Archives de catégorie : Coups de cœur du Carnet

Les livres qui ont par­ti­c­ulière­ment séduit la rédac­tion du Car­net et les Instants et ont reçu la men­tion “Coup de coeur”

Le temps du feu

Un coup de cœur du Car­net

Adlynn FISCHER, L’été du ver­tige, La ville brûle, 2023, 225 p., 22 €, ISBN : 9782360121410

fischer l ete du vertigeC’est l’été. Pen­dant une semaine, Mar­got et Louise sont lais­sées seules à la mai­son par leur père, qui doit s’absenter. Louise, jeune ado­les­cente, invite copains et copines à inve­stir les lieux, pour une fête appelée à se pro­longer. Une bande d’ados prend racine dans le salon. Sous l’influence d’Aurora, une jeune femme arrivée là un peu mys­térieuse­ment, le groupe va se retrou­ver pris dans un jeu dan­gereux où il s’agit de tout oser. Le désir d’expérimenter prend le pas sur la pru­dence et chaque mem­bre de groupe va relever les défis et pos­er des actions tan­tôt absur­des, tan­tôt chargées d’un sens poli­tique cer­tain. C’est qu’en ter­res ado­les­centes, il est impératif de ne jamais mon­tr­er qu’on a peur : celui ou celle qui en appelle aux règles ou qui préfère renon­cer a for­cé­ment per­du. Con­tin­uer la lec­ture

Pour un bouquet de violettes

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cale FONTENEAU, Com­ment (et pourquoi) j’ai mangé mon amant, Onlit, 2023, 18 €, ISBN : 9782875601643

fonteneau comment et pourquoi j ai mange mon amantHélène a tout pour être heureuse. Un mari, des enfants, un boulot sta­ble et peu de soucis matériels. Elle mène une vie sans his­toires avec un petit goût de trop peu, un rien d’amertume sans doute lié au manque de ten­dresse que lui témoignent ses proches. Un mari cadre dans une banque, qui aime tout anticiper et prévoir, fort de ses cer­ti­tudes, une fille juriste qui s’inscrit dans le sil­lage du père, un fils bril­lant qui s’apprête à par­tir au Japon.

Dans la com­pag­nie d’assurances où elle assure la direc­tion des con­tentieux com­mer­ci­aux, elle reçoit les con­fi­dences d’Isabelle, dont le fils sem­ble fil­er un mau­vais coton. Une petite voix en elle lui mur­mure la petitesse de ce monde où tout est prévis­i­ble, mal­gré les risques qui, même assurés, peu­vent tout faire bas­culer sans crier gare. À son médecin, elle con­fie, faute d’écoute de son mari : « (…) ce qui m’inquiétait le plus, surtout depuis mon dernier anniver­saire, c’était de voir ma vie se dérouler désor­mais sans change­ment, sans un pli jusqu’à la fin. Une vie comme un tapis roulant qui, inex­orable­ment, me con­duirait là où finit l’existence. » En guise de remède, il lui pre­scrit quelques change­ments, un brin de fan­taisie et des vit­a­mines. Con­tin­uer la lec­ture

Il était une (double) fois

Un coup de cœur du Car­net

Myr­i­am MALLIÉ, Le cer­cueil de verre, Esper­luète, 2023, 80 p., 18 €, ISBN : 9782359841671

mallié le cercueil de verreBlanche-Neige, Cen­drillon, La Belle au bois dor­mant, Le Petit Chap­er­on rouge, La Petite Gardeuse d’oies, Le Vail­lant Petite Tailleur, Le Joueur de flûte de Hamelin, Hansel et Gre­tel, Le Loup et les Sept Chevreaux, Les Musi­ciens de Brême… Com­bi­en de con­tes et légen­des des frères Grimm se sont fau­filés dans nos ten­dres oreilles et peu­plent notre incon­scient depuis lors ? Il en est de moins con­nus, et tout aus­si fan­tas­tiques, qu’il est ent­hou­si­as­mant de (re)découvrir grâce aux con­teurs, ces chaînons d’une longue tra­di­tion spir­ituelle qui pal­pi­tent de « cette sen­si­bil­ité par­ti­c­ulière à cette sorte de force vibra­toire que les grandes images de notre imag­i­naire con­tin­u­ent d’exercer sur nos esprits et nos corps, à tra­vers le temps et l’espace ». C’est le cas du Cer­cueil de verre, dont Myr­i­am Mallié offre une pas­sion­nante lec­ture dans son livre éponyme pub­lié aux pré­cieuses et minu­tieuses édi­tions Esper­luète. Con­tin­uer la lec­ture

Les enjeux vitaux de la biodiversité

Un coup de cœur du Car­net

Marc SCHMITZ (coor­di­na­tion), Le souf­fleur de feuilles. La bio­di­ver­sité n’est pas un luxe, elle est vitale, Pré­face de Vin­ciane Despret, Couleur livres, 2022, 128 p., 12 €, ISBN : 9782870039342

collectif le souffleur de feuillesC’est à par­tir d’un lieu bien pré­cis, de la réserve naturelle du Kin­sendael située dans le sud de Brux­elles que l’ouvrage col­lec­tif Le souf­fleur de feuilles. La bio­di­ver­sité n’est pas un luxe, elle est vitale inter­roge les ressources con­ceptuelles et les scé­nar­ios à met­tre en œuvre sur le ter­rain afin de fab­ri­quer « des mon­des encore hab­it­a­bles » (Vin­ciane Despret) où se nouent des liens har­monieux entre humains et non-humains. Com­posé d’acteurs issus de divers­es dis­ci­plines, un col­lec­tif de con­tribu­teurs (Isabelle Stengers, Serge Gutwirth, Vin­ciane Despret qui signe la pré­face, Marc Schmitz qui coor­donne l’ouvrage, Mar­tine De Beck­er, Thérèse Verteneuil, Benoît Dumont, Olivi­er De Schut­ter, Jean-Claude Gré­goire, Paul De Gob­ert, Amau­ry Van­laer) s’empare des ques­tions des ter­ri­toires de vie où se déploient des mon­des sauvages, semi-sauvages, de l’érosion cat­a­strophique de la bio­di­ver­sité, de la frag­men­ta­tion de l’habitat, de la spa­tio­phagie, de l’urbanisation galopante qui men­a­cent la survie d’innombrables espèces ani­males et végé­tales pour penser un change­ment de par­a­digme qui en passe par le local. Con­tin­uer la lec­ture

Excavation du verbe

Un coup de cœur du Car­net

Har­ry SZPILMANN, Ful­gor, Cormi­er, 2022, 72 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87598–033‑5

szpilmann fulgor« Souf­fle », « désas­tre » et « embrase­ments » – nous sommes d’emblée, dès les pre­miers mots, en terre szpil­mani­enne. D’un livre à l’autre du poète, le même noy­au, les mêmes champs lex­i­caux, le même labour du verbe, le même refus de l’enclos… et des fir­ma­ments, jusque-là demeurés incon­nus, éclosent. Chaque livre de Szpil­mann est un réseau vas­cu­laire de mots et un cristal d’images tou­jours appréhendés sous un nou­veau prisme. Pub­lié au Cormi­er, Ful­gor, dont le titre con­dense tant la ful­gu­rance de l’éclair que l’or du feu, est une suite, déser­tique autant que mag­ma­tique, de courts frag­ments dens­es, den­si­fiés par l’ « Obscur ».

À nos genès­es en l’instant glo­ri­fié, en l’instant glo­ri­fi­ant, ont présidé d’innombrables eaux et d’innommables astres. En remon­ter le cours, en déclin­er la source, voilà la tâche généra­trice qui nous requiert, et nous exauce.  Con­tin­uer la lec­ture

Convoi exceptionnel

Un coup de cœur du Car­net

Léonie BISCHOFF et Kath­leen KARR, La longue marche des din­des, Rue de Sèvres, 2022, 145 p., 18 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 978–2‑8102–1365‑8
Dès 9 ans

bischoff la longue marche des dindesOn n’arrête plus Léonie Bischoff qui a récem­ment rem­porté un deux­ième prix pour l’album La longue marche des din­des, quit­tant cette fois le fes­ti­val d’Angoulême avec le Fauve Jeunesse en poche. Celui-ci lui a été attribué pour l’adaptation du roman éponyme de Kath­leen Karr dont la tra­duc­tion en français, parue pour la pre­mière fois en 1999 à l’École des Loisirs, avait déjà reçu le Prix Verse­le en 2001 en Bel­gique. Con­tin­uer la lec­ture

Migrations intérieures

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Le cer­cle des oise­leurs, Impres­sions nou­velles, 2022, 304 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39070–010‑4

emmanuel le cercle des oiseleursUn titre énig­ma­tique, assor­ti d’une cou­ver­ture attrayante : il ne nous en faut par­fois pas davan­tage pour pren­dre en mains un roman et le feuil­leter, mus par l’envie d’en savoir plus. La patience est cepen­dant ici de mise, comme elle s’impose au per­son­nage prin­ci­pal dont nous emboitons le pas. Léo Vogels (!) est employé dans une société dont l’activité, aux con­tours incer­tains, repose sur des procé­dures strictes et néces­site des réu­nions régulières où il est bon de parse­mer régulière­ment les pro­pos que l’on tient de ter­mes emprun­tés au mar­ket­ing mod­erne. Dans cet univers où les rap­ports de force tout à la fois bru­taux et feu­trés régis­sent les rela­tions, Léo évolue sur la pointe des pieds, avec le prin­ci­pal souci de rédi­ger le procès-ver­bal de la réu­nion à laque­lle il assiste. Il vient de fêter le départ à la retraite de son col­lègue Char­lie Mutzinger dont le bureau était proche du sien. Cet homme, avec lequel il con­ver­sait d’ordinaire, est resté un mys­tère pour lui. Con­tin­uer la lec­ture

Poutine & Co

Un coup de cœur du Car­net

Alain BERENBOOM, Clan­des­tine, Genèse, 2023, 248 p., 22,50 €, ISBN : 978–2‑382010–235

berenboom clandestineL’Histoire est tou­jours une sur­prise, elle ne se répète jamais à l’identique et a besoin de romanciers, d’écrivains, d’historiens pour piéger les paress­es des com­para­isons. Alain Beren­boom pra­tique, dans une joie com­mu­nica­tive, un art rare : celui de fouiller, de dépli­er et de scruter le Grand Réc­it par le prisme des per­son­nages qu’il a con­stru­its de roman en roman, à par­tir d’une qual­ité néces­saire à tout véri­ta­ble écrivain, l’ironie.

Dans son dernier roman en date, Clan­des­tine, l’écrivain s’attache à une péri­ode glaciaire de l’Histoire de l’Occident (et du Monde) : le temps som­bre, cré­d­ule et obscène à la fois qui suiv­it la chute du Mur de Berlin. Con­tin­uer la lec­ture

Dans les pas de Van Gogh

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane LAMBERT, Van Gogh. L’éternel sous l’éphémère, Arléa, coll. « La ren­con­tre », 2023, 120 p., 17 €, ISBN : 9782363083241

lambert van gogh l eternel sous l ephemereAprès L’apocalypse heureuse, une fic­tion couron­née par le Prix Rossel 2022, après ses derniers essais Paul Klee jusqu’au fond de l’avenir et Être moi, tou­jours plus fort. Les paysages intérieurs de Léon Spilli­aert, Stéphane Lam­bert nous offre un éblouis­sant pèleri­nage, aus­si intime qu’inspiré, dans l’œuvre de Vin­cent Van Gogh. Rares sont les livres qui sont touchés par la grâce. Grâce d’une ren­con­tre, d’une plongée sen­sorielle dans une vie pic­turale dont l’auteur retrace la genèse du dedans, avec une vue qui s’apparente à celle d’un plas­ti­cien. Au plus près de la matière Van Gogh, au fil d’un texte vagabond, habité et éru­dit qui peut se lire comme une longue let­tre adressée au créa­teur des Mangeurs de pommes de terre, des Tour­nesols, Van Gogh. L’éternel sous l’éphémère retrace le chemin de croix, l’itinérance d’un homme péré­gri­nant d’Amsterdam à Paris, d’Arles à Saint-Rémy et à Auvers-sur-Oise. Con­tin­uer la lec­ture

Le plaisir s’estompe-t-il avec l’âge ?

Un coup de cœur du Car­net

Geneviève DAMAS, Per­fect Day, Lans­man, 2022, 52 p., 11 €, ISBN : 9782807103658

damas perfect dayÀ tra­vers ce mono­logue, écrit pour l’actrice Hélène The­unis­sen, nous suiv­ons le quo­ti­di­en de Marie Cou­turi­er, une sex­agé­naire céli­bataire qui doute beau­coup et n’aime pas voir son corps vieil­lir. Ce corps, qu’elle n’aimait déjà pas dans sa jeunesse et qu’elle aurait dû pour­tant aimer, n’est aujourd’hui plus que l’ombre de ce corps passé avec ses bras fripés, ses rides, ses pattes d’oie, ses dents que l’on bichonne pour qu’elles ne se déchaussent pas, ses quelques poils blancs sur le pubis, sa cel­lulite, les con­tours du vis­age qui s’affaissent, ses chevilles qui s’épaississent… Marie voit la vieil­lesse comme une guerre, un bom­barde­ment sans fin. Ce qu’elle craint le plus, c’est de ne plus jamais faire l’amour. Peut-être a‑t-elle déjà vécu sa dernière fois ? Sera-t-elle encore objet de désir et de fan­tasme ? La vieil­lesse ne peut-elle pas aus­si être le champ de tous les pos­si­bles ? Con­tin­uer la lec­ture

Isabelle Stengers. Activer les possibles

Un coup de cœur du Car­net

Isabelle STENGERS, Cos­mopoli­tiques, La découverte/ Les empêcheurs de penser en rond, 2022, 628 p., 26 €, ISBN : 978–2‑35925–222‑4

stengers cosmopolitiquesAccom­pa­g­née d’une pré­face, « Vingt-cinq ans après », la nou­velle édi­tion de Cos­mopoli­tiques réu­nit en un seul vol­ume les sept ouvrages pub­liés en 1997. Dans ces sept ouvrages devenus sept par­ties (La guerre des sci­ences ; L’invention de la mécanique : Pou­voir et rai­son ; Ther­mo­dy­namique : la réal­ité physique en crise ; Mécanique quan­tique : la fin du rêve ; Au nom de la flèche du temps : le défi de Pri­gogine ; La vie et l’artifice : vis­ages de l’émergence ;  Pour en finir avec la tolérance), Isabelle Stengers déplie les « chemins d’une pen­sée spécu­la­tive ». Ques­tion­nant la modal­ité « guer­rière » de l’avancée des sci­ences mod­ernes qui se posi­tion­nent en dis­crédi­tant les dis­cours des con­cur­rents, en dres­sant la scène d’une oppo­si­tion entre « ceux qui savent » et la doxa, elle pro­pose une mise en réc­it de l’histoire des sci­ences mod­ernes, une per­spec­tive dynamique et his­torique prob­lé­ma­ti­sant le rôle poli­tique des savoirs, leurs con­séquences prag­ma­tiques. Con­tin­uer la lec­ture

Love will tear us apart again

Un coup de cœur du Car­net

Christophe LEVAUX, Baisse ton sourire, Do, 2023, 142 p., 17 €, ISBN : 9791095434436

levaux baisse ton sourireEst-il un sujet plus sen­si­ble à abor­der en lit­téra­ture que la vio­lence dans le cou­ple ? Pour preuve, le peu de romans (en excep­tant les réc­its de vie et témoignages per­son­nels par­fois de très haute qual­ité lit­téraire) qui osent dépein­dre l’engrenage à la mécanique per­verse allant du flirt à la rela­tion pas­sion­nelle pour rapi­de­ment se dégrad­er en pugi­lat. Bien sûr, il y eut en 1942 un titre aus­si mécon­nu que le nom de son auteur, Les coups de Jean Meck­ert – alias Jean Ami­la pour les ama­teurs de polars très som­bres. Le tour de force était là de décor­ti­quer le proces­sus descen­sion­nel, régres­sif, du pro­tag­o­niste mas­culin, un sim­ple manœu­vre qui éprou­ve des dif­fi­cultés à s’intégrer au milieu petit-bour­geois dont affecte de provenir sa com­pagne, et qui ne se gêne pas pour remet­tre ce petit monde à sa place – notam­ment sa belle-mère abhor­rée. Puis la jalousie s’en mêle, et quand le lan­gage ne suf­fit plus pour se faire enten­dre, les gestes pren­nent le relais… Con­tin­uer la lec­ture

Plongée dans les pensées, du présent et du passé

Un coup de cœur du Car­net

Myr­i­am LEROY, Le mys­tère de la femme sans tête, Seuil, 2023, 285 p., 19,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑02–151576‑3

leroy le mystere de la femme sans teteFin 2020, sur la pelouse d’honneur de la Sec­onde Guerre mon­di­ale du cimetière d’Ixelles, Myr­i­am Leroy, jour­nal­iste et écrivaine, décou­vre Mari­na Chafroff, un nom de femme au milieu de prénoms exclu­sive­ment mas­culins. Mais ce qui l’interpelle le plus, c’est le par­ticipe passé qui résume sa fin trag­ique, ce mot qui fait froid dans le dos, jeté sans ménage­ment au vis­age des vis­i­teurs du lieu de mémoire : « DÉCAPITÉE ». Con­tin­uer la lec­ture

Dans son propre rôle

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane BISSOT, Après nous les mouch­es, Oiseaux de nuit, 2022, 142 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–53‑7

bissot apres nous les mouchesComé­di­enne, Stéphane Bis­sot a l’habitude de don­ner vie à des per­son­nages imag­inés par d’autres. Cette fois, c’est son pro­pre rôle qu’elle écrit et incar­ne. Elle racon­te ses sou­venirs, ses racines surtout, sa famille. De blessures en man­i­fes­ta­tions de ten­dresse, elle revient sur les allers-retours entre ses par­ents divor­cés, les liens avec cha­cun d’eux et avec sa grand-mère, les clins d’œil de la vie, ses mau­vais tours aus­si. Dès le début, le ton est don­né : des sujets tristes vont être abor­dés, mais non sans humour voire même une cer­taine légèreté.

J’ai envie de com­mencer avec les sand­wichs mous.
Le sand­wich mou est à l’enterrement ce que l’air est au vent… Le pouce à [l’]enfant… Le poil au pubis… Hum. Je veux dire que le sand­wich mou
nous sur­vivra tous.  Con­tin­uer la lec­ture

Le puzzle de nos multiples « moi »

Un coup de cœur du Car­net

Marie HENRY, Nor­man c’est comme nor­mal, à une let­tre près, Lans­man Jeunesse, 2022, 40 p., 9 €, ISBN : 2807103561

henry norman c'est comme normalDans une con­trée loin­taine, mais pas si loin­taine, un soir de pluie entre les mois de jan­vi­er et févri­er, nait Nor­man, un petit garçon aux joues ros­es et jouf­flues comme tous les bébés. À sept ans, Nor­man affirme ses choix : il aime le rose et tout ce qui brille, et ce qu’il affec­tionne par-dessus tout, c’est porter des robes. Un jour, on lui per­met de garder sa robe toute la journée pour jouer au jardin. Nor­man aime sen­tir le vent s’engouffrer sous son vête­ment qu’il fait tourn­er inlass­able­ment. Mais der­rière cet acte, déjà des voix s’élèvent : « Que fait le gamin des voisins ? Il ne porte pas une robe quand même ? ». Nor­man, lui, aurait préféré ressem­bler à sa mère plutôt qu’à son père. Con­tin­uer la lec­ture

Mais à quoi joue-t-on ?

Un coup de cœur du Car­net

Geneviève DAMAS, Hors-jeu, Lans­man, 2022, 57 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0363‑4

damas hors jeuGene, autrice et comé­di­enne, veut créer une pièce de théâtre sur fond de Coupe du monde au Qatar : « une his­toire de foot pour deux femmes ». Pour lui don­ner la réplique, elle fait appel à sa meilleure amie, Isa, comé­di­enne égale­ment mais… bien moins embal­lée par le sujet. Isa préfér­erait abor­der des thèmes de société : l’écologie, la san­té, le fémin­isme… ; pro­pos­er un spec­ta­cle engagé, quand Gene pense diver­tisse­ment avant tout.

Isa : (…) Un spec­ta­cle néces­saire.
Ce serait le moment, c’est l’instant.

Gene : Et ça, moi, non.
Ça, ce n’est pas pos­si­ble.
Je ne veux pas de truc mil­i­tant.
Je veux par­ler de nos vies en faisant rire.
Je veux que les spec­ta­teurs aient du bon­heur après avoir tiré leur journée.
On se fait telle­ment chi­er dans la vie.
Moi, per­son­nelle­ment, je me fais telle­ment chi­er.
Con­tin­uer la lec­ture