Un coup de cœur du Carnet
Christian MERVEILLE (auteur) et Valeria DOCAMPO (illustratrice), L’homme qui écoutait chanter l’oiseau, Alice Jeunesse, 2024, 40 p., 16 €, ISBN : 9782874265747
Selon leur espèce, les oiseaux représentent une variété de symboles : la paix et la colombe, la force et l’aigle, la sagesse et le hibou, le deuil et le corbeau, la fidélité et le cygne, la résilience et le colibri… Mais tous, du plus humble passereau au majestueux albatros, incarnent avant tout la liberté. Faisant fi de la pesanteur terrestre et se jouant des airs, ils planent, virevoltent, s’en vont à tire d’ailes vers des horizons qu’eux seuls connaissent, que nous seuls imaginons. Ces êtres de plumes et de vents, en plus de chanter, parlent aussi, un langage particulier, invisible et audible aux âmes réceptives. Tel cet homme, debout, la tenue simple et l’air absorbé, les yeux fermés, nez tendu vers la mélodie d’un rouge-gorge, comme si en plus de l’entendre il la respirait. Il demeure d’ailleurs étrangement indifférent à l’agitation autour de lui, ne tremble pas aux cris d’un garde lui intimant de se prosterner devant le Roi qui va arriver en ville : « Arrêtez-moi si vous voulez, moi, je veux écouter l’oiseau… ». Continuer la lecture











Publié dans le cadre de la Fureur de Lire en 2021, Abel & Nour connaît une seconde vie, amplifiée et sublimée, au sein du catalogue de Versant Sud Jeunesse. C’est une joie de redécouvrir cet album, trois ans plus tard, avec des planches supplémentaires et un réagencement textuel, et surtout sans perte de la densité et du rythme de la version initiale. Comme si l’histoire rencontrait son format mérité, sa forme attendue. Et ce n’est que bonheur car Mathilde Brosset a façonné de ses doigts un livre très réussi. 

Karoline Buchner signe aux éditions La Lettre Volée un premier récit piquant et perspicace ancré dans un quotidien tissé d’affronts misogynes, de mortifications infimes qui sont autant de petites flèches trouant une peau trop fine, trop douce, celle d’un féminin décloisonné auquel l’autrice rend toute sa puissance d’expression – qui est, en vérité, puissance d’action.