Tuer le fils

Mireille BAILLY, Le départ, Lans­man, 2017, 50 p., 11€, ISBN : 978–2‑8071–0145‑6

baillyLe Fils, 35 ans, est sur le départ et l’annonce de but en blanc à ses par­ents pen­dant le repas du soir. Il est 19h pré­cis­es et ils regar­dent bien tran­quille­ment la télévi­sion. Dans le cos­tume de son père, la valise à la main, le Fils a décidé de par­tir loin. Très loin. Ses par­ents ont-ils bien enten­du ? Eux qui cinq min­utes plus tôt se dis­putaient sur la poten­tielle nou­velle couleur de leur salon. Faut-il d’ailleurs vrai­ment le repein­dre ce salon ? L’incompréhension des pre­mières min­utes laisse rapi­de­ment place à la colère. Le Fils veut par­tir ? Lui qui ne sait pas s’habiller tout seul. Un assisté, pour­rait-on dire. La Mère, pour­tant si mater­nelle et affectueuse, se trans­forme en mon­stre crachant des mots vul­gaires et odieux. Le déni suit quand le Fils annonce qu’il part retrou­ver celui, et non celle, qu’il aime. Ce coup — de poignard ou de feu, c’est au choix — leur sera fatal. Le cœur de la Mère saigne de voir par­tir la prunelle de ses yeux. La soirée avance. Des mon­des con­tin­u­ent de s’affronter. Arrivent ensuite Mon­sieur, une mitraille à la main, Madame et le Fils de 33 ans de Mon­sieur et Madame, qui lui aus­si aime les hommes. N’est-il pas temps de laiss­er par­tir son petit chou­chou ? Et si cet amour était bien réel ? Et s’il ne fal­lait pas tou­jours « tuer le père » pour avancer ? Et si rien ne changeait finale­ment ? Con­tin­uer la lec­ture

La lecture entre parenthèses

Un coup de cœur du Carnet

Jan BAETENS, Milan CHLUMSKY (pho­tos), La lec­ture, Les Impres­sions Nou­velles, 2017, 74 p., 12€, ISBN : 978–2‑87449–460‑4

baetens la lectureLa lib­erté du lecteur a quelque chose de désar­mant, juste­ment parce qu’elle est illim­itée, incon­di­tion­nelle. Par­tant de deux tableaux d’Henri Fan­tin-Latour ayant pour titres La Lec­ture et réal­isés respec­tive­ment en 1870 et 1877, Jan Baetens pour­suit, dans ce nou­veau recueil, son ques­tion­nement sur les liens qui unis­sent, de manière par­fois souter­raine, le texte et l’image. On pour­rait dire d’ailleurs que ces cor­re­spon­dances sont envis­agées ici selon un triple dia­logue puisqu’aux textes inspirés par les tableaux du pein­tre grenoblois né en 1836 vien­nent se gref­fer les pho­togra­phies de Milan Chlum­sky qui ouvrent et fer­ment le vol­ume. Une con­struc­tion tridi­men­sion­nelle cohérente et exigeante, comme tou­jours chez Baetens, et qui per­met cet échange décu­plé entre trois formes artis­tiques. Le pein­tre d’abord, Fan­tin-Latour, que tous les ama­teurs de lit­téra­ture con­nais­sent pour son coin de table en 1872. Un por­trait de groupe réal­iste représen­tant les poètes présents lors d’un dîn­er des Vilains Bon­shommes à Paris et où l’on voit, dans le coin gauche, Rim­baud face à Ver­laine et tour­nant le dos aux autres lit­téra­teurs. On recon­naît facile­ment le style de Fan­tin-Latour dans les deux tableaux qui ser­vent au poète de déclencheurs d’écriture. Deux pein­tures qui met­tent cha­cune en scène deux femmes, l’une faisant la lec­ture à l’autre. Comme le pré­cise Jan Baetens dans son intro­duc­tion,  « il était clair que la réponse textuelle devait être autre chose qu’une illus­tra­tion ver­bale de l’image ». Les quar­ante textes-frag­ments du recueil sont donc à envis­ager comme des pro­longe­ments, des exten­sions de tous les non-dits, de tous les secrets qui sont con­tenus dans les deux toiles et donc dans l’acte de lire. Con­tin­uer la lec­ture

Onze récits sur un humanisme vacillant

COLLECTIF, L’heure du leurre, Ker édi­tions, coll. « Dou­ble jeu », 2017, 212 p, 10 €/ ePub : 4.99 €, ISBN : 978–2875862082

heure du leurreIls sont onze. Onze écrivains à avoir par­ticipé à ce pro­jet : un recueil de nou­velles pour ado­les­cents. Onze plumes pour aider les jeunes à penser le pop­ulisme, l’obscurantisme, le racisme déguisé en bon sens, l’abandon de l’humanisme au prof­it d’idées sim­plistes tenues par des politi­ciens tan­tôt mar­i­on­net­tistes, tan­tôt mar­i­on­nettes, ou par de sim­ples citoyens passés du côté obscur de la démoc­ra­tie.  Con­tin­uer la lec­ture

Une affaire de femmes

Un coup de cœur du Carnet

Nicole MALINCONI, Hôpi­tal silence suivi de L’attente, post­face de Jean-Marie Klinken­berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 224 p., 9 €, ISBN : 9782875681485

malinconiNicole Mal­in­coni n’avait pas envis­agé d’écrire un jour. Mais lorsque l’écriture s’est imposée à elle, à l’âge de trente-huit ans, plus jamais il n’a pu en être autrement. Et dans un geste admirable, pro­gram­ma­tique, que l’on pour­rait dire défini­tif s’il n’était inau­gur­al, dans Hôpi­tal silence, elle a déposé sa poé­tique à venir. Elle a com­mencé à l’écrire quand elle a per­du son emploi, le tra­vail le plus impor­tant de sa vie jusqu’alors, le poste d’assistante sociale qu’elle occu­pait, depuis 1979, à la Mater­nité provin­ciale de Namur, au ser­vice du doc­teur Peers, un médecin human­iste tout entier dévoué à la cause des femmes. Con­tin­uer la lec­ture

Bibliographie de juin 2017 : 2ème partie

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La bib­li­ogra­phie du Car­net et les Instants est établie par Thibault Car­i­on.

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Fragments d’autobiographie

Marc IMBERECHTS, À tout va, Tétras Lyre, 2017,  n.p., 16€, ISBN : 9782930685304

imberechtsFon­da­teur en 1988 des édi­tions Tétras Lyre, l’artisan-poète Marc Imberechts con­tin­ue, dans ce nou­veau recueil, sa lente plongée dans l’intimité d’un par­cours riche en expéri­ences et qui cou­vre ici les années 1953 à 1970. Entamée en 2013 avec Un car­ré d’argile et d’eau, cette chronique auto­bi­ographique se pour­suit en trois cent cinquante-qua­tre frag­ments qui s’enchaînent, alter­nant évo­ca­tions famil­iales, expéri­ences per­son­nelles et événe­ments his­toriques qui ont mar­qué ses années d’adolescence. Autant dire d’emblée que ces éclats de prose enchantent ! Comme des bulles qui éclat­eraient à la sur­face de l’eau, ces bribes émer­gent de la mémoire pour for­mer une sorte de jour­nal-gigogne. Du rêve d’apprendre le vio­lon aux sou­venirs des repas en famille ou des cor­rec­tions infligées par le père en pas­sant par les éblouisse­ments des pre­mières lec­tures, Marc Imberechts réus­sit le pari d’une mise à nu sobre et lucide de cette péri­ode de la vie où l’on apprend plus à l’école buis­son­nière que dans les manuels sco­laires. Con­tin­uer la lec­ture

Combler l’odeur de son absence

Claire DEVILLE, Les cit­rons, Mur­mure des soirs, 2017, 101p., 12€, ISBN : 978–2‑930657–36‑3

devilleLa nar­ra­trice est une jeune femme dont la vie en dehors de sa pas­sion déçue nous échappe, s’est figée : on la décou­vri­ra fig­u­rante lumière un peu gauche et désor­mais pétrie de rêves hal­lu­cinés ou amers. Une de ces héroïnes can­dides et crues à la fois qui ont aimé danser sous un regard aimant mais ne vivront plus de pas de deux avec le parte­naire élu. Une amoureuse (é)perdue, une lais­sée-pour-compte qui n’a plus qu’une mai­son jadis partagée où se tapir loin du monde et revivre à l’envi le manque de l’être adulé, par­ti au bras d’une autre : « Tu es avec elle le matin. Tu ouvres les yeux en face des siens. Tu dis bon­jour tout som­meil sur ses lèvres, avant de tir­er sur les draps et de jouer à faire le chat pour la réveiller en riant. » Con­tin­uer la lec­ture

« Bougez, le petit oiseau va sortir ! »

Françoise STEURS, Déséquili­bres ordi­naires, Cac­tus Inébran­lable, 2017, 120 p., 12€, ISBN : 978–2‑930659–59‑6

steursÇa aurait pu être cet homme, à la face écrevisse, bien bâti, bien rav­agé. À la fois cam­pé et chance­lant, une bouteille à la main, légère­ment en sur­plomb (quelques march­es font l’affaire), il déverse des heures durant un dis­cours log­or­rhéique, et noie les usagers atten­dant leur bus sous des flots de paroles insen­sées, d’envolées lyriques, de con­stats con­spir­a­tionnistes. Rien ne l’endigue : ni les intem­péries, ni les coups d’œil mi-inqui­ets mi-gênés des pas­sants, ni les remar­ques des stew­ards. Ça aurait pu être cet autre homme, tout ratat­iné, les cheveux trop longs, sales et bouclés, une trogne bien de chez nous. Sous sa veste brunâtre qu’il ne quitte jamais, il cache une tenue soignée héritée de sa mère ou une indé­cente robe fuch­sia en cro­chet. Tout en mau­gréant, il trie les déchets, récupère les cou­verts en plas­tique et les pots de yaourt vides, les frotte con­scien­cieuse­ment avec un mou­choir salivé, et fourre ses tré­sors dans un cartable rose. Ça aurait pu être cette femme, le minois méfi­ant, les yeux pour­tant rieurs, qui sil­lonne la ville sans relâche, traîne son grand âge et son cabas tout neuf, offert par son fils à son anniver­saire, mais elle n’en voit plus qu’un, de fils, l’autre ne lui par­le plus. Ça aurait pu être cet homme africain aux yeux voilés, dont la démarche est si lourde, et la beauté sai­sis­sante. S’exprimant dans un sabir indo­lent (mélange de français, d’allemand et de schiz­o­phrénie), il demande ce qu’on a pour lui aujourd’hui. Ça aurait pu être ces autres efflan­qués regar­dant fix­e­ment un hori­zon qu’eux seuls dis­tinguent, ces autres « à l’arrêt » au milieu du flux con­tinu de la ville, ces autres « drôles » dont les gens s’écartent imper­cep­ti­ble­ment ou délibéré­ment. Ça aurait pu être ces jeunes en rup­ture, dans un par­cours de vie moins linéaire, dont Françoise Steurs s’occupe en tant qu’enseignante en insti­tu­tion psy­chi­a­trique. Ça aurait pu, mais c’est bien de Max, de Max Sans-Tête qu’il est ques­tion ici. Con­tin­uer la lec­ture

Au hasard des rues du monde…

Philippe LEUCKX, D’obscures rumeurs, Pétra, 2017, 67 p., 12€, ISBN : 9782847431711

leuckx obscures rumeursIl n’y a, au fond, que deux sortes de poètes, les séden­taires et les autres, les nomades aux­quels appar­tient assuré­ment Philippe Leuckx. Si cer­tains s’enorgueillissent du chant des pistes, c’est du côté plus ombrageux des ruelles de la ville qu’il faut chercher les pas du poète. Venelles som­bres débouchant sur une artère plus large, sur un quai de gare ou de port. Quand la nuit tombe sur la cité, Philippe Leuckx s’éveille ! Arpen­teur inlass­able, il parvient à dénich­er der­rière une porte, un porche, dans l’encoignure d’une façade, le lan­gage sub­til des murs gorgés de sou­venirs et de rumeurs. Le mur­mure des villes résonne à l’oreille du poète qui use des sonorités allitéra­tives ou asso­nantes du poème, le plus sou­vent, pour en ren­dre l’écho par­ti­c­uli­er. Con­tin­uer la lec­ture

Cuistax — Compilax

Coup de coeur du Carnet

COLLECTIF, Cuis­tax — Com­pi­lax, 2017, 40 p., gra­tu­it.

cuistaxObserv­er les voyageurs de la nuit avec Jina Cho, recon­naitre des becs oiseaux avec Loïc Gaume, retrou­ver les sept dif­férences dans un panier de légumes avec Anne Brug­ni, ou cuisin­er pour les mésanges avec Mor­gane Somville, voici quelques-unes des activ­ités pro­posées dans Com­pi­lax, un numéro spé­cial de Cuis­tax. Tiens, un cuis­tax, ça ne sert donc pas qu’à pédaler sur les digues de Blanken­berge ? Et non, car c’est aus­si le nom d’un fort sym­pa­thique fanzine brux­el­lois bilingue pour enfants. Con­tin­uer la lec­ture

Lucien François, un architecte bruxellois au pays du Guépard

Coup de coeur du Carnet

Let­tres de Sicile. Un archi­tecte belge à Palerme, 1919–1921, enquête et réc­it d’Alice VERLAINE-CORBION, AAM Édi­tions, 2017, 228 p., 24 €, ISBN : 978–2871433248

verlaine corbion« Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. » Cette phrase tirée du Gué­pard, le film que Luchi­no Vis­con­ti réal­isa en 1963 d’après le roman de Giuseppe Tomasi di Lampe­dusa, con­viendrait bien en sous-titre à l’étonnante aven­ture vécue en Sicile par un jeune archi­tecte brux­el­lois, Lucien François, au tour­nant des années 1920.

Certes, l’époque n’est plus celle des révo­lu­tion­naires de Garibal­di, mais l’île que décou­vrent Lucien François (1894–1983) et son épouse Lia Hey­lighen (1886–1970), con­naît à nou­veau des soubre­sauts, préludes à de grands change­ments. Le cou­ple, qui séjourne à Palerme d’août 1919 à sep­tem­bre 1921, n’est pas en Sicile à l’occasion d’un « Grand Tour » artis­tique de l’Italie, ce qui aurait pour­tant beau­coup plu à l’artiste pein­tre qu’était Lia, et au dessi­na­teur, archi­tecte auto­di­dacte, qu’est le jeune Lucien François. Il a 25 ans, elle est de huit ans son aînée. Il vient de sign­er un con­trat avec la Société belge des Tramways de Palerme, comme archi­tecte et chef des con­struc­tions immo­bil­ières, pour un pro­jet d’une enver­gure colos­sale : dévelop­per un réseau de lignes de tramways entre Palerme et sa périphérie. Et en même temps, assur­er la con­struc­tion d’une cité bal­néaire haut-de-gamme dans la baie de Mon­del­lo, à douze kilo­mètres de là : Grand Hôtel, kur­saal, étab­lisse­ment de bains, ter­rain de golf, et des dizaines de vil­las indi­vidu­elles… Con­tin­uer la lec­ture

Trouver sa veine

Serge NUÑEZ TOLIN, La vie où vivre, Rougerie, 2017, 13 €, ISBN : 978–2856683941

nunez tolinSerge Nuñez Tolin pour­suit depuis plusieurs années un intéres­sant tra­vail poé­tique, per­son­nel et atyp­ique. Une poésie qu’il pub­lie chez des édi­teurs comme Le Cormi­er ou Rougerie, des édi­teurs ayant en  com­mun une même vision de l’art poé­tique et du livre-objet (qui se mar­que aus­si – en clin d’œil — dans l’absence de rog­nages des cahiers). Deux ans après Fou dans ma  hâte et cinq ans après l’excellent Nœud noué par per­son­ne, Serge Nuñez Tolin revient avec un recueil assez sim­i­laire aux autres, La vie où l’autre, tou­jours édité chez Rougerie. Con­tin­uer la lec­ture

Rues mode d’emploi

Éric DEJAEGER, Streets (loufo­queries citadines), illus­tra­tions de Jean-Paul Ver­straeten, Gros Textes, 2017, 112 p., 10 €, ISBN : 978–2‑35082–330‑0

dejaeger streetsNaguère pro­fesseur de langues et d’économie, Éric Dejaeger fait par­tie de cette armée des ombres qui, sans toit ni loi, sont les indis­pens­ables SDF de la lit­téra­ture. Ces poètes qui à force de souf­fler dans les trous de nez des mus­es, risquent peu d’être hébergés dans leurs céna­cles. On ne s’étonnera pas que ce vagabond des let­tres compte par­mi ses amis de cœur et de plume des per­son­nal­ités aus­si joyeuse­ment bac­téri­ennes que Mar­iën, Scute­naire, Chavée ou Bukows­ki. Con­tin­uer la lec­ture

Se faire une place au soleil…

Chris­tine GUINARD, Eli­na SALMINEN, En sur­face, Élé­ments de lan­gage, 2017, 64 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930710–12‑9

guinardDepuis quelques années, l’éditeur belge Élé­ments de lan­gage pour­suit un intéres­sant tra­vail édi­to­r­i­al dans le secteur poé­tique fran­coph­o­ne. Se définis­sant lui-même comme « un comp­toir édi­to­r­i­al indépen­dant spé­cial­isé dans la lit­téra­ture hors la loi du marché…», cet édi­teur pro­duit des ouvrages sin­guliers recon­naiss­ables par leur for­mat à l’italienne et la charte graphique sin­gulière. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on entre avec plaisir dans les images d’une douce et discrète plasticienne

Anne LELOUP, Trou­vé par terre (notes d’ate­lier), Esper­luète, 2017, 64 p., 18 €, ISBN : 9782359840759

leloupVoilà belle lurette qu’Anne Leloup traîne dis­crète­ment ses guêtres dans le milieu lit­téraire. Une ving­taine d’an­nées au moins. Esper­luète, sa mai­son d’édi­tions, toute dis­crète qu’elle soit, affiche tout de même au moins cent cinquante auteurs. Ça n’est pas rien. Ça fait un fichu beau cat­a­logue d’ob­jets sin­guliers, mêlant sou­vent écri­t­ure poé­tique et sen­si­ble, à douce fleur de peau, et arts plas­tiques. Ça donne tou­jours des objets-livres hyper soignés, d’une grande beauté plas­tique, don­nant envie de s’y per­dre, de s’y plonger un peu beau­coup, d’y pren­dre son bain de calme et de ten­dre repos alors que ça s’agite partout autour de nous. Oui, les objets-livres qu’édite Anne Leloup ont cette force-là : ils offrent l’op­por­tu­nité de poé­tique­ment nous pos­er. Souf­fler un coup, comme on dit.

Oui mais.

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Louis Scutenaire : « J’ai quelque chose à dire. Et c’est très court »

Un coup de coeur du Carnet

Louis SCUTENAIRE, Mes inscrip­tions 1945–1963, Allia, 2017, 330 p., 15 €/ePub : 7.49 €, ISBN : 979–10-304‑0521‑7

scutenaireÀ l’instar de Paul Nougé et Mar­cel Mar­iën, Louis Scute­naire (1905–1987), « Scut » pour les intimes, mena jusqu’au bout « l’expérience con­tin­ue » du sur­réal­isme. Mes Inscrip­tions 1945–1963, qui reparais­sent au cat­a­logue d’Allia, attes­tent de cette dynamique par­ti­c­ulière, en somme assez spé­ci­fique aux sur­réal­istes belges, où le « pri­mum vivere » sem­ble l’emporter sur l’impérieux devoir de « faire œuvre ». Se tenir debout, pour Scut, n’était pas une pos­ture d’écrivain, juste une posi­tion naturelle. Con­tin­uer la lec­ture