LÈS RÈLÎS NAMURWÈS, Maurice Carême en wallon. Poèmes francophones traduits en wallon, Tétras Lyre, coll. « De Wallonie », 2025, 182 p., 14 €, ISBN : 978-2-930685-72-4
Avec Maurice Carême en wallon, les Rèlîs Namurwès s’attaquent à l’art délicat de la traduction. C’est sur le plan de la forme que le pari est particulièrement audacieux, puisqu’il s’agit de s’acquitter d’une tâche hautement délicate : traduire sans trahir.
Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que Maurice Carême, grand poète belge d’expression française, était reconnu internationalement pour la simplicité apparente de ses textes, pour son gout de la ritournelle et de la clarté. Comme le rappelle l’avant-propos du livre, il importait beaucoup, à ses yeux, qu’une traduction, bien qu’elle ne puisse être une transposition exacte d’une langue à une autre, laisse entendre que les poèmes traduits ont été écrits avant tout en français – et par là même, respecter le génie originel du texte. Continuer la lecture

« Il me faut un lieu pour écrire





Le minimalisme faussement naïf de Poloczek nous avait ravis dans un précédent livre paru en 2018 aux éditions de L’arbre à paroles sous le titre étrange
« Quand bien même mes phalanges auraient parcouru mille corps, aurais-je plus baroudé que dans le méandre de nos nuits solidaires, obstinées, qui créent le temps à la mesure de leur minuscule infini ? »
Dans un ouvrage de format carré pour accueillir l’impression très soignée des œuvres en portraits, paysages, cercles et carrés de Charles Delhaes, Rose-Marie François en enregistre L’écho du regard, sous la forme de poèmes attentifs et sensibles, exposés vison-visu, à savoir un poème par œuvre et double page. Chaque toile du peintre lui a inspiré quelques vers agissant comme le départ et la destination, l’aller et le retour : de multiples va-et-vient, de joyeuses connivences et collaborations nous dit l’introduction du livre et qui font autant de ponts invisibles entre l’image et le texte, entre le texte et l’image, entre les deux auteurs.
En plaçant en exergue Boris Cyrulnik qui nous affirme “la famille, ce havre de sécurité, et en même temps le lieu de la violence extrême”, Véronica Lenne, psychopraticienne et poétesse bruxelloise nous prévient : À l’ombre du ventre nous emmène, avant de nous plonger dans le vif du propos, au sein d’une figure maternelle dure, voire violente.
68-18 de Christophe Kauffman,
Plaisir toujours renouvelé de retrouver la prose poétique de Karel Logist après quelques années d’absence. C’est que l’œil narquois du poète n’a pas pris une ride. Un nouveau recueil donc composé d’une soixantaine de courts textes comme autant d’instantanés pris sur le vif et qui dissèquent avec acuité les cœurs chamboulés des « aimables solitudes » que nous croisons en chemin. Nos contemporains pris en flagrant délit de vie par l’objectif aguerri du poème polaroïde et que viennent illustrer les photographies du complice de toujours, Serge Delaive.
Dans ce premier opus que signe Maud Joiret aux éditions Tétras Lyre, la poétesse ne croque pas la vie à pleines dents : elle y mord complètement, armée jusqu’aux dents. Jusqu’aux traces. Jusqu’à l’hématome. Dehors ça blesse, c’est étouffant et, sur la chair de l’âme, ça devient bleu. Dedans ça vit, ça étouffe et, dans les mains, ça devient cobalt.