Archives de catégorie : Livres numériques

Tous les livres disponibles au for­mat numérique.

Gratter le vernis

Bar­bara ABEL, Comme si de rien n’était, Récami­er, 2024, 360 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑38577–043‑3

abel comme si de rien n'étaitAdèle et Bertrand More­au arborent tous les signes de la réus­site : une vil­la coquette et vaste dans un quarti­er chic, deux sit­u­a­tion pro­fes­sion­nelles con­fort­a­bles. Avec leur fils Lucas, ils sem­blent sourire à la vie dans une exis­tence sous con­trôle. Elle vaque à ses activ­ités de déco­ra­trice d’intérieur, son emploi du temps est min­uté soigneuse­ment, notam­ment pour per­me­t­tre à son fils de suiv­re des cours de solfège. Et voici que son des­tin bas­cule lorsqu’elle croise Hugues Lionel, le nou­veau pro­fesseur de musique, qui s’adresse à elle en l’appelant Marie comme on salue une vieille con­nais­sance, ce dont elle se défend immé­di­ate­ment. Il sait qu’il ne se trompe pas, elle a été son amante d’un soir et s’est éclip­sée pen­dant la nuit. Con­tin­uer la lec­ture

Nourrir les chiens non par amour des chiens mais parce qu’ils errent la nuit seuls dans les squares

Bastien HAUSER, Une sin­gu­lar­ité, Actes Sud, 2024, 256 p., 22 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 978–2‑330–18951‑8

hauser une singularitéQu’est-ce que le sens ? D’une vie ? D’un livre ? D’une fic­tion ? Décidé­ment, les mas­ters de créa­tion lit­téraire en écoles d’art se révè­lent de belles pépinières d’autrices et d’auteurs pub­liés. Celui de La Cam­bre, ini­tié par Gilles Col­lard, a servi de trem­plin ou de coup de pouce à Bastien Hauser, un Suisse, jeune, établi à Brux­elles. Une sin­gu­lar­ité, livre aux accents curieuse­ment lynchéens, est son pre­mier roman. De Brux­elles à Tuc­son, on y suit l’effondrement physique et men­tal d’Abel Fleck, un homme jeune, vic­time, à pas d’âge, d’un AVC, le jour même où est révélée la pre­mière pho­togra­phie jamais prise d’un trou noir, sin­gu­lar­ité cos­mique dont rien n’émane, ni lumière, ni matière, ni infor­ma­tion. De Brux­elles à Tuc­son, Hauser tire aus­si le por­trait d’une jeunesse arty et bran­chouille, adepte des teufs, de l’alcool, de la dope, des amours libres et des musiques élec­tro. Abel Fleck faisant d’abord comme si rien ne lui était arrivé. Comme s’il pou­vait encore jouir, comme avant, avec insou­ciance, du monde de la nuit. Abel Fleck, pour­tant, au point d’en per­dre la tête, ne pou­vant s’empêcher de créer du sens, de reli­er ses trous de mémoire, ses absences et son acuité audi­tive accrue, à la présence de M87*, un trou noir tapi au fin fond de l’espace. Abel Fleck étant per­suadé que sa tête, la sin­gu­lar­ité qui, main­tenant, habite sa tête, en capterait les fréquences radio. Con­tin­uer la lec­ture

Le récit-luciole d’Athane Adrahane

Un coup de cœur du Car­net

Athane ADRAHANE, Des luci­oles et des ruines. Qua­tre réc­its pour un éveil écologique, Le Pom­mi­er, 2024, 336 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782746526891

adrahane des lucioles et des arbresIl est des livres qui bondis­sent comme des chiens-loups, qui pren­nent à bras le corps la ques­tion de nos rap­ports au vivant et lan­cent un chant en faveur de nou­veaux dia­logues avec le monde, les humains, la faune, les arbres, les océans. Philosophe, artiste pluridis­ci­plinaire, écrivaine, pho­tographe, chanteuse, Athane Adra­hane ouvre un chantier de réflex­ions, de pra­tiques éthopoé­tiques qui, s’appuyant sur les puis­sances du réc­it, délivre des cail­loux de Petite Poucette afin de ne pas se résign­er au monde des ruines qui com­pose notre présent. Con­tin­uer la lec­ture

Paul Nougé, l’efficacité dans l’ombre

Paul ARON et Pierre PIRET (sous la dir. de), Paul Nougé. La duplic­ité de l’esprit sincère, Textyles n°66, Ker, 2024, 144 p., 18€, ISBN : 978–2‑87586–490‑1

textyles paul nougeÀ la direc­tion de ce numéro de la revue Textyles con­sacré à Paul Nougé, Paul Aron (ULB) et Pierre Piret (UCLou­vain) en con­vi­en­nent d’emblée : il est encore dif­fi­cile de cern­er la per­son­nal­ité en regard de l’œuvre, alors que depuis plusieurs années la recon­nais­sance édi­to­ri­ale et cri­tique est venue combler le long proces­sus d’effacement auquel Nougé s’était lui-même adon­né, avant que Mar­cel Mar­iën, son édi­teur et fils spir­ituel, ne vienne y remédi­er. Chez Nougé, rien ne sem­ble man­quer, de l’approche biographique (Olivi­er Smol­ders, 1995) à l’exégèse doc­tor­ale (Geneviève Michel, 2013), de la réédi­tion des œuvres (Allia, 2017) à l’inscription majeure mais sin­gulière au sein du sur­réal­isme belge (Xavier Canonne, cat­a­logue de l’exposition à Bozar, 2024), jusqu’à sa juste sit­u­a­tion dans des antholo­gies col­lec­tives (voir le vol­ume récem­ment paru en Espace Nord, Magritte com­men­té par ses amis). Et pour­tant, énig­ma­tique, insai­siss­able, red­outable, d’une force intel­lectuelle peu com­mune, prêt à user de « la duplic­ité de l’esprit sincère », selon ses pro­pres mots, Nougé veille tou­jours à ne pas se laiss­er cir­con­scrire, et à ren­voy­er ses lecteurs à leurs pro­pres inter­ro­ga­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Orgueil et faux-semblants

Aurore DRÉCOURT, La folle des­tinée des Kerd­elec, Tome 2 : Un mys­tère à Saint-Malo, Cal­mann-Lévy, 2024, 510 p., 17 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 978–2‑7021–8855‑2

drecourt la folle destinee des kerdelec un mystere a saint maloLe tome 2 de cette duolo­gie démarre là où le tome précé­dent s’est arrêté : Sophie de Kerd­elec part à Saint-Malo afin de retrou­ver l’acte de bap­tême orig­i­nal prou­vant la légitim­ité de sa famille pour réclamer un héritage qui sauvera cette dernière de la ruine et un des­tin non désiré pour les mem­bres de la fratrie.

Son père étant alité et son frère jumeau ayant dis­paru dans la nature, Sophie est oblig­ée de pour­suiv­re sa quête trav­es­tie en homme afin d’avoir une plus grande lib­erté d’action (pour rap­pel, nous sommes au 20e siè­cle). Mais elle n’est pas seule, elle est accom­pa­g­née de son ami d’enfance Math­ieu de Chevi­gné et d’Antoine de Carnac, qui brigue égale­ment l’héritage. Con­tin­uer la lec­ture

Effet-miroir

Un coup de cœur du Car­net

Jan BAETENS et Marie-Françoise PLISSART, Mon jardin des plantes : poèmes et pho­togra­phies, Impres­sions nou­velles, 2024, 136 p., 18 € / ePub : 7,99 €, ISBN :978–2‑39070–145‑3

baetens plissart mon jardin des plantesJan Baetens (1957) est l’auteur de vingt recueils de poésie, dont récem­ment Après, depuis (2021, prix Mau­rice Carême de poésie 2023) et Tant et tant (2022). Styles et thèmes de ses livres vari­ent mais leur point de départ est tou­jours le même : la vie quo­ti­di­enne repen­sée par l’art et la lit­téra­ture. Auteur de nom­breuses études sur les rap­ports entre textes et images, dont Le roman-pho­to (avec Clé­men­tine Mélois) ou Adap­ta­tion et bande dess­inée : éloge de la fidél­ité, dans son essai Illus­tr­er Proust, il présen­tait et dis­cu­tait les répons­es suc­ces­sives don­nées depuis plus d’un siè­cle par les artistes et leurs édi­teurs au désir et à la dif­fi­culté d’illustrer Proust. Il a pub­lié le remix d’une col­lec­tion privée de ciné-romans-pho­tos, Une fille comme toi (2020) et un essai con­tre l’oralisation de la poésie : À voix haute. Poésie et lec­ture publique (2016). Marie-Françoise Plis­sart (1954) est l’une des fig­ures majeures de la pho­togra­phie belge. Comme Baetens, elle s’est intéressée très tôt aux rap­ports entre un texte et une image, réal­isant avec Benoît Peeters le livre Cor­re­spon­dance (Yel­low Now, 1981), début d’une bib­li­ogra­phie abon­dante. Pho­tographe free-lance depuis 1987, elle a réal­isé de nom­breux travaux dans de mul­ti­ples domaines tels que l’architecture, le théâtre, le por­trait et l’illustration. Ses pho­togra­phies ont été notam­ment exposées à Brux­elles, Liège, Paris, Genève, Ams­ter­dam, La Haye, Rot­ter­dam, Berlin et Vienne. Elle est aus­si une vidéaste cap­tivée par l’exploration du tis­su urbain et par ses trans­for­ma­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Mémoire hallucinée aux doublures dégrafées

Alexan­dre VALASSIDIS, Tir­er, Scribes, 2024, 112 p., 16 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782073066183

Valassidis TirerTir­er s’étire dans la den­telle sub­tile d’une nar­ra­tion taiseuse. Pour­tant muni d’un revolver et coincé der­rière la porte mys­térieuse d’un apparte­ment, le nar­ra­teur con­clut que « c’était à peu près tout ». La den­telle se fait alors dou­blure, la mémoire défail­lante du nar­ra­teur l’aiguillant vers la super­po­si­tion con­fort­able de deux épo­ques morcelées, qui aurait rai­son de l’existence du livre : Con­tin­uer la lec­ture

Guerre en Yougoslavie et Pemphigus vulgaris à Bruxelles ou la guerre dans la peau

Un coup de cœur du Car­net

Veli­bor ČOLIĆGuerre et pluie, Gal­li­mard, 2024, 288 p., 22 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑073044–82‑2

colic guerre et pluieBosni­aque nat­u­ral­isé français, Veli­bor Čolić vit en Bel­gique depuis 4 ans, ce qui fait de Guerre et pluie son pre­mier livre éli­gi­ble pour le Car­net et les instantsDouz­ième de sa bib­li­ogra­phie, ce roman auto­bi­ographique forme avec son Manuel d’exil (Gal­li­mard, 2016) et Le livre des départs (Gal­li­mard, 2020), le dernier volet d’un trip­tyque sur son expéri­ence de réfugié sur­vivant d’une guerre qui ne cesse de le pour­suiv­re, dans son écri­t­ure mais aus­si dans son corps. Con­tin­uer la lec­ture

Quand Perséphone se réveille…

Cindy VAN WILDER ZANETTI, La clé d’obsidienne. Fleur fan­tôme (tome 1), Chat­ter­ley, 2024, 346 p., 17,90 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑3857–9013‑4

van wilder zanetti la clé d'obsidienneEmon, le grand prêtre de Cou­lia, annonce à sa nièce Zina une nou­velle impor­tante : le dernier fils vivant de l’empereur Apatli, représen­tant du dieu Flam­boy­ant, vient d’être retrou­vé mort, ce dernier déclare alors l’Ayotl, une série de trois épreuves sacrées pour huit can­di­dates de chaque province. Celle qui les rem­portera mon­tera sur le trône afin de don­ner un nou­v­el héri­ti­er à l’empire de Pahel, les sept can­di­dates en échec subiront toutes le même sort : la mort. Con­tin­uer la lec­ture

Prof toujours

Char­lotte MOORS, Alessan­dro, Acad­e­mia, coll. « Noirs des­seins », 2024, 184 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑8061–3697‑8

moors alessandroCe roman débute sur un malaise mêlant rêve et réal­ité. Alessan­dro a 8 ans, il se réveille et son lit est trem­pé d’urine, ce qu’il voudrait dis­simuler, il par­le de couteau et de sang. Dans qua­tre jours, c’est la ren­trée des class­es et sa sœur Giu­lia ne cesse de se moquer de lui. Dans sa cham­bre et à l’école, il des­sine des per­son­nages de man­gas, inspirés des livres qu’il dévore, il est amoureux de Marie et il fuit la com­pag­nie de son père et des bouteilles de vin qui lui tour­nent la tête. Change­ment de point de vue et saut dans le temps, qui se répétera tout au long du roman : nous sommes dix ans plus tard et Françoise, son insti­tutrice d’alors, qui est main­tenant en fin de car­rière, est à la veille d’une autre ren­trée des class­es, ce moment mag­ique où le manège sco­laire se remet en route avec de nou­velles têtes. Elle apprend qu’Alessandro est en prison pour des faits graves et cette nou­velle la touche sin­gulière­ment. Com­ment un élève dont elle avait décelé le poten­tiel peut-il en être arrivé là ? Con­tin­uer la lec­ture

Standards bousculés

DUMONT-DUPUISCar­ton rouge, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2024, 304 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782874899331

dumont-dupuis carton rougeLe duo wal­lon d’enquêteurs est de retour ! Roger Sta­quet et Paul Ben Mimoun, que l’on a déjà fréquen­tés dans les trois pre­miers tomes pub­liés par le duo Dumont-Dupuis, se retrou­vent pour une enquête lié­geoise cette fois, comme cela avait été le cas dans Neige sur Liège (Weyrich, 2021). Roger, le flic retraité, veuf incon­solable et sa Clio increvable, Paul, inspecteur en début de car­rière. S’ils habitent Ottig­nies et Namur, c’est la jeune et craquante jour­nal­iste Clarisse Dubois (manque un‑e Dupont, non ?), autre com­parse croisée dans les opus précé­dents, qui les réu­nit et les amène en cité ardente. C’est qu’elle ne répond plus au télé­phone après avoir lais­sé à Paul un mes­sage vocal qui au fil des heures passe pour un appel au sec­ours : « Il se passe un truc étrange. Rap­pelle-moi dès que tu peux. » Con­tin­uer la lec­ture

Roman en vie

Riton LIEBMAN, La vedette du quarti­er, Séguier, 2024, 277 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑84049–969‑5

liebman la vedette du quartierRiton Lieb­man est comé­di­en depuis plus de qua­tre décen­nies. Sa pre­mière appari­tion à l’écran remonte à 1977 dans Pré­parez vos mou­choirs de Bertrand Bli­er. Il a alors 13 ans. L’appel pour un cast­ing est paru dans le jour­nal et il s’y est présen­té sans ses par­ents. Il est retenu pour un rôle aux côtés d’acteurs recon­nus et sa vie bas­cule. Il décou­vre la vie sur le tour­nage, celle d’adultes sans com­plex­es alors que lui vient d’un milieu où l’existence est guidée par des principes forts. Son père, Mar­cel Lieb­man, est pro­fesseur de sci­ences poli­tiques à l’ULB, il est de gauche et ne manque aucune occa­sion de le man­i­fester. Sa mère vient d’une famille juive, elle est psy­chothérapeute spé­cial­iste de la méth­ode Gor­don, mieux con­nue sous le nom de Par­ents effi­caces. Chez lui, on ne rigole pas avec les principes. Con­tin­uer la lec­ture

Penser l’intelligence artificielle

Paul JORION, L’avènement de la Sin­gu­lar­ité. L’humain ébran­lé par l’intelligence arti­fi­cielle, Textuel, coll. « Petite antholo­gie cri­tique », 2024, 125 p., 14,90 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 9782386290008 

jorion l'avenement de la singularitéAnthro­po­logue, écon­o­miste, chercheur et développeur en intel­li­gence arti­fi­cielle,  auteur de nom­breux ouvrages (La crise du  cap­i­tal­isme améri­cain, La guerre civile numérique, Se débar­rass­er du cap­i­tal­isme est une ques­tion de survie, Com­ment sauver le genre humain ? avec Vin­cent Bur­nand-Galpin, À quoi bon penser à l’heure du grand col­lapse ?, Le cap­i­tal­isme à l’agonie, Quelques con­sid­éra­tions rel­a­tives au phénomène « pro­vo »), Paul Jori­on inter­roge en tant que penseur et arti­san de la révo­lu­tion tech­nologique les enjeux, les con­séquences, les dan­gers, les promess­es de l’IA. La thèse qu’il développe nous dit que le point de bas­cule a eu lieu le 14 mars 2023, non pas le jour du dépasse­ment de la Terre, mais la date à laque­lle le mod­èle de lan­gage mul­ti­modal, le Chat-GPT4, a signé l’avènement de la Sin­gu­lar­ité. Con­tin­uer la lec­ture

La forêt, là, derrière…

Un coup de cœur du Car­net

Olivi­er TERLINDEN, Au-delà du vieux mur, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2024, 152 p., 16 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 978–2‑87489–928‑7

terlinden au dela du vieux murVoici un tout nou­v­el auteur qui appa­raît, Olivi­er Ter­lin­den, un écrivain dont nous décou­vrons le pre­mier opus, et, quelle joie de remet­tre ses pieds de lecteur dans les traces d’une lit­téra­ture de l’émerveillement ! Il nous livre avec Au-delà du vieux mur un pre­mier roman qui est tou­jours une appari­tion quand celui-ci réus­sit à percer une fois encore la cara­pace des fauss­es évi­dences du réel. Con­tin­uer la lec­ture

Rendez-vous au pays des souvenirs

Chris­t­ian LIBENS, Quelques années et leurs pous­sières, Weyrich, coll. « Plumes du coq »,2024, 128 p., 15 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 9782874899300

libens quelques années et leurs poussièresDes textes brefs font la part belle aux évo­ca­tions d’autrefois. Les images se bous­cu­lent dans une suc­ces­sion d’instantanés couleur sépia.

L’expression « et des pous­sières » est bien con­nue. Elle indique un sup­plé­ment, somme toute, insignifi­ant. Mais dans ce titre, Quelques années et leurs pous­sières, le recours à l’article pos­ses­sif rend l’incidence du pas­sage du temps presque per­cep­ti­ble. Con­tin­uer la lec­ture

Le passeur d’histoire(s)

Un coup de cœur du Car­net

Philippe FIÉVET, Brûlure indi­enne, M.E.O., 2024, 236 p., 23 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0437‑5

fievet brulure indienneFrank tient une bou­tique dédiée aux États-Unis, le West­ern Shop, boule­vard Adolphe Max à Brux­elles. Au-dessus de son mag­a­sin, dans sa « mai­son des chimères », se cache une impor­tante col­lec­tion d’objets, usten­siles de la vie quo­ti­di­enne, armes, coiffes, vête­ments, œuvres d’art, pho­tos, etc. ayant appartenu aux Sioux et témoignant de leur cul­ture. En quelque sorte la mémoire d’un peu­ple. Frank ne sait dire à quand remonte exacte­ment cette pas­sion pour les Indi­ens – terme que les nat­ifs améri­cains con­sid­èrent comme une injure. Enfant, Frank jouait « aux cow­boys et aux Indi­ens » avec ses copains, sur un ter­rain vague. Plus grand, c’est pour le ciné­ma et les west­erns qu’il s’est pas­sion­né. Un jour, il a acheté une pre­mière antiq­ui­té – une Win­ches­ter 73 – puis, petit à petit, a agran­di sa col­lec­tion et a com­mencé à s’intéresser de plus en plus aux Sioux Lako­tas. Con­tin­uer la lec­ture