Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

Utopie, dystopie et Cités obscures

MONDES imPAR­FAITS. Autour des Cités obscures de Schuiten et Peeters, Impres­sions Nou­velles et Mai­son d’Ailleurs, 2019, 128 p., 28,50 €, ISBN : 978–2‑87449–730‑8

À l’occasion de l’exposition MONDES imPAR­FAITS. Autour des cités obscures paraît l’ouvrage éponyme inter­ro­geant la ques­tion de l’utopie et de la dystopie. Illus­tré de dessins rares de François Schuiten, de nom­breux doc­u­ments, d’un long entre­tien entre Marc Atal­lah, Schuiten et Peeters, de textes de François Ros­set et Marc Atal­lah, le livre ques­tionne la nais­sance, la genèse de l’utopie (de Thomas More, Fran­cis Bacon à Cam­panel­la, Cyra­no de Berg­er­ac, Mari­vaux…, sans oubli­er les précurseurs, Pla­ton, Lucien de Samosate…), l’avènement de la dystopie avec Zami­a­tine, Hux­ley, Orwell et la présence d’un schème utopique/dystopique dans les Cités obscures. Pro­jet de société idéale, plan­i­fi­ca­tion d’un bon­heur col­lec­tif, l’utopie témoigne en son éty­molo­gie de l’oscillation qui porte sa visée d’une cité par­faite : elle est à la fois « u‑topos », « d’aucun lieu », et « eu-topos », « un lieu bon », pris­on­nière de l’imaginaire et rêve promis à sa réal­i­sa­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Puissances de la lettre

Sophie FAVENNEC-BUYSE, Amour et kab­bale, MaestrÖm, 2019, 204 p., €, 15 €, ISBN : 978–2‑87505–344‑2

Que le monde, sa créa­tion, son sens, sa richesse reposent sur les puis­sances de la let­tre, Amour et kab­bale le traduit en réc­it dans le mou­ve­ment où il le met en œuvre. Dans ce roman bruis­sant de sor­tilèges, qui explore les liens entre énergie de l’amour et esprit de la kab­bale, la roman­cière (auteure de La graphomane, L’organiste, Autop­sy, Con­fi­dences de l’olivier, pub­liés sous le nom de Sophie Buyse), psy­cho­logue, sex­o­logue Sophie Faven­nec-Buyse tisse un réc­it ini­ti­a­tique qui trans­forme le lecteur. Au tra­vers du cou­ple d’amants for­mé par Léa, l’archéologue biblique, et Simon, l’astrophysicien kab­bal­iste, la fic­tion accom­plit ce qu’elle narre : l’érection d’un « pont entre la Torah et la ponc­tu­a­tion des astres », entre le vis­i­ble (de l’histoire, de la vie, de la mort) et l’invisible, entre la pra­tique de l’écriture et sa trans­mu­ta­tion ésotérique. Con­tin­uer la lec­ture

Clapton a tué ma femme !, un polar sauce lapin

Guy DELHASSE, Clap­ton a tué ma femme !, Mur­mure des soirs, 2019, 205 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930657–52‑3

Bien con­nu des lecteurs du Car­net et des ama­teurs de géo­gra­phie lit­téraire, Guy Del­has­se trempe aus­si sa plume dans l’encre noire. Il a tenu longtemps la chronique polar pour les jour­naux La Wal­lonie et Le Matin et il a signé un Poulpe de belle fac­ture, Du pont lié­geois, avec la com­plic­ité de Jean-Paul Deleix­he et de Chris­t­ian Libens.

Titre jaune élé­gant, bor­ds de Meuse et per­pec­tives sylvestres en cou­ver­ture : les édi­tions Mur­mure des soirs présen­tent là un petit pavé soigné. Mais qu’on ne se méprenne pas, le roman qui se savoure ici a peu à voir avec une déli­catesse. Con­tin­uer la lec­ture

Écriture des lisières

Frédérique DOLPHIJN, Au bord du monde, Esper­luète, 20119, 177 p., 18 €, ISBN : 9782359841176

Roman­cière, poète, cinéaste, met­teuse en scène, Frédérique Dol­phi­jn bâtit une œuvre atten­tive aux infra-voix, aux mou­ve­ments souter­rains qui ouvrent sur d’autres mon­des. La finesse sub­tile avec laque­lle elle mène les dia­logues de la très belle col­lec­tion Orbe aux édi­tions de l’Esperluète (dia­logues avec Isabelle Stengers, Anne Herbauts, Ève Bon­fan­ti et Yves Hun­stadt, Jaco Van Dor­mael, Colette Nys-Masure) com­pose la basse con­tin­ue d’Au bord du monde, un roman explo­rant les non-dits, les lames désir­antes de per­son­nages pris dans la logique du songe. Con­tin­uer la lec­ture

Le temps de l’exil

Paul DE RÉ, Les secrets du basti­don bleu, Mur­mure des soirs, 2019, 316 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930657–53‑0

C’est un bien beau livre que je viens de décou­vrir, Les secrets du basti­don bleu de Paul De Ré…

Revenons d’abord sur le tra­jet lit­téraire de l’auteur… Cer­tains écrivains écrivent à pro­pos du temps, de l’époque, ils se nour­ris­sent des ten­sions, des tor­sions, de  la vio­lence et du grain de la foi, d’autres écrivent sur l’e­space, les lieux, les per­son­nages qui habitent un univers mar­qué d’une pro­fonde sin­gu­lar­ité. Paul De Ré s’est longtemps révélé un « écrivain du ter­roir », un auteur région­al­iste, il le revendi­quait, ses édi­teurs égale­ment. Il a dévelop­pé des réc­its, des romans qui offraient pour ver­tus prin­ci­pales de com­pos­er de sub­tiles rela­tions entre l’e­space et le temps d’un monde dis­paru. C’est comme si un musée se met­tait en mou­ve­ment et rétab­lis­sait, le temps de la lec­ture, une mémoire fugi­tive. Cette mémoire par­ticipe de la mélan­col­ie de la dis­pari­tion et œuvre sou­vent dans le sens des nos­tal­gies iden­ti­taires, local­istes et rurales. Con­tin­uer la lec­ture

Une liste sans fin ?

Un coup de cœur du Car­net

Céline DELBECQ, Cinglée, Lans­man / Rideau de Brux­elles, 2019, 60 p., 11€, ISBN : 9782807102569

Car­men Gar­cia Orte­ga. Flo­rence Koot. Sofie Muylle. Shashia More­au. Incon­nue. Geneviève Demeul­dre. Femke Wet­zels. Renate Bolte. Vjoll­ca Hox­ha. Kari­ma Essai­di. … et trois longs points de sus­pen­sion. Ain­si réson­nent ces noms. Toutes les femmes citées dans cet extrait sont mortes, assas­s­inées par leur com­pagnon, mari, ex… Con­tin­uer la lec­ture

Bruxelles, section criminelle

Anne-Cécile HUWART, Mourir la nuit, Onlit, 2019, 252 p., 18 € / ePub : 6 €, ISBN : 978–2‑87560–114‑8

S’il est un domaine de la vie que l’on con­naît essen­tielle­ment par la fic­tion, c’est bien celui de la crim­i­nal­ité. On est nour­ri de romans policiers, de films noirs, crim­inels, de séries télévisées, téléchargées ou en flux dif­fusées, de Faites entr­er l’accusé… On absorbe les gestes (la ges­tic­u­la­tion par­fois) des enquê­teurs, les tech­niques sci­en­tifiques, les procé­dures judi­ci­aires au point de finir par les croire vrais alors qu’ils ne sont que vraisem­blables (et encore…), qu’ils sont nour­ris autant par leur pro­pre mytholo­gie que par la réal­ité du ter­rain. Davan­tage ? Qu’en sait-on vrai­ment ? Pour dépass­er la fic­tion, Anne-Cécile Huwart, jour­nal­iste spé­cial­isée dans les affaires judi­ci­aires, la san­té, l’enseignement, le social est allée observ­er au plus près l’instruction des crimes. Puis elle l’a racon­tée au plus juste, « de l’intérieur, sans voyeurisme, dans le respect de l’instruction et de la dig­nité des vic­times et de leurs proches. » In fine, out­re le fait qu’il n’y ait héroï­sa­tion ni de la police ni des crim­inels, le plus éton­nant est le rap­port au temps : rien ne va vite. Entre le moment où le meurtre est com­mis et l’énoncé du ver­dict, il se passe des années. Anne-Cécile Huwart a respec­té cette tem­po­ral­ité lente. Elle a mené son tra­vail minu­tieuse­ment, au long cours. Son enquête a duré près de six ans. Un temps que per­met le livre et que ne souf­frent pas les médias et les réseaux soci­aux. Con­tin­uer la lec­ture

Loi de la rue, rue de la loi

Michel CLAISE, Sans des­ti­na­tion finale, Genèse, 2019, 216 p., 21 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9791094689592

Le phénomène du sans-abrisme est dif­fi­cile à appréhen­der par la majorité de nos sem­blables qui peinent à imag­in­er com­ment une femme ou un homme peu­vent en venir à con­naître un niveau de pré­car­ité aus­si aigu. Approcher cette réal­ité néces­site une prise de dis­tance par rap­port aux émo­tions que sus­cite par exem­ple la men­dic­ité, que celles-ci soient guidées par le rejet agacé ou la com­pas­sion béate. Le mys­tère de la grande pré­car­ité a déjà intéressé nos auteurs : on songe ici par exem­ple à Je n’ai rien vu venir d’Eva Kavian ou Dix cen­times de Xavier Deutsch. Patrick Decler­ck a même rédigé un vol­ume de la col­lec­tion « Ter­res humaines » (Les naufragés — Avec les clochards de Paris, Plon, 2001) dans lequel il abor­de cette réal­ité au même titre qu’un anthro­po­logue rendrait compte de son con­tact avec une pop­u­la­tion éloignée. Con­tin­uer la lec­ture

Sur les traces de Bruegel à Bruxelles

Vin­cent DELANNOY, Bruegel à Brux­elles, Sam­sa, 2019, 126 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87593–244‑0

À l’occasion du 450ème anniver­saire de la mort de Pierre Bruegel l’Ancien, décédé à Brux­elles en sep­tem­bre 1569, Vin­cent Delan­noy retrace l’effervescence créa­trice des années brux­el­lois­es. La quar­an­taine de tableaux, la soix­an­taine de dessins, les gravures lais­sées par le fon­da­teur d’une dynas­tie de créa­teurs ayant fait l’objet d’une tour de Babel d’exégèses, l’auteur se con­cen­tre sur la péri­ode 1563–1568 durant laque­lle, vivant rue Haute à Brux­elles, Bruegel l’Ancien crée la majorité de ses chefs d’œuvre. De la vie du pein­tre, très peu de choses sont attestées. En l’absence d’écrits, de let­tres, la vision du monde pro­fessée par Bruegel, son rap­port à la foi, au pou­voir ne peu­vent être inférés que de ses œuvres. Vin­cent Delan­noy inter­roge les éventuelles influ­ences de la ville sur ses pein­tures, les sin­gu­lar­ités de sa pro­duc­tion artis­tique lors des années fécon­des. Si la péri­ode anver­soise cor­re­spond à un Bruegel dessi­na­teur mar­qué par l’influence de Jérôme Bosch (univers fan­tas­tique, créa­tures dia­boliques, sens du grotesque et de la satire…), à Brux­elles, sans aban­don­ner le dessin, Bruegel se con­sacr­era essen­tielle­ment à la pein­ture.


Lire aus­si : un extrait de Bruegel à Brux­elles


Con­tin­uer la lec­ture

Intelligence de la désillusion

Charles PLISNIER, Faux passe­ports, Post­face de Pierre Mertens, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 355 p., 9,50 €, ISBN : 978–2‑87568–422‑6

En 1991, dans sa post­face à Faux passe­ports de Charles Plis­nier, Pierre Mertens soulig­nait « l’incroyable moder­nité », voire la fraîcheur de ce texte. Il faut dire qu’à l’époque le vent du change­ment qui s’était levé deux ans plus tôt pour abat­tre le Mur de Berlin pas­sait sur l’URSS pour y bal­ay­er un peu plus de huit décen­nies de com­mu­nisme.

Mais que reste-t-il en 2019 de ce faux roman, com­posé en réal­ité d’une suite de nou­velles reliées par le regard d’un nar­ra­teur iden­tique ? Un clas­sique, en cela que les por­traits cam­pés par Plis­nier cristallisent une époque en en ren­dant sen­si­bles les chamades et les con­vul­sions. Dès l’avertissement, l’écrivain prend ses dis­tances avec le je qui s’y exprime, à qui il « souhait­erait garder quelque mys­tère », et il s’emploie à définir une atti­tude vériste envers tous les autres per­son­nages. C’est que son œuvre se veut avant tout « une étude qui port[e] sur le drame d’une époque divisée, une cer­taine mys­tique de l’action et surtout, sur des êtres dans le pro­fond de leur con­science et de leur instinct – c’est-à-dire des âmes. » Con­tin­uer la lec­ture

Invocations des esprits et pratiques démoniaques

Arnaud DE LA CROIX, Le pacte avec le dia­ble. De saint Augustin à David Bowie, Racine, 2019, 144 p., 19,95 €, ISBN : 9782390251033

Philosophe, his­to­rien dont les essais inter­ro­gent les marges, les traits passés sous silence de l’Histoire (Les illu­mi­nati, Les tem­pli­ers, La reli­gion d’Hitler, Treize com­plots qui ont fait l’histoire, Himm­ler et le Graal), Arnaud de la Croix analyse dans Le pacte avec le dia­ble la généalo­gie du motif d’un com­merce avec les démons. Appa­rais­sant dans l’œuvre de saint Augustin, l’idée du pacte dia­bolique se trans­forme dans ses atten­dus au fil des siè­cles, recou­vrant divers­es pra­tiques. Dans le chef de l’évêque d’Hippone, père de l’Église, auteur de La cité de Dieu, l’accusation d’entente avec le prince des ténèbres revêt un sens stratégique : à l’heure où, au 4e, 5e siè­cle, la chré­tien­té doit affer­mir ses bases et tri­om­pher des restes de pagan­isme, la con­damna­tion des accoin­tances avec les forces obscures vise à extir­p­er les reli­quats du poly­théisme romain. Com­ment ren­dre compte de la présence du mal sur la terre ? Soit, Dieu est tout-puis­sant, mais dès lors respon­s­able du mal, soit il est tout-bon, dès lors par­tielle­ment impuis­sant, le mal venant de l’homme. Pour Augustin, dotée d’un libre-arbi­tre, la créa­ture peut péch­er, s’adonner au mal dont l’une des formes se nomme magie, com­merce avec les démons. Con­tin­uer la lec­ture

Ceux qui partent-partent-partent et ceux qui parlent-parlent-parlent

Véronique DEPRÊTRE, Fan­chon, la dérive des incon­ti­nents, Onlit, 2019, 226 p., 17 € / ePub : 6 €, ISBN : 978–2‑87560–116‑2

À la suite du décès bru­tal de son père, une gamine se retrou­ve entre une mère dépres­sive, hors course, et sa grand-mère pater­nelle qui prend en charge toute la famille, dans un débor­de­ment d’énergies et de générosité qui se révèle aus­si une manière de stig­ma­tis­er sa belle-fille, jusqu’à vam­piris­er sa petite-fille. Con­tin­uer la lec­ture

Des bombes

COLLECTIF L‑SLAM, On ne s’excuse de rien, Mael­ström, 2019, 180 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87505–340‑4 

Le kif, déjà, à la cou­ver­ture. Pho­to de scène: une meuf noire devant un micro, chemise bou­ton­née jusqu’en haut, ferme les yeux en dis­ant son texte, dans un sourire. Le kif, ce titre : On ne s’excuse de rien! — excla­ma­tion sans risette, qu’on se le tienne pour dit — à répéter en boucle ad libi­tum. Le kif de compter une écras­ante majorité de femmes par­mi les 57 auteur.trice.s du recueil — cis et trans, valides et pas, racisées et pas, de tous les âges, de toutes les formes, les sex­u­al­ités, les hori­zons. “Poésie & slam”: leurs textes sont issus d’ateliers d’écriture, en vue de les faire cla­quer sur le plateau — du coup, on les pioche, la tête fait boîte à rythmes et on se les dit par­fois tout haut. La tête vient se cogn­er aus­si, là où, peut-être, le slam libère : sur les réal­ités recon­nues. Parce que ça envoie, les filles. Elles pren­nent la plume dans un grand et beau fra­cas qui vient explos­er à la lec­ture: des bombes. Har­cèle­ment, racisme, mater­nité, non mater­nité, mal­adie, viol, vio­lences, chô­mage, burn out, enfance, vieil­lesse, drague, rage, auto­cen­sure bazookée 57 fois… des dagues à chaque voix. “Et j’emmerde la norme!” Con­tin­uer la lec­ture

Entre douceur et mélancolie

Jean JAUNIAUX, Bel­giques, Ker, 2019, 124 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑87586–254‑9

Nou­velles, sou­venirs, évo­ca­tions : les textes de Jean Jau­ni­aux, réu­nis sous le titre Bel­giques, égrè­nent sen­ti­ments, impres­sions, humeurs, couleurs.

On par­ticipe à l’exaltante, foi­son­nante pré­pa­ra­tion d’une série d’émissions his­toriques con­sacrées à la Révo­lu­tion de 1830 dont la télévi­sion entendait com­mé­mor­er, en sep­tem­bre 1980, les cent cinquante ans. Épisode décisif dans la vie de Jean Jau­ni­aux, fraîche­ment sor­ti de l’INSAS, que l’un de ses pro­fesseurs lance dans cette aven­ture. « C’est là que sur­git dans ma vie le mir­a­cle de la Révo­lu­tion de 1830. » L’horizon s’ouvre et, avec lui, la chance de pou­voir ren­con­tr­er — et col­la­bor­er avec — des per­son­nal­ités tels Jacques Cog­ni­aux, Jacques Bré­dael, Armand Bache­li­er… Un pre­mier con­trat d’emploi s’apparentait ici à un moment de grâce. (Une journée hors norme) Con­tin­uer la lec­ture

Laisser ses peurs sur le rivage

Tere­sa ARROYO CORCOBADO, Lola sur le rivage, Ver­sant Sud Jeunesse,2019, n.p., 15.90 €, ISBN : 978–2‑930358–07‑3

Nous avions décou­vert la tal­entueuse Tere­sa Arroyo Cor­coba­do avec son pre­mier album De l’autre côté du car­rousel. L’autrice-illustratrice est pub­liée chez Ver­sant Sud, dans la col­lec­tion Les Pétoches, «des albums pour rire de ce qui effraie, s’amuser à avoir les chocottes. » 

Dans De l’autre côté du car­rousel, la jeune Olivia com­mençait par lis­ter ses peurs. Sitôt fait, elle nous révélait celles de ses proches et se demandait franche­ment pourquoi les adultes lui répé­taient de ne pas avoir peur, puisqu’eux-mêmes avaient tous peur de quelque chose. Le week­end arrivant, Tere­sa Arroyo Cor­coba­do nous trans­portait au côté d’Olivia dans l’univers mag­ique de la foire. Olivia dépas­sait ses peurs, et s’envolait… les détails des scènes mis­es en couleurs sont infi­nis. L’album cha­toy­ant est gour­mand, comme une pomme d’amour ! Pomme d’amour qui grâce à ses mur­mures fan­tas­tiques au creux de l’oreille d’Olivia, lui per­me­t­tait de se décou­vrir pleine de courage et de force. Con­tin­uer la lec­ture

Le grand jeu de lire

Daniel SIMON, Posi­tions pour la lec­ture. Prom­e­nades lec­tures-écri­t­ures-ate­liers, Couleur livres, 2019, 140 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87003–901‑4

Bien rares sont les auteurs qui sor­tent tout armés de leur écri­t­ure pre­mière. La plu­part tour­nent en rond inter­minable­ment. Ils effectuent des rites de pas­sages, sac­ri­fient aux idol­es du jour, et suiv­ent des pistes qui débouchent sur des sources taries. Soit qu’ils croient que la lit­téra­ture est de la musique, soient qu’ils pensent qu’elle est un témoignage vécu, ils n’échappent pas aux apparences, c’est-à-dire à la répéti­tion.

Il est pour­tant tout sim­ple de remar­quer que la lit­téra­ture est une vision, soutenue par une langue intime, et hap­pée par l’amour de la vérité. Pour en faire l’expérience per­son­nelle, il suf­fit d’explorer quelques-unes de ces îles au tré­sor qu’on appelle les chefs d’œuvre. Con­tin­uer la lec­ture