Archives par étiquette : posthume

Yvon Givert. « Je bague des idées sauvages »

Yvon GIVERT, Urgent recoudre, Pré­face de Daniel Charneux, Tail­lis Pré, 2020, 142 p., 18 €, ISBN : 978–2‑874509–158‑6

Yvons Givert Urgent recoudre, éditions Taillis pré (couverture du livre)Dans ce recueil poé­tique inédit, pub­lié à titre posthume, Yvon Givert (1926–2005) délivre une poésie élisant la con­ci­sion, la ful­gu­rance de la brièveté, des images, allant au plus nu, dans le refus de tout orne­ment, de tout lyrisme, de tout épanche­ment du vécu. Son secret ? Tailler les mots comme des silex, comme des couteaux — un mot qui revient sou­vent sous sa plume. Dans sa riche pré­face, Daniel Charneux con­voque Mar­cel More­au, lequel écrivait sidérale­ment à son frère « en Bori­nage » : « Vous êtes un vrai poète. Sans chichis, ni per­ruque, ni fond de teint. Là, nuita­m­ment là, des mots avec juste ce qu’il faut de lumière, de couteaux, de musique pour entr­er en nous comme un plaisir non émol­lient. Non mondain ». Con­tin­uer la lec­ture

Un nuancier de l’âme

Véronique WAUTIER, Alle­gret­to qui­eto, Arbre à paroles, 2020, 190 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87406–691‑7

Si les mots ne libèrent que l’ombre
Où tou­jours je dépose mes pas
J’aurai marché sur un leurre bavard. 

Douceur et douleur, flo­rai­son et fenai­son, ténu­ité et ténac­ité : ain­si s’articule le jardin de Véronique Wau­ti­er. Il faudrait presque imag­in­er ce jardin comme un coquil­lage bivalve, se ten­ant tout entier dans la main et con­tenant l’espérance. Il faudrait aus­si l’imaginer aus­si vaste que le silence qui était, pour Véronique Wau­ti­er, tan­tôt un séca­teur et toutes les douleurs dedans, tan­tôt une res­pi­ra­tion qui débor­de, non, qui bor­de plutôt. Con­tin­uer la lec­ture

j’étais vivante et je voyais / la belle étrange / justesse de vivre

Véronique WAUTIER, Tra­ver­so, illus­tré de pein­tures d’Alain Dulac, L’herbe qui trem­ble, 2019, 110 p., 14 €, ISBN : 978–2‑918220–88‑6

C’est une voix majeure de la poésie d’expression fran­coph­o­ne de Bel­gique qui s’est éteinte il y a quelques mois à peine, quand Véronique Wau­ti­er s’en allait sur la pointe du cœur et du verbe en lais­sant dans son sil­lage une dizaine de titres aus­si puis­sam­ment frag­iles que Cha­cun de nous est une foule (Le Coudri­er, 2004), Le jour aux igno­rants (Eran­this, 2010), Con­tin­uo (L’herbe qui trem­ble, 2017)… Puis voici que l’automne bal­aie les feuilles de Tra­ver­so jusqu’au seuil de l’absence, et le dia­logue se renoue par delà, avec le naturel de ces com­plic­ités sus­pendues que même la mort est bien impuis­sante à déjouer. Con­tin­uer la lec­ture

Claire Lejeune, « voix pourpre » et « contrebandière de la pensée »

Claire LEJEUNE, Pour trou­ver la clé, il fal­lut per­dre la mémoire des ser­rures, textes inédits choi­sis par Anne André, Danielle Bajomée et Mar­tine Renouprez, Arbre de Diane, coll. « Les Deux Sœurs », 2018, 96 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930822–10‑5

La prose poé­tique, les essais de Claire Leje­une (1926–2008) sont placés sous le signe de la ful­gu­rance, d’une poé­tique rad­i­cale­ment nova­trice qui entend décloi­son­ner les savoirs, les expéri­ences afin de tra­vers­er les chapes du pou­voir, de la dom­i­na­tion et de recon­tac­ter les promess­es à venir des orig­ines. Dans les années 1960, La gangue et le feu, Le pour­pre, La geste, Le dernier tes­ta­ment, Elle sig­nent l’avènement d’une parole qui noue indis­sol­uble­ment nais­sance à soi hors des rets du patri­ar­cat, expéri­ence mys­tique d’un verbe poli­tique et poé­tique, sub­ver­sion des piliers d’une civil­i­sa­tion qui a muselé les femmes. De se dire, les sans-voix mon­tent à l’existence, gag­nent un proces­sus de sub­jec­ti­va­tion que Claire Leje­une place sous le signe de l’ouverture à l’autre de la rai­son et aux ter­res du sym­bole. « Nous ne faisons pas la poésie. Elle nous fait de nous défaire » écrivait-elle. Con­tin­uer la lec­ture

Le jeu de dominos de François Jacqmin

François JACQMIN, Le Domi­no gris. Poèmes en prose, Post­face de Lau­rent Robert, Tail­lis Pré, 2017, 154 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87450–124‑1

jacqmin le domino grisEnfant, nous jouions aux domi­nos, tout en nous trav­es­tis­sant sous un masque de tis­su. Ado­les­cent, nous ten­tions d’en saisir les com­bi­naisons math­é­ma­tiques, en rêvant d’un car­naval à Venise. Jeune adulte, nous écoutions en boucle une pièce pour clavecin de François Couperin, Les Folies françois­es, qu’il avait dédiée aux domi­nos. Le domi­no chez Couperin, com­pos­i­teur du XVIIIe siè­cle, ne désig­nait ni le jeu, ni le masque, mais bien tout un habit de bal masqué, sur­mon­té d’un lourd capu­chon. Dans ses vari­a­tions musi­cales, Couperin avait asso­cié une car­ac­téris­tique humaine à chaque couleur de vête­ment : le rouge sang pour l’ardeur, le noir pour le dés­espoir, le bleu pour la fidél­ité… et le gris pour la per­sévérance. Con­tin­uer la lec­ture

François Jacqmin : prendre le néant à son propre piège

Un coup de cœur du Carnet

François JACQMIN, Traité de la pous­sière (juin 1990 – févri­er 1991), Cad­ran ligné, 2017, 220 p., 17 €, ISBN : 2954369663

Après Le Manuel des ago­nisants (Tétras-Lyre) puis l’essai L’Écriture et la foudre signé Gérald Pur­nelle (Midis de la Poésie / L’Arbre à paroles), tous deux parus en 2016, voici que s’étend à nou­veau le vaste chantier poé­tique lais­sé en friche par le poète François Jacqmin à sa dis­pari­tion, en 1992. Com­posé d’inédits extraits du Fonds Jacqmin que con­ser­vent les Archives du Musée de la Lit­téra­ture, ce recueil répond au désir exprimé par le poète, celui de « con­stru­ire un livre qui n’aurait jamais vu le jour. » Ce sera Le Traité de la Pous­sière, un titre qu’aurait pu jalouser Cio­ran…


À lire : Archives François Jacqmin aux A.M.L.


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Léo et la pureté des âmes

Léo BEECKMAN, Poèmes quan­tiques, Mael­ström, 2017, 42 p., 12€, ISBN : 978–2‑875052–72‑8

J’ai sous les yeux les Poèmes quan­tiques de notre cher Léo. Inutile de pré­cis­er le nom de famille. Les habitués du Car­net et tant d’autres auront dev­iné sans peine qu’il s’agit de Léo Beeck­man qui nous a quit­tés sans crier gare en ce début d’année. Inutile d’ajouter non plus que sa sil­hou­ette ras­sur­ante comme sa voix et ses con­seils tou­jours judi­cieux nous man­quent pro­fondé­ment. Mais si la voix s’est tue, il reste les mots ! Et quels mots ! De ceux qui ont la force de pro­longer, de raviv­er le dia­logue, de faire enten­dre encore un peu le tim­bre com­plice d’une écoute franche et ami­cale. Des textes qui ne s’adressent pas seule­ment au cer­cle intime, mais des mots justes, pleins de cet humour lucide que seuls le jeu ou la pirou­ette d’une for­mule peu­vent éveiller chez cha­cun. Car si l’ami Léo est resté, comme sou­vent, mod­este et dis­cret vis-à-vis de sa pro­duc­tion, c’est sans doute parce que son exi­gence de la juste tonal­ité était à la hau­teur de la con­fi­ance qu’il met­tait dans la parole échangée avec l’autre, son égal. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on part à la rencontre d’un couple irradiant d’amour

Ben­jamin POTTEL, J’in­fin­i­ments nous, mael­strÖm, coll. « 4 1 4 », 50 p., 14 €   ISBN 978–2‑87505–251‑3

pottel-livreVoilà un livre qui émou­vra, sans aucun doute, tout qui, un jour, une fois, aura croisé la route de Ben­jamin Pot­tel. Aura eu, par exem­ple, la chance de partager un bout de scène avec lui, l’im­pro­visa­teur hors pair, le gui­tariste généreux, maître d’œu­vre de la « Troupe Poé­tique Nomade » des édi­tions Mael­strÖm. Aura eu, aus­si, la chance de dis­cuter le bout de gras avec un homme capa­ble, d’une chique­naude, de ren­vers­er une con­ver­sa­tion, de la faire soudaine­ment bas­culer, alors que rien ne le présageait, dans le ques­tion­nement philosophique et méta­physique. Con­tin­uer la lec­ture

François Jacqmin au seuil de sa vérité

François JACQMIN, Manuel des ago­nisants, post­face de Gérald Pur­nelle, Tétras Lyre, 120 p. 14 €   ISBN : 978–2‑930685–25‑0

jacqmin-manuel-des-agonisants« Une fig­ure nette et déser­tique du temps », l’expression, signée Gérald Pur­nelle, pour­rait car­ac­téris­er tout l’œuvre poé­tique élaboré par le Lié­geois François Jacqmin depuis l’émergence de sa parole  jusqu’à son ultime souf­fle.

Com­mencer, pour évo­quer un recueil poé­tique, en par­lant de son post­faci­er appa­raî­tra sans doute comme une hérésie ; c’est qu’à lire les pages essen­tielles que Pur­nelle con­sacre au Manuel des ago­nisants, l’on a tôt fait de s’apercevoir quelle sym­biose règne entre l’épure des derniers textes aux­quels tra­vail­lait Jacqmin avant de nous être ravi et le regard qu’y pose son exégète. Pur­nelle ne se con­tente pas d’analyser, soit de dis­sé­quer froide­ment une dépouille ver­bale ; con­juguant la maes­tria du philo­logue avec la finesse du glos­sa­teur, il en rassem­ble les mem­bres épars, les rac­com­mode, leur réin­jecte du sens et leur réin­suf­fle vie à titre posthume. Con­tin­uer la lec­ture

Initials B.B.

Un coup de coeur du Carnet

Béa­trix BECK, Bribes, Chemin de fer, 2016, 70 p., 10 €

beckVoici une pub­li­ca­tion qui, par sa minceur et l’apparente évanes­cence du matéri­au qui la con­stitue, tranche avec la vie tumultueuse de son auteure. La biogra­phie de Béa­trix Beck est en effet hors-norme à maints égards. Par sa longévité tout d’abord, qui l’amène à tra­vers­er le XXe siè­cle – où elle voit le jour à deux semaines de l’éclatement de la Pre­mière Guerre mon­di­ale – jusqu’à attein­dre l’âge vénérable de 94 ans. Par la plu­ral­ité de ses orig­ines et de son iden­tité ensuite. Jugez-en plutôt : fille de l’écrivain Chris­t­ian Beck, elle naît belge mais en terre suisse, et ses ancêtres sont, du côté pater­nel, let­tons et ital­iens, et du côté mater­nel, irlandais. Issue d’un tel creuset, cette femme sem­blait prédes­tinée à être une citoyenne du monde. Hypothèse con­fir­mée en 1936 par un mariage avec Naum Sza­piro, juif apa­tride et mil­i­tant com­mu­niste, que la guerre lui ravi­ra. Con­tin­uer la lec­ture

Brèves d’écritoire

Un coup de coeur du Carnet

Jacques STERNBERG, Divers faits. Con­tes ultra brefs (presque) inédits, Dessins de Siné, Cac­tus inébran­lable édi­tions, 70 p.

Si Félix Fénéon inven­ta le con­cept des « nou­velles en trois lignes », manière de rubrique des chiens écrasés sur­com­pressée, Jacques Stern­berg a quant à lui anticipé le « con­te-SMS ». C’est du moins Éric Dejaeger qui nous en con­va­inc, dans sa présen­ta­tion du recueil Divers faits.

Jacques Stern­berg se redé­cou­vre sans fin tant son œuvre est foi­son­nante, à tel point que dans son cas, il ne serait peut-être pas hasardeux d’oser le néol­o­gisme d’« hyper­o­graphe ». Sa pro­duc­tion effrénée peut bien sûr s’expliquer par des raisons soci­ologiques (une ambi­tion de con­quérir le champ lit­téraire parisien) et est d’autant plus admirable qu’elle prend place dans un quo­ti­di­en âpre, Stern­berg s’étant épuisé en boulots abrutis­sants pour assur­er la sub­sis­tance de sa famille. Con­tin­uer la lec­ture

André Dartevelle, du silence familial à la mise en images de la parole

André DARTEVELLE, Si je meurs un soir. Mémoires, Cuesmes, Édi­tions du Cerisi­er, coll. « Place publique », 2016, 277 p., 16€

André Dartev­elle fut un grand reporter de télévi­sion, ain­si que l’auteur fécond de nom­breux doc­u­men­taires his­toriques et artis­tiques. En 2014, il présen­tait ses derniers films, con­sacrés aux mas­sacres de civils per­pétrés par l’armée alle­mande en août 1914 à Dinant et en Ardenne. Atteint d’un can­cer, il man­i­fes­ta jusqu’au bout la ténac­ité et la créa­tiv­ité qui le fai­saient vivre en par­venant à ter­min­er ses mémoires, aujourd’hui pub­liés au Cerisi­er sous le titre Si je meurs un soir. Con­tin­uer la lec­ture

Alain Germoz en étrange compagnie

Alain GERMOZ, La tueuse pro­fes­sion­nelle, 2015, Brux­elles, Tra­verse, coll. « Lente­ment », 288 p., 22 €

germozSi l’écrivain et jour­nal­iste anver­sois Alain Ger­moz, fils de Roger Aver­maete, nous a quit­tés en juin 2013 (« décédé pré­maturé­ment à l’âge de 92 ans », pré­cise l’avis nécrologique qu’il avait rédigé lui-même… !), ses amis enten­dent bien garder vivant son sou­venir. Ils se sont réu­nis pour pub­li­er un dernier texte, La tueuse pro­fes­sion­nelle, décou­vert par­mi les innom­brables man­u­scrits et notes inédites qu’il lais­sait der­rière lui. Con­tin­uer la lec­ture

Vendanges de la mémoire

Un coup de coeur du Carnet

Jean-Claude PIROTTE, Le silence, Paris, Stock, 2016, 96 p., 18 €/ePub : 8.99 €

pirotteLivre posthume de Jean-Claude Pirotte, dis­paru en 2014, Le silence est d’une rare élo­quence pour exprimer l’univers de cet artiste, pein­tre et romanci­er, dont les œuvres se nour­ris­sent d’une vision poé­tique omniprésente. Et pour qui la réal­ité du monde n’est viv­able qu’à tra­vers ce fil­tre voué non pas à l’embellir, mais à la tran­scen­der dans un imag­i­naire lui con­férant sa véri­ta­ble sub­stance et, finale­ment, sa seule légitim­ité. C’est du reste l’obscure révéla­tion de  la nature véri­ta­ble de la poésie qui l’aura saisi comme une ivresse et comme une mys­tique dont celle du vin ne serait pas le vecteur, mais le reflet à la fois sub­sidi­aire et opérant.  La poésie… “Je l’ai ren­con­trée sans trop le savoir, peut-être comme l’ermite soudain se trou­ve devant son dieu”. Quant au vin, il est aus­si garant de la fra­ter­nité dont ce petit livre ray­onne. Fra­ter­nité avec le monde et avec les com­pagnes et com­pagnons qui en fix­ent le décor et lui don­nent son âme. “Car boire seul n’est pas notre affaire” ou encore “Notre indif­férence au réel n’a d’égale que notre atten­tion pas­sion­née aux images entre­vues  dans une lumière soudaine, qui est peut-être celle que dif­fusent les éclats trou­bles du vin bour­ru”. Con­tin­uer la lec­ture

Pour saluer Vandromme

Un coup de coeur du Carnet

Pol VANDROMME, Une indif­férence de rébel­lion, Paris, Pierre-Guil­laume de Roux, 200 p., 23 €

Dans une inter­view pour La Presse lit­téraire parue début 2008, Pol Van­dromme répondait, laconique, à une ques­tion que je lui posais sur l’identité wal­lonne : « Je suis Belge par humil­ité et j’entends bien le rester. Vu mon âge, et ce qu’est déjà l’état du monde, le reste m’est indif­férent. Une indif­férence de rébel­lion. » C’est apparem­ment cette for­mule qu’il retint comme titre de l’ensemble qui con­stituerait son dernier recueil d’articles cri­tiques. Con­tin­uer la lec­ture

Tu sais où tu vas

Robert SCHAUS, Tu sais où tu vas, Kraut­garten, 2015.
Bruno KARTHEUSER, Robert Schaus memen­to 1939–2015, édi­tion bilingue alle­mand-français, Kraut­garten, 2015.

Né à Emmels en 1939, le poète Robert Schaus nous a quit­tés durant l’hiver dernier. Homme riche de deux cul­tures (et même de trois puisqu’il fut longtemps pro­fesseur d’anglais), il a con­stru­it une œuvre dou­ble, pub­liant tan­tôt en alle­mand, tan­tôt en français. Comme l’écrit son ami Bruno Kartheuser dans un Memen­to qui illus­tre l’existence du poète par­mi les siens (famille, amis, con­frères) en des temps et des lieux telle­ment sig­ni­fi­cat­ifs : « Dans le cadre des Can­tons de l’Est, une vie de 1939 à 2015 com­prend […] la guerre en 1940, le vécu de l’offensive des Ardennes et la fin de la guerre, les années de la recon­struc­tion et de la trans­for­ma­tion de la cul­ture paysanne, le pas­sage à l’autonomie cul­turelle dès 1970 et finale­ment les débuts cahotants et clop­inants de cette dernière pen­dant qua­tre décen­nies. » Par ailleurs plas­ti­cien, Robert Schaus a pub­lié à par­tir de 1972 treize recueils de poésie, dont sept en français. Con­tin­uer la lec­ture