Catherine DESCHEPPER, Mémoires sélectives, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2024, 253 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87489–931‑7
Dans Mémoires sélectives, Catherine Deschepper éprouve un plaisir visible à brouiller les pistes, à jouer avec les codes du roman policier pour mieux duper ses lecteurs et lectrices.
Ainsi, elle campe le personnage de Wilfrid Zondag, inspecteur de police qui à force d’affaires ratées s’est vu relégué en responsable des fugues de patients atteints d’Alzheimer. Une sorte d’ « Inspecteur du dimanche » sans prestige ni galons qui traîne son ennui dans les rues et maisons de retraite bruxelloises. Au cours de ses pérégrinations, il assiste un peu par hasard à l’enterrement de Marie-Joséphine de la Marinière, égotique bourgeoise dont la sœur, à la sortie de l’église, s’épanche sur l’épaule de l’inspecteur. Elle croit en effet reconnaitre en lui Jacques, le psychiatre et éminence grise de sa sœur, dont Zondag est le parfait sosie. Dans la confusion, elle fait part de son absolue conviction : sa sœur, prétendument suicidée, a certainement été assassinée. L’inspecteur Zondag perçoit dans ces confidences les prémices d’une affaire à suivre, autrement plus piquante qu’une fugue d’octogénaire. L’occasion, par la démonstration de sa finesse d’esprit et de son sens de la logique jusque-là ignorés, de gagner enfin l’estime de son patron et de ses collègues, et d’impressionner son épouse Sonia qu’il aime tant et qui lui échappe ces derniers temps. Continuer la lecture →