Archives par étiquette : peinture

Magritte et Badir

Sémir BADIR, Magritte et les philosophes, Impres­sions nou­velles, 2021, 172 p., 16 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 9782874498749

badir magritte et les philosophesVoici, à pro­pos de l’œuvre déjà large­ment étudiée de Magritte, un livre aus­si orig­i­nal qu’informé, la con­jonc­tion des deux n’allant pas de soi. Son orig­i­nal­ité tient à ce qu’il mène à bien l’analyse et l’interprétation, issues d’une enquête com­plète, de la « pen­sée en images » du pein­tre. L’information tient à ce qu’il s’appuie non seule­ment sur l’ensemble des tableaux de Magritte, mais tout autant de ses écrits et de ses let­tres. Il mon­tre de sur­croît une con­nais­sance des prin­ci­paux com­men­taires déjà pub­liés[1]. Et il témoigne enfin d’un large savoir philosophique et sémi­ologique. Con­tin­uer la lec­ture

Le peintre et le justicier

Yves VASSEUR, Vin­cent van Gogh. Ques­tions d’i­den­tité, Fonds Mer­ca­tor, 2020, 160 p., 29.95 €, ISBN : 978–94-6230–263‑1

vasseur van goghD’une présen­ta­tion lux­ueuse – for­mat généreux, papi­er de qual­ité, mise en page soignée, icono­gra­phie impec­ca­ble –, le livre d’Yves Vasseur est dif­fi­cile­ment class­able. Ni biogra­phie, ni essai au sens strict, proche du “jour­nal de fouilles” des archéo­logues, il réu­nit les réc­its de qua­tre enquêtes dis­tinctes dont le com­mun dénom­i­na­teur est Vin­cent van Gogh. La pre­mière con­cerne un por­trait pho­tographique longtemps con­sid­éré comme celui du pein­tre à l’âge de treize ans : à la suite de longues et minu­tieuses recherch­es, l’au­teur démon­tre qu’il s’ag­it en fait de Théo, le jeune frère de Vin­cent, révéla­tion qui a déjà causé un vif émoi dans le lan­derneau. L’en­quête suiv­ante porte sur deux dessins signés VG et représen­tant de vieilles maisons à Cuesmes. Retrou­vés dans un gre­nier en 1958, ils sont authen­tifiés peu après, ce que con­teste de façon très argu­men­tée Y. Vasseur, pour qui le dilemme reste entier. Troisième inves­ti­ga­tion, à pro­pos du tableau Mar­guerite à l’har­mo­ni­um qui aurait été aban­don­né par van Gogh après avoir été gâché acci­den­telle­ment, puis réparé par Paul Gachet fils ; mais celui-ci s’est rétrac­té ultérieure­ment, non sans avoir peint lui-même la scène. La qua­trième enquête s’at­tache à une pho­to de groupe en fête provenant d’une col­lec­tion new-yorkaise, et au dos de laque­lle est imprimée la men­tion VINCENT VAN GOGH. Mal­gré l’in­sis­tance du pro­prié­taire, et après avoir ten­té en vain d’établir la plau­si­bil­ité de l’évène­ment, l’au­teur con­clut par un démen­ti – avant de jeter le doute sur le revolver rouil­lé avec lequel van Gogh se serait sui­cidé, et qui fut ven­du chez Drouot pour 162.500 euros… Con­tin­uer la lec­ture

Vertige !

Un coup de cœur du Car­net

Kate MILIE, Le mys­tère Spilli­aert, 180° édi­tions, 2020, 154 p., 20 €, ISBN : 978–2‑931008–33‑1

millie le mystère spilliaertLe titre pilote vers le polici­er, une page de garde annonce un roman, le texte échappe aux éti­quettes et con­jugue les reg­istres : jour­nal de bord de l’autrice autour d’un pro­jet d’écriture, doc­u­ments qui le fondent (let­tres de pro­tag­o­nistes ou de témoins, liste de lieux à vis­iter), frag­ments d’une rêver­ie biographique à par­tir des points d’acmé d’une exis­tence. Con­tin­uer la lec­ture

Nues

Un coup de cœur du Car­net

Jacques RICHARD, Nues, ONLIT, coll. « ONLIT Mini », 2020, 80 p., 8 €, ISBN : 9782875601261

richard nues« Nues, en pied et grandeur nature. De face », les yeux plongés dans ceux de l’artiste. Toiles de mêmes dimen­sions, sup­ports de qual­ité iden­tique, tou­jours de la pein­ture à l’huile. Pas de décor. Et un « tra­vail d’un réal­isme pré­cis, mince et sans effets ». Voilà com­ment Jacques Richard a peint plusieurs femmes entrant dans la jeunesse ou la quit­tant, trop mai­gres ou trop char­nues, rétives ou généreuses, incon­nues ou famil­ières, maniérées ou naturelles. De son regard par­fois gêné et intran­sigeant, Richard les a dévis­agées, con­tem­plées sans désir, observées (face à face ou sur papi­er glacé) avec « l’urgence patiente d’un ours pêchant au bord de la riv­ière » ; il a guet­té leur appari­tion et a recon­sti­tué cette impres­sion tout en fugi­tiv­ité et sub­jec­tiv­ité pour qu’elles demeurent « quelqu’un ». Une démarche pleine qui s’inscrit dans la durée, le respect et la méth­ode. Con­tin­uer la lec­ture

Plusieurs cordes à leur arc : six écrivains plasticiens

illustration

Free Pho­tos de Pix­abay

Il n’est pas rare que les écrivains touchent aus­si à d’autres dis­ci­plines artis­tiques. Nous avons déjà évo­qué sur ce blog des écrivains belges paroliers, cinéastes, ou encore tra­duc­teurs. Intéres­sons-nous à présent aux écrivains pein­tres.

Plas­ti­ciens qui écrivent occa­sion­nelle­ment ou écrivains qui s’adon­nent par­fois à la pein­ture, la liste de ceux qui pra­tiquent deux arts en Bel­gique est longue, et l’on y croise entre autres Rops, Dotremont ou Magritte.

On se lim­it­era ici à six artistes, dont un livre au moins est paru ces cinq dernières années. Con­tin­uer la lec­ture

La Pie sur le Gibet

Bruno BREL, La bête du Tuiten­berg, Lamiroy, 2019, 174 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–238‑7

Aux portes de Brux­elles, un matin d’octobre 1567, est retrou­vé le cadavre d’un noble espag­nol, la tête totale­ment broyée. Le plat pays qui est le nôtre est à cette époque sous dom­i­na­tion espag­nole. Quelques jours plus tard, à l’Hôtel de Ville de Brux­elles, on fête en grande pompe l’arrivée du nou­veau gou­verneur des Pays-Bas espag­nols : le duc d’Albe. Ce dernier tient à tir­er au clair cette ter­ri­ble affaire de meurtre. On racon­te que ce serait un coup des gueux qui pré­par­ent une rébel­lion dans le Pajot­ten­land. Le baron Van Kieke­bich, qui habite le manoir de Tuiten­berg dans la com­mune de Schep­dael, est  présent à l’Hôtel de ville, mais n’est pas d’humeur fes­tive. Il ne voit pas d’un très bon œil l’envahisseur espag­nol. Suite à une dis­cus­sion avec le bourgmestre de Brux­elles, il décide de se faire pein­dre le por­trait afin de rester dans la postérité. Con­tin­uer la lec­ture

Spilliaert. Passer de l’autre côté des choses

Stéphane LAMBERT, Être moi, tou­jours plus fort. Les paysages intérieurs de Léon Spilli­aert, Arléa, 2020, 128 p., 10 €, ISBN : 978–2‑36308–223‑7

Après Mon­et (L’adieu au paysage. Les nymphéas de Claude Mon­et, La Dif­férence, Mon­et, impres­sions de l’étang, Arléa), Rothko (Mark Rothko, rêver de ne pas être, Arléa), Nico­las de Staël (Nico­las de Staël, le ver­tige et la foi, Arléa), Goya (Visions de Goya, l’éclat dans le désas­tre, Arléa, prix Mal­raux 2019), le dia­logue que Stéphane Lam­bert noue avec la pein­ture se porte sur Léon Spilli­aert. Prox­im­ité, sis­mo­graphe de poète, affinités élec­tives, démarche ques­tion­nante qui décloi­sonne l’œuvre et la vie et plonge à mains nues dans l’imaginaire des pein­tres : ce quatuor com­pose moins une méth­ode qu’un embrase­ment pas­sion­né. Dans Être moi, tou­jours plus fort. Les paysages intérieurs de Léon Spilli­aert, Stéphane Lam­bert livre un réc­it à deux voix, celle du pein­tre Spilli­aert, celle du nar­ra­teur-auteur.


Lire aus­si : His­toires de vie, des ren­con­tres risquées entre réel et imag­i­naire (C.I. 190)


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Faire sauter les digues de la raison pure

Olivi­er & Quentin SMOLDERS, Démons et mer­veilles. Cri­tique de la rai­son pure, CFC, 2019, 192 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87572–051‑1

À l’occasion de l’exposition Démons et mer­veilles qui se tient au Cen­tre Wal­lonie-Brux­elles, paraît  l’ouvrage éponyme pub­lié par CFC Edi­tions. Cette plongée dans les créa­tions filmiques, graphiques, textuelles d’Olivier et Quentin Smol­ders dévoile la com­plic­ité qui relie les deux frères. Une com­plic­ité née dans l’enfance, qui se traduit par une fas­ci­na­tion com­mune pour le mar­gin­al, le refoulé, l’insolite, l’inquiétante étrangeté. Con­tin­uer la lec­ture

Félicien Rops. Théorie du druidisme

Féli­cien ROPS, Mémoires pour nuire à l’histoire artis­tique de mon temps, Textes présen­tés, choi­sis et post­facés par Hélène Védrine, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 420 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–477‑6

Davan­tage que sim­ple­ment don­ner le ton, le titre résonne comme un man­i­feste esthé­tique. C’est dans l’espace lit­téraire du pein­tre, graveur, dessi­na­teur et illus­tra­teur Féli­cien Rops (1833–1898) que nous entrons. Le recueil Mémoires pour nuire à l’histoire artis­tique de mon temps se com­pose de textes sélec­tion­nés par Hélène Védrine, sou­vent tirés de la cor­re­spon­dance de l’artiste, au fil desquels l’on décou­vre ses théories esthé­tiques, sa con­cep­tion (mou­vante, mul­ti­fi­brée) de la moder­nité, la cen­tral­ité de l’érotisme, son inven­tion d’une forme de dandysme inspirée par Baude­laire, forme qu’il appelle le druidisme. Con­tin­uer la lec­ture

Cécile Miguel, artiste et poète hypnotique

Yves NAMUR, Cécile Miguel, une vie oubliée, Musée Marthe Donas et Le Tail­lis pré, 2019, 44 p., ISBN : 9–782874-50–1562

À Ittre, le Musée Marthe Donas con­sacre une expo­si­tion, du 23 novem­bre 2019 au 19 jan­vi­er 2020, à une fig­ure de la pein­ture et de la poésie fran­coph­o­nes belges, Cécile Miguel (Gilly, 1921 – Auve­lais, 2001), épouse de l’écrivain André Miguel (Ransart, 1920 – Gem­bloux, 2008). À cette occa­sion, le Musée pro­pose sur son site web un dossier péd­a­gogique réal­isé par Béa­trice Lib­ert à l’intention des enseignants et les édi­tions du Tail­lis pré pub­lient, sous la plume d’Yves Namur et avec un avant-dire de Mar­cel Daloze, un cat­a­logue très sub­stantiel, riche­ment illus­tré de repro­duc­tions, pho­tos, man­u­scrits et let­tres qui rend jus­tice à cette créa­trice aujourd’hui occultée : Cécile Miguel, une vie oubliée brosse le par­cours exis­ten­tiel de l’artiste, quit­tant avec son mari le Hain­aut en 1947 pour le Midi de la France, où le cou­ple, antic­i­pant la vie bohème des beat­nik, se liera d’amitié avec Jacques Prévert, René Char, Picas­so et son épouse Françoise Gilot, Mar­cel Arland… Con­tin­uer la lec­ture

Sur les traces de Bruegel à Bruxelles

Vin­cent DELANNOY, Bruegel à Brux­elles, Sam­sa, 2019, 126 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87593–244‑0

À l’occasion du 450ème anniver­saire de la mort de Pierre Bruegel l’Ancien, décédé à Brux­elles en sep­tem­bre 1569, Vin­cent Delan­noy retrace l’effervescence créa­trice des années brux­el­lois­es. La quar­an­taine de tableaux, la soix­an­taine de dessins, les gravures lais­sées par le fon­da­teur d’une dynas­tie de créa­teurs ayant fait l’objet d’une tour de Babel d’exégèses, l’auteur se con­cen­tre sur la péri­ode 1563–1568 durant laque­lle, vivant rue Haute à Brux­elles, Bruegel l’Ancien crée la majorité de ses chefs d’œuvre. De la vie du pein­tre, très peu de choses sont attestées. En l’absence d’écrits, de let­tres, la vision du monde pro­fessée par Bruegel, son rap­port à la foi, au pou­voir ne peu­vent être inférés que de ses œuvres. Vin­cent Delan­noy inter­roge les éventuelles influ­ences de la ville sur ses pein­tures, les sin­gu­lar­ités de sa pro­duc­tion artis­tique lors des années fécon­des. Si la péri­ode anver­soise cor­re­spond à un Bruegel dessi­na­teur mar­qué par l’influence de Jérôme Bosch (univers fan­tas­tique, créa­tures dia­boliques, sens du grotesque et de la satire…), à Brux­elles, sans aban­don­ner le dessin, Bruegel se con­sacr­era essen­tielle­ment à la pein­ture.


Lire aus­si : un extrait de Bruegel à Brux­elles


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Tous destins noués

Patri­cia EMSENS, His­toires d’un Mas­sacre, Bus­clats, 2019, 250 p., 16 €, ISBN : 978–2‑36166–155‑7

Le des­tin d’un grand tableau est intrin­sèque­ment noué au des­tin de l’Histoire. Le des­tin de l’Histoire col­lec­tive est noué au des­tin d’une his­toire per­son­nelle. Ce dernier peut être noué à l’histoire d’un tableau… et ain­si va par­fois le cours d’un réc­it, d’une nar­ra­tion. Ain­si vont les His­toires d’un mas­sacre de Patri­cia Emsens, qui signe là son troisième roman. La qua­trième de cou­ver­ture ne trompait pas le lecteur : « His­toire de l’art, du monde, roman famil­ial, quête et enquête, le roman de Patri­cia Emsens s’écrit dans l’intensité et l’émotion aux lisières poreuses de l’intime, l’art et la vie. » Con­tin­uer la lec­ture

Henry de Groux devant les cochons

COLLECTIF, Hen­ry de Groux (1866 – 1930), maître de la démesure, In fine – Province de Namur, 2019, 180 p., 32 €, ISBN : 9782902302086

« Cette pein­ture est si épou­vantable­ment anor­male, si prodigieuse­ment en dehors des tra­di­tions ou des procédés con­nus, […] qu’on ne parvient pas à con­jec­tur­er de façon pré­cise l’effet d’une sem­blable vision sur des êtres peu dis­posés à partager l’agonie d’un Rédemp­teur véri­ta­ble­ment tor­turé. » Ces mots de Léon Bloy évo­quent Le Christ aux out­rages, toile mon­u­men­tale réal­isée par le Belge Hen­ry de Groux. Con­tin­uer la lec­ture

Stéphane Mandelbaum : c’est derrière que tout se passe, pas à l’avant-plan

Anne MONTFORT (dir.), Cat­a­logue de l’exposition Stéphane Man­del­baum, pré­face de Bernard Blistène, textes d’Anne Mon­fort, Gérard Pres­zow, Choghakate Kazar­i­an, Bruno Jean et Pierre Thoma, notes d’Anne Lemon­nier, Éd. Dilecta/Centre Pom­pi­dou, 2019, 153 p., 30 €, ISBN : 978–2‑37372–079‑2

À l’occasion de l’exposition Stéphane Man­del­baum qui s’est tenue ce print­emps au Cen­tre Pom­pi­dou et qui s’ouvre au Musée Juif (du 14 juin au 22 sep­tem­bre), les Édi­tions Dilecta/Centre Pom­pi­dou pub­lient un sai­sis­sant cat­a­logue de l’artiste assas­s­iné en décem­bre 1986 à l’âge de vingt-cinq ans. Qui ren­con­tre les dessins, les gravures de Stéphane Man­del­baum fait l’expérience d’un choc sen­soriel. La sidéra­tion et le trou­ble que ses créa­tions induisent nais­sent de l’intensité dra­ma­tique de ses por­traits, de la décon­struc­tion qu’elles opèrent de l’espace et des formes afin de con­vo­quer l’irreprésentable. La déroute des formes sous les forces d’un trait sis­mique se ren­force par une artic­u­la­tion sin­gulière du visuel et du textuel qui peut faire songer à leur alliance chez Jean-Michel Basquiat. Mag­nifique­ment conçu, présen­tant une cen­taine de dessins, le cat­a­logue mon­tre, au tra­vers des textes d’Anne Mon­fort, Gérard Pres­zow, Choghakate Kazar­i­an, d’un entre­tien entre Bruno Jean et Pierre Thoma, des notes d’Anne Lemon­nier  — cer­tains ont con­nu l’artiste —, un univers stéphane­man­del­bau­mien haute­ment chargé en ver­tiges. Con­tin­uer la lec­ture

La mythologie moderne de Giorgio de Chirico

COLLECTIF, Gior­gio de Chiri­co. Aux orig­ines du sur­réal­isme belge : Magritte-Del­vaux-Graverol, BAM – Marda­ga, 2019, 144 p., 29,90 €, ISBN : 9782804707262

Gior­gio de Chiri­co (1898–1978) fut l’un – peut-être même le pre­mier – des ini­ti­a­teurs du sur­réal­isme en pein­ture. En Bel­gique, la révéla­tion de son œuvre con­sti­tua un choc majeur pour René Magritte, qui se plai­sait à dire que, grâce à lui, « [s]es yeux ont vu la pen­sée pour la pre­mière fois ». Jusqu’au 2 juin 2019, une expo­si­tion excep­tion­nelle se tient au BAM de Mons, qui met en scène le dia­logue entretenu par Magritte mais aus­si Paul Del­vaux et Jean Graverol avec la pro­duc­tion du mage ital­ien. Con­tin­uer la lec­ture

Le lieu noir de la création

Stéphane LAMBERT, Visions de Goya. L’éclat dans le désas­tre, Arléa, 2019, 115 p., 17 €, ISBN : 9782363081803

Dans son dernier opus, Stéphane Lam­bert se définit comme un ama­teur de pein­ture. Se révéler comme tel c’est à la fois se dévoil­er et se mon­tr­er bien mod­este. S’il est plus qu’un ama­teur, il n’est pas un cri­tique académique. Il ne se range ni du côté des his­to­riens ni du côté des experts. Lorsqu’il évoque un lit­téra­teur ou un artiste, ici Goya, il le fait en son nom et avec ses mots.

Je me demande com­bi­en l’écriture n’a pas été une manière de pro­longer mon trou­ble devant la pein­ture, de devenir un pein­tre avec des mots, d’explorer le mys­térieux con­tenu de mon regard. Con­tin­uer la lec­ture