Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

Dans  « ma Belgique », il y a « ma belle » et « magique »… 

Gré­goire POLET, Petit éloge de la Bel­gique, Folio-Gal­li­mard, 2022,  115 p., 2 € / ePub : 1,99 €, ISBN : 978–2‑07–288599-00
Gré­goire POLET, Bel­giques — 101 détails, Ker, coll. « Bel­giques », 2022, 206 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 978–2‑87586–328‑7

polet petit eloge de la belgiqueGré­goire Polet con­sacre à la Bel­gique deux ouvrages parus simul­tané­ment : le pre­mier à l’enseigne de Gal­li­mard, le sec­ond dans la col­lec­tion « Bel­giquese.

Dans Petit éloge de la Bel­gique, l’éloignement du pays natal pen­dant plusieurs années a sans doute éclairé d’une lumière nos­tal­gique cer­tains textes. Les épisodes de l’enfance à la Mer du Nord nous valent des pages à la poésie sub­tile, d’une grâce sem­blable aux aquarelles de Rik Wouters. Polet y écrit les rêver­ies d’enfant avec « des mots-voiliers sur l’horizon de la mer ». Con­tin­uer la lec­ture

Visages et figures de la Belgique

Marc QUAGHEBEUR, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­giques », 2022, 108 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 9782875863300

quaghebeur belgiquesProf­i­tant du cli­mat humide quoiqu’ensoleillé que nous promet­tait la venue de l’automne, les édi­tions Ker propulsent sur les tables des libraires une nou­velle pièce de la col­lec­tion « Bel­giques ». C’est Marc Quaghe­beur qui en signe le dix-neu­vième recueil de nou­velles. Comme Rose-Marie François, Lau­rent Demoulin, Colette Nys-Mazure avant lui – pour ne citer qu’un échan­til­lon restreint – il applique habile­ment la con­signe de dress­er un « por­trait en mosaïque de la Bel­gique » afin de livr­er dans un tableau impres­sion­niste le reflet d’une Bel­gique : la sienne.

La Bel­gique de celui qui a voué sa vie à la lit­téra­ture fran­coph­o­ne de Bel­gique sem­ble ne vouloir se laiss­er décou­vrir qu’au tra­vers de fig­ures des champs lit­téraire et artis­tique du pays. L’ombre d’Abraham esquisse le por­trait de Sarah Kalis­ki (1941–2010) ; Tant de haine nous racon­te le dévoue­ment au théâtre et à la recherche de Michèle Fabi­en (1945–1999) ain­si que sa fas­ci­na­tion pour le tra­vail de Pierre Mertens ; Les lisières de l’infini con­te l’impertinence du poète Jean-Claude Pirotte (1939–2014). L’empereur Charles Quint prend égale­ment la parole dans Avant que le soleil ne se couche. D’autres fig­ures, apparem­ment anonymes, voient pour­tant leur vie décor­tiquée et leur per­son­nal­ité exhibée avec ten­dresse dans Brux­elles… Brux­elles…, On l’appelait meringue, Passés les sables et L’un et l’autre. Aus­si appa­rait-il claire­ment que cha­cune des pier­res de la mosaïque com­posée par Marc Quaghe­beur est de nature iden­tique. Chaque per­son­nal­ité provient du ter­ri­toire de Bel­gique ou l’occupe. Mys­térieuses, elles bril­lent par la force de leur car­ac­tère et la fatal­ité du des­tin qui les attend. Enfants d’une époque, elles en por­tent la mar­que et les séquelles : l’originalité se décou­vre au départ des con­ven­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Le Grand Inventaire

Ste­fan LIBERSKI, Teo mal­gré, Onlit, 2022, 14 €, ISBN : 9782875601612

Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accom­pli
Tienne jusqu’à la fin le théâtre rem­pli.
Boileau, dans L’Art poé­tique (chant 3, vers 45–46)

liberski teo malgréIl y a quelque chose du théâtre clas­sique dans Teo mal­gré, le dernier roman de Ste­fan Liber­s­ki, pub­lié chez ONLiT.

Unité de lieu.

Unité de temps.

Unité d’action. Con­tin­uer la lec­ture

Casterman en héritage

Flo­ri­an MOINE, Cast­er­man, de Tintin à Tar­di. 1919–1999, Pré­face de Pas­cal Ory, Impres­sions nou­velles, 2022, 420 p., 29, 50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874499913

moine casterman de tintin a tardiSe trou­ve-t-il un.e Belge fran­coph­o­ne né.e durant les Trente Glo­rieuses que n’aient pas pro­fondé­ment marqué.e les pub­li­ca­tions Cast­er­man ? Pour ma part, venu au monde in extrem­is l’année du pre­mier choc pétroli­er et de la guerre du Kip­pour, je ne manque jamais de fris­son­ner en feuil­letant les qua­tre albums mythiques de la série « La bonne nou­velle » signés Pil­amm, qui furent offerts à ma mère à l’occasion de sa grande com­mu­nion (en 1960). Han­tées de phar­isiens aux chairs bouffies et de com­plo­teurs olivâtres, de mer­can­tis à l’œil torve et de lépreux émaciés, ces brochures avaient pour voca­tion de délivr­er par l’image le mes­sage des Évangiles aux enfants de la société déchris­tian­isée. J’ignore si, dès le plus jeune âge, cette lec­ture m’a édi­fié ou au con­traire m’a rodé au mor­bide (la tête du Bap­tiste dans le plateau d’argent, un must en la matière) ; elle a fait de moi un mem­bre à part entière de la généra­tion Cast­er­man. Con­tin­uer la lec­ture

Enfin de ses nouvelles…

Émile VERHAEREN, Con­tes de minu­it et autres nou­velles, étab­lisse­ment de texte et post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 180 p., 9 €, ISBN : 9782875685681

verhaeren contes de minuit et autres nouvellesÉmile Ver­haeren est depuis longtemps recon­nu comme un des som­mets de la poésie belge de langue française. Il faut se rep­longer dans ses Villes ten­tac­u­laires pour retrou­ver quelque har­monie au tumulte de nos errances urbaines ; il faut réé­couter ses rythmes, palper ses images : Ver­haeren n’est pas un clas­sique de manuel, il par­le à notre époque.

Et voilà que le mon­stre sacré parvient à dérouter le lecteur, plus d’un siè­cle après sa mort. On le con­nais­sait poète, on savait ce que la postérité et la bonne intel­li­gence de cer­tains pein­tres, dont Ensor, devaient à sa plume. Quelques-uns par­mi nous avaient enten­du par­ler de son théâtre, sans l’avoir vu joué. Mais peu nom­breux de nos con­tem­po­rains avaient lu ses nou­velles. Cette élite regroupait les éru­dits, les pas­sion­nés, les spé­cial­istes. Comp­tons dans le nom­bre Christophe Meurée, qui a mis toute sa sci­ence et son bon goût dans l’établissement des textes et dans la post­face de l’anthologie qui nous occupe ici. Con­tin­uer la lec­ture

Dans la voie du féminisme

Marie-Louise HAUMONT, Le tra­jet, Post­face de Daniel Laroche, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 398 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–569‑8

haumont le trajetIni­tiale­ment paru en 1976 aux édi­tions Gal­li­mard, le roman Le tra­jet de Marie-Louise Hau­mont (récom­pen­sé alors par le prix Fem­i­na) est aujourd’hui réédité dans la col­lec­tion Espace Nord et assor­ti d’une post­face de Daniel Laroche. Née en 1919 et décédée en 2012, Marie-Louise Hau­mont, écrivaine belge, reste encore peu con­nue dans nos con­trées, en rai­son sans doute, comme l’explique le post­faci­er, de la pro­duc­tion lit­téraire « peu var­iée et quan­ti­ta­tive­ment mod­este » de celle-ci.

Je vivais dans l’avenir comme les vieil­lards vivent dans le passé, mais le passé ne laisse aucune place à l’inconnu tan­dis que moi j’étais sans cesse à la croisée des chemins, m’engageant dans l’un, puis dans l’autre, essayant, brouil­lon­nant, effaçant pour trou­ver mieux […]. J’étais, au pro­pre, maîtresse de mon sort et gou­ver­nante du des­tin de tous les per­son­nages qui partageaient mon exis­tence sec­ondaire.  Con­tin­uer la lec­ture

Que serais-je sans toit ?

Un coup de cœur du Car­net

Chris­tine VAN ACKER, Le peu­ple d’ici-bas. Chris­tine Bris­set, une femme ordi­naire, Esper­luète, 2022, 208 p., 22 €, ISBN : 9782359841602

van acker le peuple d'ici basSi l’on vous demande de citer le nom d’une per­son­ne qui s’est illus­trée dans la lutte con­tre la mis­ère et pour l’accès au loge­ment dans l’immédiat après-guerre, il est fort prob­a­ble que le nom de l’Abbé Pierre vous vien­dra en pre­mier à l’esprit, du moins s’il vous en vous vient un. Cer­taine­ment pas celui de Chris­tine Bris­set. Sans doute de quoi illus­tr­er l’adage qui veut qu’une femme se cache sou­vent der­rière l’homme célèbre… Et pour­tant, pen­dant plus de quar­ante ans, cette pio­nnière de l’action sociale a mul­ti­plié les ini­tia­tives nova­tri­ces dont celle du squat et de la con­struc­tion col­lec­tive de loge­ments. Établie à Angers, mar­iée à un riche indus­triel, elle n’a eu de cesse de rompre avec les codes soci­aux liés à son rang et de se pos­er en pre­mière ligne des com­bats pour le loge­ment alors que la France, au sor­tir de la guerre, se déme­nait pour la reprise économique. Con­tin­uer la lec­ture

Anatomie des âmes

Gérard ADAM, Le maître du Mont Xin, M.E.O., 2022, 624 p., 29 €, ISBN : 978–2‑8070–0350‑7

adam le maitre du mont xinGérard Adam est un ogre en matière lit­téraire, il ne cesse d’éditer dans sa mai­son MEO,  de lire, de reli­er et de mar­quer de sa vigueur atten­tive le paysage lit­téraire en Bel­gique fran­coph­o­ne et au-delà de nos fron­tières.  Encore une fois, avec Le maître du Mont Xin, il nous livre un roman hors normes. Déjà en 2008,  Qôta-Nîh avait mar­qué les lecteurs et la cri­tique tant ce roman por­tait des ques­tions fortes et fines à la fois à pro­pos de la reli­gion, déjà, de l’art de soign­er, de la spir­i­tu­al­ité,…

Le maître du Mont Xin, son dernier opus,  se donne à lire généreuse­ment… L’auteur fait en sorte, dans sa volup­té romanesque, que le monde prenne place dans cette his­toire aux mul­ti­ples bifur­ca­tions. Tout autant roman d’aventure que quête spir­ituelle, l’auteur instille un patient réquisi­toire con­tre les hys­téries religieuses et développe surtout une remar­quable réflex­ion sur les liens qui nouent les cul­tures, les civil­i­sa­tions qui s’opposent, puis se relient, avant de se trans­former… Gérard Adam traque les dif­férences pour en relever, dans le même temps, les étranges con­fig­u­ra­tions des con­traires qui devi­en­nent avec le temps de sur­prenantes, et par­fois, mon­strueuses, simil­i­tudes. Con­tin­uer la lec­ture

Le collectionneur d’expériences

Thomas LAVACHERY, Le Net­suke, Esper­luète, 2022, 192 p., 22 €, ISBN : 9782359841572

lavachery le netsukeDans Le net­suke, le nou­veau roman de Thomas Lavach­ery, le nar­ra­teur Jacques Mellery racon­te avec une ten­dresse douce-amère la fin de son ado­les­cence. À cette époque, il passe ses journées hors de sa mai­son, dénuée de présence mater­nelle (par la mort) et pater­nelle (par l’effacement). En-dehors de l’école, où il ne brille pas par son impli­ca­tion, il explore sa com­mune et fréquente aus­si bien les esseulés que les familles de ses cama­rades au sein desquelles il se voit accueil­li avec évi­dence. Encore main­tenant, « [il] ignore ce qui plai­sait en [lui] mais [il] ne devai[t] pas en faire beau­coup pour [s]e faire accepter ». Peut-être était-ce dû à sa plas­tic­ité sociale, sym­pa­thique petit caméléon lui qui « changeai[t] de manière d’être, de par­ler, en fonc­tion des per­son­nes avec qui [il] se trouvai[t] ». Con­tin­uer la lec­ture

Pleinement corps

Un coup de cœur du Car­net

Maud JOIRET, JERK, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2022, 12 €, ISBN : 978–2‑930822–21‑1

maud joiret jerkD’une ténac­ité com­pa­ra­ble à celle d’une plante de bitume, l’écriture de Maud Joiret brise le socle des représen­ta­tions, le roc des habi­tus dans lesquels nos corps sont empêtrés. Le pre­mier opus de la poétesse, Cobalt (récom­pen­sé par le Prix de la Pre­mière Œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles) en traçait déjà le sil­lon. Cobalt explo­rait la (dé)construction du « moi », col­orant de bleu les par­tic­ules qui s’échangent entre le dehors et le dedans par le prisme du 27e élé­ment du tableau péri­odique de Mendeleïev. Con­tin­uer la lec­ture

Une armure de douceur

Un coup de cœur du Car­net

Vio­laine LISON, Vous étiez ma mai­son, dessins de Manon GIGNOUX, Esper­luète, 2022, 96 p., 18 €, ISBN : 9782359841596

lison vous etiez ma maison vfJ’ai quit­té la ville, le fleuve, le nœud coulant des jours. […]
Quit­té mes semelles de goudron pour mes pieds de terre rouge et d’herbes hautes.

Cinq verbes, treize lunes, une année de lundis dans la forêt. Par­tir, naître, engranger, trans­met­tre, renaître. Une année d’apprentissage et de retrou­vailles avec le dedans et le dehors, une année pour démon­ter brique par brique les murs entre soi et le monde. C’est une his­toire de fil tiré cousu cassé, une his­toire de pas­sage et de rapiéçage qu’écrit Vio­laine Lison avec des mots qui frois­sent les paumes et caressent le cœur, dans une langue sen­suelle et sai­sis­sante qu’accompagnent les dessins de Manon Gig­noux. Con­tin­uer la lec­ture

Raisons et frissons

Aurélie VAUTHRIN-LEDENT, La ques­tion qui fauche (ou l’autre Oth­el­lo) suivi de Ils le fer­ont à vos filles, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2022, 160 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–45‑2

vauthrin ledent la question qui faucheLa ques­tion qui fauche (ou l’autre Oth­el­lo) est la pre­mière pièce de ce dip­tyque que nous livre l’autrice dans un grand jeu de caram­bo­lages, de dif­frac­tions, de cita­tions dignes des Marx Broth­ers et d’une puis­sance d’éclatement formel qui laisse le lecteur pan­tois. Il faut s’y repren­dre par­fois à deux fois pour saisir la tra­jec­toire des scènes et c’est alors à un “remix” cul­turel que l’on assiste, le sourire aux lèvres et l’esprit tit­il­lé.

Aurélie Vau­thrin-Ledent, née  à Bor­deaux en 1981, con­naît sur le bout des doigts les ressorts de la scène, ses études (Sor­bonne, Con­ser­va­toires, …) et ses activ­ités artis­tiques (mis­es en scène, lec­tures, jeu, chant, fon­da­tion et direc­tion de la mai­son d’édition théâ­trale Les Oiseaux de nuit) l’ont pré­parée à ce grand malax­age aux dif­frac­tions tan­tôt loufo­ques, tan­tôt intimes et émou­vantes. Con­tin­uer la lec­ture

« Tout pousse, tout grandit »

Un coup de cœur du Car­net

Valen­tine LAFFITTE, Grandir, Ver­sant Sud jeunesse, 2022, 32 p., 13,50 €, ISBN : 978–2‑930938–57‑8

laffitte grandirDu haut d’un arbre, deux passereaux dodus s’apprêtent à quit­ter ces con­trées où l’automne se dépose avec lenteur : les feuilles, vidées de chloro­phylle, revê­tent une élé­gante robe d’un orange craque­lant. Près du tronc, Freya, instal­lée sur un drap rose, prof­ite des derniers moments avec « encore un peu de lumière avant les journées gris­es », tout en con­tem­pla­tion. Lorsque la pluie arrive, armée de crayons et de son imag­i­na­tion agile, la petite fille galope à tra­vers les plaines, s’institue cheffe-sirène, charme les ser­pents et apprivoise les canaris. « Dans l’obscurité de ses mains », elle active par­fois son pou­voir mag­ique de remé­mora­tion et se nour­rit alors de sou­venirs engrangés pen­dant l’été : les balades dans des lieux aux rocailles aux mille couleurs, le crépite­ment d’un feu de camp, un couch­er de soleil flam­boy­ant, des bouf­fées d’amitié aus­si libres que le vol d’un oiseau. En com­pag­nie de son chien, Freya s’emmitoufle et s’enfonce dans les con­tours hiver­naux de la nature. Lièvre qui fuit, « branch­es qui ploient sous la neige », oiseaux qui nid­i­fient, sap­ins qui cha­touil­lent le ciel, pas qui crissent ; c’est froid et feu­tré, c’est la sai­son du repos néces­saire et de la patience for­cée. Et enfin le print­emps, annon­cé par le chant des grenouilles, revient ! Joie frémis­sante des bour­geons… suiv­ie de la fraîche explo­sion de tiges, pétales, pis­tils et pédon­cules. « Dans ce grand cham­boule­ment, tout pousse, tout grandit », et Freya s’en délecte, avant de se met­tre à chanter les ceris­es sucrées, s’accrocher aux branch­es bavardes, s’aventurer tou­jours un peu plus loin dans la décou­verte de soi, des autres et du monde. Car Freya pousse et grandit aus­si, au rythme des saisons. Con­tin­uer la lec­ture

À bout de souffle

Rémi PONS, Apnée. Une his­toire du suren­det­te­ment, Lans­man, 2022, 56 p., 11 €, ISBN : 9782807103528

pons apnee une histoire du surendettementLors de la journée inter­na­tionale de com­mé­mora­tion des vic­times de l’esclavage (25 mars), un intel­lectuel africain souligna avec une per­ti­nence ter­ri­ble : « Vous pleurez aujourd’hui l’esclavage et deman­dez par­don mais un jour vous deman­derez par­don pour  la Dette… ».

Car évidem­ment la dette et le suren­det­te­ment qui appau­vrit con­cer­nent autant les États que les indi­vidus qui les com­posent. Forme de servi­tude inter­na­tionale, post-colo­nial­isme en fil­igrane ?  Cha­cun en décidera mais dans tous les cas, ce qui advient est un appau­vrisse­ment attelé à une servi­tude morale, une alié­na­tion dou­ble donc… Con­tin­uer la lec­ture

Au nom de tous les miens

Un coup de cœur du Car­net

Bruno HUMBEECK, Com­ment agir face au cyber-har­cèle­ment, Renais­sance du livre, 2022, 170 p., 20 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 978–2‑507–05750‑3

humbeeck comment agir face au cyberharcelementBruno Hum­beeck, psy­chopéd­a­gogue à l’Université de Mons spé­cial­isé dans les ques­tions famil­iales et sco­laires, fait le point dans son nou­v­el opus sur un phénomène désor­mais impos­si­ble à qual­i­fi­er de rare et anodin: le cyber-har­cèle­ment chez les jeunes.

L’auteur prend le temps de dévelop­per le mode de fonc­tion­nement du cyber-har­cèle­ment et ses enjeux, tant du côté de la vic­time que de l’auteur des faits, qui agit générale­ment en « meute ». L’univers numérique est vu comme une caisse de réso­nance aug­men­tant la nociv­ité du har­cèle­ment clas­sique, à l’aune de la viral­ité et de la vir­u­lence des com­men­taires émis sur les réseaux soci­aux. Con­tin­uer la lec­ture

La littérature par le menu

COLLECTIF, La cui­sine de nos écrivains, Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2022, 130 p., 15 €, ISBN : 9782803200672

collectif la cuisine de nos écrivainsIl n’y a que les imbé­ciles qui ne soient pas gour­mands. On est gour­mand comme on est artiste, comme on est poète”.

Inci­tant le lecteur au péché de gour­man­dise, Yves Namur cite Guy de Mau­pas­sant dans son intro­duc­tion aux actes du col­loque con­sacré à La cui­sine de nos écrivains qui s’est tenu en octo­bre 2021, à l’occasion du cen­te­naire de l’Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique. La gour­man­dise est en effet de mise pour évo­quer un sujet d’une telle ampleur. C’est que les écrivains ne man­quent pas, qui ont fait de la nour­ri­t­ure un sujet à part entière  ou la métaphore de leur art, et du repas, le sub­til décor de leur roman ou le sym­bole de l’appartenance sociale de leurs per­son­nages. Et que l’on ne s’y trompe pas, les auteurs et autri­ces dont il est ques­tion ici, « nos écrivains », sont belges ou français. Ce sont les écrivains de notre pat­ri­moine lit­téraire, ceux qui ont façon­né (et façon­nent encore) notre imag­i­naire. La gour­man­dise, comme la lit­téra­ture, n’a pas de fron­tière. Con­tin­uer la lec­ture