Catherine BARREAU, Tes cendres, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2023, 81 p., 15 €, ISBN : 978–2‑9300822–27‑3
L’écriture intensément poétique de Catherine Barreau s’affranchit du romanesque. Après quatre romans – dont La confiture de morts primé par le Rossel en 2020 –, l’autrice publie, dans la collection « Les deux sœurs », aux éditions L’arbre de Diane, son premier recueil de poèmes, d’une incandescence qui ressuscite d’entre les mots.
Ta
Mort
Pendant
le Grand
Confinement
À bout de souffle court
Pas de visite Pas de virus Pas d’emmerdeur […] Continuer la lecture

Appelés sur une scène de crime, des policiers se trouvent face à un homme qui braque une arme sur eux, puis la retourne contre lui-même après avoir clamé son innocence. La victime est une jeune étudiante, sa voisine de palier, son corps est meurtri d’une dizaine de coups de couteau. Le coupable semble tout désigné malgré son déni, de quoi classer rapidement cette affaire qui soulève une vive émotion et donne lieu à l’organisation d’une marche blanche à la mémoire de la charmante demoiselle. Mais la suite d’Autopsie d’un doute nous confirmera, si besoin en était, qu’il ne faut pas prendre les apparences pour évidences, que la vérité est souvent à trouver ailleurs au terme d’une quête qui mobilise toutes les énergies.
La personnalité d’Elvis Presley est paradoxale. L’idole adulée par des fans souvent hystériques, le personnage hyper médiatisé, inaugure une voie originale dans le paysage culturel américain. Mais sa vie privée est un désastre. La notoriété et la richesses venues si vite ne peuvent lui faire oublier le pauvre qu’il était. Il reste dans une relation fusionnelle avec sa mère et dans le souvenir de son jumeau mort à la naissance. Le personnage est donc complexe. Dans Bye Bye Elvis, Caroline De Mulder tire parti des nombreuses zones d’ombre de la vie et de la carrière du chanteur et acteur, pour comprendre ce qui peut expliquer le devenir des idoles.
Réalisatrice de documentaires
La beauté d’un voyage réside parfois moins dans le lieu où l’on séjourne que dans la mise en disponibilité qu’il offre. Partir (plus ou moins) loin, s’extraire du quotidien enveloppant, quitter quelque temps ses repères spatiaux et humains, se confronter à l’inconnu force à (se) découvrir. Et quand l’équipée se joue en solo, les sensations s’en trouvent souvent exacerbées. C’est cette drôle d’expérience qu’a vécue Dominique Maes et qu’il relate à travers ses Chroniques poétiques d’un voyage à Montréal, ville dans laquelle il a gagné l’opportunité d’une bourse littéraire.
Voici un ouvrage consacré à un musicien fort oublié aujourd’hui, à la riche discographie pourtant, qui a mené sa carrière et sa vie sous les rois Louis XV et XVI, la Révolution et la Terreur, l’Empire et la Restauration. En s’adaptant à tous les régimes, en leur survivant, jusqu’à atteindre 95 ans. Mais quel musicien ! Le père de la symphonie, un inspirateur de Mozart, l’orchestrateur de la première Marseillaise, etc.
Aya le tigre accompagne Mamie au supermarché. Entre la liste des achats (tous les rêves sont permis !), le caddie (faire la course dedans ou pas ?), les bonbons (en avoir ou pas ?), la rencontre avec la voisine (et son caniche blanc, Tofu), la traversée du passage piéton (attendre le feu vert ou pas ?), le goûter des mamies (et Mong, le chien de madame Moka) et les mots croisés dans le canapé (félin en cinq lettres ?), cela en fait, des aventures ! Mamie Manga, le nouveau livre d’aNNe herbauts, alterne entre deux types de narration. L’une, celle de la mamie, est classique : un texte écrit sur la page de gauche, une illustration sur celle de droite. L’autre, celle du tigre, reprend les codes du manga : découpage en cases, dynamisme du dessin, action, grands yeux, onomatopées… Le rythme alterne, lui aussi : calme et posé pour les parties « mamie », endiablé pour les parties « tigrées ».
C’est de mélancolie et dans le même mouvement, d’une fervente passion que se nourrit le dernier roman de Marc Pirlet, Une vocation. Marc Pirlet est né à Liège en 1961. Après de nombreuses années consacrées au voyage, il s’est réinstallé dans sa ville natale. En presque quinze ans, il vient de publier son huitième livre : des récits, des romans, des livres toujours marqués par une extrême attention aux trajectoires des personnages, et qui se lisent aussi comme des témoignages non « sur » l’époque mais issus des femmes et des hommes de notre histoire. Malgré la réticence de l’auteur à développer des fictions de rebonds et de mystères, il existe dans l’écriture de Marc Pirlet une puissance et une intimité de ton qui en font déjà un auteur qui compte dans le paysage littéraire. Témoins, entre autres, ces prix réguliers dont son œuvre est couronnée. Saluons ici aussi la fidélité des Éditions Murmure des soirs qui l’ont révélé en 2009.
En couverture, il y a d’abord cet homme, semblant chausser ses jambes auxquelles ses mains s’agrippent fermement ; elles ressemblent à des cuissardes se terminant en orteils, capables d’avaler sept lieues en une foulée. Une certaine perplexité marque son visage, pourtant sans trait. Et le titre de l’ouvrage de résonner : Comment encore marcher ? Puis, au fil du recueil, d’autres figures, elles aussi en silhouette, elles aussi en noir et blanc, questionnent le mouvement. Certaines s’étirent ou se recroquevillent, d’autres s’agitent dans une danse inconnue, quelques-unes se contorsionnent. Et beaucoup s’agrippent ou tiennent : des chevilles, des jambes, des chaussures-pieds (évoquant Le modèle rouge magrittien). L’équilibre se cherche, à tâtons, dans la chute et l’immobilisme. Ces êtres de lithographie, issus de l’imagination et du savoir-faire de Lisa Sibillat, touchent par leur empêchement, leur inconfort, leur gaucherie aussi parfois.
Quarante ans d’édition à La Pierre d’alun, animée par Jean Marchetti, cela n’est pas rien, et la Bibliotheca Wittockiana à Bruxelles s’en fait l’écho au travers d’une
Evelyne se perd dans le dédale des archives du palais de justice. Charmés par leurs échanges virtuels, Bernard et Valérie sont fin prêts pour une rencontre réelle. Anne-Chantal n’a aucune envie de répondre à l’invitation de la baronne, mais les absents ont toujours tort. Employée dans un magasin de vêtements chic, la jeune Melody peine à satisfaire un client exigeant qui broie du noir. Pour reconquérir Isabelle, Antoine a élaboré un plan au minutage essentiel, qu’un imprévu pourrait bien compromettre. Jean-Pierre ne savait que faire de l’héritage de sa tante, jusqu’à une visite au Cimetière du Père-Lachaise. Récemment convertie à l’islam, Latifa entame son premier jeûne du mois de ramadan. Fabrice, Français expatrié à Bruxelles, croyait effectuer une bonne action en rendant visite à Jennyke le jour du réveillon de Noël. Pour concurrencer le cabaret « Chez Mammy », Fred ouvre son propre établissement et devient « Marraine ». Récemment licencié, Arnaud décide de contribuer à un monde meilleur en lançant son propre projet : la fricadelle végane.
Figure marquante de l’imaginaire de Dominique Rolin, liée au pays natal, aux racines belges, au roman familial, le peintre Pieter Brueghel l’Ancien s’incarne dans son œuvre, donnant lieu au récit L’enragé (1978) et à Dulle Griet (1977). Si L’enragé campe le peintre flamand sur son lit de mort, le roman Dulle Griet prend racine dans la mort du père de l’écrivaine, dans le lever de souvenirs provoqué par sa disparition.
Ce matin, je suis allée chercher du lait entre les bombes. À prix d’or.
Au fil des années, Michel Claise a construit une œuvre romanesque en marge de son activité de juge d’instruction en charge de la criminalité financière, toujours animé du désir de nous donner des clés de compréhension de la société contemporaine. La fiction qu’il nous donne aujourd’hui prend d’emblée un point de vue qui lui est professionnellement familier, celui de Julie Pasteur, une jeune juge réveillée une nuit de décembre vers 2 heures du matin par le procureur qui l’informe de la découverte en pleine ville d’un corps criblé de balles.
Poète, essayiste, académicien, Roger Bodart est l’auteur de nombreuses monographies sur l’art. Préfacé par Florence Richter, L’art, c’est la chair. 8 peintres et sculpteurs belges regroupe en un volume les monographies que Roger Bodart a consacrées à Antoine Wiertz, Albert Crommelynck, Edmond Dubrunfaut, Idel Ianchelevici, Suzanne van Damme, Jacques Maes, Georges Grard et Léon Devos. Davantage qu’une collection de textes rédigés dans le cadre d’une initiative du Ministère de l’Instruction Publique (ancêtre des Ministères de la Culture et de l’Enseignement), publiés entre 1948 et 1963, le recueil affirme une pensée de l’art, est sous-tendu par un questionnement de l’évolution esthétique à travers le temps, par une analyse du phénomène des avant-gardes, de la volonté de table rase, de la coexistence d’une multiplicité de langages plastiques.
L’œuvre de Francesco Pittau est semblable aux épissures qui donnent leur nom