Archives par étiquette : Michel Torrekens

Onze Bruxelles, notre Brüssel, novembre 1918

Philippe REMY-WILKIN, Onze Brux­elles, Sam­sa, 2023, 106 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87593–450‑5

remy wilkin onze bruxellesAprès avoir situé son avant-dernier roman, Les sœurs noires (éd. Weyrich, coll. « Plumes du coq ») dans la ville de Tour­nai, Philippe Remy-Wilkin nous fait décou­vrir Brux­elles à l’occasion de la sor­tie de son dernier livre, Onze Brux­elles, aux édi­tions Sam­sa avec lesquelles il a déjà pub­lié plusieurs ouvrages. Et pas n’importe quelle Brux­elles ! Il saisit la cap­i­tale belge durant quelques jours du mois de novem­bre 1918, neuf journées pour être pré­cis durant lesquelles l’occupant alle­mand a com­pris que la défaite est actée et pré­pare son départ. À l’image de la pho­to de cou­ver­ture, il s’agit d’une péri­ode trou­ble, entre nuit et brouil­lard, craintes et espoirs, ombres et lumières. Con­tin­uer la lec­ture →

Georges Lambrichs : « C’est épatant »

Arnaud VILLANOVA, Le chemin con­tin­ue. Biogra­phie de Georges Lam­brichs, Pré­face de Jacques Réda, Gal­li­mard, 2023,286 p., 21,50 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑07–300161‑0

villanova le chemin continueDans sa biogra­phie du Belge Georges Lam­brichs, Arnaud Vil­lano­va remet à l’honneur un édi­teur sin­guli­er de la vie lit­téraire parisi­enne d’après-guerre, plonge dans les arcanes de plusieurs grandes maisons, révèle un méti­er sur lequel cir­cu­lent pas mal de légen­des et nous fait revivre une époque intel­lectuelle­ment dense.

Si on vous demande ce qui relie les noms de Samuel Beck­ett et J.M.G. Le Clézio, deux Nobel de lit­téra­ture, Alain Robbe-Gril­let, Georges Bataille, Mau­rice Blan­chot, Michel Butor, Michel Fou­cault, Georges Per­ros, Michel Chail­lou, Jacques Réda, Gérard Macé, Jean-Marie Laclave­tine, Jean-Loup Trassard, Chris­tiane Rochefort et bien d’autres, penseriez-vous à Georges Lam­brichs, Belge exilé à Paris ? Pour­tant, cet homme a été le lecteur et l’éditeur de tous ces écrivains aux édi­tions de Minu­it d’abord, aux côtés de Ver­cors puis de Jérôme Lin­don, chez Gal­li­mard ensuite, après un inter­mède chez Gras­set. Con­tin­uer la lec­ture →

Luc Baba dans le sillage de grand-e‑s auteur-e‑s

Luc BABA, Plus de lumière !, Mur­mure des soirs, 2023, 165 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑930657–98‑1

Luc Baba, Plus de lumière!Luc Baba s’est glis­sé dans le sil­lage de treize auteurs et deux autri­ces (que l’on n’aurait pas qual­i­fiée de la sorte de leur vivant), Mary Shel­ley et Emi­ly Bron­të, pour remon­ter à la source de leur écri­t­ure. L’écrivain belge apporte ain­si Plus de lumière ! sur leurs œuvres, mais peut-être aus­si sur la sienne.

Ce livre rassem­ble treize textes de fac­tures très divers­es, allant du réc­it de voy­age au dia­logue qua­si théâ­tral, en pas­sant par la descrip­tion poé­tique d’un moment volé au temps lit­téraire qui passe comme le temps en général. Ces mis­cel­lanées ont surtout le mérite de nous don­ner envie de décou­vrir ou redé­cou­vrir ces œuvres. On se plaît aus­si à penser que Luc Baba règle par ces hom­mages des dettes aux écrivains qui ont abreuvé sa soif de lec­ture et nour­ri sa pas­sion pour l’écriture. Il mon­tre aus­si sa grande éru­di­tion lit­téraire et, inspiré par ses mod­èles, instille ici et là quelques réflex­ions philosophiques bien sen­ties sur la vie. Con­tin­uer la lec­ture →

Tosca et le chœur des femmes

Sophie VAN DER STEGEN, L’envol de Tosca, Ker, 2023,152 p., 18 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑87586–356‑0

van der stegen l'envol de toscaPrix du Roman Noir de la Foire du livre de Brux­elles 2023, L’envol de Tosca fait écho à la pas­sion de l’autrice, la Brux­el­loise Sophie van der Ste­gen, pour l’opéra. Un monde où les femmes sont invis­i­bil­isées…

Dra­maturge, Sophie van der Ste­gen a tra­vail­lé quelques années comme direc­trice de la Com­mu­ni­ca­tion et dra­maturgie à la Chapelle Musi­cale Reine Elis­a­beth (fonc­tion dont le roman se fait l’écho à tra­vers l’une des héroïnes) avant de fonder la com­pag­nie de théâtre musi­cale Arti­choke dans le but d’ouvrir la musique clas­sique à tous les publics, celui des plus jeunes en par­ti­c­uli­er. Gageons que son pre­mier roman don­nera l’envie à un pub­lic non ini­tié de décou­vrir le monde de l’opéra qui sert de trame à ce livre. En effet, l’œuvre de Gia­co­mo Puc­ci­ni est l’un des fils rouges du réc­it à tra­vers trois de ses œuvres phares, mais égale­ment quelques élé­ments biographiques évo­qués, en italiques, dans des inter­ludes. Rap­pelons que le com­pos­i­teur ital­ien est décédé à Brux­elles le 29 novem­bre 1924 et c’est pré­cisé­ment dans la cap­i­tale belge que se déroule l’essentiel du roman. La ville sert de décor et, en par­ti­c­uli­er, un cer­tain Théâtre Belvédère, dans lequel on a cru recon­naître un mélange entre l’opéra de La Mon­naie et le Théâtre du Parc, bien que l’autrice présente à son pro­pos une page Wikipedia, fic­tive sem­ble-t-il. L’histoire, elle, tient sur une péri­ode plutôt lim­itée de qua­tre mois et se déroule en qua­tre Actes, fin de l’année 2019. Une his­toire d’aujourd’hui cen­trée autour de trois per­son­nages féminins qui vont inter­a­gir à par­tir de leur pas­sion partagée pour l’opéra. Con­tin­uer la lec­ture →

Rencontre entre intimité et Justice

Un coup de cœur du Car­net

Thier­ry WERTS, Le monde rêvé d’Alva Teimosa, La Trace, 2023, 130 p., 16 €, ISBN : 979–10-97515–79‑9

werts le monde reve d'alva teimosaDans un for­mat poche et avec une cou­ver­ture au graphisme élé­gant, Le monde rêvé d’Alva Teimosa, troisième livre de Thier­ry Werts après For Intérieur (éd. PIPPA) et Demain n’existe pas encore (déjà aux édi­tions La Trace) accroche d’emblée le regard. La lec­ture vient con­firmer le charme de la cou­ver­ture.

On sent que chaque mot a été soigneuse­ment choisi ain­si que sa dis­po­si­tion sur la page. On décou­vre l’héroïne, Mar­tine Robi­co, en pleine ascen­sion du som­met de la Pierre Avoi, dans le Valais, près de Mar­tigny. Ce prélude l’amène devant une stèle à la mémoire d’Alva Teimosa, décédée à 40 ans. On devine que les deux femmes sont liées par un secret intime, mais aus­si que la vie de Mar­tine Robi­co se vit à la lisière du monde, dans une soli­tude assumée, comme nous invi­tent à le penser ces quelques lignes épurées : Con­tin­uer la lec­ture →

Néan Story : à la rencontre d’alter homo, notre alter ego

Noëlle MICHEL, Demain les ombres, Le bruit du monde, 2023, 320 p., 21 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑493206–36‑7

michel demain les ombresDemain les ombres, le deux­ième roman de Noëlle Michel, se situe à la fron­tière des gen­res : entre sci­ence-fic­tion et roman his­torique ou plutôt préhis­torique, entre utopie et dystopie. Il se situe aus­si à la fron­tière de deux mon­des : celle qui sépare Homo sapi­ens d’Homo nean­derthalen­sis. Les amoureux et amoureuses de l’Homme de Spy et autres Néan­derthaliens apprécieront.

Le roman alterne égale­ment deux épo­ques, séparées d’une bonne cinquan­taine d’années, dont il fran­chit les fron­tières à chaque chapitre, du moins au début du livre : celles qui sépar­ent Lune Rousse, Néan­derthali­enne, et Eva, une chercheuse en paléoan­thro­polo­gie embar­quée dans un pro­jet géné­tique fameux ou fumeux, selon les points de vue. Noëlle Michel a par ailleurs imag­iné une tem­po­ral­ité orig­i­nale pour son réc­it puisqu’elle ne le date pas selon les ini­tiales A.C.N. ou P.C.N. de l’ère chré­ti­enne mais selon celles d’A.C., cer­tains épisodes se situ­ant avant A.C., d’autres après A.C., le mys­tère entourant A.C. n’étant révélé qu’après quelques dizaines de pages. Con­tin­uer la lec­ture →

Enquêtes tournaisiennes

Un coup de cœur du Car­net

Philippe REMY-WILKIN, Les sœurs noires, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2022, 292 p., 21 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑87489–728‑3

remy-wilkin les soeurs noiresPoly­graphe, Philippe Remy-Wilkin l’est assuré­ment. Depuis que sa vie se fond avec l’écriture, il pub­lie en alter­nance romans, con­tes illus­trés, nou­velles (dans la revue Mar­ginales), études his­toriques, scé­narii de BD, etc. Qui plus est, la médi­a­tion cul­turelle et le tra­vail de ses con­frères et con­sœurs le pas­sion­nent et s’expriment de divers­es façons, notam­ment pour la plate­forme Les belles phras­es (où il ani­me des feuil­letons sur l’ac­tu­al­ité édi­to­ri­ale belge, les his­toires du ciné­ma et de la musique, le pat­ri­moine lit­téraire belge), Radio Air Libre ou les revues Que faire ?, Nos Let­tres et… Le Car­net et les Instants.

Cette fois, Philippe Remy-Wilkin fait son entrée dans la très belle col­lec­tion « Plumes du coq » des édi­tions Weyrich, une col­lec­tion qui inscrit un ancrage belge fran­coph­o­ne dans sa ligne édi­to­ri­ale. Une col­lec­tion prédes­tinée pour Les sœurs noires, où la ville de Tour­nai est au cœur du réc­it. Con­tin­uer la lec­ture →

Le banquet des écrivains

Jean-Bap­tiste BARONIAN, Dic­tio­n­naire des écrivains gas­tronomes. De Apol­li­naire à Zola, illus­tré par Gabrielle LAVOIR, Flam­mar­i­on, 2022, 428 p., 26 € / ePub : 17,99 €, ISBN : 978–2‑0802–7971‑2

baronian dictionaires des ecrivains gastronoemesJean-Bap­tiste Baron­ian est un écrivain pro­lixe. Et, dans sa bib­li­ogra­phie, on compte plusieurs dic­tio­n­naires, dont le Dic­tio­n­naire Rim­baud (Bouquins, Laf­font, 2014) et le for­mi­da­ble Dic­tio­n­naire amoureux de la Bel­gique (Plon, 2015). À tra­vers ses essais, biogra­phies et antholo­gies, il a côtoyé bien des écrivains et partagé son admi­ra­tion pour leur tra­vail. Il a dévelop­pé une con­nais­sance bien sou­vent intime de ces auteurs, offrant des per­spec­tives inédites sur leurs œuvres. C’est encore le cas avec ce beau vol­ume, joli­ment pen­sé par l’éditeur en lui prê­tant une fac­ture bib­lio­philique à la jolie tranche orangée. À sa lec­ture, on imag­ine égale­ment que la gas­tronomie fig­ure par­mi les plaisirs incon­tourn­ables de Baron­ian. Bonne chère et bons vins riment ici avec cul­ture et éru­di­tion. Con­tin­uer la lec­ture →

Rwanda : « La violence des impuissantés »

Un coup de cœur du Car­net

Dominique CELIS, Ain­si pleurent nos hommes, Philippe Rey, 2022, 287 p., 20 €, ISBN : 978–2‑84876–959‑2

celis ainsi pleurent nos hommesLes romans sur le géno­cide des Tut­sis par des Hutus au Rwan­da en 1994 sont nom­breux. Beau­coup ont ten­té, avec des réus­sites divers­es, de témoign­er de l’horreur quand elle atteint de tels som­mets d’inhumanité. Avec Ain­si pleurent nos hommes, la Bel­go-Rwandaise Dominique Celis pro­pose un tout autre point de vue, celui d’une descen­dante de vic­times qui refuse la banal­i­sa­tion ambiante des faits. Dans une écri­t­ure ciselée pour l’occasion et adap­tée à son pro­pos. Con­tin­uer la lec­ture →

Quand la montagne joue à cache-cache

David WAUTIER, Mon­tre-toi, mon­tagne, Diplodocus, 2022, 48 p., 13,90 €, ISBN 9 : 79–10-94908–30‑3. Dès 4 ans.

wautier montre toi montagneIl n’y a pas que la mer en été. La mon­tagne a ses adeptes, qui la choi­sis­sent comme des­ti­na­tion de vacances ou qui, comme David Wau­ti­er, aime s’arrêter devant ses paysages grandios­es pour en ren­dre la beauté insond­able dans ses pein­tures. Voici un album jeunesse qui com­bine à mer­veille l’univers de l’enfance, un texte proche du vécu et l’art de l’aquarelle.

Les par­ents de la petite Jana, qui a une sym­pa­thique bouille sem­blable aux fig­ures des héroïnes de man­gas, ont opté cette année pour cette des­ti­na­tion. L’album fran­chit les dif­férentes étapes pour y par­venir car, la mon­tagne, ça se mérite. Charge­ment de la voiture, tra­ver­sée de la ville, péages et embouteil­lages, pique-nique sur une aire d’autoroute, père et mère qui se relaient à la con­duite… C’est cer­tain : nom­bre de par­ents, voire d’enfants, retrou­veront dans ces débuts de vacances le goût du vécu. Con­tin­uer la lec­ture →

Dans les griffes du monde autour de nous

Jean-Luc RENARD, Testostérone, Mur­mure des Soirs, 2022, 216 p., 20 €, ISBN : 9782930657783

renard testostéroneLe mariage peut être une cage dorée. Tel est le con­stat d’Eva et Iris, les deux pro­tag­o­nistes de Testostérone, de Jean-Luc Renard, roman dont le titre reflète bien la dom­i­na­tion, l’oppression, voire la vio­lence qui ani­ment cer­tains mâles.

Le roman démarre sur une scène ô com­bi­en famil­iale. Deux ado­les­cents, Char­line et Gilles, ont poussé leur mère Eva Wag­n­er, nar­ra­trice du livre, à pass­er la nuit à la belle étoile pour leur per­me­t­tre d’envahir la mai­son avec des amis et de fes­toy­er. La maman se retrou­ve face à un champ de batailles, tan­dis que son mari a déserté les lieux au chevet de sa mère Rosa, ago­nisante. Une belle-mère au foy­er, pédante, moral­isante, qui n’a jamais vu l’arrivée d’Eva au bras de son fils d’un bon œil. Jacques, le mari, se veut lui l’incarnation de la réus­site, de l’ego con­sumens. Rien n’est assez beau à ses yeux pour vis­i­bilis­er ses suc­cès, y com­pris extra­con­ju­gaux. Lors de cette nuit inau­gu­rale à la belle étoile, Eva est con­fron­tée à l’heure des con­stats et bilans sur l’existence qu’elle a menée jusqu’à présent, coincée qu’elle est dans un monde de con­ven­tions, d’obligations mater­nelles et con­ju­gales, de faire-val­oir des autres, quitte à sac­ri­fi­er ses valeurs et ses envies per­son­nelles. Ces con­stats, elle les énumère sans com­plai­sance à son égard : Con­tin­uer la lec­ture →

Le Top 3 de Michel Torrekens

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Michel Tor­rekens. Con­tin­uer la lec­ture →

L’implacable loi des générations

Jean-Marc DEFAYS, Deux fau­teuils au bal­con, Mur­mure des soirs, 2021, 127 p., 19 €, ISBN : 978–2‑930657–74‑5

defays deux fauteuils au balconLa famille a la cote en lit­téra­ture ces derniers temps. Elle y appa­raît sou­vent tox­ique, source de vio­lences et de dys­fonc­tion­nements. Voici un réc­it qu’on imag­ine auto­bi­ographique, tout en douceur et en empathie, sur la présence offerte par un fils à sa mère dev­enue veuve. Un roman qui se déroule comme une petite musique de cham­bre.

Octogé­naire, veuve, la mère du nar­ra­teur a quit­té la mai­son famil­iale pour s’installer dans un apparte­ment situé au sep­tième étage d’un immeu­ble en ville. En bor­dure d’un fleuve, elle y a une vue qui est comme une con­so­la­tion. À l’image du titre et des pho­togra­phies en cou­ver­ture qui sont en elles-mêmes tout un réc­it, le bal­con où mère et fils s’installent régulière­ment est devenu un phare sur l’existence, la leur et celle de ceux et celles qu’ils voient déam­buler à leurs pieds. Con­tin­uer la lec­ture →

Récit d’une absence

Pas­cal GOFFAUX, La nos­tal­gie de l’aile, pho­togra­phies de Lau­rent Quil­let, Esper­luète, coll. « En toutes let­tres », 2021, 72 p., 15 €, ISBN : 9782359841435

goffaux la nostalgie de l aileDes exis­tences sont par­fois mar­quées de nos­tal­gies, de ren­dez-vous man­qués, d’erreurs sur la per­son­ne. Pas­cal Gof­faux pro­pose un réc­it large­ment auto­bi­ographique où il remet en ques­tion sa présence au monde. Con­fes­sion sans con­ces­sions qui nous tend le miroir de notre pro­pre ancrage dans l’existence.

Ce livre, dont la cou­ver­ture évoque d’emblée un efface­ment, com­mence sur un chapitre au titre évo­ca­teur : « Le désagré­ment d’être né ». Et les pre­mières lignes con­finent tout autant au con­stat sans appel, à une sorte d’auto-sabotage. Comme s’il y avait erreur sur la per­son­ne. Con­tin­uer la lec­ture →

La garde-robe : portrait en coupes et coutures

Sébastien MINISTRU, La garde-robe, roman, édi­tions Grasset/Collection Le courage, 2021, 183 p., 18,10 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑246 82635–4

ministru la garde robeCeux ou celles qui héri­tent, pour le meilleur ou pour le pire, des vête­ments d’une per­son­ne décédée récoltent, si on en a gardé la mémoire, les traces d’une vie, les sou­venirs d’une époque. C’est sur cet argu­ment, inédit à notre con­nais­sance, que Sébastien Min­istru a fondé son deux­ième roman au titre on ne peut plus sobre : La garde-robe.

En 2018, Sébastien Min­istru pub­lie un pre­mier roman remar­qué, Appren­dre à lire, déjà dans la col­lec­tion « Le courage » dirigée par Charles Dantzig chez Gras­set. Il y évoque la rela­tion émou­vante entre un fils et un père anal­phabète qui lui demande de l’initier à la lec­ture et à l’écriture. Son deux­ième roman démarre égale­ment sur les liens exis­tants entre un père et son enfant, une fille cette fois. Vera. Rien d’émouvant cepen­dant car le père est ici tyran­nique, ce qui déter­min­era sa volon­té farouche d’échapper à toute emprise. Con­tin­uer la lec­ture →

Belgiques, en prose et en poésie

Colette NYS-MAZURE, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­gique »s, 2021, 151 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–305‑8

nys mazure belgiquesL’œuvre de Colette Nys-Mazure est essen­tielle­ment fondée sur la poésie. Tout part d’elle dans son écri­t­ure et tout y ramène. Y com­pris ici, quand elle nous livre ses visions de la Bel­gique dans un recueil de quinze réc­its…

Ce recueil fait par­tie de la fournée 2021 de cette col­lec­tion orig­i­nale imag­inée par Xavier Van­vaeren­bergh, le fon­da­teur et directeur de Ker édi­tions. Une col­lec­tion de recueil de nou­velles dont tous les livres s’intitulent : Bel­giques. L’éditeur demande à un.e auteur.e belge de don­ner sa vision, ses visions de la Bel­gique. Au cat­a­logue, fig­urent déjà divers­es approches dont celles de Françoise Lalande, Vin­cent Engel, Giuseppe San­toliq­ui­do, Luc Baba, Jean Jau­ni­aux, Mar­i­anne Sluszny, Véronique Bergen, etc. Cha­cun et cha­cune y vont d’une approche sin­gulière : his­toriques, humoris­tiques, poli­tiques, auto­bi­ographiques, etc. Con­tin­uer la lec­ture →