COLLECTIF, Les bonnes résvolutions, Ker, 2025, 170 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 978-2-87586-510-6
Douze auteurs rassemblent diverses expériences de résistance à l’ambiance délétère du Monde est du moment. Sur la couverture, la liste des écrivains fait figure de générique final pour un nouveau commencement, figurant de dos, une petite fille entre bombe (de peinture) et pinceaux (de couleur).
Omar Radi : Rêver d’un monde plus juste est souvent vu comme irréaliste. Le seul rêve « autorisé », c’est de créer sa start-up et de vouloir faire partie des plus riches. Continuer la lecture

Comme chaque année, Jérôme se rend à l’assemblée générale de la copropriété de son immeuble. Et comme chaque année, il aurait préféré rester au chaud chez lui, à dévorer un livre – il est critique littéraire – plutôt que de subir les rancœurs, récriminations, sarcasmes et coups bas de certains copropriétaires. Cet exercice est hélas obligatoire. Et sans mentir, d’un profond ennui survient un certain amusement dû à quelques énergumènes toujours très remontés. Jérôme salue et discute avec quelques sympathiques voisins : Youssef, l’un des membres du conseil de copropriété qui se coupe toujours en quatre pour les autres et sait tout sur tout le monde ; Lise et Paul, un couple dont la femme ne le laisse pas indifférent ; un nouveau propriétaire qui lui tient la jambe… Les plus pénibles de l’assemblée se placent au premier rang, mais il manque leur roi, Marius Van Eyck, un solitaire qui en a poussé plus d’un à bout, locataires comme propriétaires. Où est-il ? Cette absence est étrange et ne lui ressemble pas. Deux voisines, Mélanie Leclerc et Vinciane Merveille, s’en inquiètent. Il ne raterait ce rendez-vous annuel pour rien au monde. Que lui est-il arrivé ? Qu’importe, la séance est ouverte. Et malgré l’absence de Van Eyck, les débats s’enchaînent, au grand dam du narrateur.
Valentin a quinze ans et la vie devant lui. Son grand-père, cinq fois cet âge, et une maladie dégénérative qui rend sa fin de vie tristement tangible. Et puis, il y a Apollon, le drahthaar que Valentin a reçu pour Noël alors qu’il pouvait à peine parler, son meilleur ami, son confident de toujours, son frère. Lui aussi décline. Quatorze ans, c’est déjà un âge honorable pour un chien. 

Du plus grave au plus folâtre, voire au burlesque, la tessiture littéraire de Frank Andriat s’épanouit à tous les niveaux avec une liberté de cancre surdoué, ce qui est bien entendu la marque de tout bon professeur. De la fable politique aux frasques de Bob Tartouze en passant par la pédagogie et l’enseignement (son beau souci), la pédophilie, l’inceste, les biographies, la psychologie, les paraboles, les approches philosophiques etc., il s’ébroue à travers une profusion d’ouvrages qui frise la surabondance. Cette fois c’est dans la veine comico-philosophico-réaliste qu’avec l’antihéros français Joe Dubois (dit Averell) né en 1965, il fait un bout de chemin chaotique mais en principe prometteur de baraka puisqu’il débute par une glissade de l’adolescent sur un copieux étron, glissade provoquée par celui qui deviendra son pire ennemi : l’arrogant Bill Babeleer. 
Il a beau dire, l’ami Frank, que ces nouvelles « ne sont en rien un portrait exact de leur personnalité » (Celle de ces « stars politiques qui lui (en) ont donné l’idée »)… Pas d’exactitude au sens propre, d’accord, dans ces Politichats signés Frank Andriat mais, à travers neuf textes zoomorphiques, une évocation piquante – et miaulante – des travers et caractéristiques des hommes et femmes publics qui président aujourd’hui aux destinées, certes problématiques, de cette Belgique qui donne son nom à la collection publiée par Ker. Collection qui se veut « un portrait mosaïque » du pays dont la complication est, par confort, par tradition et faute de mieux, happée par l’increvable cliché du « surréalisme ».
Treize écrivains, quinze nouvelles, un sujet. Voilà le programme du nouvel ouvrage collectif que Ker éditions a consacré à la thématique de la traçabilité de notre vie sur le web. La maison n’en est pas à son coup d’essai puisqu’en 2015, elle avait publié un premier recueil de quatorze nouvelles,
Ils sont onze. Onze écrivains à avoir participé à ce projet : un recueil de nouvelles pour adolescents. Onze plumes pour aider les jeunes à penser le populisme, l’obscurantisme, le racisme déguisé en bon sens, l’abandon de l’humanisme au profit d’idées simplistes tenues par des politiciens tantôt marionnettistes, tantôt marionnettes, ou par de simples citoyens passés du côté obscur de la démocratie.
Karine Latour, professeure de lettres dans un collège alsacien, décide de faire lire Rien Nadir à sa classe de troisième. Elle a eu un coup de cœur pour ce roman conseillé par sa libraire et espère qu’il provoquera chez ses élèves émotions fortes et prise de conscience. Le roman est court, écrit dans un langage proche de celui utilisé au quotidien par les adolescents et surtout, raconte l’exil français de Nadir, un jeune Syrien qui a fui la guerre et la barbarie. 