Archives de catégorie : Recensions

Musique du large et déflagration

Dominique LOREAU, Déto­na­tion, Esper­luète, 2023, 64 p., 18 €, ISBN : 9782359841725

loreau detonationRyth­mé par des pho­tos en noir et blanc pris­es par l’autrice, le réc­it Déto­na­tion explore les tes­si­tures du vis­i­ble, les inflex­ions du réel, des regards, des gestes, des mou­ve­ments de pen­sée, les muta­tions météorologiques des émo­tions. Qu’est-ce qui se joue dans nos ren­con­tres avec l’altérité, avec un pays loin­tain, avec des paysages mar­itimes, des êtres chargés d’histoire ? Cinéaste, pho­tographe, écrivain, Dominique Lore­au dresse un roman qui dévoile la com­plex­ité de la réal­ité, des rap­ports que nous nouons avec elle, avec les autres, avec nous-mêmes. Con­tin­uer la lec­ture

Hors-champ

Fabi­enne VERSTRAETEN, V ou la mélan­col­ie, Arléa, coll. « La ren­con­tre », 2023, 136 p., 18 €, ISBN : 9782363083319

verstraeten v ou la melancolieEn avril, la mai­son d’édition parisi­enne Arléa pub­li­ait dans sa col­lec­tion « La ren­con­tre » le pre­mier roman de Fabi­enne Ver­straeten, déjà con­nue des milieux brux­el­lois de l’art et de la cul­ture.  Inti­t­ulé V ou la mélan­col­ie (comme référence explicite au roman de Georges Perec, W ou le sou­venir d’enfance), le roman que pro­pose Fabi­enne Ver­straeten s’inscrit dans la tra­di­tion des sagas famil­iales.

Au départ d’une pho­togra­phie, prise dans l’immédiat après-guerre, de l’enterrement de son grand-père Aloïs, l’autrice fouille son his­toire famil­iale. Elle l’interroge dans le but de débus­quer les caus­es d’un atavisme bien par­ti­c­uli­er : la mélan­col­ie. Con­tin­uer la lec­ture

Aghar, l’expulsée

Un coup de cœur du Car­net

Tarek ESSAKER, Les Chem­i­nants, Réc­it poé­tique, Trad. en arabe de Ziad Ben Youssef, Pré­face de Vin­cent Lefèvre, Post­face en français et pré­face en arabe de Rafi­ka Bhouri, Arbre à paroles, 2023, 284 p., 18 €, ISBN : 9782874067327

essaker les cheminantsÉblouis­sante médi­ta­tion poé­tique autour de la fig­ure d’Agar/Aghar, ser­vante de Sarah, qui donne à Abra­ham un fils, Ismaël, Les Chem­i­nants mène la poésie dans des régions invo­ca­toires et oniriques où langue, monde, vision, his­toire, reli­gion se ressour­cent. À la femme sac­ri­fiée de la Genèse, à la femme qui don­na nais­sance aux douze tribus et que Sarah con­damna au désert avec l’assentiment d’Abraham et la béné­dic­tion de Dieu, Tarek Essak­er donne une voix plurielle, de sable et de silence brûlant, soutenue par les fig­ures d’Aref, le témoin, de Dieu, des Chem­i­nants, des prophètes, de Yaccoub/Jacob. Con­tin­uer la lec­ture

L’histoire d’Abraham vue de Liernu

Joseph DEWEZ, Èvôye, Abrâm. Sor­tir du patri­ar­cat avec le pre­mier patri­arche ?, Tétras Lyre, coll. « De Wal­lonie », 2022, 164 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–67‑0

dewez evoye abramD’aucuns se sont peut-être éton­nés de trou­ver la sig­na­ture de Joseph Dewez sur ce livre. Fig­ure notoire des let­tres en langue régionale de Bel­gique, actuel prési­dent des Rèlîs Namur­wès et mem­bre tit­u­laire de la Société de Langue et de Lit­téra­ture wal­lonnes, il est surtout con­nu pour met­tre en valeur d’autres écrivains, passés et présents. À ce titre, il a con­tribué à plusieurs numéros de la col­lec­tion « Mémoire wal­lonne », à l’impressionnante mono­gra­phie Les Kriegscayès. La Grande Guerre des Rèlis Namur­wès, pub­lie régulière­ment des hom­mages et des comptes ren­dus et, depuis la ren­trée dernière, prend en charge un cours à l’école de wal­lon de Namur. Con­tin­uer la lec­ture

Conrad Detrez, contemporain capital et réenchanteur du monde

Con­rad DETREZ, Ludo, post­face de Clé­ment Dessy, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 213 p., 9 €, ISBN : 9782875685841
Con­rad DETREZ, Les plumes du coq,  post­face de Clé­ment Dessy, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 220 p., 9,50 €, ISBN : 9782875685834
Con­rad DETREZ, L’Herbe à brûler, post­face de Clé­ment Dessy, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 220 p., 9 €, ISBN : 9782875685827

On n’achète pas un livre – et a for­tiori on ne le rachète pas – au sim­ple motif qu’il a changé de cou­ver­ture. L’argument pour­rait cepen­dant suf­fire con­cer­nant la repub­li­ca­tion au cat­a­logue Espace Nord des trois vol­umes de l’autobiographie hal­lu­cinée de Con­rad Detrez. L’option graphique crève l’étal des librairies. Pour chaque titre, un auto­por­trait, façon pho­toma­ton en noir et blanc, nous mon­tre leur auteur, clope au bec ou aux doigts. Jamais son regard ne croise l’objectif : par deux fois il s’oriente vers le haut, là où se tien­nent paraît-il la tran­scen­dance et l’imaginaire ; ou il s’absorbe de biais, comme pour inter­roger le terre-à-terre. Comme si, des pupilles, Detrez rejouait seul le dia­logue d’Aristote et Pla­ton dans le célèbre tableau renais­sant… Con­tin­uer la lec­ture

Désenchantées

Corinne HOEX, Nos princes char­mants, Impres­sions nou­velles, 2023, 128 p., 14 €, ISBN : 978–2‑39070–043‑2

hoex nos princes charmantsCorinne Hoex est aus­si bien prosatrice que poétesse. Elle en offre une preuve écla­tante en ce print­emps où, quelques semaines à peine après la sor­tie du livre de poésie L’ombre de toi-même parait un recueil de réc­its courts, Nos princes char­mants.

L’ironie point sous l’in­ti­t­ulé doucereux. Ni princes ni char­mants, les per­son­nages mas­culins dépeints ici sont des maris infidèles, des com­pagnons indif­férents, qui préfèrent leur tra­vail à leur épouse, des hommes vieil­lis­sants, dont le pou­voir de séduc­tion s’amuït, des amants lassés. L’un ment pour dis­simuler ses frasques, l’autre se fait odieux, quand un troisième ne voit plus guère en sa com­pagne qu’une cuisinière à sa dis­po­si­tion. Racon­tés surtout du point de vue des femmes, ces fic­tions décli­nent toutes les nuances du désen­chante­ment amoureux – banale éro­sion des sen­ti­ments, décou­verte du mon­stre tapi der­rière le vis­age char­mant des pre­miers ren­dez-vous, ou décep­tion face au quo­ti­di­en : Con­tin­uer la lec­ture

La vie est un jeu

Loren­zo MORELLO, Pierre papi­er ciseaux, M.E.O., 2023, 167 p., 17 €, ISBN : 978–2807003866

morello pierre papier ciseauxPol New­man est un jeune homme qui n’a rien de remar­quable. Pas spé­ciale­ment beau ou intel­li­gent, il se con­tente de végéter après avoir obtenu son diplôme de sec­ondaire. Son seul atout : il est imbat­table à pierre papi­er ciseaux. Lorsque la nou­velle entre­prise Mach­in­brol à Lou­vain-la-Neuve lui fait pass­er un entre­tien d’embauche, il est sur­pris par l’issue pos­i­tive. Le voilà lancé dans une nou­velle aven­ture avec cinq autres per­son­nes dont le point com­mun est de man­quer d’expérience pro­fes­sion­nelle et de men­er une vie sans éclat.

L’objectif de l’entreprise Mach­in­brol est plus que nébuleux. Le directeur, Slupows­ki, prononce des beaux dis­cours sur l’autonomie, la respon­s­abil­ité et la val­ori­sa­tion de cha­cun, ain­si que la volon­té de rompre avec un mod­èle hiérar­chique qual­i­fié d’obsolète, mais ce qui est fait dans l’entreprise, même le patron ne l’a pas encore bien com­pris. Con­tin­uer la lec­ture

Genèse et devenirs d’un super-héros

Un coup de cœur du Car­net

Char­line LAMBERT, Doc­teur Strange. Les mains et l’esprit, Impres­sions nou­velles, coll. « La Fab­rique des héros », 2023, 128 p., 13 €, ISBN : 978–2‑39070–048‑7

lambert docteur strange les mains et l'espritAvant d’être inter­pré­ta­tion, embardées her­méneu­tiques, la lec­ture est affaire de per­cep­tion, d’attention à des plis con­ceptuels, nar­rat­ifs, diégé­tiques. C’est sous l’angle des mod­i­fi­ca­tions des niveaux de per­cep­tion que subis­sent le Doc­teur Strange et ses lecteurs/spectateurs que la poétesse, essay­iste et chroniqueuse Char­line Lam­bert inter­roge le super-héros des Mar­vel Comics, créé par Stan Lee et Steve Ditko, appa­rais­sant pour la pre­mière fois en 1963. Atten­tif aux points de bas­cule, aux inflex­ions de la tra­jec­toire du « plus grand neu­rochirurgien du monde », à l’accident de voiture qui occa­sion­nera la perte de ses mains en or, Doc­teur Strange. Les mains et l’esprit retrace la genèse et les devenirs d’un homme arro­gant, auréolé d’un ego sur­di­men­sion­né. A la faveur de la blessure, une série de méta­mor­phoses l’entraîne dans une ini­ti­a­tion, dans l’épreuve d’une con­ver­sion qui l’amène à se dépren­dre des grilles de la pen­sée occi­den­tale et à s’ouvrir aux sagess­es de l’Orient. Con­tin­uer la lec­ture

Dark Side of the Moon

Un coup de cœur du Car­net

Olivi­er PAPLEUX, La Vénus de la val­lée mosane, M.E.O., 2023, 208 p., 19 €, ISBN : 978–2‑80700–383‑5

papleux la venus de la vallée mosaneUn ouvri­er cou­vreur, André Lelièvre, file le par­fait amour :

Eve est nue (…) je frétille comme aux pre­miers jours ! (…) Mon émo­tiv­ité beau­coup plus intense, pro­fonde et durable que la nor­male explique prob­a­ble­ment pourquoi je désire à ce point ma femme. 

Comme Emmanuel, leur enfant (onze ans), est éveil­lé et com­plice, l’épouse enceinte, les pre­mières pages don­nent l’impression de pré­cip­iter vers un feel-good book. Mais quelques sin­gu­lar­ités, d’emblée, embuent le miroir. Déjà, le nar­ra­teur détonne par­mi ses col­lègues : Con­tin­uer la lec­ture

Héritage incandescent

Sophie VANDEVEUGLE, Feu le vieux monde, Denoël, 2023, 192 p., 17 €, ISBN : 978–2‑207–17815‑7

vandeveugle feu le vieux mondeLa chaleur est étouf­fante. Dans sa cham­bre, Sil­via peine à trou­ver le som­meil. Éten­due sur son lit, elle fixe une mouche au pla­fond. Elle se lève pour ouvrir les fenêtres et ten­ter de ren­dre l’air un peu plus res­pirable, en vain. Ce n’est pas un courant d’air frais mais un bruit inquié­tant et de plus en plus fort qui pénètre la pièce puis la mai­son toute entière, avant de réveiller le vil­lage de Bas-les-Monts. 

À une époque indéter­minée, dans laque­lle le lecteur recon­naî­tra aisé­ment d’effrayantes scories du présent, une guerre sans relâche fait rage. Tous les hommes du bourg ont été mobil­isés pour ten­ter d’épargner les habi­ta­tions des incendies dévas­ta­teurs. Le com­bat, long et pénible, sem­ble inutile. À mesure que les jours passent, les flammes révè­lent leur supéri­or­ité sur tous les êtres : Con­tin­uer la lec­ture

« Juste une illusion… »

Véronique BIEFNOT, Cer­taines ombres rêvent, M.E.O., 2023, 164 p., 17 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0377‑4

biefnot certaines ombres rêventL’impatience et la révolte de l’une s’opposent à la com­préhen­sion et à la résig­na­tion de l’autre. Tan­dis que la pre­mière cherche, la sec­onde accueille. Un revête­ment de poils, de plumes et d’écailles d’un côté, une peau humaine ten­due ou fripée de l’autre. Paroles, émo­tions, pul­sions ver­sus réflex­ions, sen­ti­ments, con­trôle. Le Yin de terre et d’eau, le Yang de feu et d’air. Élie et Joe­ly, deux âmes sœurs dont le lien abolit impérieuse­ment les dis­tances, les apparences, les incar­na­tions, sont les voix à enten­dre dans le dernier roman de Véronique Biefnot, Cer­taines ombres rêvent. Con­tin­uer la lec­ture

Espace géométrique variable

Mar­tine ROUHART, L’inconnu dans le jardin, ill. Chris­t­ian Arjonil­la, Bleu d’encre, 2023, 54 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–56‑7

rouhart l'inconnu dans le jardinL’inconnu dans le jardin héberge la per­spec­tive d’une ren­con­tre entre une écrivaine de soix­ante-huit ans, qui a choisi son jardin pour muse, et une forme obscure, s’adossant au tronc d’un érable durant les insom­nies de la nar­ra­trice. Ce jardin, « entre le vis­i­ble et l’invisible », con­di­tionne le regard de l’autrice : les ani­maux et végé­taux qui le peu­plent ne tra­versent pas son champ de vision et, pour­tant, elle les sait présents, « en espoir de quelque chose ». Sen­si­ble à cette fausse absence, elle se laisse donc envahir par cette ombre, ce pré­ten­du incon­nu, aux appari­tions irrégulières, qui finit par peu­pler sa pen­sée diurne. Con­tin­uer la lec­ture

Poésie et profondeur

Serge NUÑEZ TOLIN, Les mots sont une foudre lente, Rougerie, 2023, 13 €, ISBN : 978–2‑85668–421‑4

nunez tolin les mots sont une foudre lenteSerge Nuñez Tolin est né à Brux­elles en 1961 de par­ents immi­grés d’Espagne au début des années cinquante. Il a pub­lié aux édi­tions le Cormi­er : Silo (2001) ; Silo II (2002) ; Silo III  (2003) ; Silo IV (2004) et L’interminable évi­dence de se taire (2006). Il a ensuite pub­lié chez Rougerie : L’ardent silence (2010) ; Nœud noué par per­son­ne (2012) ;  Fou, dans ma hâte (2015) ; La vie où vivre (2017) ; Près de la goutte d’eau sous une pluie drue (2020) et ce récent Les mots sont une foudre lente (2023). Auteur dis­cret au ton per­son­nel, il a con­stru­it une œuvre rigoureuse où le poème inter­roge par ful­gu­rance : « Les mots ne sépar­ent pas du temps, ils sont comme une gifle » mais aus­si par réflex­iv­ité : « Tout ici — les mots et les choses — n’a‑t-il pas le même poids ? Cette chose du réel qui finit tou­jours par retomber dans sa dis­pari­tion. » Chez Nuñez Tolin, le poème se présente comme une trace « n’allant nulle part ». Pour­tant, la néces­sité de dire et de not­er trou­ve son orig­ine dans « ce qu’on écoute » et l’intime pressen­ti­ment du néant. Il y a une forme de sim­plic­ité et de mys­tère dans cette poésie économe en images et ori­en­tée vers le ques­tion­nement de l’être. Dans la lignée d’un Philippe Jac­cot­tet, Serge Nuñez Tolin pour­suit une médi­ta­tion sur le sens de la vie, du rap­port à l’autre, à l’écriture : Con­tin­uer la lec­ture

Poétique au format paysage

Aliénor DEBROCQ, Ici un paysage, Arbre à paroles, coll. « iF », 2023, 74 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–729‑7

debrocq ici un paysageElle a quit­té Paris pour les bassins houillers de la Creuse, hap­pée par un devoir de mémoire. Elle a délais­sé son dix-huitième arrondisse­ment pour préserv­er l’Histoire, recenser, sauver, sor­tir de l’ombre le passé com­mun de Lavaveix-les-Mines, « une ouver­ture vers un monde de silence et paix, loin des ten­ta­tions et des per­ver­sions urbaines ». De sa Fiat 500 de loca­tion, son point de fuite se pré­cis­era : « Lavaveix : son improb­a­ble Musée du Chat aux portes clos­es, sa grand-rue pas­sante, son Proxi à la devan­ture défraîchie, son anci­enne école trans­for­mée en salle d’exposition et, surtout, ses pom­pes à essence aban­don­nées, ves­tiges d’une Route 66 locale – la départe­men­tale 942, qui mèn­erait de Fel­letin à Guéret. ». Elle arpente les intrigues du vil­lage, avec, çà et là, ses per­son­nages : Méline Gail­lard, ses col­lègues de l’Inventaire, Wendy, Steve Lep­our­cq, Cir­cé et Valère. Dans la quête de la mémoire des hommes inscrite dans les sil­lons et val­lons du lieu, l’historienne inven­to­rie le passé, immergée dans l’instant du sur­gisse­ment en devenir. Con­tin­uer la lec­ture

La renaissance du Rat mort

Michel LAMBERT, Cinq jours de bon­té, Le beau jardin, 2023, 252 p., 20 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782359700749

Lambert Cinq jours de bontéThomas Noble, le nar­ra­teur, emmène sa femme Raya à Ostende. Une per­mis­sion de cinq jours lui est accordée. Hos­pi­tal­isée dans une clin­ique spé­cial­isée, c’est sa pre­mière sor­tie depuis longtemps. Thomas est nerveux. Il a peur de ses réac­tions. Du couloir de la mort où elle végète, il espère la con­duire dans le couloir de la vie. Beau­coup de non-dits s’interposent. On sent un passé pesant, une frac­ture. Tous les deux sont enfer­més dans des pris­ons dif­férentes et ont ban­ni depuis belle lurette de nom­breux mots de leur vocab­u­laire, tels que chance, « espoir, demain, bon­heur, chanter, rire… ». Thomas fait le clown pour déten­dre l’atmosphère, mais il est mal­adroit. Con­tin­uer la lec­ture

Morceaux épars d’une certaine réalité

Un coup de cœur du Car­net

Emmanuel RÉGNIEZ, La recon­nais­sance, Arbre à paroles, coll. « iF », 2023, 128 p., 16, ISBN : 9782874067228

regniez la reconnaissanceC’est un jeu. C’est un point vibrant qui perce toutes les couch­es du temps. Ou alors, c’est une his­toire d’amour indéfin­i­ment dif­férée qui prend la forme d’une longue et lente fuite lux­ueuse. On pour­rait dire qu’ils sont deux, mais ce serait faire de ces per­son­nages une entité qui ne représente pas la somme des soli­tudes qu’accumulent leurs pas con­joints, à tra­vers l’espace et le temps – côté à côte, ils tra­cent des chemins par­al­lèles qui ne se crois­eront jamais.

Peut-être que ce que cher­chait Clarisse, c’était une île, une île sans adresse, un lieu juste pour elle et moi, que cette île soit une véri­ta­ble île, ou bien une île arti­fi­cielle, créée par elle, pour que nous puis­sions nous y repos­er, nous y arrêter, longtemps, plus longtemps, pour tou­jours. Con­tin­uer la lec­ture