Archives par étiquette : Lisette Lombé

Récit d’une poésie froissée au fond d’un cartable                                                                  

Lisette LOMBÉ, Claire COURTOIS, Enfants poètes, Robert Laf­font, 2023, 80 p., 14,90 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782221264423

lombe courtois enfants poetesC’est l’histoire d’un poème. Un poème reçu en classe, et qu’il va fal­loir réciter devant tout le monde. Un poème si long, si com­pliqué, qu’il fait pani­quer. Peur du trou de mémoire, des moqueries, de la mau­vaise note. Alors, le poème s’oublie au fond du cartable, comme un fruit qu’on n’a pas mangé à la récré. Mais à un moment ou un autre, il faut bien le sor­tir de là, le défroiss­er. Il est répété, aus­sitôt oublié. Com­ment faire pour que les mots ne s’échappent pas ? Con­tin­uer la lec­ture

Lisette Lombé, prochaine poétesse nationale

lisette lombe

Lisette Lom­bé — D.R.

Le nom de la prochaine poétesse nationale a été dévoilé à l’oc­ca­sion de la Journée mon­di­ale de la poésie. Il s’ag­it de Lisette Lom­bé. Elle suc­cédera en 2024 à l’actuel poète nation­al, Mustafa Kör. Con­tin­uer la lec­ture

Fermeture pour inventaire

Un coup de cœur du Car­net

Une poésie de vingt ans. Antholo­gie de la poésie en Bel­gique fran­coph­o­ne (2000–2020), choix de textes et intro­duc­tion par Gérald PURNELLE, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 440 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–557‑5

une poesie de vingt ansLa col­lec­tion Espace Nord pub­lie en juin 2022 une antholo­gie con­sacrée à la poésie belge fran­coph­o­ne parue entre 2000 et 2020. « Ni un bilan, ni un état des lieux en bonne et due forme », le vol­ume héberge les textes de 128 auteurs et autri­ces sous le pavil­lon d’une poésie jeune, à l’échelle d’un siè­cle jeune et d’un jeune mil­lé­naire. Con­tin­uer la lec­ture

La SACD et la Scam décernent leurs prix

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Char­line Lam­bert, lau­réate du prix Lit­téra­ture

Les sociétés d’au­teurs et autri­ces SACD et Scam ont remis leurs prix 2020 ce 18 mars. Ils couron­nent des créa­tri­ces et créa­teurs dans dif­férents domaines artis­tiques, dont la lit­téra­ture. Con­texte san­i­taire oblige, la céré­monie s’est tenue en comité restreint et a été retrans­mise en ligne. Con­tin­uer la lec­ture

Langue-jerrican et recueil-phénix

Lisette LOMBÉ, Brûler Brûler Brûler, Icon­o­claste, coll. « L’Iconopop », 2020, 12 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑37880–167‑0

lombé bruler bruler brulerCes jours-là
jours de énième scan­dale pédophile,
énième bavure poli­cière,
énième fémini­cide,
énième inci­dent mor­tel dans une usine,
ces jours-là,
lende­mains d’élections, d’attentat, de cat­a­clysme,
ces jours-là,
une lave noire et visqueuse déboule dans ma gorge
et car­bonise toutes mes belles petites phras­es human­istes
qui me sauvent tous les jours sauf ces jours-là. 

Alors, Lisette Lom­bé colle. Elle accole trois verbes à l’infinitif : Brûler Brûler Brûler. Davan­tage qu’un mode ver­bal très présent dans son écri­t­ure, l’infinitif igné fig­ure la démarche de Lisette Lom­bé, poétesse et grande fig­ure du slam en Bel­gique. Ce verbe exulte dans ce recueil pub­lié aux édi­tions Iconopop. Celui-ci réu­nit, comme en un grand col­lage, des textes issus des ouvrages Black Words (L’Arbre à paroles, 2018) et Tenir (Mael­ström, 2019) et il est aug­men­té de puis­sants col­lages d’images en noir et blanc réal­isés par la poétesse. Con­tin­uer la lec­ture

Les Grenades remettent leur premier prix littéraire

lisette lombe

Lisette Lom­bé — D.R.

Les Grenades, le média fémin­iste de la RTBF, ont organ­isé cette année leur pre­mier prix lit­téraire. Les deux lau­réates sont désor­mais con­nues. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Brigitte Van den Bossche

Chaque jour, Le Car­net et les Instants revis­ite l’an­née lit­téraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujour­d’hui : la sélec­tion de Brigitte Van den Boss­che. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Thibault Carion

Jusqu’au 31 décem­bre, Le Car­net et les Instants revis­ite l’an­née lit­téraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Pour com­mencer ce par­cours : la sélec­tion de Thibault Car­i­on. Con­tin­uer la lec­ture

Faisceau de lignes blanches

COLLECTIF, La ligne blanche, Arbre à paroles, coll. « iF », 2020,126 p., 14 €, ISBN : 978–2‑8704–696‑2

À l’invitation, à l’appel lancé par Antoine Wauters qui dirige la col­lec­tion « iF » à L’Arbre à paroles, vingt-trois auteurs ont répon­du : écrire sur ce que sig­ni­fie pour eux la ligne blanche. Tra­ver­sé par une crise, tenail­lé par une pul­sion qui se traduit en une déci­sion — arrêter d’écrire —, Antoine Wauters voit dans la ligne blanche la man­i­fes­ta­tion du grand retrait, de l’effacement, une césure, un syn­drome Bartle­by. La pureté de la ligne blanche est telle qu’elle ne doit plus se traduire en mots. Le syn­tagme lancé aux con­tribu­teurs venus du monde du roman, de la bande dess­inée, de la poésie, du jour­nal­isme s’apparente à un sig­nifi­ant flot­tant que chaque auteur va inter­préter, dif­frac­ter en réc­its ou en poèmes. Con­tin­uer la lec­ture

Être soi et le dire

Lisette LOMBÉ, Venus poet­i­ca, Arbre à paroles, coll. « iF », 2020, 61 p., 12 €, ISBN : 9782874066931

Selon la deux­ième de cou­ver­ture de son pre­mier roman Venus poet­i­ca, Lisette Lom­bé est une « artiste queer, afrofémin­iste, bel­go-con­go­laise », fon­da­trice du Col­lec­tif L‑SLAM. Ce roman est pub­lié dans la col­lec­tion “iF” dirigée par Antoine Wauters qui pro­pose des textes trans­frontal­iers et priv­ilégie la lib­erté de ton et le plaisir d’oser. Déf­i­ni­tions qui car­ac­térisent le présent ouvrage, pas tout à fait roman mais poé­tique sans être un poème. Il com­mence par une évo­ca­tion de mas­tur­ba­tion et se ter­mine par une allu­sion claire au les­bian­isme. Entre les deux une tra­ver­sée éro­tique, celle d’une femme libre et libérée, deux infor­ma­tions évi­dentes. Qu’il s’agisse d’énumérations ryth­mées, de séries de mots éblouis­santes. D’emblée se présente une fille noire qui écrit je t’aime à un garçon blond et ori­ente le texte sur la dif­férence, de sexe, de couleur, de statut. De classe aus­si. Con­tin­uer la lec­ture

Des écrivaines parmi les 50 femmes de l’année des Grenades

celine delbecq

Céline Del­becq © Pierre Jas­sogne

Les Grenades, le média fémin­iste de la RTBF, ont désigné leur cinquante femmes de l’an­née 2019. Celles qui ont mar­qué l’an­née par leur action ou leur art. Une sélec­tion dans laque­lle la lit­téra­ture se taille une belle place. Con­tin­uer la lec­ture

Des bombes

COLLECTIF L‑SLAM, On ne s’excuse de rien, Mael­ström, 2019, 180 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87505–340‑4 

Le kif, déjà, à la cou­ver­ture. Pho­to de scène: une meuf noire devant un micro, chemise bou­ton­née jusqu’en haut, ferme les yeux en dis­ant son texte, dans un sourire. Le kif, ce titre : On ne s’excuse de rien! — excla­ma­tion sans risette, qu’on se le tienne pour dit — à répéter en boucle ad libi­tum. Le kif de compter une écras­ante majorité de femmes par­mi les 57 auteur.trice.s du recueil — cis et trans, valides et pas, racisées et pas, de tous les âges, de toutes les formes, les sex­u­al­ités, les hori­zons. “Poésie & slam”: leurs textes sont issus d’ateliers d’écriture, en vue de les faire cla­quer sur le plateau — du coup, on les pioche, la tête fait boîte à rythmes et on se les dit par­fois tout haut. La tête vient se cogn­er aus­si, là où, peut-être, le slam libère : sur les réal­ités recon­nues. Parce que ça envoie, les filles. Elles pren­nent la plume dans un grand et beau fra­cas qui vient explos­er à la lec­ture: des bombes. Har­cèle­ment, racisme, mater­nité, non mater­nité, mal­adie, viol, vio­lences, chô­mage, burn out, enfance, vieil­lesse, drague, rage, auto­cen­sure bazookée 57 fois… des dagues à chaque voix. “Et j’emmerde la norme!” Con­tin­uer la lec­ture

L’expérience poétique

COLLECTIF, La décou­verte de la poésie. De ont­dekking van de poëzie, Midis de la poésie & L’Arbre à paroles, coll. « Poésie », 2019, 38 p., 8 €

À l’initiative de Pas­sa Por­ta, du Poëziecen­trum et des Midis de la Poésie, huit poètes belges, qua­tre fran­coph­o­nes, qua­tre néer­lan­do­phones, inter­ro­gent sous la forme poé­tique leur décou­verte, leur entrée en poésie, les liens qu’ils tis­sent avec elle. Face à la ques­tion « com­ment devient-on poète ? », cer­tains met­tent à nu l’épreuve sub­jec­tive de leur ren­con­tre avec la muse poé­tique tan­dis que d’autres pla­cent la poésie en amont, comme une voix qui, depuis tou­jours, appelle ses pos­si­bles hôtes. Ren­con­tre acci­den­telle ou, au con­traire, des­ti­nale et élec­tive ? Ren­con­tre physique, avec des mots char­nels ou com­pagnon­nage d’ordre con­ceptuel ? Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Thibault Carion

La rétro­spec­tive de l’an­née lit­téraire belge avec le Top 3 des chroniqueurs. Aujour­d’hui : le choix de Thibault Car­i­on.

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Lisette Lombé ou la désobéissance civile langagière

Lisette LOMBÉ, Black words, Arbre à paroles, coll. « IF », 2018, 96 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87406–656‑6

Il est des paroles per­for­ma­tives qui, lancées à la face du monde, font reculer les fron­tières du pens­able et du vivre. Black words nous donne à lire, à ressen­tir un corps en marche. Un corps poé­tique branché sur le col­lec­tif, sur le poli­tique. Artiste explo­rant les col­lages comme objets poé­tiques, l’écriture, la per­for­mance slam, Lisette Lom­bé livre un round poé­tique en douze chants ryth­més par des col­lages. La tex­tu­al­ité et les images inter­ro­gent les con­di­tion­nements idéologiques, l’intériorisation des clichés (xéno­phobes, misog­y­nes, nou­velle arma­ture du poli­tique­ment cor­rect…), les sur­vivances du colo­nial­isme, les mou­tures actuelles d’un post­colo­nial­isme relooké, du patri­ar­cat. Les con­vo­quer, les repér­er per­met de les dis­soudre, de saper leurs soubasse­ments incon­scients, leurs ram­i­fi­ca­tions socio-poli­tiques. Con­tin­uer la lec­ture