Archives par étiquette : Francine Ghysen

Le rayonnement d’un poète, Européen avant la lettre

Cat­a­logue illus­tré de l’exposition Verhaeren.Un poète pour l’Europe, 80 p.
Émile VERHAEREN, Les vil­lages illu­soires, 2016, Espace Nord, 224 p., 9 €
Émile VERHAEREN, Les Vil­lages illu­soires — Dor­pen van zins­bedrog, traduit par Ste­faan Van den Bremt, gravures d’Henri Ramah, 2016, Lou­vain, éd. P, 80 p.
Émile Ver­haeren Veer­man, poèmes choi­sis et traduits par Koen Stas­si­jns, 2016, Lan­noo, Tielt, 364 p.

verhaeren europePoète majeur, dra­maturge orig­i­nal, cri­tique d’art intu­itif et péné­trant, Émile Ver­haeren est l’une des grandes fig­ures de notre his­toire, de notre cul­ture. L’une des plus chères, qui a mar­qué notre sen­si­bil­ité de son souf­fle, son lyrisme, sa force, sa fer­veur.

Cha­cun de nous garde en mémoire tels vers, telles pros­es aux accents per­son­nels ; évoque son sou­venir en se prom­enant dans les doux paysages des rives de l’Escaut qu’il a tant chan­tés.

Mais ce qu’on ne soupçonne pas tou­jours, c’est le ray­on­nement de son œuvre et de sa per­son­nal­ité, célèbres dès la fin des années 1890, et avec plus d’éclat encore entre 1900 et 1910, dans l’Europe entière et jusqu’en Russie. Sa foi dans le vieux con­ti­nent, son aspi­ra­tion à une Europe unie, exem­plaire (« L’Europe est une forge où se frappe l’idée »). Con­tin­uer la lec­ture →

Au creux de l’absence la poésie

Alain DANTINNE, Pré­cis d’incertitude, pein­tures d’Alain Dulac, Herbe qui trem­ble, 2016, 141 p., 17 €

dantinne« Au cœur de l’écriture / l’ombre de la main / Au cœur de l’ombre / une fêlure / Au cœur de la fêlure / l’absence / Au creux de l’absence / la poésie »

Dans une lumière tamisée s’ouvre ain­si le dernier recueil d’Alain Dan­tinne, Pré­cis d’incertitude. Con­tin­uer la lec­ture →

André Gide et la Petite Dame. Une amitié éternelle

André GIDE, Maria VAN RYSSELBERGHE, Cor­re­spon­dance 1899 — 1950, Paris, Gal­li­mard, coll. « Les Cahiers de la NRF », 2016, 1168 p., 40 €

gideQuelle ami­tié mag­nifique ! Con­fi­ante, pro­fonde, vig­i­lante, inaltérable, elle a uni, un demi-siè­cle durant, André Gide et Maria Van Rys­sel­berghe, dite la Petite Dame, et s’incarne dans une Cor­re­spon­dance éditée aujourd’hui par les soins de Peter Schny­der et Juli­ette Solvès.

Plus de mille pages, sous le signe de l’intelligence, de l’indépendance d’esprit, de la générosité, de la pas­sion pour la lit­téra­ture, mais aus­si du partage spon­tané des impres­sions, émo­tions, menus et grands événe­ments de la vie quo­ti­di­enne. Con­tin­uer la lec­ture →

Le chant profond du poète

Lil­iane WOUTERS, Trois vis­ages de l’écrit, Brux­elles, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 224 p., 12 €

woutersTrois vis­ages de l’écrit. Trois recueils poé­tiques de feu et de médi­ta­tion, où Lil­iane Wouters accom­plit cette « descente à tra­vers soi » par laque­lle seule­ment on peut s’atteindre au plus pro­fond, au plus intime. Au plus près de sa vérité.

Jour­nal du scribe (1990), Le bil­let de Pas­cal (2000), Le livre du soufi (2009), ain­si réu­nis, se révè­lent proches dans leur sin­gu­lar­ité, se pro­lon­gent, se répon­dent. Et nous pou­vons gliss­er d’une inflex­ion à l’autre, vibr­er à telle pen­sée, laiss­er réson­ner telle image, telle musique d’un chant pro­fond qui se grave en nous. Con­tin­uer la lec­ture →

Entre ombre et lumière

Sacha ORFF, La nuit réclame une issue, Brux­elles, Le Cormi­er, 2015, 79 p.

lanuitreclameLa jeune dessi­na­trice Sacha Orff a choisi d’intituler son pre­mier livre La nuit réclame une issue. Un titre entre ombre et lumière. Entre attente et promesse.

Au fil des pages, on décou­vre, répar­tis en trois chapitres (Château han­té, Vais­seau fan­tôme, Mai­son mère), une suite de courts frag­ments poé­tiques, sou­vent énig­ma­tiques, comme si, à l’instant de le dévoil­er, ils rete­naient l’aveu, et gar­daient leur secret. Nous lais­sant libres de pro­longer l’image, de devin­er la pen­sée. Con­tin­uer la lec­ture →

Un roman en forme de puzzle

Jean-Sébastien PONCELET, La ten­dresse des séquoias, Neufchâteau, Weyrich, coll. « Plumes du Coq »,2016, 508 p., 20 €

ponceletAvez-vous déjà sen­ti, respiré la force et la douceur d’un arbre que vous étreigniez, avec la cer­ti­tude d’être à votre juste place dans le monde ?

C’est sur le sou­venir inef­façable de ce moment presque mys­tique que s’ouvre — et s’achève — le roman de Jean-Sébastien Pon­celet La ten­dresse des séquoias.

Ne vous y trompez pas : entre ces instants sus­pendus, d’une intime pléni­tude, d’une mys­térieuse com­mu­nion, l’auteur vous emmène insen­si­ble­ment par des chemins tortueux, cernés d’ombres inquié­tantes. Con­tin­uer la lec­ture →

Sous les mirages, la réalité

Ana­tole ATLAS, Berlue d’Hurluberlu, Miroir Sphérique, 2016, 116 p., 12 €

atlasBerlue d’Hurluberlu. Le titre nous promet quelques sur­pris­es étour­dis­santes.

Le sous-titre pré­cise la couleur : La résur­rec­tion de Thomas More et l’enquête posthume de Mai­gret par un Boug­noule au Roy­aume de Bel­gique. Nous voilà prévenus! Prêts à larguer les amar­res, à pren­dre le large loin des con­trées raisonnables, des chemins bal­isés, des cer­ti­tudes con­fort­a­bles.

Ana­tole Atlas invite le lecteur à s’aventurer, au prix d’un effort d’imagination, auda­cieux “saut de l’ange”, au-delà de la réal­ité con­nue, du lan­gage fam­i­li­er. Con­tin­uer la lec­ture →

Alain Germoz en étrange compagnie

Alain GERMOZ, La tueuse pro­fes­sion­nelle, 2015, Brux­elles, Tra­verse, coll. « Lente­ment », 288 p., 22 €

germozSi l’écrivain et jour­nal­iste anver­sois Alain Ger­moz, fils de Roger Aver­maete, nous a quit­tés en juin 2013 (« décédé pré­maturé­ment à l’âge de 92 ans », pré­cise l’avis nécrologique qu’il avait rédigé lui-même… !), ses amis enten­dent bien garder vivant son sou­venir. Ils se sont réu­nis pour pub­li­er un dernier texte, La tueuse pro­fes­sion­nelle, décou­vert par­mi les innom­brables man­u­scrits et notes inédites qu’il lais­sait der­rière lui. Con­tin­uer la lec­ture →

Jean Muno, l’ironie en bandoulière

Isabelle MOREELS, Jean Muno. La sub­ver­sion souri­ante de l’ironie, Peter Lang, 2015, 418 p., 48 € 

munoC’est avec l’ironie pour fil con­duc­teur qu’Isabelle Moreels étudie en pro­fondeur l’œuvre de Jean Muno dans son essai Jean Muno. La sub­ver­sion souri­ante de l’ironie. Un choix qui sem­ble aller de soi, tant cette lib­erté moqueuse, dis­crète­ment rebelle, de regard et de ton imprègne les romans, con­tes et nou­velles de l’écrivain qui nous a quit­tés trop tôt, et nous manque. Con­tin­uer la lec­ture →

« La Poésie, à l’arraché »

Philippe LEKEUCHE, L’éclat noir du désir. Poèmes 1988–1998, Tail­lis Pré, 2015, 250 p., 20 €

lekeuche l'éclat noir du désirSous le beau titre L’éclat noir du désir, qui ressem­ble à sa poésie même, tis­sée de lumière et de nuit, d’ardeur et de dés­espérance, d’appels vibrants et de silence, Philippe Lekeuche nous livre une nou­velle édi­tion, revue et cor­rigée, de trois recueils parus en l’espace de dix ans : Si je vis (1988), Celui de rien (1993), L’état rebelle (1998). Trois titres qui com­po­saient une trilo­gie, dans la bien nom­mée col­lec­tion Feux, créée par Lil­iane Wouters aux édi­tions Les Éper­on­niers. Con­tin­uer la lec­ture →

Un monde qui rit sans mémoire

Bruno WAJSKOP, Fun­ny Reich. La série. Épisode 1, L’impératif impar­fait, Mar­que belge, 2015, 158 p., 15 € ; Épisode 2, Le con­di­tion­nel automa­tique, Mar­que belge, 2015, 128 p., 13 €

wajskopÉdi­teur, écrivain (Anar­chie (copy­right), Iljeon, 1995. On n’est pas sérieux quand il y a 17 ans), Bruno Wajskop nous entraîne aujourd’hui à la décou­verte ébou­rif­fante de son Fun­ny Reich, un roman-fable où l’imagination rejoint la sci­ence-fic­tion. Con­tin­uer la lec­ture →

Mystères dans l’ombre

Lil­iane SCHRAÛWEN, Ailleurs. Nou­velles, M.E.O., 2015, 152 p., 16 €

Ailleurs. Un titre qui fait rêver. Loin d’ici, le ciel ne serait-il pas plus bleu, l’horizon plus vaste, appelant les décou­vertes, les hasards heureux, l’envol des pos­si­bles ? Con­tin­uer la lec­ture →

La rage au coeur

Rose HANON, Démis­sions, Cuesmes, Édi­tions du Cerisi­er, 2015, coll. « Place publique », 128 p., 11 €

« Engagée. Encagée. Enragée, aus­si. »

Ain­si se présente d’entrée de jeu Rose Hanon, jeune prof de français, c’est-à-dire, com­mente-t-elle drôle­ment, au milieu de l’échelle invis­i­ble qui, à l’école, va du prof de math, en posi­tion dom­i­nante, au prof de gym (par­don, d’éducation physique). Dans un petit livre tran­chant, Démis­sions, elle nous fait vivre son expéri­ence, celle d’une jeune femme qui pen­sait : « enseign­er, c’est chang­er le monde ». Ardente con­vic­tion qui lui don­nait des ailes, mais qui se heurte à la réal­ité, soit « l’école du main­tien de l’ordre du monde comme il tourne et doit tourn­er ». Con­tin­uer la lec­ture →

Vous avez dit mai-maître ?

Pierre PUTTEMANS, La Con­stel­la­tion du chien et autres textes, 2015, Brux­elles, Les Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 176 p., 7,50 € / epub : 6.99 €

puttemansOn n’imaginait pas tout de suite l’architecte et poète Pierre Put­te­mans en mai-maître docile et fer­vent d’un insup­port­able chien-chien, rég­nant sur la maison­née. Une ‘pro­mo­tion’ décernée par la boulangère, dont lui-même s’étonne et se félicite aux pre­mières pages d’un petit livre désopi­lant, La con­stel­la­tion du chien, paru en 1990 et que la col­lec­tion Espace Nord nous per­met de (re)découvrir dans sa fraîcheur, sa mal­ice et son humour, alors que l’auteur nous a quit­tés voici deux ans. Con­tin­uer la lec­ture →

“La poésie est le réel absolu”

Francine GHYSEN

lekeucheS’entretenant avec Myr­i­am Watthee-Del­motte, en ouver­ture du numéro de la revue Nu(e) qui lui est dédié, Philippe Lekeuche embrasse ain­si sa con­cep­tion de la poésie, ancrée au plus pro­fond de son être, de sa vie :

Pas de poésie sans amour (donc sans soli­tude), sans art et sans folie. Et la poésie doit aus­si per­pétuelle­ment se débrouiller avec ce reste de sex­u­al­ité qui échappe à toute sub­li­ma­tion. Pour moi, je le dis hum­ble­ment, la poésie est mon risque suprême, elle me pose la ques­tion qui me taraude douloureuse­ment : « Qu’est-ce que l’amour, lui-même divisé en ses mul­ti­ples fig­ures ? ». Con­tin­uer la lec­ture →

Au coeur d’une vie d’humaniste engagé

Francine GHYSEN

zwickDix ans après sa mort, le 30 sep­tem­bre 2005, Jacques Zwick revient par­mi nous. À tra­vers le jour­nal qu’il tint, de 1994 à 2004, et que les édi­tions du Cerisi­er, avec Présence et Action cul­turelles, pub­lient en qua­tre vol­umes, sous le beau titre Sonates d’automne, com­plétés d’un ouvrage col­lec­tif, Jacques Zwick. Le dia­logue et l’action, réu­nis­sant évo­ca­tions et témoignages, et des textes de sa plume. Con­tin­uer la lec­ture →