Isabelle FABLE, Ainsi va la vie, Ainsi va la mort, M.E.O., 2024, 132 p., 16 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 9782807004436
Des retrouvailles, tout comme des coïncidences, égrènent ce recueil de nouvelles. Un professeur d’Université rencontre l’un des enseignants qui a marqué sa jeunesse. Une autre retrouve un ancien amour. Des relations naissent, malgré les obstacles. Des épisodes incongrus, parfois presqu’irréels, provoquent des chamboulements dans la vie de certains protagonistes : des boules de cheveux poussent sur la tête de l’un, pendant qu’un autre hérite d’une maison en bord de mer où une mystérieuse source semble avoir élu domicile. Étrange concours de miss proche d’un combat de gladiateurs, amants de papier, poèmes qui changent une vie, renaissance à la foire du Midi, héros malgré lui, sanglante marelle… les nouvelles s’enchainent sans se ressembler. Telles la vie et la mort, l’altruisme tout comme la haine s’insinuent partout. Il y a de nombreuses manières de vivre, renaitre, mourir, voire tuer. Continuer la lecture
Découverte par les éditions Quadrature pour son premier recueil de nouvelles, 
La collection « La tortue de Zénon », aux éditions de L’arbre de Diane, crée à nouveau des étincelles harmonieuses entre littérature et science, elles qui inscrivent de concert la beauté « au cœur [de leur] processus créatif », comme le souligne d’emblée l’éditrice Mélanie Godin. Dans Comment regarder plus loin, onze autrices attirent chacune dans leurs paumes une femme de science, qui a éclairé le monde d’antan ou d’aujourd’hui. Ces destins de femmes scientifiques, étudiés par ces autrices, dessinent une large constellation, composée de disciplines (sciences du climat, géodésie et sismologie, physique spatiale, astronomie, mathématiques, pathologie moléculaire des plantes, génétique, médecine et chirurgie, neuro-rééducation) et de contrées (Belgique, Danemark, France, Angleterre, Allemagne, Etats-Unis, Ethiopie, Italie) variées.
Patrick Delperdange ! Un pro ès lettres. Qui vit de sa plume. Bon à tout. Des critiques ou des scénarios, des Bob Morane, des romans noirs ou jeunesse, des pièces de théâtre. Des sauts de mouton au gré de ses envies, d’un pays, d’un éditeur ou d’un exercice à un autre. Les Cahiers de la BD, la Série noire, les
Tout autant que la parole, le silence est multiple. Il peut inaugurer un rapprochement ou sceller un dialogue. Il en est de complices, d’hostiles, d’oppressants ou de sereins. Entre présence du corps et absence des mots, le silence est instant pur. À travers les seize récits qui tissent la trame du dernier livre de Luc Dellisse, un narrateur unique éprouve la complexité de son étoffe, au fil d’intensités fugaces ou de percussions aventureuses.
D’une densité dessillante, l’opus Les danses de Roberto Succo de Véronique Bergen est construit à l’image de la rêverie de sa narratrice. Celle-ci arpente les rues de Bruxelles, de même que nous, lecteurs, arpentons les phrases de Véronique Bergen serties dans l’émail de la langue.
C’est peut-être parce qu’il a été Écrit sous l’eau qu’il donne l’impression d’une lecture-apnée. Chacune des proses composant le recueil de Jacques Richard se présente comme une micro-plongée dans un bain d’étrangeté et de fluidité. L’on y progresse en brasses prudentes et curieuses, avec la sensation de ne pouvoir garder le cap à cause de mouvements ondins surprenants. Le mieux est sans doute de se laisser porter, sans chercher à retenir ni se faire retenir, en acceptant la caresse du flux langagier et le mystère des fonds sous-scripturaux.
Line Alexandre a déjà fait sa place dans notre espace littéraire avec six romans dont le premier, paru en 2009,
Une fois de plus, la collection Espace Nord joue pleinement son rôle patrimonial, et nous charme par l’audace et la qualité de ses choix. Ainsi, c’est Dominique Warfa qui voit près de cinquante ans d’écriture mis à l’honneur.
La jaquette du livre et sa couverture, en distorsion, offrent une mise en abyme du projet offert aux lecteurs. Une volonté d’ouverture (fenêtre aux battants écartés), de jovialité (ciel bleu en arrière-plan et rose en encart), de second degré (un fauteuil – d’académicien – flotte dans un tourbillon de noms d’auteurs et autrices). Derrière, la solennité d’une institution prestigieuse, l’Académie royale… séduit davantage, dans sa ligne épurée.
De tous les auteurs belges francophones, Michel Lambert a sans doute à son actif une des productions les plus fournies dans le genre de la nouvelle puisqu’à ce jour, on dénombre onze recueils parus parallèlement à son activité de romancier. La parution de son premier ouvrage remonte à 1987 et le plus récent date de 2022, tandis que plusieurs prix littéraires en ont souligné la qualité. Les éditions Weyrich ont eu la bonne idée de rassembler une douzaine de textes issus de différents recueils et couvrant une trentaine d’années, ce qui nous offre un panorama de sa production. À les lire, on mesure d’emblée la très grande homogénéité de son œuvre. Celle-ci se traduit dans son écriture, mais aussi et surtout dans l’univers narratif d’une rare constance, à telle enseigne que l’on peinerait à reconstruire une chronologie sans consulter les notes qui précisent les ouvrages parus dont elles ont été extraites.
Toutes les nouvelles du dernier recueil de Bruno Marée paru aux éditions Quadrature – éditions totalement dédiées à la nouvelle de langue française – semblent respecter (et jouer d’) un même cadre narratif. Elles commencent par poser la singularité, voire l’étrangeté, du quotidien (ou de l’hebdomadaire) d’un ou plusieurs personnages, et ce généralement en une phrase : « Je vois des choses qui n’existent pas » (qui pourrait presque définir le travail de ce nouvelliste, mais il faudrait alors préciser : mais pourraient exister, car nous ne sommes pas dans un univers fantastique ou de science-fiction) ; « Ils s’entendent comme chien et chat, dans le plus grand respect des traditions » ; « Je ne me douche jamais » ; « Le problème de monsieur Christian, c’est qu’il n’aime pas les enfants » ; « De la maison à l’école, le trajet que doit suivre Arthur n’est pas très long » ; « Ma voisine est un peu ma grand-mère » ; etc.
Ultime passion est une nouvelle assez courte, récente vu les références à des techniques d’aujourd’hui. Elle étonne cependant, car Paul Emond condense et résume dans ce bref texte toute une part de sa production romanesque antérieure.
Apparu dans l’univers des lettres belges en 2020, Ralph Vendôme (un pseudonyme) s’est érigé en spécialiste de la nouvelle, livrant un premier recueil de qualité aux éditions du Scalde,
L’on sait Armel Job fin observateur des âmes humaines, tant il a créé de personnages dont la présence forte imprègne la vie de ses lecteurs. Voici qu’il s’est prêté au jeu de l’extrême brièveté, celui des instantanés de la collection « La petite pierre » des éditions de La Pierre d’Alun, qui associe ses écrits aux illustrations de Benjamin Monti pour ce nouveau petit volume spiralé.