Carl NORAC, Piéton du monde, choix anthologique et postface de Gérald Purnelle et Jean-Luc Outers, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2021, 291 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–552‑0
L’innocence souvent insolente de l’adolescence et cette envie de fuite que l’on jette à la face du monde quand on a 20 ans, Carl Norac en a fait le matériau de sa poésie à la fois brute, dense et sensuelle.
En ce temps-là, ma vie s’inventait encore. J’avais la fraîcheur des abîmes quand elles balancent l’adolescent d’une paroi vers l’autre et qu’il bande à l’idée de vivre. Je courais dans les forêts avec des mots vainqueurs à la bouche. Mon emploi était le candide. J’en cultivais les ombrages. Continuer la lecture


Chaque personne renferme une histoire, celle de sa vie. Dès lors, si l’on collectionne les récits d’une galerie de personnages, cela forme comme une petite bibliothèque. C’est du moins le présupposé de cet ouvrage, publié aux éditions bruxelloises À pas de loups. Une bibliothèque qui tient dans les mains et se lit avec grand plaisir.
Qu’est-ce qu’un poème pour enfants ? Existe-t-il deux formes de poésie, l’une pour la jeunesse et l’autre, la vraie ? Carl Norac réfute les clichés et affirme que « dans sa multiplicité absolue, la poésie est une et indivisible ».

À l’invitation, à l’appel lancé par Antoine Wauters qui dirige la collection « iF » à L’Arbre à paroles, vingt-trois auteurs ont répondu : écrire sur ce que signifie pour eux la ligne blanche. Traversé par une crise, tenaillé par une pulsion qui se traduit en une décision — arrêter d’écrire —, Antoine Wauters voit dans la ligne blanche la manifestation du grand retrait, de l’effacement, une césure, un syndrome Bartleby. La pureté de la ligne blanche est telle qu’elle ne doit plus se traduire en mots. Le syntagme lancé aux contributeurs venus du monde du roman, de la bande dessinée, de la poésie, du journalisme s’apparente à un signifiant flottant que chaque auteur va interpréter, diffracter en récits ou en poèmes. 
Clair comme de l’eau de roches,
Je ne connais aucune prière, nul poème que j’improvise ne peut espérer s’élever jusqu’au royaume sans souffle.
Quelle que soit sa rigueur, on le trouve toujours trop long, trop froid, trop déprimant. L’hiver suscite peu notre enthousiasme : on peste lorsqu’il s’installe et on ne le célèbre que quand il disparaît. On tente même de le chasser à coup de carnavals, de le mater à force de proverbes, c’est dire ! La neige et ses jolis flocons n’emportent pas notre adhésion non plus. Certes, on s’en réjouit durant une séance de luge, elle intrigue par son atmosphère magiquement ouatée, on la contemple bien au chaud derrière une fenêtre, mais elle nous hérisse sous les pneus, nous désole en flaques boueuses, nous brûle par ses gerçures. Décidément, l’hiver est la mal aimée de nos saisons. Ce qui est assez injuste pour lui car « [il] est comme tout le monde. / Il n’aime pas le froid. / Mais c’est son boulot, voilà. / À l’école, il voulait faire printemps, / mais c’est un métier plutôt rare ». 

