­témique. Toutes ces névros­es suiv­ent la direc­tion de la crainte, celle de se per­dre : dans l’autre (“con­fu­sion totale où l’identité n’aurait plus la moin­dre trace”), dans la langue qui “nous asservit, en quelque sorte”, dans l’absurdité de règles édic­tées et mod­i­fiées suiv­ant l’imprévisible bon vouloir d’une poignée d’hommes s’accrochant à un pou­voir tou­jours pré­caire. Une crainte qui se fait plus vive à mesure que se suc­cè­dent les dis­pari­tions (morts et autres empris­on­nements) qui émail­lent la vie pro­fes­sion­nelle du nar­ra­teur. Con­tin­uer la lec­ture

Passion posthume

André VERSAILLE, Armande ou le cha­grin de Molière, Press­es de la cité, 2022, 366 p., 21 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑258–20011‑1

versaille armande ou le chagrin de molièreDix-sept févri­er 1699. Voilà vingt-six ans que Jean-Bap­tiste Poquelin, dit Molière, a quit­té Armande Béjart. Seule la mort sem­ble être par­v­enue à sépar­er le cou­ple qu’ils ont for­mé durant de longues années. Leur mariage fut briève­ment heureux, le temps que la jeune femme demeure admi­ra­tive du dra­maturge à la notoriété gran­dis­sante. Dev­enue comé­di­enne pour incar­n­er ses per­son­nages et mère pour répon­dre à ses désirs, elle s’éloigne peu à peu de l’auteur lorsqu’elle réalise qu’elle veut égaler sa célébrité par ses inter­pré­ta­tions. Elle se met en quête de recon­nais­sance dans ses rôles comme dans ses rela­tions extra­con­ju­gales. Ils font alors sem­blant. Molière l’aime et est pro­fondé­ment attaché à elle, il refusera de la quit­ter. Et ce n’est que quelque temps après la mort de Madeleine, sa pro­pre mère mais aus­si la pre­mière femme de son époux, qu’Armande réalis­era à quel point elle tient à celui qui l’a façon­née sans jamais cess­er de l’aimer. Con­tin­uer la lec­ture

Alechine face à ce qui se dérobe

Ivan ALECHINE, Divinités, Galilée, 2021, 128 p., 11 €, ISBN : 978–2‑7186–1018‑4

alechine divinitesPour une fois, com­mençons par la fin. En guise de ter­mi­nus à Divinités, cette nou­velle échap­pée d’Ivan Ale­chine dans la Sier­ra Madre mex­i­caine et au-delà, l’auteur d’Enter­re­ment du Mex­ique (Galilée, 2016), par ailleurs excel­lent pho­tographe, clô­ture son réc­it par une de ses images en noir et blanc : une vue de toits poin­tus, faits de tôles ondulées qui se chevauchent, main­tenues par des blocs de pierre. Il n’y a pas si longtemps, dans les hameaux et vil­lages de Tux­pan de Bolanos, au pays des Indi­ens Hui­chols, où Ale­chine s’immerge régulière­ment depuis plus d’une ving­taine d’années, les petites pièces d’habitat dis­po­saient d’un toit de chaume. Aujourd’hui, con­state Ale­chine, « tous les toits sont en tôle ondulée. Il n’y a pas à les renou­vel­er. Ça renou­velle la paresse. Là où il y avait de l’espace, des habi­ta­tions isolées les unes des autres, cha­cune sous leur toit de chaume, les enc­los de pierre se sont trans­for­més en murs. » Con­tin­uer la lec­ture

Retour à Colombo

Isabelle STEENEBRUGGEN, Être son fils. Par­cours d’un enfant seul, Pour penser, 2021, 200 p., 16,50 €, ISBN : 9782371761254

steenebruggen etre son filsLe réc­it d’Isabelle Steene­bruggen se présente comme une fic­tion inspirée de faits réels. Il retrace la biogra­phie d’un nar­ra­teur s’adressant à une femme dont nous ne con­nais­sons rien. Nous com­prenons assez vite que nous allons lire un réc­it d’un homme mûr qui, tel Didi­er Eri­bon, nous relate sa vie avec une authen­tic­ité mât­inée d’un point de vue réflexif.

Nous suiv­ons ain­si le jeune Hidli, qui a gran­di dans les ter­res cul­tivables au Sri Lan­ka avec une mère tra­vailleuse, deux frères aînés et en fil­igrane, un père absent. Moins mar­qué par ses orig­ines mod­estes que par le car­ac­tère bien trem­pé de sa mère, le héros se gorge de toutes les facettes de cette fig­ure mater­nelle bien­veil­lante avec qui il vit à son insu des moments fon­da­teurs. Mal­heureuse­ment, sa maman lui est arrachée beau­coup trop tôt par la mal­adie. Con­tin­uer la lec­ture

Ce qui scelle les tourments

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Racon­ter la nuit, Seuil, 2022, 256 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑02–149348‑1

emmanuel raconter la nuitPierre, le nar­ra­teur, reçoit une let­tre de Vera, une femme qu’il a con­nue étant ado­les­cent, mais c’est le vis­age de sa sœur jumelle Jele­na qui s’impose dès la pre­mière phrase de ce nou­veau roman de François Emmanuel :

Et sans doute l’histoire tiendrait au seul regard de Jele­na, bleu pro­fond, posé sur moi au bord d’une indig­na­tion. Sans doute faudrait-il la repren­dre par le com­mence­ment, cette his­toire, sachant qu’un com­mence­ment n’est jamais qu’une entrée en lumière.  Con­tin­uer la lec­ture

En marche vers la prophétie

Alexan­dra STREEL, Anien­da. Et la nais­sance d’une légende, Rebelle, 2021, 261 p., 17,90 € / ePub : 4,99 €, ISBN : 9782365389617

streel anienda 3Nous plon­geons dans le tome 3 de cette tétralo­gie fan­tas­tique avec la suite des aven­tures d’Elwyn et Maï­na en plein com­bat con­tre les troupes de leur enne­mi Yrga­lon. Le décès inopiné du héros des deux pre­miers tomes, Elwyn, provoque dès le début de cet opus un séisme auprès de ses alliés et crée d’entrée de jeu une cer­taine ten­sion dra­ma­tique pour le lecteur. Con­tin­uer la lec­ture

L’art de la fugue

Alfre­do DIAZ PEREZ, Un fugueur pré­coce, Let­tre volée, 2021, 62 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87317–583‑2
Alfre­do DIAZ PEREZ, Le sexe du par­adis, Let­tre volée, 2021, 90 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87317–584‑9

diaz perez le fugueur precoceLa let­tre volée pub­lie simul­tané­ment deux livres d’Alfre­do Diaz Perez, un court roman et un recueil de six nou­velles, réu­nis­sant sept réc­its attachants autant que déroutants.

Le nar­ra­teur du roman Un fugueur pré­coce parvient à recon­stituer des sou­venirs remon­tant à sa pre­mière « éva­sion » : la nais­sance et l’expulsion du corps de sa mère, une mère qu’il passera les pre­mières années de sa vie à fuir. Avant même de marcher, le petit Witold fuguait ! Mêlant fan­tasme et obses­sion de la fuite, le nar­ra­teur se sou­vient des fugues qu’il fit accroché à une « planche de salut » dont une des pre­mière ten­ta­tives le mena jusqu’à la gare des marchan­dis­es de Molen­beek-Saint-Jean. Il avait quelques mois… On devine à lire cet épisode que le réal­isme mag­ique n’est pas loin. Les per­son­nages, les lieux, les atmo­sphères et les sit­u­a­tions de ces deux livres ont une intense puis­sance d’évocation visuelle. On voit lit­térale­ment, même si la sit­u­a­tion est de l’ordre de la mémoire imag­i­naire et du men­tal, le bam­bin face à la porte fer­mée qu’il rêve de franchir coûte que coûte. « Dans ma tête, j’étais un évadé », com­mente le nar­ra­teur en se sou­venant des ces moments dont on décou­vre qu’ils ont été racon­tés au bébé par sa mère : « Elle fai­sait de moi le déposi­taire de ses secrets et de sa mémoire ». Con­tin­uer la lec­ture

Exquise maîtrise

Un coup de cœur du Car­net

Char­lotte BOURLARD, L’apparence du vivant, Inculte, 2022, 132 p., 13,90€ / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782360841431

bourlard l apparence du vivant« Je pieute au dernier étage, sous les toits. Eux dor­ment au rez-de-chaussée. Ils ont fait for­tune dans les pom­pes funèbres. On se partage un funérar­i­um désaf­fec­té. On vit en tête à tête avec mon­sieur Mar­tin qui nous sur­veille, couché dans leur grand lit. Son corps ne bouge plus, ça fait des années. On con­tin­ue à lui par­ler. Un peu comme s’il était mort, sauf qu’on peut le touch­er. »

« Je », c’est une femme, sans âge pré­cis (début de la trentaine), dont peu de traits physiques sont révélés (une cer­taine force physique, des cheveux tein­tés auburn, une cica­trice mangeant sa joue droite – sou­venir d’une brûlure). Il faut grat­ter le ter­reau fer­tile de l’indifférence et de la bru­tal­ité pour déter­rer les racines de son car­ac­tère. Tel le lis­eron, au fil des années, la nar­ra­trice s’est déployée par sa seule volon­té, avec la ténac­ité d’une mau­vaise herbe à l’apparente inof­fen­siv­ité. Si l’on creuse un peu, pour­tant, on pour­rait notam­ment s’interroger sur sa pas­sion : pho­togra­phi­er « des vieux nus aux yeux ouverts ». C’est d’ailleurs par l’entremise d’une annonce passée dans un jour­nal local qu’elle les a ren­con­trés, eux. Con­tin­uer la lec­ture

« Le Baron, vraiment, ne plaisantait pas avec les plaisanteries »

Un coup de cœur du Car­net

Bernard QUIRINY, Por­trait du baron d’Handrax, Rivages, 2022, 176 p., 17 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782743654993
Archibald d’HANDRAX, Car­nets secrets, Rivages poche, 2022, 176 p., 7 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782743655051

quiriny portrait du baron d handraxQuand on ouvre un livre de Quiriny, on entre, à la suite de ses per­son­nages, dans un monde à part. Par­fois, ce monde clos est joyeuse­ment cauchemardesque ; par­fois c’est un délice hors du temps.

Bernard Quiriny entame son Por­trait du baron d’Handrax dans le ton de son Mon­sieur Spleen. Il a à cœur de nous par­ler d’un cer­tain « Hen­ri Mouquin d’Handrax (1896 – 1960) : pein­tre mineur, oublié de nos jours », c’est-à-dire dis­cret, loin des feux de la rampe, tout à fait étranger à la vul­gar­ité de la mode. Ce pein­tre, Bernard, le nar­ra­teur, s’en « entiche par hasard », va dis­traite­ment vis­iter le petit vil­lage de l’Allier dont il est orig­i­naire, décou­vre un musée, apprend qu’on y cherche un sec­ond gar­di­en. « Ain­si com­mença ma nou­velle vie », nous con­fie-t-il avec détache­ment. Il ren­con­tre assez vite le per­son­nage haut en couleur du lieu : le Baron Archibald d’Handrax, petit-neveu du pein­tre, qui devien­dra son ami et le sujet du livre. Con­tin­uer la lec­ture

La raison des passions

Dominique VAN COTTHEM, Adèle, Genèse, 2022, 288 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN: 9782382010112

van cotthem adeleÇa se passe à Mons, à Cuesmes, aux États-Unis, dans un arc entre deux mon­des.

Adèle est le deux­ième roman de Dominique Van Cot­them, qui vient de sor­tir chez Genèse édi­tion en ce début jan­vi­er. Avant de pub­li­er, l’autrice était fleuriste, renom­mée et créa­tive ; elle vit à Chênée, près de Liège. Son pre­mier roman, Le sang d’une autre,  avait été fêté par le prix des Lec­tri­ces et pub­lié ensuite en Pock­et. Con­tin­uer la lec­ture

La composition du silence

Un coup de cœur du Car­net

Veroni­ka MABARDI, Sauvage est celui qui se sauve, Esper­luète, 2022, 208 p., 18 €, ISBN : 9782359841497

J’écris : voici mon frère, il n’a fait que pass­er, mais la phrase ment. Alors je cherche les traces qu’il a lais­sées dans le regard des autres. Il me relie à eux. Qu’est-ce qui s’est inscrit en eux de son pas­sage ?

Suiv­re le fil : plonger sous la matière, là où s’emmêlent et se con­fondent les fibres, rejoin­dre la sur­face, repren­dre. Les mots de Veroni­ka Mabar­di cir­con­scrivent en pointil­lé les con­tours de la perte et tra­cent, d’un même mou­ve­ment, l’empreinte d’un corps qui jamais n’a pu se résoudre à respecter les lim­ites. Ce corps est celui de son frère, Shin Do Mabar­di, arrivé à l’âge de cinq ans dans cette famille d’intellectuels de gauche, douce et généreuse, depuis la Corée du Sud. En dépit de l’amour qui l’attend de pied ferme et amor­tit la bru­tal­ité du déracin­e­ment, l’expérience est avant tout celle d’un arrache­ment. Dans la terre coréenne, Shin Do laisse des radi­celles tranchées vives. Un morceau de son iden­tité se développe sans lui à l’autre bout du monde, plaçant son exis­tence sous le signe de la frag­men­ta­tion. Con­tin­uer la lec­ture

« Qui aimera le diable ? Qui chantera sa chanson ? »

Luc DEVREESE, La mémoire du sable, Weyrich, 2021, 152 p., 14 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782874896750

devreese la memoire du sableLa vie de Julius est plutôt morose depuis qu’il a per­du son tra­vail… ou peut-être l’a‑t-elle tou­jours été ? Cet éter­nel céli­bataire est très soli­taire. Il voit par­fois sa vieille sœur Mar­cel­la qui vit dans une petite mai­son de l’ancien béguinage de Mont-Saint-Amand. À l’époque, il allait aus­si par­fois ren­dre vis­ite à Lieve, une pros­ti­tuée du quarti­er de la gare. Poussé par un élan inhab­ituel – comme s’il était temps qu’il aille à con­tre-sens de sa vie – il entre chez un anti­quaire et en ressort avec une stat­uette représen­tant le dieu Pan, le sexe dressé. Il ne sait expli­quer pourquoi il est attiré par cet objet. Il veut mon­tr­er la stat­uette à Mar­cel­la. La vieille femme qui perd la vue sourit joyeuse­ment en touchant le mem­bre de la stat­uette. Julius sent que quelque chose a changé dans sa vie depuis qu’il a acquis cette stat­uette, comme si sa mélan­col­ie voulait dis­paraître. Il veut revoir Lieve, mais il apprend qu’elle ne tra­vaille plus dans le café où il allait la retrou­ver. Con­tin­uer la lec­ture

La Route de Los Angeles

Daph­né TAMAGE, À la recherche d’Alfred Hayes, Mau­rice Nadeau, 2022, 208 p., 19 €, ISBN : 9782862313191

tamage a la recherche d alfred hayesApolline, Apo pour les intimes, n’a, depuis la fin de ses études de ciné­ma, qu’une seule obses­sion : devenir une autrice célèbre !

Mais, est-ce bien de cela, unique­ment de cela, qu’il est ques­tion dans À la recherche d’Alfred Hayes, le pre­mier roman de Daph­né Tam­age ?

C’est à une quête mul­ti­ple ou à de mul­ti­ples quêtes que nous assis­tons à la lec­ture de ces 196 pages. Con­tin­uer la lec­ture